Genevieve Boucher

  • Figure emblématique du tournant des Lumières, Louis Sébastien Mercier (1740-1814) est l'auteur d'une oeuvre abondante qui fascine par son étonnante modernité. Mercier, qui s'autoproclame « hérétique en littérature », pose sur le monde un regard neuf, débarrassé des anciennes hiérarchies.

    Dans son oeuvre panoramique, formée du Tableau de Paris et du Nouveau Paris, il arpente les rues de la capitale à la recherche de « matière à ses crayons » : il croque sur le vif la vie urbaine, les scènes du quotidien et les moeurs parfois étranges des habitants. Les deux oeuvres donnent à voir une ville qui change à vue d'oeil, qui ne cesse de déborder de ses enceintes, une ville qui, devenue le théâtre d'une grande révolution, se réinvente et réécrit son histoire.

    Geneviève Boucher est professeure au Département de français de l'Université d'Ottawa. Elle a publié de nombreux articles et comptes rendus sur l'oeuvre de Louis Sébastien Mercier et sur l'imaginaire révolutionnaire.

  • Un meurtrier en série fait rage dans les rues de Montréal, laissant d'innocentes victimes dans son sillage. Seule Kohl et ses Bellatrices peuvent l'arrêter et éviter que ce rituel sacrificiel ouvre un passage de l'enfer à la Terre; l'avenir des humains pourrait être en péril.

    Cependant, la cheffe de la cellule montréalaise a la tête ailleurs depuis que leur recrue a fait Damien prisonnier. Sa mystérieuse attirance pour le semi-démon la mènera sur une route dangereuse...

    Le prix à payer pour garder Damien vivant, à l'abri des anges, du démon assassin et de ses soeurs guerrières, sera-t-il trop grand pour Kohl?

  • Il était tout mon univers. Mon meilleur ami, mon confident, mon âme soeur. Il a trahi ma confiance et a déchiré mon coeur en morceaux. Je le déteste plus que tout.

    Ça fait cinq ans que je n'ai pas croisé son beau visage d'hypocrite. Cinq longues années que j'essaie de passer à autre chose et que je continue ma vie comme s'il n'en avait jamais fait partie.

    Aujourd'hui, je tiens entre mes mains le faire-part du mariage de ma soeur. Je viens d'apprendre que je devrai collaborer avec LUI. Durant le prochain mois, je vais ressasser tous les souvenirs douloureux qu'il m'inspire, sentir ce poignard se planter à nouveau dans mon coeur.

    Mon nom est Osélia Lapointe et Olivier Simard m'a brisée.

  • Le xviiie siècle constitue un moment charnière dans l'histoire du roman français. Des mémoires fictifs au récit sentimental, en passant par le roman épistolaire, le genre se diversifie en affirmant de plus en plus son ancrage dans l'expérience des lecteurs[2]. Libérés des alibis épiques ou historiques qui freinaient encore leurs devanciers baroques et classiques, les romanciers procèdent à une exploration systématique des possibles formels ou thématiques de la fiction romanesque. L'expansion du lectorat et l'émergence de nouvelles médiations éditoriales (publications sérielles, collections) donnent lieu à ce que certains historiens ont identifié à une révolution de la lecture du roman, dont témoigne entre autres le célèbre Éloge de Richardson de Diderot[3] : inspirés par la Clarissa de Richardson ou La nouvelle Héloïse de Rousseau, les lecteurs de l'époque revendiquent une lecture que dominent la sensibilité et la subjectivité[4]. Ce double mouvement d'élargissement - de la forme romanesque et de son public - s'accompagne par ailleurs d'une importante réflexion théorique : plus que jamais le roman ne fait l'objet de discours, de débats, de discussions de plus ou moins grande ampleur. Dans sa cinquième édition (1798), le Dictionnaire de l'Académie française peut ainsi prendre acte de la réflexion romanesque développée depuis un siècle, et opérer une première variation dans la définition du terme « roman », qui était resté identique depuis 1694. Le roman cesse alors d'avoir pour contenu exclusif la matière « romanesque » des « aventures fabuleuses, d'amour, ou de guerre » ; il offre aussi au lecteur « des fictions qui représentent des aventures rares dans la vie, et le développement entier des passions humaines[5] ». Cette affirmation du roman et de sa lecture, cette reconnaissance de son pouvoir et de sa valeur exploratoires, rendront possible la légitimation du genre dans la première moitié du xixe siècle.

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