FeniXX réédition numérique (Petit Véhicule)

  • La Grande Guerre a épargné Henri Donadieu mais elle en a fait un homme meurtri. En 1915, son ami Mariette a été fusillé pour l'exemple après un simulacre de procès. Parisien, descendant d'Alsaciens, Donadieu a choisi l'exil d'un poste d'instituteur dans un village du Cotentin, à l'abri, croit-il, de la fureur du monde. Quand éclate la Seconde Guerre mondiale, cet homme désabusé jure qu'il se tiendra à l'écart des événements. Mais on n'échappe pas aisément à son destin. Un jour, il frappe à la porte de l'instituteur d'une manière imprévisible. Ce livre simple et complexe à la fois, a pour décor le Cotentin à la fois sombre et luxuriant, maritime et terrien. Les hommes et les enfants s'y croisent dans une tentative d'exprimer la bonté, l'ignominie, l'engagement, l'humiliation. Une plongée dans la douleur des hommes silencieux qui ont subi les malheurs du siècle.

  • « Il est inutile de dire que la nuit dans sa pensée reflétait le charme de son pays. Son rêve l'emporte vers Aïn Sfa, au tombeau de ses aïeux... Les racines familiales deviennent un milieu porteur. Les bienfaits d'une ascendance inondent toute une progéniture avide de réussite humaine, projetant au-delà de soi-même l'amitié, petite graine pour le bonheur de l'autre. Son sentiment de vie à cet instant n'est pas loin du vrai bonheur. - Je hais, dit-elle, la maladie, le handicap. Je ne hais pas la mort. L'avion descend sur Paris. - Maman, je t'accueille chez moi. - Quel chemin parcouru ! - Tu es belle, maman. - Toi, Karima, tu es heureuse, n'est-ce pas ? - Oui, j'ai acquis mon indépendance de vie... On est en train de me trouver un emploi et demain ma naturalisation. Inch Allah. - Ton appartement est un petit joyau. - Tu demeures avec moi. Maman, un diamant ne se brise pas. Il brille quoi qu'il en coûte. »

  • J'aimerais pouvoir soulever une paupière. Pour apercevoir la couleur des murs de ma chambre. En y réfléchissant, j'imagine bien un blanc crème ou moucheté comme dans tous les hôpitaux. Fade, sans personnalité et sans goût. Finalement c'est tout aussi bien de ne rien voir. De toute façon le départ d'un imposteur, si génial soit-il, est généralement salué comme il se doit. Avec consternation par ceux qui le découvrent et avec mépris par ceux qui avaient perçu le mensonge sous les mots. Aujourd'hui je vais mourir. Je le sais. Mon corps ne répond plus ou si peu. La balle a dévié de la trajectoire prévue. Et demain, ils sauront ! Tout ! La fausse histoire de ma vie. Je ne suis ni un plagiaire, ni écrivain. Ni romancier, ni essayiste. Ni auteur de poèmes et encore moins à la porte de l'Académie française. Non juste un voleur, un brillant usurpateur qui a dupé son monde et qui rate sa sortie. J'ai volé à un homme ses mots, son verbe, ses histoires, ses héros et sa postérité !

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