FeniXX réédition numérique (Saint-Germain-des-Prés)

  • La poésie fait bruire ses beaux contresens où chacun perd son paquet de mots bien rangés.

  • Poésie du sarcasme fin, pointé avec adresse, assez généreux pour être décoché parfois à soi-même. De petits traits vifs - comme du morse - résument un paysage d'Irlande, d'Amérique ou d'Enfance ; un aller-retour France-Angleterre ; un état d'âme ; une république de frissons ; une méditation, souvent retournée volontairement en queue de poisson. Ne voulant à aucun prix se payer de mots, Jean-Loup Bourget supprime nombre d'articles ; va rapidement à la ligne ; pêche l'image saugrenue. Il choisit avec bonheur le pointillisme inattendu, la parenthèse non culturelle, etc... Il y a ici un plaisir bref - mais insolent - à l'écriture, où le jeu et l'invention de mots, la carte postale baroque, la satire des « genres », aboutissent à un éclat de rire circonspect.

  • Michel Michaud ne s'estime « vivant » que dans la quête de l'amour fou et de la vérité, au paroxysme de l'accord avec lui-même. La Terre lui sert de caution cosmique. C'est la « femme-nature » qu'il célèbre, et il la confond parfois avec la poésie, tel « un verbe crispé au creux des reins ». Pour ce poète, il s'agit d'aimer, de regarder, de gratter les écorces, mais aussi, pour l'équilibre, de se laisser aller. Écrire, ce sera « abolir la distance/et perdre les sentiers du temps ». L'accord au réel est précis, dans une certaine nuance, pour laquelle Michel Michaud invente un verbe (« Celui qui rêvécrit ce poème de chair »...). On aboutit à une osmose avec les éléments, les saisons, les signes telluriques mais, curieusement, par souci d'authenticité (de simple respiration accordée) humaine. Oui, le temps finit par être annulé par les barrages de la parole et l'essaim gardien des images, souvent très fortes. Tel poème nous touche par une fine pointe mystique. Ce recueil, qui s'impose plus que les précédents, présente (relire le poème-choc « Homme au masque de distances ») une tentative comme enjouée pour découvrir quel geste, quel ciment, quel halo peut unir les êtres. Jean-François Bourbon

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • « Divination d'une barque » réunit des poèmes qui ont souvent l'allure de proverbes, au poinçon oriental, si l'on veut ; d'autres, plus étranges, qui paraissent comme traduits d'un livre perdu - hermétisme et préciosité, précipités de sagesse léguée à nous par quels ancêtres ? L'élément liquide s'affirme omniprésent (mer, rivières) avec tous « les bateaux de la vie et de la mort », aux va-et-vient incessants. Le chaud et le froid, le blanc et le noir, de même, s'opposent en cliquetis de duel de survie. Des odeurs de sang et de vin, d'insectes, de bêtes marines, s'élèvent, vite balayées par le baroque et l'humour qui confortent, ou les sourdes gifles du désir. Le badinage amoureux est étiré au maniérisme, parfois, comme pour en masquer l'érotisme. Ce sont lèvres, baisers, yeux de la femme que le poète élit, avec des ruses de plasticien. Il les change parfois en déesses, en totems, ces beautés à bec d'oiseau ou à tête de loup vivante... À la bouche érotique répond la bouche qui profère la connaissance. L'union de la double intensité, la chair et la métaphysique, se fera au bord du Gange, devant « l'énorme effort de laver la mort ».

  • Le poète joue ici, souvent, avec une langue élégante, une distanciation narquoise ou tendre, le flux et le reflux des couleurs, des saisons, des symbolismes qui font l'ambiance de la langue française. Tour à tour, tableaux de Provence, elfes, gourmandises, ivresses en pleine nature, sont là. Par moments, une fièvre plus personnalisée saisit l'auteur : voici le rêve de « vivre vrai » qui coûte si cher ! Oui, Laureine Valtis défend l'églantine contre les projets de robotisation de l'Espace, elle se bat contre la bombe atomique, de même qu'elle évoque la « longue marche » des révoltes populaires, une présence de la mort ou les grandes joies de la maternité. Ici, la sensualité et l'humour s'allient avec bonheur. Le poème exalte une ardente mystique de l'amour.

  • Voici des poèmes, anciens pour la plupart, certains datant d'une quinzaine d'années. Incertain que j'étais alors de leur mérite, j'avais négligé de les retoucher. D'ailleurs, d'autres tâches me sollicitaient, et je repoussais sans cesse l'ingrat labeur qui consiste à reprendre, inlassablement, le même passage pour lui donner sa forme définitive - tout poème réussi présentant, comme on sait, un agencement tel qu'on ne peut ajouter ni retrancher, ni même changer un seul mot, sans en compromettre l'équilibre d'ensemble. Or, ces poèmes laissés pour compte faisaient sournoisement leur chemin dans mon esprit, et me donnaient mauvaise conscience. Je les ai donc sortis de la chemise où ils dormaient et, ne m'en souvenant presque plus, je les ai, pour ainsi dire, découverts comme si quelqu'un d'autre que moi les eût écrits. Bien qu'à se pencher ainsi sur son passé, on risque d'éprouver quelque funeste indulgence, j'ai, tout au contraire, bénéficié du recul de temps nécessaire pour me relire d'un oeil neuf, plus impartial, plus lucide, en un mot plus juste. J'ai, d'emblée, éliminé les textes que leur insuffisance condamnait à un oubli légitime, et tenté d'améliorer ceux qui me paraissaient dignes d'un sauvetage. Je souhaite qu'en dépit de leurs faiblesses et d'une facture fort éloignée de mes recherches actuelles, ils puissent faire mouche sur les esprits non prévenus, rebelles au terrorisme de la mode.

  • Poésie du sarcasme fin, pointé avec adresse, assez généreux pour être décoché parfois à soi-même. De petits traits vifs - comme du morse - résument un paysage d'Irlande, d'Amérique ou d'Enfance ; un aller-retour France-Angleterre ; un état d'âme ; une république de frissons ; une méditation, souvent retournée volontairement en queue de poisson. Ne voulant à aucun prix se payer de mots, Jean-Loup Bourget supprime nombre d'articles ; va rapidement à la ligne ; pêche l'image saugrenue. Il choisit avec bonheur le pointillisme inattendu, la parenthèse non culturelle, etc... Il y a ici un plaisir bref - mais insolent - à l'écriture, où le jeu et l'invention de mots, la carte postale baroque, la satire des « genres », aboutissent à un éclat de rire circonspect.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • « Divination d'une barque » réunit des poèmes qui ont souvent l'allure de proverbes, au poinçon oriental, si l'on veut ; d'autres, plus étranges, qui paraissent comme traduits d'un livre perdu - hermétisme et préciosité, précipités de sagesse léguée à nous par quels ancêtres ? L'élément liquide s'affirme omniprésent (mer, rivières) avec tous « les bateaux de la vie et de la mort », aux va-et-vient incessants. Le chaud et le froid, le blanc et le noir, de même, s'opposent en cliquetis de duel de survie. Des odeurs de sang et de vin, d'insectes, de bêtes marines, s'élèvent, vite balayées par le baroque et l'humour qui confortent, ou les sourdes gifles du désir. Le badinage amoureux est étiré au maniérisme, parfois, comme pour en masquer l'érotisme. Ce sont lèvres, baisers, yeux de la femme que le poète élit, avec des ruses de plasticien. Il les change parfois en déesses, en totems, ces beautés à bec d'oiseau ou à tête de loup vivante... À la bouche érotique répond la bouche qui profère la connaissance. L'union de la double intensité, la chair et la métaphysique, se fera au bord du Gange, devant « l'énorme effort de laver la mort ».

  • Le poète joue ici, souvent, avec une langue élégante, une distanciation narquoise ou tendre, le flux et le reflux des couleurs, des saisons, des symbolismes qui font l'ambiance de la langue française. Tour à tour, tableaux de Provence, elfes, gourmandises, ivresses en pleine nature, sont là. Par moments, une fièvre plus personnalisée saisit l'auteur : voici le rêve de « vivre vrai » qui coûte si cher ! Oui, Laureine Valtis défend l'églantine contre les projets de robotisation de l'Espace, elle se bat contre la bombe atomique, de même qu'elle évoque la « longue marche » des révoltes populaires, une présence de la mort ou les grandes joies de la maternité. Ici, la sensualité et l'humour s'allient avec bonheur. Le poème exalte une ardente mystique de l'amour.

  • Voici des poèmes, anciens pour la plupart, certains datant d'une quinzaine d'années. Incertain que j'étais alors de leur mérite, j'avais négligé de les retoucher. D'ailleurs, d'autres tâches me sollicitaient, et je repoussais sans cesse l'ingrat labeur qui consiste à reprendre, inlassablement, le même passage pour lui donner sa forme définitive - tout poème réussi présentant, comme on sait, un agencement tel qu'on ne peut ajouter ni retrancher, ni même changer un seul mot, sans en compromettre l'équilibre d'ensemble. Or, ces poèmes laissés pour compte faisaient sournoisement leur chemin dans mon esprit, et me donnaient mauvaise conscience. Je les ai donc sortis de la chemise où ils dormaient et, ne m'en souvenant presque plus, je les ai, pour ainsi dire, découverts comme si quelqu'un d'autre que moi les eût écrits. Bien qu'à se pencher ainsi sur son passé, on risque d'éprouver quelque funeste indulgence, j'ai, tout au contraire, bénéficié du recul de temps nécessaire pour me relire d'un oeil neuf, plus impartial, plus lucide, en un mot plus juste. J'ai, d'emblée, éliminé les textes que leur insuffisance condamnait à un oubli légitime, et tenté d'améliorer ceux qui me paraissaient dignes d'un sauvetage. Je souhaite qu'en dépit de leurs faiblesses et d'une facture fort éloignée de mes recherches actuelles, ils puissent faire mouche sur les esprits non prévenus, rebelles au terrorisme de la mode.

  • Michel Michaud ne s'estime « vivant » que dans la quête de l'amour fou et de la vérité, au paroxysme de l'accord avec lui-même. La Terre lui sert de caution cosmique. C'est la « femme-nature » qu'il célèbre, et il la confond parfois avec la poésie, tel « un verbe crispé au creux des reins ». Pour ce poète, il s'agit d'aimer, de regarder, de gratter les écorces, mais aussi, pour l'équilibre, de se laisser aller. Écrire, ce sera « abolir la distance/et perdre les sentiers du temps ». L'accord au réel est précis, dans une certaine nuance, pour laquelle Michel Michaud invente un verbe (« Celui qui rêvécrit ce poème de chair »...). On aboutit à une osmose avec les éléments, les saisons, les signes telluriques mais, curieusement, par souci d'authenticité (de simple respiration accordée) humaine. Oui, le temps finit par être annulé par les barrages de la parole et l'essaim gardien des images, souvent très fortes. Tel poème nous touche par une fine pointe mystique. Ce recueil, qui s'impose plus que les précédents, présente (relire le poème-choc « Homme au masque de distances ») une tentative comme enjouée pour découvrir quel geste, quel ciment, quel halo peut unir les êtres. Jean-François Bourbon

  • Ce « récit fictif », sous la forme d'un fragment de journal intime - si l'on peut dire - tient surtout du poème en prose. Étrange amalgame, dont l'héroïne, la récitante, nous décrit minutieusement les lieux qu'elle visite : ceux que préférait un homme qui a disparu. Dans cette Capture imaginaire, se heurtent un dandysme (paysages précieux, accords de piano dans le parc, thé, visites de musées), et des situations violentes (un triple assassinat). Ne négligeons pas la « présence » d'une lettre en la possession de l'héroïne (mais a-t-elle jamais été lue ? ou seulement écrite ?) et qui « pourrait sauver quelqu'un du désastre ». La compréhension de ce message, dépend de « la lecture difficile de chaque lettre, pour reconstituer un mot ». L'auteur raffine - on dirait du Virginia Woolf récrit par un poète pop - et devient le metteur en scène de sa propre expérience : les images de la vie sont traitées comme des cartes postales ou des diapositives. Cette distanciation permettrait de « déchiffrer la mémoire de nos gestes », d'interroger les mécanismes de la mémoire, à la limite, de l'abolir ? Françoise Thieck pratique une sorte de désenchantement exquis et douloureux - un nouveau romantisme 1980.

  • Ce « récit fictif », sous la forme d'un fragment de journal intime - si l'on peut dire - tient surtout du poème en prose. Étrange amalgame, dont l'héroïne, la récitante, nous décrit minutieusement les lieux qu'elle visite : ceux que préférait un homme qui a disparu. Dans cette Capture imaginaire, se heurtent un dandysme (paysages précieux, accords de piano dans le parc, thé, visites de musées), et des situations violentes (un triple assassinat). Ne négligeons pas la « présence » d'une lettre en la possession de l'héroïne (mais a-t-elle jamais été lue ? ou seulement écrite ?) et qui « pourrait sauver quelqu'un du désastre ». La compréhension de ce message, dépend de « la lecture difficile de chaque lettre, pour reconstituer un mot ». L'auteur raffine - on dirait du Virginia Woolf récrit par un poète pop - et devient le metteur en scène de sa propre expérience : les images de la vie sont traitées comme des cartes postales ou des diapositives. Cette distanciation permettrait de « déchiffrer la mémoire de nos gestes », d'interroger les mécanismes de la mémoire, à la limite, de l'abolir ? Françoise Thieck pratique une sorte de désenchantement exquis et douloureux - un nouveau romantisme 1980.

  • Contes, brèves nouvelles, anecdotes imaginaires ou recueillies, poèmes en prose parfois, L'Ennemi séduit dans sa diversité, la finesse du trait, son humanité curieuse - et sa poésie, bien entendu. Parfois, l'inspiration de l'auteur tourne au fantastique noir (« Les Nouveaux Arbres ») ; parfois, elle atteint la dimension de l'absurde (« La Femme châtiée », « Le Lustre ») avec des arrière-fonds inquiétants ; parfois encore, on y découvre un fait atroce (« Le Vieil Homme »). Gérard Laprie sait hausser le réel jusqu'à l'éclatement de la tragédie, et il arrive que le pittoresque prenne un tour surprenant, fatidique (« Un enterrement ») ou d'un humour pathétique (« Le Comte Cyrille »). Il arrive aussi que, dans les destins curieux qu'il nous peint, l'auteur fasse intervenir le maléfice. Il se déplace alors à son aise dans l'insolite. On songe par moments à Jouhandeau, notamment dans « La Petite Mariée ». Gérard Laprie sait nous intéresser, d'un bout à l'autre, par son oeuvre. Il nous fait pénétrer dans un « domaine à part » grâce à une plume très sûre et un don du bizarre, de l'imaginaire, des plus authentiques.

  • Le problème de la connaissance, de la situation (toujours fluctuante ?) de l'être en nous - posé contre le temps, un certain rituel, non sans romantisme, de la tendresse et de l'amour orientent les poèmes d'Yves Mabin Chennevière. Le poète cherche une brèche par où se glisser pour savoir - à défaut de trouver - et ainsi, mieux vivre. Il provoque le silence. En peut-il jaillir « l'éphémère prolongé » ?

  • Chants d'amour et de tendresse d'une grande délicatesse.

  • L'aiguail, c'est la rosée, eau légère et suspendue que devrait sécher le premier rayon de soleil. Mais de ces petites gouttes à la beauté fragile, Marie-Hélène Verdier fait une eau-forte capable de graver les paysages de sa mémoire avec une précision de découpe peu commune. Elle convoque la neige, le temps et les étoiles afin d'arracher au néant les masques de l'invisible et prouver que la banalité de notre vie peut être rachetée par une idée plus haute, aux couleurs, parfois, du chemin de croix. La douceur lutte avec la douleur et la solitude. L'amour, avec ses peines et ses gloires, n'est qu'une figuration de l'Autre Amour. Voici une poésie toute de tension et de ferveur à peine contenues, où l'unité cosmique s'exprime par une succession de touches soigneusement choisies dans le registre des éléments et le vibrato des sensations. On pense à ces miniatures anciennes dans lesquelles le détail du paysage, en arrière-plan, n'existe que pour mettre mieux en valeur la souffrance ou la passion des personnages à l'avant du tableau. Le poète est un des personnages. Jean Orizet. Aiguail est le troisième recueil de Marie-Hélène Verdier, qui a aussi publié un remarquable recueil de nouvelles, Le Grand Vénéré, dont Le Monde a pu vanter « la diversité des regards, le passage du rêve à la réalité, un humour qui caresse plus qu'il ne griffe, des situations de huis clos qui vont bien au-delà des murs où elles se cachent », ainsi qu'« une écriture économe de ses effets mais point avare de poésie ».

  • Nous montons. Et voici les repères du grimpeur : les nuages, le volcan jamais refroidi par les neiges, le chant saccadé du roc sous les pieds, le dragon, l'homme singe, les cyprès, l'exil, les souvenirs d'enfance coupés de projections réalistes : fait divers, flash incongru. À qui appartient cette enfance ? Qui sommes-nous ? « Tous bâtards », soit, des humains trop avides, mais ce vertige n'est-il dû à cette terre qui tourne, dont Jeanne Sigée a si violemment fait le tour. À preuve : cette montagne du Japon à escalader, ce Pacifique sillonné où se forent des puits, ces chasseurs de renardes d'Osaka... Qu'ai-je fait de ma vie ? Du commerce, entre autres : liste des produits à vendre ci jointe, farces et attrapes pour pompes funèbres. Tout tourne au cabaret du coeur mémoire. Attention, il faut descendre maintenant. Déjà le futur opprime le passé. Les pays, les cultures et les mythologies s'emmêlent dans ce poème récit sage ou panique, au gré d'une prose toute en nerfs ou de versets aux rythmes amples comme l'effort de la Montagne, de la Mer, du Vent ou de l'Oiseau. Qui sommes-nous ? Où allons-nous ? Qui n'aimerait en tout cas la longue marche de cette élégie où nous convoque Jeanne Sigée, riche d'admirables images, percée de refrains populaires ou d'échos de comptines d'une si dure mélancolie ? Au-delà de « l'azur étroit des habitudes », nous avons voulu « sonder la profondeur de l'ombre » et « reconnaître le ciel ». « Gravir le Mont Fuji », après tout, était une façon d'apprivoiser notre mort. Jean Breton.

  • Ce recueil comprend des poèmes sur le couple avec les aveux essentiels, les affrontements « à plaies égales », le tumulte des sens, l'accouchement... Il y a aussi une dure expérience de la menace de la mort (quelques textes furent écrits sous le choc d'une opération à coeur ouvert), des autoportraits, des hommages aux amis disparus... Emile Snyder, après La Troisième Voix enrichit son itinéraire de poète. Sensibilité et densité sont au rendez-vous pour nous faire rêver d'une cité idéale.

  • Voici un univers où la fable, l'absurde, l'inattendu sont féerie. Le trait est vif, imagé. Marie José Cadoux se penche un peu sur son passé, du temps où on l'appelait Meilbie. Très vite, elle regarde en face le quotidien : la cuisine, la vaisselle, l'amour, l'enfant et préparé pour quel avenir ? L'éclat de rire ici est toujours mêlé à l'invention cocasse de même qu'à la remise en question, par l'image ou par la boutade. Cet univers si concret trouve souvent les chemins du fantastique, familier il est vrai. Par contracte, Marie José Cadoux nous parle à mi-voix d'une société telle que la poésie la rêve. Meilbie est un recueil au vif coloris, à la psychologie subtilement transposée. La sensibilité de l'auteur sait aussi y faire parler l'actualité.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Sous le prétexte d'un agenda, tenu pendant les quatre saisons, voici une chronique poétique, un récitatif très lent, d'apparence anodine. Très vite on sera pris par la qualité de ce commentaire de la vie, des souvenirs, de ce curieux rapport onirique aussi. De nombreuses images ont été recueillies « au tableau noir de l'instituteur et sur les bancs du collège ». S'y mélangent des scènes de la dernière guerre et surtout de l'occupation, l'histoire d'un amour, dans un cadre clair et frais de campagne, les tentatives d'un peintre pour mieux exprimer le monde. Présence de prêtres, de soldats brutaux, de mendiants, d'enfants, d'assassins, de gares... Rien n'est appuyé, le film coule de source, on est dépaysé, émerveillé mine de rien, étonné par la tendresse d'une langue sans lyrisme, un souverain souci du détail, des suggestions enveloppantes. Avec Les Années bleues, Jean-Pierre Rousselet s'affirme d'emblée un poète.

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