Madeleine Chapsal

  • Cinquante ans et trente années d'amour, les « noces de perle », est-ce que cela va continuer, disons, jusqu'au bout ? C'est la question  que se pose à part soi un couple de Parisiens. Roger est architecte,  Martine femme au foyer, et c'est en douce que l'un et l'autre vont mettre leur amour à l'épreuve par quelques écarts, cachotteries et diverses  tromperies. Le fil d'or de leur entente est-il assez solide pour résister à de telles secousses, ou va-t-il se rompre ?
    En cours de route, on fait de nouvelles rencontres : un autre couple, une femme souffrant poétiquement d'alzheimer, une jeune séductrice aussi, et l'on randonne sur le plateau de Millevaches.
     Tous incidents  qu'expose  avec finesse et talent Madeleine Chapsal, l'analyste des passions,  dans ce roman doux et violent où bien des couples risquent de se reconnaître... ... Pour en rire, en pleurer, ou peut-être reprendre espoir, une fois la brume dissipée. 

  • En retrouvant par hasard Eléonore, son ancien amour de jeunesse, Louis mesure à quel point il n'a jamais pu oublier cette liaison romanesque et passionnée. Judith, sa jeune nièce, et occasionnellement sa confidente, s'interroge : en quoi l'amour en ce temps-là était-il différent d'aujourd'hui pour qu'il parvienne à autant perdurer ? Pour son compte, elle n'a que des liaisons passagères avec des hommes intermittents... Serait-ce l'époque qui sécrète un tel pointillisme amoureux ? D'un échec à l'autre, la jeune fille continue pourtant de rêver au grand amour - et, pour en savoir plus sur celui de son oncle, elle va en cachette trouver Eléonore. Surprise, elle découvre qu'en dépit de leurs affrontements Eléonore continue d'aimer Louis. Maintenant le passé s'est dissipé, le souvenir de leurs autres amours a disparu, ne restent plus qu'elle et lui... Est-il trop tard pour le vivre enfin et pour de vrai ce grand amour inoublié ?

  • "Bras nus, épaules et naissance des seins à découvert, croupes dans des jupes, des shorts, des jeans ultra-serrés, le nudisme féminin se répand. Que ce soit dans les rues, les lieux publics, les magazines, sur les écrans où animatrices, présentatrices, invitées se dénudent sans réserve, quels que soient leur âge ou la saison. Alors que les hommes, eux, restent normalement couverts. Face à cette différence de comportement, l'idée a fondu sur moi : le corps des femmes appartient toujours aux hommes ! Lesquels l'utilisent, ce corps, l'agressent, l'exploitent, le dominent depuis des millénaires.La libération des femmes ne serait-elle qu'un leurre ?"

  • Sara voue à sa soeur aînée une jalousie terrifiante qui la pousse à la calomnie et à la violence. « Pourtant nous nous aimions tant quand nous étions enfant... », s'afflige Emma qui ne comprend pas pourquoi sa petite soeur, devenue sa pire ennemie, s'acharne à la détruire. Longtemps elle va espérer la désarmer par un excès de patience et de générosité, mais rien n'y fait : plus elle lui cède plus sa soeur s'enflamme... C'est au décès de leur mère puis de leur père que Sara achève d'exploser : au mépris de la loi et même du bon sens, elle commet l'impensable pour arriver à dépouiller sa soeur, quitte à en pâtir elle-même. Bien des familles se déchirent ainsi au moment des héritages, par jalousie fraternelle plus encore que par appât du gain : elles ne peuvent que se reconnaître dans ce roman si juste qu'il en paraît vrai.

  • Georges et Fanny, la quarantaine, divorcés, sont remariés ensemble depuis trois ans... Ils s'aiment et leur vie de couple semble parfaitement maîtrisée : ils ne parlent guère du passé, n'ont que de rares accrochages, pensent la même chose sur la plupart des sujets, et même la politique. C'est du moins ce qu'on voit et ce qui s'entend car ils sont loin de tout se dire ! Dans leur for intérieur, un autre discours se poursuit en permanence, souvent contraire à celui qu'ils tiennent tout haut ! Fanny, dans son discours intérieur, se révèle soupçonneuse, d'une jalousie persistante - et Georges se laisse facilement émouvoir par une présence féminine ... Comme rien n'en est dit - seulement « pensé » - leur vie amoureuse peut continuer ... Jusqu'au jour où ce qui était tu, la vérité intime de chacun, sort malgré eux. Que va-t-il en résulter ? Une meilleure entente, ou la fin du couple ? Le problème de Fanny et Georges est aussi celui du lecteur et de la société entière : faut-il tout dire ? La transparence est-elle souhaitable à tous moments ? Peut-on vivre ensemble sans se mentir ? Faut-il toujours dire ou non la vérité, ne fût-ce qu'à soi-même ? Dérangeantes questions !

  • Alexandre, la cinquantaine, romancier à succès, puise le plus fort de son inspiration dans sa vie amoureuse. Mais les femmes qui l'entourent supportent mal ses aventures à répétition. Pis encore, son épouse comme ses maîtresses sont lasses de se reconnaître dans ses romans : à croire qu'il les utilise sans vraiment les aimer.
    Alexandre décide alors de vivre avec Delphine, vingt-trois ans, qui lui fournit du plaisir tout en le
    renseignant sur les moeurs de la nouvelle génération...
    Mais soudain - est-ce l'âge ? - il est saisi par une ambition supérieure : rédiger un essai où il compte mettre tout son savoir et son expérience de l'amour. Il est convaincu d'en obtenir la gloire. Son éditeur le met en garde : en voulant philosopher, le romancier court à l'échec.
    Alexandre s'entête et publie En voguant sur l'amour. Raté, l'ouvrage tombe à plat et, déconfit, humilié, l'écrivain voit se défaire sa relation à ses lecteurs, aux femmes, à l'écriture... Blessé, il cesse d'écrire, peut-être même d'aimer...
    Rompant avec Delphine, il se réfugie chez une tante âgée pour s'y s'interroger sur sa vocation : l'aurait-il choisie par incapacité à vivre dans le réel ? Etre un écrivain est certes valorisant, mais pourquoi celui-ci doit-il le payer dans sa vie comme dans sa chair ?
    Madeleine Chapsal nous révèle, à travers ce roman bouleversant, la déformation parfois monstrueuse qu'un écrivain peut faire subir à son existence comme à celle des autres pour continuer à écrire.

  • Une passion irrépressible dans le New York des années cinquante, narrée par une femme désespérément amoureuse d'un garçon peintre. Mais Pierre ne semble occupé que de sa peinture. Or, en débarquant dans son atelier, la narratrice y trouve une toute jeune femme : Maria. Pierre, l'artiste, est donc capable d'aimer ? Soulevée par une rage vengeresse, dans l'espoir que lui la prenne enfin au sérieux, l'amoureuse dédaignée fait en sorte de séduire la ravissante Maria, puis elle l'enlève et l'entraîne dans le Midi.
    Là, dans la facile douceur de l'époque, commence une valse à trois temps : les deux femmes s'éprennent l'une de l'autre, mais toutes deux aiment aussi Pierre... Lequel finit par débarquer parmi les mimosas, les eucalyptus et la mer... Entre ces trois êtres qui ne s'expriment le plus souvent qu'à demi-mot, tout va se révéler désir, beauté secrète et violence.
    Mais l'amour n'est pas que rêverie et fantasmes : il a son amère vérité, et c'est elle qui l'emporte. Comme toujours ?

  • Trois hommes, heureux en ménage, mariés jeunes, font partie de cette nouvelle génération qui « pousse le landau ». Le féminisme et Mai 68 étant passés par là, ils trouvent normal de partager les tâches ménagères, le soin et l'éducation des enfants, les sorties, les loisirs, à part parfaitement égales avec leurs épouses. Jusqu'au jour où Thierry, Octave et Cyril décident de se rencontrer une fois par semaine pour passer ensemble une « soirée mecs ». Ils se réunissent dans l'appartement que leur prête un copain afin de se retrouver seuls « entre hommes » . Aussitôt, c'est l'effervescence chez leurs femmes ! Julienne, Anna et Corinne ne l'entendent pas de cette oreille, quelque chose de leur conjoint, dont elles ont fait leur double, commence, croient-elles, à leur échapper ! C'est pire qu'une tromperie conjugale et elles s'unissent pour organiser la résistance ! Mais plus elles s'insurgent, plus les hommes prennent conscience qu'ils s'étaient laissé mettre en laisse et même féminisés à outrance... Depuis qu'ils se retrouvent entre eux leur regard sur le monde homme/femme se met à changer. Dans les petits détails de la vie, comme dans les grands ils s'entraînent mutuellement à exprimer leur vision du monde, comme des désirs et des goûts qu'ils avaient pris l'habitude de réprimer et censurer... Afin de ne pas contrarier leurs femmes... L'un c'est la boxe, un autre la chasse, ou la corrida... Leur revient aussi de s'autoriser à regarder les filles... - ils y avaient renoncé par crainte des remontrances ! Et les femmes : vont-elles accepter de ne plus totalement contrôler le comportement de leur mari, ni leurs regards ? Pour elles, c'est une sorte de retour en arrière, elles se voient revenues au temps ou les machos remisaient leurs compagnes dans un rôle de femelles... Les ménages vont-ils y résister ? De plus, que vont devenir les enfants dans la tourmente ? Et surtout l'amour ? Mais peut-être s'agit-il seulement de redéfinir les désirs et les besoins de tous, forcément différent, d'un sexe à l'autre, afin que chacun puisse vivre pleinement ce qu'il est. Ce roman est l'histoire de quelques hommes et femmes qui, parce qu'ils s'aiment, cherchent à inventer une vie de couple sans concessions ni mutilations. Leur avenir en dépend. Peut-être aussi celui de la planète.

  • Mona est une belle femme, élégante et très parisienne, à qui la vie sourit : elle mène une existence sans nuage avec son mari, Max.
    Mais son coeur est encore à Saintes, et elle ne peut se résoudre à mettre en vente la maison familiale dont elle vient d'hériter. Qu'il est agréable d'être proche de la nature, et la vie à la campagne a tellement de charme !
    La rencontre d'un homme sincère et vrai va lui ouvrir les yeux...
    Un magnifique portrait de femme.

  • Longtemps j'ai cru que les amis n'étaient que des pis-aller pour les périodes où je n'avais pas d'amour. Des confidents transparents à qui parler de ma passion, de mes folles espérances, et de l'effroyable, misérable rupture... Des fantoches, en somme, presque sans visage et interchangeables: en cas de besoin, on prend l'ami qui est là!
    Et puis, le temps passant, les amours se succédant, je me suis aperçue, à ma confusion et avec reconnaissance, qu'en fait les amis sont des personnes à part entière. Eux " résistent ", non seulement à la durée, mais aussi à nous! Il arrive qu'ils disparaissent. Parfois pour resurgir... Egalement qu'ils meurent, et quelle souffrance alors! Ou qu'ils nous trahissent _ forte douleur là aussi.
    /> En fait, il y a une histoire de nos amitiés, plus souterraine mais tout aussi chargée et intéressante que celle de nos amours. Pas de réjouissances sans amis: ils sont le champagne de notre existence!
    Nos confidents, aussi: à tous les moments de ma vie je rencontre des amies, ou des amis. Car cela existe aussi _ hum! _ l'amitié entre homme et femme...
    Et puis, au soir de la vie, c'est du fond du coeur qu'on apprécie les bons amis qui nous restent, car ils savent nous rappeler qui nous sommes, qui nous avons été _ en nous aidant à embellir encore une histoire, la nôtre, qui est aussi la leur.
    Merci d'être là, les amis!
    M.C.


  • Quand Emmanuelle va retrouver celui qu'elle aime, c'est Gabrielle qui lui ouvre la porte ! Une ancienne maîtresse avec qui Maxime prétend avoir rompu ! Pris sur le fait, il plaide sa cause : "Un homme comme moi, il faut deux femmes. C'est pareil pour la plupart des hommes. Ca ne devrait pas te faire du mal puisque c'est avec toi que je vis, toi que j'aime !" Pourtant, Emmanuelle a reçu une balle près du coeur.
    Qu'est-ce au fond que l'amour ?

  • Arrogante et solitaire, la jeune Mathilde cherche
    désespérément à se faire aimer. Autour d'elle il y a
    Paul, lequel en vain l'idolâtre, Guillaume, jeune
    écrivain en proie au spleen, Hélène, belle femme
    plus âgée, intellectuelle, et son amant François, haut
    fonctionnaire. Mathilde sort tour à tour avec chacun
    d'eux, sans parvenir à en aimer aucun : quelque
    chose lui manque, mais elle ne sait pas encore quoi...
    Trente ans plus tard, elle rencontre un homme,
    Douglas, un architecte de talent pour qui la sexualité
    est la grande, peut-être la seule affaire de la vie, et qui
    se plaît à la convaincre, en paroles comme en actes,
    qu'il en est de même pour tous ! Seule l'hypocrisie
    générale empêche de l'admettre.
    /> Au début de leur liaison, Mathilde est choquée
    dans la vision qu'elle se fait des rapports amoureux,
    aussi dans ses convictions, sa morale. Puis elle
    finit par s'apercevoir que la sincérité et le réalisme
    - parfois très cru - de son nouvel amant lui ouvre
    une porte. Sur elle-même et sur ce qui est, en fait, le
    véritable amour

  • C'est avec cette franchise sans détour qui a fait le succès de son best-seller, La Maison de Jade, que Madeleine Chapsal raconte ici comment elle a décidé d'avoir recours à la psychanalyse après avoir failli se jeter sous le métro.
    La grande romancière n'avait pas encore découvert sa vocation d'écrivain. Jeune divorcée, journaliste, elle essayait de se faire une place dans une société féroce envers les femmes seules. Surtout lorsqu'elles ne peuvent pas avoir d'enfants.
    Le Retour du Bonheur est la confession d'une femme qui ne veut pas " se laisser avoir " par le destin, par la solitude et par les hommes, une préoccupation aujourd'hui majeure chez beaucoup d'autres. Par ailleurs, ce livre se présente comme un guide à l'usage de ceux ou de celles qui, tout en ayant le sentiment d'en avoir besoin, n'ont pas l'expérience de la psychanalyse et craignent de se précipiter dans l'inconnu.
    En s'appuyant sur sa propre pratique, l'auteur répond clairement aux questions les plus légitimes: comment choisir son psychanalyste, comment se passe le premier rendez-vous, quelles sont les règles qui régissent le traitement, etc.
    Portraits aussi de deux grandes figures d'analystes, Serge Leclaire et Françoise Dolto. C'est en travaillant avec eux, révèle Madeleine Chapsal, qu'elle a pu faire des découvertes sur elle-même et se mettre à écrire.
    Retour du bonheur? En tous les cas, retour à la vie.

  • Clotilde vit depuis quinze ans avec Albert un mariage paisible. Mais elle exige davantage de la vie et de l'amour, aussi décide-t-elle de divorcer. D'avance, elle se réjouit à l'idée d'être libre.
    Elle se retrouve en proie au manque d'argent et au harcèlement sexuel. Elle souffre aussi de la solitude. Albert est remarié, ses amis sont occupés par leur propre vie. Est-ce le prix que doivent payer les femmes pour leur liberté?
    Une chance paraît toutefois se présenter: Henri, rejeton de milliardaire, courtise Clotilde. Mais la jeune femme le refuse. Elle préfère partir à l'aventure afin d'éprouver ses propres forces face à la société.
    Un brocanteur, un directeur de haras, un éducateur: à travers ces rencontres, Clotilde va faire le chemin qui la mène à être " elle-même ". Elle veut apprendre à se sentir heureuse. Saura-t-elle ensuite prêter attention à Charles qu'elle n'a guère remarqué jusque-là?
    Un homme capable de l'aimer tout en respectant sa liberté: ce que souhaitent toutes les femmes qui aspirent au bonheur.
    Un bonheur adulte.

  • En cette maison de jade, le drame et les protagonistes sont aussi authentiques qu'ils sont imaginaires. Summum du roman-vérité qui met en scène la tragédie de la passion : par fol amour, une femme abandonne sa carrière d'écrivain, rompt avec son passé, ses habitudes, pour se faire la Pygmalionne - l'esclave ? - d'un homme sensiblement plus jeune qu'elle et traversant une mauvaise passe. A ces amants épris de leurs corps autant que de leurs coeurs la vie semble neuve et, si quelques épreuves le ponctuent, le bonheur paraît absolu, sans ombre ni tache. Un jour, pourtant, le jeune homme, remis en selle par cette cure d'amour, délaisse sa maîtresse pour une autre. Une héritière jeune et féconde, elle. Du désespoir et du suicide renaîtra une femme libre, déculpabilisée de son âge, de sa stérilité, de ses peurs. Une femme qui comprend qu'on ne "fait" pas un homme, si fragile soit-il. Une femme, enfin, qui redécouvre les joies de ses vies antérieures.

  • « Dès qu'elle m'a sentie venir, et tandis que je courais vers elle de toutes mes petites jambes de chair, mes bras minuscules tendus vers elle j'avais deux ans , elle a écarté ses vastes bras de pierre pour m'étreindre, m'accueillir, ne plus me lâcher !
    Née trois siècles avant moi, elle m'attendait. Moi seule...»

  • Romancière, journaliste, dramaturge, membre du jury du prix Femina, Madeleine Chapsal a récemment publié chez Fayard : J'ai toujours raison!, Nos jours heureux, La femme sans, La Maison et Les Chiffons du rêve. Deux femmes en vue est un roman sur les tribulations de l'amitié, qu'on dit plus sûre et plus durable que l'amour. Toutefois, quand surgit le cyclone de la passion, pas plus que le reste -liens familiaux, intérêts professionnels - elle ne résiste aux ravages. Seul surnage l'amour -mais jusqu'à quand ? Avec Madeleine Chapsal, le roman sentimental passe du rose au rouge passion.

  • Un jardin, c'est un coin de soi. Plus cela va, mieux je le constate : nous nous ressemblons.
    À chaque succession des saisons, mon jardin et moi cheminons côte à côte, d'un pas qui fait penser à celui d'un adulte accompagnant un enfant qu'il voit naître puis grandir.
    J'ai récolté les pommes de mes pommiers, quelques poires, des noix et noisettes, et je cueille les grappes acidulées de ma vigne ! Quel que puisse être leur goût, les fruits de mon jardin sont, à ma bouche, les meilleurs du monde. Quant aux fleurs, c'est ma gloire ! Venez voir mon hibiscus, mes camélias, mes rosiers...
    Un jardin est aussi une écriture, il comporte un message, il faut parfois toute une vie pour le déchiffrer.
    C'est lui qui me cultive.
    M.C.

  • « Dans Affaires de coeur, trois jeunes gens déphasés par l'après-guerre entament un marivaudage qui va les emporter dans la valse dangereuse de sentiments hors du commun.
    Ce roman, jusque-là demeuré inédit, date des années cinquante. Je ne serais plus capable d'écrire avec cette insolente frivolité : c'est qu'après les grands massacres tout n'était bon qu'à être gaspillé, jeté au vent, dispersé, dissipé - puisque nos parents l'avaient fait du monde - comme notre jeunesse, comme nous. Comme tu es belle, me dit-elle, on pourrait en mourir... Il passa près de moi et je retrouvai derrière son odeur, l'autre, plus affreuse, animale et parfumée, de l'amour.
    L'amour n'étant qu'un lent moyen d'imprimer de la vitesse au temps afin qu'il nous tire vers une autre vie, vers aujourd'hui... Il ne m'en reste que ces quelques images, saisies dans l'éblouissement d'un geste, le fracas puissant de mots tendres, meurtriers et cruels. »
    M.C.

  • "Longtemps j'ai cru qu'il y avait une gradation dans ce que j'éprouvais face à la mort d'autrui. Celle de mes aimés devant m'affecter plus que celle de personnes peu ou à peine connues. Avec le temps, cette vision a fait place à une autre : désormais, j'ai l'impression d'avoir un épieu fiché dans le coeur. Chaque fois que survient un nouveau décès, même lointain, c'est comme un coup de marteau qui enfonce ce pic plus loin encore. Jusqu'au moment où, totalement transpercé, mon coeur finira par éclater.".

  • Ce jour de l'été 2011, pour la première fois depuis mes quinze ans, j'ai cessé d'écrire. Plus rien ne me venait, ni courrier, ni journal, ni texte littéraire... Ecrire m'était devenu impossible, j'avais la gorge nouée. Que s'était-il passé qui puisse justifier cet étranglement ? Ce subit refus de continuer ce qui, jusque-là, faisait ma vie, l'écriture ? La réponse m'apparut comme évidente : le dimanche 24 juillet, à l'hôpital de Fécamp, David était mort. Mort, le mot lui allait si mal. Même quand j'ai su qu'il rechutait, six mois plus tôt, je n'y ai pas cru, David, mon « fils de coeur », allait à nouveau trouver des solutions à son mal. Aujourd'hui, si je m'y remets, serait-ce que David attend de moi que j'écrive sur lui, puisque tel est mon seul savoir-faire ? Je sens en tout cas, que je ne pourrai recommencer un texte qu'après avoir transcrit ce que ce « fils » disparu a été pour moi, ce que nous avons vécu en commun, ces rares moments qui n'ont été qu'à nous deux. Sans que cela ôte quoi que ce soit à aucun d'entre les siens, proches ou lointains. Voici donc ce que j'ai vécu d'unique avec David.

  • Elle, Rose, la trentaine; lui, Georges, un peu plus. Ils ne sont pas destinés à se rencontrer. Un jour, poussés par le hasard, les voici face à face: il a suffi d'un foulard bleu, ramassé, rendu, d'un échange de regards, de quelques mots... C'est l'amour fou.
    Seulement, ils ne sont libres ni l'un ni l'autre. Rose a un mari qu'elle affectionne, une fille, un fils. Georges, une femme malade, une fille qui a d'autant plus besoin de lui.
    Saisis par la passion, Rose et Georges sont incapables de renoncer à leurs engagements. Ils s'accordent de se rencontrer hâtivement, au cours d'heures volées, merveilleuses, où ils découvrent chaque fois plus à quel point ils sont faits l'un pour l'autre. Toutefois, cette clandestinité les laisse insatisfaits et ils ne peuvent s'empêcher d'espérer: un jour, peut-être, ils pourront vivre ensemble... Ou leur faudra-t-il se suffire de ces brèves rencontres qui illuminent leur vie sans la combler?
    Mais l'amour, le vrai, est plus fort que l'absence et la séparation: il ravit à jamais ceux qui l'éprouvent.
    Frappés d'enchantement, Georges et Rose ne regrettent rien, ils ne voient même pas passer les années: ils sont trop occupés à s'aimer! Il leur suffit de penser l'un à l'autre, dans l'intimité de leur coeur, pour être heureux...

  • « Dans ma bibliothèque gît un trésor ! Vingt deux gros volumes qui rassemblent tous les numéros de l'Express première époque, celle d'avant le magazine et qui vont de 1953 à 1964. On y relit avec étonnement et admiration des textes signés des noms de ceux qui composaient l'élite dans tous les domaines... Une anthologie dont il serait passionnant et très instructif de republier des passages. Je le fais pour ma part en reprenant mes entretiens de L'Express de ces années-là. Ceux que j'avais recueillis au cours de cette prestigieuse décennie auprès d'écrivains et d'artistes, les uns restés très célèbres, les autres moins, mais tous au travail pour élaborer et enrichir notre culture. Une certaine partie a été publié dans Envoyez la petite musique, devenu un classique, mais il en restait beaucoup d'autres, dont Saint-John Perse, Marguerite Duras, Alberto Moravia, Michel Butor, Pierre Daninos, Claude Simon, etc ... Ce sont ceux-là que je suis heureuse de publier aujourd'hui. A les relire, j'ai eu l'excellente surprise de constater à quel point ce qui m'a été dit à l'époque reste d'actualité voire se révèle prémonitoire... C'est que le recul nous rend mieux capables d'apprécier des paroles qui ont, entre autres qualités, d'avoir été émises dans un style superbe. Il y a aussi de l'esprit et de la drôlerie dans ces déclarations où chacun dévoile qu'il a la langue aussi bien aiguisée que la plume, surtout quand il s'agit de parler des confrères...Si je les entends encore, c'est sans doute parce que d'une certaine façon ces belles voix d'autrefois nous accompagnent et parfois nous précèdent. »

  • Arrachages de sacs, vols de bijoux, cambriolages... Les dames âgées meurent de peur dès qu'elles sortent de chez elles pour leurs courses ou se rendent à leur bridge ! Cette triste réalité donne à Armand l'idée de faire protéger - moyennant finance - les vieilles dames riches en péril : il fonde l'agence Mâle-escorte. De jeunes hommes bien élevés, mais sans moyens, se chargeront d'aller chercher, et de ramener chez elles, les clientes de l'agence. Très vite, chaque vieille dame s'attache à son escorte chérie, redevient confiante et même radieuse. Hélas, le bonheur ne dure pas ! L'une des dames protégées, puis une deuxième, puis d'autres sont attaquées et certaines assassinées... Par qui ? Afin de résoudre la dramatique énigme, Armand, le directeur de Mâle-escorte, appelle à la rescousse l'inspecteur Lavialle. De son côté, une détective privée, Mademoiselle Groseille, enquête en douceur. Qui a intérêt à faire disparaître les riches clientes de l'agence Mâle-escorte ? Une seule certitude : dans les mains de chaque cadavre, on trouve un gros bouquet de violettes de Parme. Un bouquet de violettes, après Reviens, Simone ! nous entraîne sur les chemins d'un suspense adouci par la tendresse et l'ironie chapsalienne... Tout le charme d'un mystère délicatement parfumé.

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