Jean Genet

  • Les bonnes

    Jean Genet

    Genet nous avertit. Il ne faut pas prendre cette tragédie à la lettre : "C'est un conte, c'est-à-dire une forme de récit allégorique." "Sacrées ou non, ces Bonnes sont des monstres. Elles ont vieilli, elles ont maigri dans la douceur de Madame. Elles crachent leurs rages."
    Les domestiques sont des êtres humiliés dont la psychologie est pertubée. Austères dans leur robe noire et souliers noirs à talons plats, les bonnes ont pour univers la cuisine et son évier ou la chambre en soupente, dans la mansarde, meublée de deux lits de fer et d'une commode en pitchpin, avec le petit autel à la Sainte Vierge et la branche de buis bénit.
    Genet a réussi cette pièce, Les Bonnes, peut-être parce qu'il revivait, à l'intérieur de ses personnages, en l'écrivant, sa propre humiliation.

  • Journal du voleur

    Jean Genet

    "Je nomme violence une audace au repos amoureuse des périls. On la distingue dans un regard, une démarche, un sourire, et c'est en vous qu'elle produit des remous. Elle vous démonte. Cette violence est un calme qui vous agite. On dit quelquefois : "Un gars qui a de la gueule." Les traits délicats de Pilorge étaient d'une violence extrême. Leur délicatesse était violence."

  • "Weidmann vous apparut dans une édition de cinq heures, la tête emmaillotée de bandelettes blanches, religieuse et encore aviateur blessé, tombé dans les seigles, un jour de septembre pareil à celui où fut connu le nom de Notre-Dame-des-Fleurs. Son beau visage multiplié par les linotypes s'abattit sur Paris et sur la France, au plus profond des villages perdus, dans les châteaux et les chaumières, révélant aux bourgeois attristés que leur vie quotidienne est frôlée d'assassins enchanteurs, élevés sournoisement jusqu'à leur sommeil qu'ils vont traverser, par quelque escalier d'office qui, complice pour eux, n'a pas grincé. Sous son image, éclataient d'aurore ses crimes : meurtre 1, meurtre 2, meurtre 3 et jusqu'à six, disaient sa gloire secrète et préparaient sa gloire future."
    Jean Genet.

  • Miracle de la rose

    Jean Genet

    "En quittant la Santé pour Fontevrault, je savais déjà qu'Harcamone y attendait son exécution. À mon arrivée, je fus donc saisi par le mystère d'un de mes anciens camarades de Mettray, qui avait su, notre aventure à nous tous, la pousser jusqu'à sa pointe la plus ténue : la mort sur l'échafaud qui est notre gloire."

  • Un captif amoureux

    Jean Genet

    "Avant d'y arriver, je savais que ma présence au bord du Jourdain, sur les bases palestiniennes, ne serait jamais clairement dite : j'avais accueilli cette révolte de la même façon qu'un oreille musicienne reconnaît la note juste. Souvent hors de la tente, je dormais sous les arbres, et je regardais la Voie lactée très proche derrière les branches. En se déplaçant la nuit, sur l'herbe et sur les feuilles, les sentinelles en armes ne faisaient aucun bruit. Leurs silhouettes voulaient se confondre avec les troncs d'arbres. Elles écoutaient. Ils, elles, les sentinelles.
    [...] Dans une tragédie de Shakespeare des archers tirent des flèches contre le ciel et je n'aurais pas été surpris si des feddayin d'aplomb sur leurs jambes écartées, mais agacés par tant de beauté en forme d'arc s'arrachant à la terre d'Israël, eussent visé et tiré des balles contre la Voie lactée, la Chine et les pays socialistes leur fournissant assez de munitions pour faire dégringoler la moitié du firmament. Tirer des balles contre les étoiles cependant qu'elles sortaient de leur propre berceau, la Palestine ?"

  • Le balcon

    Jean Genet

    'L'artiste n'a pas - ou le poète - pour fonction de trouver la solution pratique des problèmes du mal. Qu'ils acceptent d'être maudits. Ils y perdront leur âme, s'ils en ont une, ça ne fait rien. Mais l'oeuvre sera une explosion active, un acte à partir duquel le public réagit, comme il veut, comme il peut. Si dans l'oeuvre d'art le "bien" doit apparaître, c'est par la grâce des pouvoirs du chant, dont la vigueur, à elle seule, saura magnifier le mal exposé.'
    Jean Genet.

  • Les negres

    Jean Genet

    Aux personnages de Genet on pourrait dire : ' Arrête de faire le Nègre ! ', comme on dit à d'autres : ' Arrête de faire le clown ! '. En fait, ici, c'est la même chose : Nègre et clown c'est tout un, dans la dérision,le double jeu et la provocation. Ces Nègres-là n'ont pas un nez rouge qui les métamorphose mais un nez noir qui les dissimule d'autant plus qu'il ne se voit pas. Ils jouent à paraître ce qu'ils sont déjà et à être ce qu'ils ne sont pas, dans une confusion plaisante mais bien faite pour dérouter qui voudrait en finir une bonne fois avec les faux-semblants. Il est toutefois inutile d'attendre de Genet qu'il révèle tout à trac sa position personnelle quant au statut politique et social du Noir. Comme en se jouant, il laisse affleurer ses angoisses et ses désirs, sa violence et ses espoirs de revanche. Le rire des Nègres est désarmant sans doute mais, désarmés, les Blancs - présents sur le plateau à titre d'oppresseurs autant qu'à titre de public - ne sauront plus se défendre : c'est bien autour de la cérémonie funèbre de leur anéantissement que la pièce est construite.

  • Tous les protagonistes de ce drame naissent du brouillard de Brest, du soleil qui dore faiblement ses façades, et de la mer semblable au mouvement intérieur qui anime l'écrivain. Ce sont des miroirs se renvoyant des images semblables et contraires qui sourdent du même foyer où elles reviennent ensuite se confondre : Jean Genet.

  • Le projet d'un livre sur Rembrandt accompagna longtemps Jean Genet. Il découvre l'oeuvre du peintre au début des années 1950 lors de séjours à Londres, puis à Amsterdam, Berlin et Vienne, et lui consacre un premier texte, publié dans L'Express en 1958. Au début des années 1960, Genet y travaille encore, mais en avril 1964, apprenant la mort de son ami Abdallah, il détruit le contenu d'une valise pleine de ses écrits. Ne subsistent des pages consacrées à Rembrandt que deux manuscrits, miraculeusement sauvés, qui formeront "Ce qui est resté d'un Rembrandt déchiré en petits carrés bien réguliers, et foutu aux chiottes", publié en revue en 1967. Bien que Genet les ait insérés dans ses OEuvres complètes, ces textes resteront confidentiels et il n'en verra pas d'édition illustrée de son vivant. En 1995, les Éditions Gallimard réalisent enfin le projet inabouti sous la forme d'un livre d'art qui révèle toute la puissance de la réflexion de Genet sur Rembrandt. C'est cet ouvrage, épuisé depuis longtemps, que revisite aujourd'hui la collection "L'Arbalète". Illustré de l'ensemble des tableaux cités par Genet et complété d'une notice historique inédite, il viendra désormais voisiner avec L'atelier d'Alberto Giacometti, le plus célèbre de ses écrits sur l'art.

  • «Une paillette d'or est un disque minuscule en métal doré, percé d'un trou. Mince et légère, elle peut flotter sur l'eau. Il en reste quelquefois une ou deux accrochées dans les boucles d'un acrobate.» Ainsi s'ouvre Le funambule, un des textes emblématiques de l'oeuvre de Jean Genet, dédié à son ami Abdallah.

  • Les héros de Pompes funèbres, roman qui utilise toutes les ressources et toutes les «pompes» de la langue, Erik, Jean D., Riton ne sont rien d'autre que des figures héraldiques, des êtres poétiques qui vivent ou successivement ou à la fois les décisions les plus rigoureuses de l'écrivain.

  • Étranges prisonniers réunis par Genet dans la cellule d'un quartier de haute sécurité ! Loin de souhaiter échapper à leur condition, ils constituent à eux trois un petit monde clos dont ils exagèrent l'enfermement. Yeux-Verts, le seul assassin du groupe, est un pôle attractif pour les deux autres : ils n'aspirent qu'à l'honneur de l'imiter, sinon de le rejoindre dans le ciel héroïque du crime et de la mort pour lequel la prison se révèle le meilleur tremplin.
    Prison et enfermement métaphysiques donc. Yeux-Verts, le plus avancé sur la voie du détachement, fuit dans une sorte de rêve de gloire ; les deux autres s'entre-déchirent pour avoir les meilleures chances d'accéder à une existence vraie en captant à leur profit le reflet de celui qui appartient déjà à l'autre monde. Ce désir luciférien de néantisation salvatrice ne peut aboutir qu'à l'échec. Qui s'en étonnerait ?

  • Le bagne

    Jean Genet

    Le Bagne est la queue de comète carcérale de Genet : de 1942, où il ébaucha Haute surveillance, à 1964, où il abandonna la rédaction du Bagne, Genet n'a cessé d'ériger l'enfermement en idéal d'une vie essentialisée, car proche de la mort. Cayenne est pour lui le nouvel Éden, paradis perdu auquel seul le crime permet d'accéder, auquel seule la surenchère dans le crime permet d'ajouter un éclair de totale réalisation de soi avant que le couteau de la guillotine n'en vienne sanctifier la perte. À ce jeu de qui perd gagne jouent les forçats Rocky, Ferrand et Forlano : d'abord rivaux, ils finiront par reconnaître qu'ils sont à égalité de haine et de pouvoir pour tromper et ridiculiser les maîtres du bagne. Dans ce lieu clos s'anime, traitée avec humour et sarcasme, une société d'exclus - bagnards aussi bien que gardiens - malfaisants et retors, tout ensemble lucides et aliénés par leurs rêves.
    Le Bagne met un point d'orgue en même temps que de suspension à l'oeuvre théâtrale de Genet.

  • Quel contraste entre Splendid's et 'Elle', les deux pièces posthumes de Genet! La première est sérieuse et collet monté, à l'instar des gangsters qui, juste avant l'assaut de la police, occupent le palace du Splendid's et règlent leurs comptes avec eux-mêmes et leur passé de faux héros. Dans 'Elle', un personnage étrange qui n'est autre que le pape virevolte, lancé, les fesses à l'air, sur des patins à roulettes! Est-ce une farce pour autant? Nullement : c'est peut-être la pièce de Genet la plus réfléchie sur les notions d'être et de paraître, d'image et de réalité. Dans les deux oeuvres, en fait, Genet ne cesse de creuser, en termes concrets de théâtre, ce que fiction veut dire, à la fois comme mensonge et comme construction de soi.

  • En 1955, Jean Genet rencontre Abdallah Bentaga, un jeune acrobate, avec lequel il vit sa plus belle et dramatique histoire d'amour. Il lui dédie « Le Funambule », un long poème amoureux, mais aussi une réflexion sur les voies de la création : variations sur une dramaturgie du cirque, du théâtre et de la danse. Dans « L'Enfant criminel », dont l'édition originale de 1949 fut censurée, l'auteur raconte son passage après ses premiers larcins dans des maisons de correction de l'assistance publique et dévoile « le mystère de ces bagnes pour enfants ».

  • Jean Genet évoque son itinéraire qui fit d'un enfant de l'Assistance publique injustement soupçonné d'un vol et placé dans une maison de correction celui qui, dans sa souffrance, choisit d'être ce dont on l'accuse : « Je me reconnaissais le lâche, le traître, le voleur, le pédé qu'on voyait en moi. » « Journal du voleur » est l'évocation d'un destin délibérément choisi « dans le sens de la nuit » pour exploiter « l'envers de la beauté » par l'écriture et son flamboiement. C'est grâce à l'éclat de cette parole que Jean Genet élabore un monde cohérent, le sien, reposant sur la constante inversion des valeurs et centré sur la mort.

  • Venez découvrir Les Bonnes, la pièce de théâtre de Jean Genet, grâce à une analyse littéraire de référence.
    Écrite par un spécialiste universitaire, cette fiche de lecture est recommandée par de nombreux enseignants.
    Cet ouvrage contient plusieurs parties : la biographie de l'écrivain, le résumé détaillé, le mouvement littéraire, le contexte de publication de la pièce de théâtre et l'analyse complète.
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  • Le Moyen Âge, défini comme le temps qui sépare la fin de l'Empire romain de la Renaissance, voit naître l'Europe. Son histoire ne peut pas être comprise si on l'isole des civilisations et des cultures nées en même temps qu'elle, dans le même espace et les mêmes conditions.

    Le monde médiéval naît de l'implosion de Rome, transformée sous l'impulsion d'un monothéisme né du judaïsme, le christianisme, malmenée par les Barbares du Nord et des steppes, épuisée par sa lutte contre l'empire parthe/perse : sur ses ruines, trois civilisations voient le jour, la chrétienté latine, qui intègre sous l'égide de son institution dominante, l'Eglise, les Celtes, les Germains et, en partie, les Slaves, l'Empire byzantin qui influence le reste des Slaves, et l'Islam, qui absorbe une partie du monde byzantin (Égypte, Syrie), le Maghreb, l'espace iranien et se propage jusqu'à l'Inde et à la Chine.



    POINTS FORTS- Traite simultanément de trois ensembles (Occident médiéval, Islam, Byzance) qui sont d'habitude traités séparément.
    - Un récit complet et détaillé des évolutions politiques principales sur une longue durée - Permet de comprendre dans quelles conditions sont nées et ont évolué les civilisations européennes et islamiques : à ce titre, il est un outil indispensable à la compréhension du monde d'aujourd'hui SOMMAIREI. L'enfantement du monde médiévalII. L'Europe et la révolution féodaleIII. L'Europe entre États et Empire PUBLIC - 1er et 2e cycles d'histoire - préparation aux concours (épreuves de hors programme) - tous publics ayant à connaître au moins dans ses grandes lignes la période médiévale (étudiants en lettres ou en langue, en droit ou en sciences politiques).

  • "Ces deux heures d'entretien permettent à l'auditeur de redécouvrir la vie à bord des terre-neuvas, qui du XVe jusqu'au début du XXe siècle pratiquaient la pêche à la morue au large de Terre Neuve, et des cap-horniers puissants voiliers qui naviguèrent sur toutes les mers du globe. Hommes, navires et voyages, dur labeur et surtout solidarité d'équipage, ce coffret propose les témoignages rares des derniers marins des grands navires à voile."
    Patrick FRÉMEAUX
    "Ces témoignages nous invitent à nous replonger dans une époque où le courage et la solidarité permettaient à ces hommes d'affronter les difficultés d'un métier qui était toute leur vie."
    Marie-Hélène DESJARDINS, Conservateur en Chef du Patrimoine, Musée de Fécamp
    /> Réalisé par l'association "Paroles, Images et Sons", ce document exceptionnel regroupe quatre témoignages enregistrés entre 1969 et 1971, puis en 1999 par des enseignants praticiens de la pédagogie Freinet. On y retrouve les récits de Jean Morgan de Fécamp, mousse dès l'âge de 12 ans au large de Terre-Neuve et de Jean Chuinard, fils d'armateur à Granville qui revient sur les rapports sociaux entretenus avec l'équipage. Monsieur Gicquel de Genêts (Manche) évoque les conditions de vie à Terre-Neuve (brouillard, froid, glace, manoeuvres de nuit dans les mâts, accidents) et le Commandant Georges Aubin né à Nantes en 1903, se remémore son passé à bord des cap-horniers, sur lesquels il vogua dès l'âge de 14 ans sur toutes les mers du globe.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • HU Histoire est une collection de manuels de référence qui couvrent les grandes périodes historiques, de la préhistoire à nos jours.Le Moyen Âge en Occident présente de manière claire et précise dix siècles d'Histoire de Clovis à Christophe Colomb.
    Ouvert par les invasions barbares, le haut Moyen Age s'achève avec la désagrégation de l'empire carolingien. Le Moyen Age classique voit s'épanouir la féodalité dans l'Europe chrétienne. À la fin de la période naissent les États monarchiques européens et les premières formes du capitalisme.
    L'ouvrage montre les liens constants entre les institutions et les sociétés, largement influencés par les retournements de la conjoncture. La trame est constituée par l'étude du fait religieux et des mentalités.Il s'appuie sur un cahier de cartographie, une chronologie, des définitions et un index. Cette nouvelle édition, dans une nouvelle présentation, propose une cartographie entièrement modernisée et en 4 couleurs, ainsi qu'une mise à jour de la bibliographie et de l'historiographie.
                                                                                                                    SOMMAIRE1- Le haut Moyen Age occidental (410-1050)  2- Le Moyen Age classique (XIe-XIIIe siècle)  3- La fin du Moyen Age (XIVe-XVe siècle) Public : Étudiants des 2 premiers cycles universitaires en histoire

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