Jean-Bernard Pinatel

  • Les nations se mesurent constamment dans une permanente épreuve de force. La clé de leur survie se trouve dans l'économie des forces. Pour l'État, il s'agit de trouver la meilleure harmonie possible entre les efforts consacrés à la défense et ceux appliqués au développement, puis de réaliser une optimisation des forces mobilisées pour ces deux fonctions fondamentales de la vie nationale. Convaincus que la politique militaire peut concourir à fortifier ou à affaiblir l'une ou l'autre et parfois même ces deux fonctions, les auteurs de cette recherche ont essayé de définir les conditions permettant l'emploi le plus rationnel des forces consacrées à la préparation des moyens militaires de la France.

  • Guerre économique ou économie de la guerre ? Grèves, révolutions, terrorisme international, devant toutes ces manifestations d'une nouvelle sorte de guerre civile, se cachent certaines réalités économiques bien précises. La course à la puissance entre les États-Unis et l'Union soviétique engendre ici le mécontentement des peuples nantis. D'un autre côté, les pays pauvres qui accèdent à la technique atomique et détiennent les matières premières stratégiques représentent aujourd'hui une véritable menace. Une fois encore, la guerre de demain risque de bousculer nos conceptions de la défense et de la sécurité. Si les Occidentaux accumulent les armements, c'est qu'ils ne veulent pas se battre. Ils produisent des armes pour se défendre et les exportent pour « amortir » la production. Iront-ils, comme le prédisait Lénine à propos des capitalistes, jusqu'à « vendre le clou pour les pendre » ? La montée des gauchismes et la perspective de révolte des pays pauvres, attisée par l'Union soviétique et la Chine, révèlent que les conditions d'une rupture sont dès maintenant atteintes. Cri d'alarme plutôt qu'expression d'un désespoir, ce livre prolonge la mise en garde de Soljenitsyne aux Occidentaux : « Ce qui vous menace, c'est vous ». Pourquoi continuer de subir la pression qui s'exerce pour que l'Europe continue de s'effacer, pourquoi s'équiper en armements classiques pour le seul profit de l'économie américaine et la seule tranquillité du monde soviétique ? Les dépenses de sécurité finissent par jouer contre le développement. Elles en arrivent à trahir la défense. Le prix de la liberté serait que l'Amérique regarde en face son intérêt qui n'est pas de continuer à vassaliser une Europe balkanisée. Il faudrait aussi que les Européens en général et la France en particulier trouvent en eux-mêmes les ressources d'une énergie nouvelle afin d'éviter que le pire ne se réalise. Il n'est peut-être pas encore trop tard...

empty