Will Self

  • Will marche dans Clapham Road. Il doit absolument se procurer sa dose quotidienne d'héroïne avant d'aller travailler. Et il n'a que 57 pence en poche. Nous sommes à Londres, le 6 mai 1986.

    Ainsi commence cet extraordinaire récit autobiographique, qui relate cinq moments clés de la vie de son auteur. Car Will, c'est Will Self, éternel enfant terrible d'une littérature britannique qu'il ne cesse de perturber depuis son premier roman, Vice-Versa, jusqu'à sa trilogie « moderniste », Parapluie, Requin, Phone.

    Qu'est-ce qui pousse cet écrivain, l'un des plus doués de sa génération, à revisiter sa jeunesse ? La nostalgie ? Certainement pas. La honte d'avoir été un junky ? C'est peu probable. À l'instar de Joyce écrivant l'admirable Portrait de l'artiste en jeune homme, Will Self revient à la source même de son oeuvre : la crise existentielle d'où jailliront plus tard des romans pleins d'une énergie sauvage.

    Brillant, comique, émouvant, ce livre est un feu d'artifice littéraire unique en son genre.

    Traduit de l'anglais par Françis Kerline.

  • Traduit de l'anglais par Bernard HoepffnerAngleterre, 1971. Un psychiatre, le Dr Zachary Busner, s'intéresse au cas d'Audrey Death, une femme plongée dans un état catatonique depuis près de cinquante ans. Pour soigner sa patiente, Busner lui administre une drogue proche du LSD, qui va réveiller chez elle le récit de toute une vie.Et c'est un monde fourmillant qui prend corps, celui du Londres de 1915, avec ses usines de parapluies, de munitions, l'émergence du féminisme et du socialisme. Mais aussi la Grande Guerre, dans laquelle se perdent les frères d'Audrey, Stanley et Albert.Qu'est-il arrivé à Audrey ? Et que fait-elle dans cet asile d'aliénés ? Obsédé par cette question, Busner ne reconstituera le puzzle Death que dans les années 2000.Multipliant les collisions de récits et d'époques, Parapluie mêle avec maestria la grande et la petite Histoire dans cet extraordinaire roman-fleuve aux accents joyciens.

  • 4 mai 1970. Dans quelques heures, quatre étudiants manifestant contre la guerre du Vietnam seront tués à Kent State University. De l'autre côté de l'Atlantique, en Angleterre, le psychiatre Zachary Bushner a des projets un peu particuliers pour l'hôpital qu'il dirige. À Concept House, les malades ne sont pas séparés des médecins, et l'on soigne parfois les psychoses à coups de drogue... C'est ainsi que, en ce jour historique, docteurs et patients s'embarquent dans un mauvais trip sous LSD. Le délire naît, prend forme, s'étend.
    Cinq ans plus tard, alors qu'il regarde Les Dents de la mer avec son fils, Bushner a une révélation : et si le mauvais trip du 4 mai 1970 était à l'image des horreurs du siècle ? Après tout, parmi les patients, se trouvent un observateur du bombardement d'Hiroshima et un rescapé du naufrage de l'USS Indianapolis, au cours duquel cent marins furent dévorés par des requins...
    Requin exploite toutes les ressources du roman moderniste pour explorer avec brio une autre histoire du vingtième siècle, pleine de bruit et de fureur.

  • Le narrateur vient de perdre sa mère d'un cancer foudroyant. Profondément marqué par ce deuil, il ne cesse de la voir en rêve, quand il n'a pas tout bonnement l'impression de la reconnaître dans la rue... Normal, somme toute. Mais alors que le temps commence à faire son oeuvre, c'est le choc : cette fois, c'est sûr, c'est bien elle sur le trottoir d'en face... ! Oui, c'est bien elle, qui lui révèle le plus tranquillement du monde que le royaume des morts n'est pas tout à fait comme on l'imaginait !

  • Fonctionnant en réseau, les trois novellas qui composent ce livre auscultent la maladie mentale, trouble individuel mais surtout psychose collective. On croise ainsi Self, ou plutôt ses doubles de fiction, obsédés par le nanisme, en proie à des hallucinations et arpentant les rues de Los Angeles afin de découvrir « qui a tué le cinéma ». Salman Rushdie, Bret Easton Ellis, Orson Welles et quelques scientologues célèbres font aussi une apparition dans ces contes de la folie peu ordinaire qui revisitent les grands classiques de l'imaginaire hollywoodien comme le film noir ou la théorie du complot. Au-delà de la satire et d'une irrésistible fantaisie, Will Self rend surtout hommage à son maître, J.G. Ballard, en interrogeant la place de chacun dans une modernité au bord du précipice.

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