François Bernadi

  • « Au Temps des Mongols » Une fiction qui se nourrit d'histoire vécue, au bord de la Méditerranée. La chronique d'une communauté villageoise sous l'Occupation. Novembre 1942. L'armée allemande envahit la zone sud. Un petit port adossé à sa montagne et ses vignes. Peut-être Collioure ? Une présence menaçante : la soldatesque vert de gris. Parmi elle, une poignée de « Mongols », transfuges de l'Armée rouge, qui rallièrent les nazis. Une population et sa vie quotidienne. Ses gestes et ses métiers. Ses regards et ses peurs. Sa faim. Cinq personnages aux prises avec une époque déraisonnable. Sé, Al Turc et La Houra : trois adolescents espiègles et marginaux. La Chine : le vieux sage, pêcheur de son état et quelque peu original. Cécile : la jeune fille venue d'ailleurs et qui fait basculer le destin. Au temps des Mongols ou le témoignage réconcilié avec la poésie.

  • Avec L'oeil de mer, François Bernadi nous donne - sur la guerre d'Espagne - un roman sincère, puissant et âpre. Non pas la guerre des combattants, vécue au jour le jour sur le terrain, mais celle qui se poursuit dans la tête et le coeur de l'exilé, du réfugié, du déraciné, du paria, toléré plus qu'accepté outre Pyrénées. En finit-on jamais de faire le deuil de son pays, de sa terre perdue ? De souffrir, lorsqu'on sait son peuple brimé et maintenu dans l'ignorance et la misère ? De se révolter devant la passivité de celui-ci, au prétexte de la fatalité ? Lorsque, au tournant des années 1960, le monde poursuit son inexorable marche, Gregorio, le héros du roman, en arrive « à l'amère conclusion qu'il nous faudra - un jour - défendre la liberté, non seulement contre le fascisme, mais aussi contre les démocraties... ». Constatant plus loin que « la lâcheté et le courage sont des maladies », il se dit « persuadé que le geste d'un homme peut suffire » pour changer le cours des choses. Publié - dans sa première édition chez Gallimard - en 1962, il y a tout juste cinquante ans, L'oeil de mer s'inspire de l'histoire de José Ramón Perez Jurado, réfugié dans le Lauragais près de Toulouse, mort en février 1960 à Madrid par l'explosion d'une bombe artisanale. L'oeil de mer porte la marque d'Albert Camus, parrain en littérature de François Bernadi.

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