Catherine Boivin

  • Si Yvonnick a un prénom et des bras d'homme, c'est grâce à sa mère qui lui a appris à se défendre des coups. Et ces bras d'homme, Yvonnick en a bien besoin depuis que son mari, qui travaillait à J.J. Carnaud et forges de Basse-Indre, l'ancêtre d'Usinor puis d'Arcelor, n'est plus là. En acceptant de prendre sa relève à la forge, la jeune veuve et mère d'un enfant fragile, élevée dans le marais salant breton, devient métallo. Une vie ouvrière de lutte qui ne l'empêche pas de se faire respecter des hommes ni de gagner son indépendance, et surtout, d'être fière de son travail à l'usine et de sa communauté solidaire. Mais cette fierté, menacée dès 1968, se rompt au fil du temps, les notions de rentabilité, de courbes et de tableaux de chiffres chassant l'idée d'un combat pour une vie meilleure.Inspiré d'un authentique témoignage, le destin d'Yvonnick fait revivre un monde aujourd'hui disparu. De l'apogée de l'industrie française dans les années 50 à son déclin en 1980, Catherine Ecole-Boivin trace, dans ce roman d'une vie peuplée d'étincelles, le portrait empreint d'humanité du monde ouvrier.

  • Sur les landes battues par les vents et les vagues du Cap de La Hague, il se disait encore, à la fin du XIXe siècle, que les « bergers blancs », qui louaient leurs bras à la saison, venaient de la mer. Les paysans craignaient ces hommes libres, à la peau diaphane d'albinos, arborant à l'épaule un tatouage de bateau au mat brisé : des jeteurs de sort, qui pouvaient lire l'avenir dans les mains et les eaux dormantes...Puisant son inspiration dans les souvenirs des habitants de cette partie la plus secrète de la Normandie, la romancière Catherine Ecole-Boivin nous entraine sur les pas de Léo, le berger un peu sorcier, et de sa fille adoptive Katica, « La Dormante », dotée d'un étrange pouvoir de guérison. Traversant un demi-siècle d'Histoire, cette grande saga, où passions et émotions sont indissociablement mêlées aux forces mystérieuses de la nature, redonne vie à un monde rural oublié.

  • « Paysan, je vis depuis 87 ans, sur une terre à cailloux, dans une presqu'île. ça change beaucoup de choses d'être entouré par la mer. Chaque jour j'écris mes pensées sur de vieux agendas de récupération. Par petits coups de griffes sur le papier, j'écris des morceaux de mon cerveau. Raconter ma vie, c'est pour moi un peu comme baratter mon beurre, le même baratin, sauf que c'est moins difficile pour les bras. J'ai envie de parler des pierres, car des pierres, personne ne pense à parler pour elles. D'autres pensées me préoccupent, comme celle des gens qui sont vivants, trop vivants aujourd'hui et notre terre qui devient morte. J'ai ouvert la porte de ma petite ferme avec vue sur mer, phare et sémaphore. Vous me parlez de votre vie et je vous parle du trésor de comprendre ce qu'a été la mienne. Je n'ai rien voulu du bonheur et je l'ai rencontré quand même en regardant mes vaches ne manger que de l'herbe et des fleurs. »

  • Le récit de la vie étonnante d'un rebouteux, qui au coeur d'une Bretagne rurale, pendant près de cinquante ans, donne un sens à son existence en soignant les douleurs des gens, paysans pour la plupart.

    " Un rebouteux répare non pas les sorts, mais les corps et les âmes malmenées par l'existence. Il allège les tensions, en réparant les corps-machines, il évite à des fermes de cesser de tourner faute d'homme sur ses deux jambes, et de femme avec ses deux bras. " Catherine Ecole-Boivin nous livre un récit vivant et passionnant, à valeur de témoignage, celui d'un jeune Normand qui, né en 1927, observe depuis l'enfance son père rebouteux et hérite de sa mère le secret pour soigner zonas et brûlures. Grâce à ce précieux legs, l'homme ira, itinérant, soulager les souffrances des uns et des autres, dans une Bretagne isolée. Le lecteur pénètre un univers fascinant où la raison lâche prise quand le corps et les mots guident les gestes du soignant.
    D'une humanité rare, d'une empathie extrême, cet homme qui tout en guérissant a également vécu d'autres vies ; il fut tour à tour boucher (!), boxeur, propriétaire de chevaux, ponctue ses confessions d'anecdotes touchantes et incroyables, lesquelles par le talent de Catherine Ecole-Boivin, perdureront dans la mémoire collective.

  • Lucille est née au milieu des marais salants de la baie de Bretagne. Très tôt, elle apprend auprès d'Agnès une saulnière qui est aussi sonneuse de cornemuse, à extirper le sel des entrailles de la terre. De cette passion secrète, elle veut en faire son métier. Mais dans la Bretagne des années 60, les salines sont rarement léguées aux femmes. Son père a prévu d'offrir celle de sa famille à son frère qui perpétuera la tradition.La jeune femme quitte le marais et devient vendeuse à Nantes. Dès qu'elle a un moment, elle vend des pochons de sel. Mais cela ne suffit pas à lui faire oublier le pays maraîchin. Car tout, y compris l'amour, la ramène à la terre salée du marais, là où son corps et sa vie embrassent l'eau et la lumière.
    Dans ce roman empreint d'humanité et de poésie, Catherine Ecole-Boivin, l'auteure de La Métallo, prix Ouest 2019, dresse le portrait d'une femme prête à tout pour prendre sa place parmi les hommes sur cette terre qui est la sienne, la baie de Bretagne, ses mystères et ses coutumes ancestrales.

  • La Hague, entre labours et usine, les années 1960, et le déroulement d'une vie, celle d'une enfant abandonnée par sa mère puis épouse malheureuse, qui choisit, envers et contre tous, le droit au bonheur.

    Petite, Margriette portait constamment un bonnet de laine rouge. Pas par coquetterie mais pour que sa mère puisse la repérer, au loin, entre les murets de pierres sèches de La Hague. Ce petit bonnet, la petite fille le portera toujours en souvenir de sa mère qui, désireuse de refaire sa vie ailleurs, quittera la ferme familiale pour vivre un nouvel amour. Elevée par un père aimant, Margriette grandit dans un univers rural à la fois rude et chaleureux. A vingt ans, enceinte de son premier amour " disparu " en Algérie, elle épouse sous les conseils des siens Maurice Lanicole, agriculteur. Mais ce dernier, plus âgé, au sérieux penchant pour la bouteille, ne lui a jamais inspiré de l'amour. En aurait-elle eu le temps entre une ferme à gérer et sa progéniture à élever ? Margriette endure le travail de la terre, sa pénibilité, son exigence dans cet environnement du Cotentin quasi insulaire dont les terres fertiles sont presque toutes réquisitionnées par l'industrie nucléaire. Même coupée du monde, au bas du bas de l'échelle sociale, privée d'affection, Margriette est un coeur qui bat, qui espère....
    Le salut viendra-t-il de leur départ pour la région du Gers ?

  • Elle est " la chose ", une fillette dont on ne prononce pas le prénom et qui grandit, condamnée, dans le silence et le froid d'une ferme cotentine. C'est dans une nature puissante que, devenue jeune fille, elle va libérer sa force de vie.Elles, jolies filles de Nantes.
    Eux, braves garçons de la presqu'île du Cotentin.
    Il était deux soeurs, Aëlle et Madanen, qui à la faveur d'un bal rencontrèrent les frères Valachet puis les épousèrent. Par amour et pour le meilleur.
    Bien que séparés géographiquement, les deux couples traversent la même épreuve : le manque d'enfant, celui que l'on a perdu, celui que l'on attend...
    Un soir qu'elle rentre chez elle, dans sa ferme isolée entre lande et falaises, Aëlle est sauvagement agressée et violée. Un enfant naît, que l'on baptise " la chose " et que l'on soustrait au regard des autres. Dans une cave.
    Quelques années plus tard, révélée enfin à la lumière des hommes, à la nature qu'elle sait apprivoiser aussi bien que la vieille Thilda, voyante et druide, la petite sauvageonne, elle-même détentrice du don de voyance, trouvera son chemin de vie. Et fera savoir la vérité sur le drame qui a coûté la vie à sa mère et sur l'identité de son père.

  • " Ma fille ne se marie pas ! " Voici ce que rétorque la paysanne Aimée aux soupirants de Jeanne. Car la mère, vouée à la solitude depuis la mort au front de son mari adoré durant la Grande Guerre, et dont elle relit, inconsolable, les lettres d'amour, décide de garder près d'elle ses deux derniers enfants.
    Sinon, qui pour travailler la terre ?
    Initiée par Aimée, accoucheuse à l'occasion, aux mystères de la vie, Jeanne, elle, n'enfantera jamais. Mais la belle Jeanne est une fille des falaises, du vent, de la terre cotentine. Une âme forte. Depuis son jeune âge, elle aime Germain qui, bientôt, devient son amour défendu...

  • Avec son numéro 118, la revue XYZ invente le road short story ! David Dorais, qui dirige ces dix « Nouvelles de la route », parle plus poétiquement d'une « Odyssée en fragments ». Des auteurs de renom tels que Samuel Archibald, Raymond Bock, Anne-Marie Boivin, Nicolas Charette, Jean-Simon DesRochers, Jean Pierre Girard, Catherine Mavrikakis, William S. Messier et Suzanne Myre se sont inspirés du sous-thème qui leur a été attribué (le casse-croûte, l'autoroute, l'accident, la voiture, le motel, le motorisé, le Madrid, etc.). Le voyage est fascinant. Hors dossier, la rubrique « Thème libre » met à l'honneur un texte de David Clerson et la section « Intertexte » voit Renald Bérubé poursuivre sa traversée de la nouvelle américaine, amorcée dans le numéro 115 (automne 2013).

  • Dirigé par Laurent Vernet, le dossier du numéro 105 d'Espace envisage le fameux ouvrage de Guy Debord, La société du spectacle, en l'appliquant au champs des arts visuels. À quels signes peut-on reconnaître que le système capitaliste a transformé le monde de l'art pour en faire une industrie du spectacle comme les autres? Les collaboratrices Josianne Poirier, Julie Boivin et Catherine Lalonde abordent divers points de vue sur la question, notamment à travers l'analyse de la sculpture lumineuse Intersection articulée (Raphael Lozano-Hemmer), présentée en 2011 lors de la Triennale québécoise, et une entrevue avec le galeriste René Blouin. Afin de souligner les 25 ans du centre d'exposition CIRCA, Espace ouvre ses pages à cette institution passionnée pour la « sculpture au champ élargi » et présente quelques expositions marquantes de son histoire.

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