Climats (réédition numérique FeniXX)

  • Ce soir-là, après que la petite servante eût déposé, près de Yasmina, le lait au miel, et près d'Hazad le verre de Syrie où fumait le thé aux graines de pin d'Alep, Yasmina décida qu'il faisait bien chaud et déshabilla son amant, sans qu'il cessât de jouer sur sa flûte le prélude au conte. Elle caressait son dos de sa joue, glissait sa langue sous son aisselle. Il souriait et accélérait le rythme de sa mélodie, tenant sa note aiguë, tandis qu'une main douce descendait sous sa ceinture, frôlait son ventre et ses cuisses, et s'enroulait autour de son sexe infiniment lisse et tendu. Elle-même n'avait gardé que son pantalon de soie. Il commença son histoire. Allongée devant lui, elle noua ses jambes autour de ses reins minces, et décréta qu'il n'y avait pas de meilleure position pour l'écouter.

  • Gentil lecteur, pourquoi t'interroger plus avant sur le titre du modeste ouvrage que tu as entre les mains ? Si le prénom de notre héros présente un semblant d'homonymie avec celui d'une princesse fameuse, si sa langue est aussi agile que celle de cette dame, la personne pour laquelle il la fait aller si bon train au moment où commence mon histoire, est une sultane et non le sultan moustachu dont la cruauté fit naître l'oeuvre célèbre. Regarde notre cher Hazad : dans la chambre aux mosaïques bleues ; sur le grand lit à baldaquins, à genoux entre les cuisses de la souveraine, il soulève ses fesses à deux mains et, sous sa bouche, Lalla Yasmina se pâme et se meurt dans un grand nuage froissé de soie rose, le visage caché dans le flot sombre de ses cheveux. Oui, Hazad a la langue agile et les doigts, et le corps mince et ambré, dans la lueur des lampes à huile...

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