FeniXX réédition numérique (Julliard)

  • Une histoire comique sur fond de désastre... Dans le Borinage, région de Belgique en pleine crise (économique, sociale et culturelle) depuis que les mines y ont été fermées, quelques scènes de la vie d'un enfant (le petit-fils, peut-être, de la Zazie de Raymond Queneau) à la recherche de ses origines et du secret enfoui sous l'apparence des choses.

  • Un homme vit seul dans une maison isolée en pleine nature méditerranéenne. Une situation trouble, pré-insurrectionnelle, règne dans le pays. L'homme semble être un fugitif, et sa retraite n'être connue de personne. Aussi sa surprise est-elle grande, et sa perplexité, quand une jeune femme vient le rejoindre, qu'il a connue brièvement autrefois à l'autre bout du monde, et qui, comme par miracle, a retrouvé sa trace. Elle est en fuite, elle aussi, devant les mystérieux événements climatiques, tenus jusqu'ici secrets, qui surviennent ici et là à l'improviste en Europe. Il l'aidera à gagner l'outremer, renonçant à partir avec elle. Puis, s'étant blessé grièvement, il se résignera à son sort, l'esprit tranquille, achevant la lecture d'un livre dont il a enfin retrouvé la page, et qui le réjouit beaucoup.

  • Années, laps de temps qui sépare la mort de Julien, mon père, et celle de Marie, ma mère. Encadré par ces deux bornes. Comme si ces morts m'avaient payé je ne sais quel ticket d'entrée, ou de naissance. Passer entre ces morts-là, les dates de ces morts, et les morts eux-mêmes, dressés comme des veilleurs, pas forcément tutélaires, à l'entrée de là où il faut s'engager, où il faut de toute évidence aller voir. Remonter le temps, réveiller jusqu'aux vieux visages à peine discernables, sauver les bribes de mémoire en danger de perte. Dire ce qui s'est passé, ne pouvoir s'en arracher avant d'avoir fini, et mis un semblant d'ordre dans ce qui en a peu, vies illogiques comme ce qui est vrai, absurdes, mal ficelées, mais qui ont, à l'opposé de la fiction, cette qualité stupéfiante d'avoir été.

  • Pendant la guerre, dans un lycée de province, une classe de grands reçoit un nouveau professeur, qui ne ressemble à personne. Monsieur Franchimand, surnommé Alfranch, intrigue d'abord. Puis, il terrorise, scandalise et secoue ses élèves. Et, enfin, les charme - le tout en un instant. Qu'il soit vieux, mal tenu, ivrogne peut-être, n'y fait rien : il conquiert tout son monde. Jean-Jules, ou Julot, nature précoce et mauvais élève, dont le père se trouve en captivité, noue avec lui une relation d'adultes. Comme toujours, leur amitié naît de leur double solitude. Rien, cependant, dans cette rencontre banale, ne tourne comme on croit. Quand Julot présente son maître à sa mère, dite Madama, elle-même professeur (de musique), Alfranch ne tarde pas à occuper tout le terrain. En peu de jours, il partage la vie de cette femme si exclusivement, qu'il écarte le fils de la maison, son propre favori. La main des maîtres pèse lourd. Avec l'entrée dans le jeu d'un quatrième partenaire, l'intrigue se précipite, s'assombrit, se dénoue. Modestes et passionnés, de quoi ces héros sont-ils maîtres, et sujets de qui ? Le sauront-ils jamais ? En attendant, ils parlent et pensent comme s'ils écrivaient. Pas mal, à l'occasion.

  • De la mine d'étain, on retire une sorte de boue blanche et brillante, qui finit par composer une montagne. Sous la montagne de kaolin, il existe une caverne, qui garde sûrement la mémoire du narrateur. Le précédent récit, Régine, se terminait sur les côtes de la Cornouailles anglaise. Nous voici revenu dans la ville de Nantes, et dans cette campagne de Haute-Bretagne, pour une sorte de contrepoint où l'on retrouve quelques personnages du volume précédent. On reconnaît certains épisodes : le Front populaire, la guerre d'Espagne, la vie des faubourgs, qui conduisent le romancier de l'enfance à l'adolescence... Silhouette d'un jeune homme qui abandonne les guerres pour d'autres découvertes : la ville nocturne, la littérature, la première éducation sentimentale.

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