FeniXX réédition numérique (Balland)

  • La Grosse Francine dit : « On t'cherchait, la Mimi et moi on en a marre de t'voir tapiner chez nous, maintenant qu'la Gloria est crevée, faut plus faire chier. » Et la Mimi dit : « Tu vas r'tourner dans tes tasses, espèce de loque, t'es aussi déglingué qu'la Gloria. » Je m'accroche au comptoir de La Nuit, j'ai du mal à tenir debout. Je dis à la Grosse d'aller se faire foutre, j'essaye de lui balancer ma main sur la gueule, mes doigts se prennent dans sa perruque, je hurle de rire ; elle est chauve. Avec des gros nichons et des bottes de cow-boy. Elle se met à cogner en gueulant : « Sale crevard de pédé pourri, j'vais t'foutre ce déchet dehors ! Aide-moi, Mimi ! » Je suis allongé sur le trottoir, mon nez saigne, j'arrive pas à me relever, je vois des jambes. Un attroupement. Et puis la botte de Grosse Francine qui me pousse dans le caniveau « Sale enculé ! » Je gueule : « Bande de pouffiasses ! » Le reflet des néons sur le pavé mouillé. Je vois pas mon reflet dans le caniveau. D'un style incisif et cru qui deviendra la patte de D. Belloc, Néons éclaire les tôles mouillées des pissotières et l'asphalte de Pigalle. Néons est devenu un classique. "Éclatant, magnifique, comme toujours la vérité", (Marguerite Duras).

  • Que peut-on attendre de la psychanalyse ? Quelle est sa place aujourd'hui dans nos cultures ?... Vieilles questions qui sont ici renouvelées à partir d'autres un peu plus vives : de quoi les sectes « psys » sont-elles le symptôme ? Quel rapport entre leur discours et le discours religieux ? Que signifie ce double mouvement où chacun s'approprie l'« idée psy », sous mille formes, cependant que les groupes « psys » se cramponnent à un ressassement dépressif ? Le livre de Sibony révèle que la « psy » est elle-même en analyse avec le monde où elle s'expose. Une analyse rigoureuse, qu'elle ignore, et qui permet de la situer, de la respecter aussi comme on respecte tout symptôme ; et de nous éclairer sur les replis de nos modes d'être. Cette démonstration, écrite sans haine ni complaisance, s'inspire d'une pratique vivante et d'un certain appel du large et de l'air libre.

  • Aujourd'hui diplomate au Proche-Orient, Marcel Laugel, né en Algérie, a accompli presque toute sa carrière dans les pays d'Islam. Il l'avait commencée à la fin du temps colonial, comme militaire, dans cette partie du Sahara atlantique alors administrée par les Français sous le nom de Mauritanie, entre Maroc et Sénégal. De ses années passées chez les nomades maures, insaisissables « fils des nuages », Marcel Laugel a rapporté Le roman du Sahara. Là, entre les grandes dunes faussement vides et la barrière océanique, se noue la tragédie de l'honneur tribal pathétiquement affronté aux mornes impératifs de l'Occident ; un drame symbolisé par le refus du « burnous rouge », vêtement honorifique offert par la France aux chefs réguibats, maîtres du désert. Des frustes Bédouins coursant la pluie avec dromadaires et moutons sous le regard ambivalent des « officiers des Affaires indigènes » jusqu'aux palais sultaniens de l'Empire chérifien, l'auteur nous offre la vision originale et personnelle d'une époque et d'une contrée méconnues.

  • Ils ont entre 18 et 25 ans. Ils vont au lycée, à la fac, ils sont en stage, font des petits boulots ou recherchent un emploi... Ils s'appellent Hélène et Laurent, Mathilde et Christophe, Charlotte et Martin... Au lycée, dans la rue, à la maison ou au cinéma, ils sont tout le temps ensemble. Vivre à deux aujourd'hui, qu'est-ce que cela signifie pour les grands adolescents, les jeunes adultes et leurs parents ? - Quitter la maison, l'autorité, le confort, la sécurité financière ? - Vivre l'amour, la tendresse, la liberté, la sexualité ? - Pourquoi les parents sont-ils si inquiets, si peu sûrs d'eux alors que, très tôt, ils ont confié à leurs enfants des responsabilités importantes ? - Aider ses enfants veut-il dire, pour autant, tout accepter au risque de mettre en danger l'équilibre de son propre couple ? En s'efforçant, de respecter le point de vue de chacun, Marie-Françoise Padioleau aborde et analyse toutes les embûches que ce nouveau phénomène de société soulève, alors que les valeurs morales ne sont plus des références, que les interdits tombent. Sans oublier de répondre aux questions pratiques et matérielles. Ce livre offre une double lecture. Il élabore un dialogue dans lequel parents et enfants trouvent, chacun, leur part de bonheur. Dans la vérité et le respect de l'autre.

  • « Tous ces oiseaux hardis qui s'envolent vers des espaces lointains, toujours plus lointains - il viendra certainement un moment où ils ne pourront aller plus loin, où ils se percheront sur un mât ou sur quelque aride récif - bien heureux encore de trouver ce misérable asile ! [...] Il en sera ainsi de toi et de moi ! Mais qu'importe de toi et de moi ! D'autres oiseaux voleront plus loin ! » (Nietzsche) Conquérants et voyageurs, écrivains et poètes, peintres et philosophes ont souvent eu la tentation de se confronter à l'ailleurs. L'île fut alors un territoire de prédilection où le songe d'une société plus juste allait s'associer aux multiples enchantements et rêveries de l'esprit. De Thomas More, père de l'utopie, au Roi Soleil, jusqu'aux rivages de la modernité, chacun y célébra ses fantasmes et y découvrit parfois ses peurs les plus secrètes. Dans ce paysage où la littérature comme la peinture déposèrent une grande part de leurs espérances, la Polynésie joua un rôle fondamental en amplifiant le désir d'un lieu qui puisse contenir la multiplicité du génie humain. Depuis sa découverte au XVIIIe siècle, cette terre lointaine apparut comme une substitution au paradis perdu. Les promesses du bonheur y fleurirent sous différents langages, ceux de Henry Adams, Gauguin, Segalen, Matisse... Riccardo Pineri suit à la trace ces hommes et quelques autres qui eurent le désir de voir la vie changer en accostant ces îles lointaines. Entre l'île et l'oeuvre, une longue complicité s'est établie faite à la fois d'étrangeté et de familiarité. Plus qu'une quête du lieu paradisiaque, ce livre est un essai sur l'invention et l'utopie nécessaires au renouvellement de l'aventure et de l'imaginaire humains.

  • « Il s'installe sur le palier, encerclé par les chaussures à réparer. Les rides se perdent sur son visage, il garde les yeux baissés. Ses mains sont longues et larges, elles bougent toutes seules, on voit les veines sombres qui serpentent sous sa peau. Il serre le cuir ruisselant contre son tablier, en amoureux, et lui coupe la gorge en même temps. Son couteau aiguisé fait dans la matière un bruit mat, attirant. D'une petite boîte ronde, il prend une petite poignée de clous qu'il met dans sa bouche, des clous à têtes rondes et plates qu'il avale. Il se laisse conduire comme les aveugles par le toucher. L'une de ses mains lève le marteau, l'autre exécute un rapide aller-retour. Un clou est apparu dans un pli de sa lèvre, il est passé entre ses doigts, frappé d'un coup unique, enfoncé dans la profondeur du cuir. Un autre suit aussitôt. Maman sort sur le palier et me prend par le bras. - Ne reste pas là. C'est un Palestinien. Une ombre passe dans son regard, je suis sur la piste. Ce cordonnier sans yeux fait partie de la nébuleuse dont il faut avoir peur. Je tiens une fraction du mystère, je ne le lâcherai pas. »

  • Longtemps. je me suis posé des questions sur mon goût pour les piques à l'égard des gays. Haine de soi ? Qui aime bien châtie bien ? Snobisme ? Vengeance ? En fait, le besoin de reconnaissance sociale exprimé par la soi-disant « communauté gay » m'angoisse tout autant que ses codes, et son adhésion, pour ne pas dire sa fascination, envers le consumérisme le plus clinquant. Mon expérience dans la communauté a été bien plus oppressante que celles vécues ailleurs. Peut-être est-ce dû au fait que je cherchais à tout prix à me trouver enfin un port d'attache, de peur panique, de partir à la dérive, pour de bon. Mais, pour arrimer ma barque tant bien que mal, j'ai dû faire tellement de concessions... That joke isn't funny anymore. Ce livre, s'il n'intéresse personne, aura au moins eu pour moi un effet bénéfique : je ne tiens plus à vivre dans l'ennui, médiocre, ad lib. Je vais apprendre à dire : « NON ». Moche, vide, folle paumée et morte. Mais seul, et débarrassé de toutes ces « I will surviveries ». Enfin seul. Un déviant.

  • Aujourd'hui, trouver une place dans la société passe obligatoirement par une scolarité réussie. Ce qui ne veut pas dire être le « premier de la classe » mais faire le bon choix au moment opportun vers une des multiples voies qu'offre le système scolaire. Ce livre constitue l'outil indispensable aux parents et aux enfants confrontés à la grande aventure de la scolarité. Ouvrage d'information, de conseils, il répond à toutes les questions que pose le parcours de l'élève depuis la maternelle jusqu'à l'après-bac. Tous les obstacles à franchir, les pièges à déjouer, les filières et les adresses à connaître y sont inventoriés.

  • Perdu dans la montagne, non loin de la frontière espagnole, un village. La plus solitaire des maisons, le mas des Oubells, sombre bâtisse cachée au fond des bois, ferme au passant le regard de ses fenêtres. La nuit, derrière cette face aveugle, des cris s'élèvent qui émeuvent la forêt. Le Chouline, propriétaire du mas, est cependant populaire dans le canton. Il plaît à tous, il fait peur aussi et nul n'oserait percer le mystère des Oubells. La femme, la fille et le petit-fils de Chouline ne se décideraient pas, victimes terrorisées, à se plaindre. Il faut que le destin, amenant jusqu'au village des étrangers singuliers, Lucien Grégoire et Hernandez, suscite une justice qui n'a pas besoin de tribunaux...

  • De Gaulle et les communistes. D'un côté, un militaire d'origine catholique, devenu un chef, un stratège. De l'autre, un parti, une idéologie marxiste, l'internationalisme prolétarien. À partir de 1940 et jusqu'en 1970, ces deux forces vont aimanter le champ magnétique de la vie et de la symbolique politique et culturelle française. De leur affrontement naît une fascinante relation. Une relation caractérisée par un antagonisme fondamental et irréductible entre un homme et une organisation qu'a priori tout, vraiment tout, oppose mais qui, tous deux, voulaient incarner la France, son passé, son présent, son avenir. D'où une relation faite aussi de convergences issues des combats communs durant la nuit de l'Occupation, contre la IVe République, de complicités quant à la politique étrangère de la République gaullienne, de curieuses coïncidences sur la question des institutions, voire des accointances sur les valeurs que l'un et l'autre véhiculent. À l'occasion du centenaire de la naissance de De Gaulle et du soixante-dixième anniversaire du PCF, Stéphane Courtois et Marc Lazar ont voulu explorer la généalogie, le déroulement et la postérité dans la mémoire collective de cette singulière confrontation. Ils ont fait appel à 20 historiens et politistes. En outre, Daniel Cordier, frère d'armes de Jean Moulin, livre des documents inédits sur les rapports qui ont suscité tant de polémiques entre son ancien « patron » et le PCF. Enfin, pour la première fois, l'interprète des entretiens Ceausescu-De Gaulle en 1968, à Bucarest, dévoile la teneur des propos qu'échangèrent les deux hommes.

  • Il y a trente ans mourait Paul Éluard grand poète surréaliste rallié, par le biais de la Résistance, au communisme le plus orthodoxe. Du sanatorium de Clavadel aux tranchées de 1914, du Paris dadaïste au Paris de l'Occupation, de l'exaltante intransigeance surréaliste aux tournées de propagande du Combattant de la Paix épuisé et abusé, la vie d'Eluard trace une ligne ardente et douloureuse, mais brisée, dont l'érotisme le plus charnel et l'attrait de l'anéantissement sont les deux pôles convulsifs. Utilisant abondamment lettres, témoignages, articles critiques, mais également des fragments de l'oeuvre poétique toujours cités en situation, le livre de Luc Decaunes entend n'éviter aucun des problèmes posés par cette existence. C'est à la fois un poète de génie et un homme de notre temps qui sont ici mis en question.

  • C'est en ces termes que les autorités afghanes ont résumé l'affaire Abouchar. Tout y est, sauf le rappel de l'immense impact qu'eut cette incarcération en Europe notamment, grâce à la pression des médias et de l'opinion publique. Discret, réservé, le héros involontaire de cette « affaire » la raconte pour la première fois en détail : l'arrestation, les interrogatoires, l'emprisonnement, le procès, son isolement carcéral et enfin la liberté. Un formidable reportage vécu et le récit d'une aventure humaine.

  • Vaincus en 1940, les Français se retrouvent vainqueurs en 1945 et vont occuper, pendant quatre ans, un modeste territoire peuplé de six millions d'Allemands. À l'aide de documents d'archives inédits et de nombreux témoignages français mais aussi allemands, Marc Hillel raconte l'histoire de cette occupation, et s'attache surtout à restituer le climat dans lequel elle s'est déroulée. Pour les Allemands, vainqueurs d'hier, les Français ne sont que des « combattants de l'après-guerre » arrivés dans les bagages des Américains. Pour les Français, qui sortent de quatre années de souffrances et d'horreurs, tout Allemand est suspect, et ils entendent faire étalage de leur puissance reconquise. Aussi, tandis que pleuvent les règlements et les interdictions, les premiers mois de l'occupation sont-ils l'occasion, sous la houlette du général de Lattre de Tassigny, de grandioses défilés militaires et de fêtes somptueuses. Avec l'arrivée du général Koenig et d'administrateurs civils, la véritable occupation se met en place. Première tâche : la dénazification. C'est en zone française qu'elle sera la plus rigoureuse. Par ailleurs, le pillage systématique de la France par les Allemands incite l'occupant français à pratiquer une « récupération » forcenée : machines-outils, bois des forêts, pommes de terre et jusqu'aux robinets de baignoire. Si l'on tient compte des familles entières qui viennent s'installer dans les appartements et maisons réquisitionnés, près d'un million de Français auront ainsi goûté aux joies de l'occupation. Pourtant, dès 1945, au milieu des excès, du chaos administratif, une timide coopération culturelle commence à se développer, des voix s'élèvent qui parlent de réconciliation et d'entente, la suite on la connaît... Objectif et sans complaisance, le livre de Marc Hillel rappellera à ceux qui l'ont vécue et apprendra aux autres une histoire que l'on n'avait encore jamais traitée dans son ensemble.

  • Qu'est-ce qui a poussé la France à entreprendre, en 1830, une expédition militaire contre la Régence d'Alger ? Depuis un siècle et demi, les historiens de la conquête et de la colonisation répètent que cette expédition fut décidée pour venger le fameux « coup d'éventail » donné par le dey Hussein au consul de France. Mais alors pourquoi le gouvernement français attendit-il trois ans pour « laver l'insulte ? » N'envisagea-t-il pas, un moment, de payer un « justicier », le pacha d'Égypte, Mohammed Ali, pour régler cette affaire d'honneur ! En vérité, le coup d'éventail ne fut qu'un prétexte. L'enquête, menée à partir des témoignages de l'époque et des documents d'archives souvent inédits, révèle que les raisons de l'expédition furent plus souterraines. Le gouvernement ultra du prince de Polignac comptait sur une brillante campagne militaire pour rétablir la France dans son rang de grande puissance qu'elle avait perdu après les revers napoléoniens ; il espérait aussi qu'une victoire à l'extérieur lui permettrait de juguler l'opposition libérale, voire rétablir la monarchie absolue dont rêvait Charles X. Enfin et surtout, il y avait l'immense Trésor de l'État algérien, proie facile dont la capture surviendrait à point nommé pour renflouer les caisses du roi. Pour s'en emparer, le général de Bourmont imagina une stratégie digne des meilleurs romans policiers ! Mais la Révolution de Juillet devait déjouer ses calculs, et le Trésor profitera à d'autres...

  • Quels sont les moments de l'année propices aux amours, aux rencontres, aux mariages, aux naissances ? Quels sont les moments à risque pour les maladies, les déprimes, les accidents, les vols, les crimes, les suicides, les violences privées ou publiques ? Voici un livre-découverte sur les temps forts et les temps morts qui ponctuent notre existence et règlent le cours de nos humeurs et de nos désirs. Il nous entraîne sur un territoire à la fois familier et inconnu, celui des rythmes et des rites saisonniers qui organisent, aujourd'hui comme hier, la vie individuelle et collective des Français : les saisons de vie et celles de mort, les saisons du coeur et celles du corps, les variations de la consommation et des pratiques culturelles, les fluctuations de la Bourse comme celles de la sexualité, de la délinquance, du loto, du chômage, etc. Au terme de cette enquête, fondée sur une documentation considérable et souvent inédite, le Français apparaît bien comme un animal saisonnier, soumis à des pulsions cycliques et à des pulsations secrètes. Celles-ci s'enracinent dans des pratiques et croyances traditionnelles qui ont traversé les siècles sous des masques différents. Grâce à ce livre, chacun pourra accorder sa propre activité aux cadences de la vie collective, soit en se laissant porter par ses flux et reflux périodiques, soit, au contraire, en ramant à contre-courant, pour profiter des creux et éviter les encombrements.

  • Au sud de l'Inde, face à un océan qui menace, naufragent d'étranges figures. Liza Swann, modèle et passion du peintre Julius Terman, danseuse au corps détruit par un accident, Kabir enfant muet, amoureux du soleil, Shanti le libraire qui refuse de vendre ses livres, Chalon l'alcoolique, grand amateur de singes et de grimaces, Maria Luisa la veuve espagnole recluse dans ses rêves... Ces personnages se croisent, se guettent, se heurtent, se modèlent les uns les autres dans ce bout de terre où chacun, réduit à ses hantises et à sa part de vérité, contribue à faire surgir la figure essentielle du roman : le portrait de Julius Terman. Apparaît soudain Théo Akkermon, jeune esthète et critique d'art. Venu interviewer Terman, il se trouve brutalement confronté à la décrépitude d'un artiste qui, impuissant à créer, s'obstine à survivre. Convaincu que la grâce de l'art est octroyée pour toujours, il va pénétrer avec violence dans l'univers du peintre, jusqu'à découvrir et exorciser un passé qui le détruit.

  • Et si Adam et Ève avaient été ravis de fuir ce Paradis piège ? Si Moïse avait exécré sa mission de sous-fifre ? Si Dieu s'ennuyait dans son Néant ? Questions et suggestions impertinentes se succèdent dans ce livre corrosif. Humour, ironie, invention malicieuse d'un Dieu commentateur de sa création, qui intervient en contrepoint du récit : de toute évidence, l'auteur s'amuse. Mais çà et là perce un sens aigu du pathétique. Les personnages bibliques (comme Abraham, Sarah, Noé...) deviennent alors autant de miroirs où nous regardons nos pitoyables ambitions, nos amours fragiles, notre mort à venir. Derrière les épisodes « revisités » de l'Histoire Sainte - la Genèse, le Déluge, la Fuite d'Égypte, Sodome et Gomorrhe, etc. - se dessine l'accablant panorama de notre monde moderne, avec ses publicités racoleuses, son obsession à vouloir dépasser le statut d'homme et surtout sa marche en avant vers un bonheur qui s'éloigne à mesure. La Terre Promise est toujours pour demain.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • La presse Française a parlé, avec discrétion, de la Foire du Sexe qui s'est tenue à Copenhague en octobre 1969. Avec discrétion et sans objectivité. À moins d'appeler objectifs des comptes rendus qui développaient sur cet événement toutes sortes de points de vue sociologiques, moraux, voire politiques, évitant ainsi de parler de la chose même.

  • Nana, n.f. Fam. : Personnage caricatural, sous-produit éphémère et périssable de la société de consommation qui s'est récemment substitué à la femme sur le théâtre de l'actualité. Responsable et victime tout ensemble de la perversion des modes et des moeurs. Existe sur le marché en plusieurs modèles à l'état neuf ou d'occasion. Réussit le prodige, dans le cours de ses métamorphoses, de provoquer le désir de l'homme, puis sa dérision. Synonyme de grenouille, greluche, crevette, etc.

  • Un jour, à Colombey-les-Deux-Églises, un aveugle recouvra la vue en touchant son képi. Dans les mois qui suivirent, on constata d'étranges phénomènes propres à troubler les plus sceptiques. Bientôt il fut impossible au Vatican de ne pas se rendre à l'évidence : ce diable d'homme voulait devenir un saint... Il fut donc convenu d'ouvrir le procès en canonisation de Charles de Gaulle. Mais une telle bataille ne se gagne pas par l'enthousiasme populaire. Les saints ne sont pas désignés par référendum. Jacques Kermoal a suivi pour vous ce procès, avec tout le brio qu'on lui connaît.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Sous la forme du pamphlet et en faisant appel à sa mémoire et à son expérience, Roger Ascot trace le portrait des années Mitterrand qui virent la disparition d'une certaine éthique de gauche, l'avènement du culte du héros et la renaissance des idéologies d'inspiration religieuse. Le XXe siècle s'achèvera-t-il en brûlant ce que jadis il avait adoré ? Le tableau pourrait être noir, il est virulent. Roger Ascot s'en prend aux politiques de tous bords, enfants naturels de l'ENA et de l'ambition personnelle, qui ont remplacé l'idéal républicain par le plan de carrière. Il fustige toutes les formes d'intolérance qui tiennent finalement l'homme pour une quantité négligeable. Pour apaiser sa colère, l'auteur nous montre à travers quelques cas précis que l'indifférence n'atteint pas l'ensemble du tissu social. Si aujourd'hui les malins mènent le monde, les fous en sont-ils l'espérance ? Roger Ascot est l'auteur de plusieurs romans et a été rédacteur en chef de L'Arche.

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