FeniXX réédition numérique (Deyrolle)

  • Quelqu'un scrute. Il cherche, tâtonnant à travers son propre regard. Soudain l'envahit la nuit, il se plaît aux délices d'une telle lumière. Il tremble. Le noir ne serait jamais qu'un abus de clarté et la lumière finirait par se perdre en ténèbres. Quelqu'un donc s'avance et dresse en passant un relevé minutieux de son paysage intérieur. L'acte appartient au transitoire et suppose un acquiescement aux lois du rêve et du réel, disparate brassé non sans plaisir. Dira-t-on qu'il s'agit là de poésie ? Pour fort que soit le mot, on entend peut-être par lui qualifier l'épreuve de soumettre son regard à la flamme. Alors, l'aveuglement en répond, il en va de cela que l'on nomme poésie. Y.P.

  • Mise à l'épreuve d'une conscience qui se trouve et s'égare, la poésie voyage dans l'inconnu. Née de la mémoire, elle s'ébauche dans l'ouvert, l'inachevé. Du désir, qui la porte, elle se veut encore la substance la plus précieuse : un peu de la parole du dehors, du souffle qui traverse le temps. Le livre, simulacre, n'en outrepasse pas l'image. Il aime qu'elle se dissipe dans la voix.

  • On part d'une promenade dans le Littré pour s'enfoncer avec les mots, leur sens et leur non-sens, dans un voyage dans le corps humain, qui fait du langage l'événement magique par excellence, qui seul peut nous rapprocher (petit mammifère échappé à l'emprise des reptiles, inventeurs de l'oeuf et premiers maîtres de la terre) de ce Dieu qui, selon Powys, n'a pas conscience de nous et que nous ne pouvons atteindre sans un détachement de nous-même, seul capable de nous confondre avec lui dans le silence éternel.

  • Faux en écritures Nouv.

    "On n'y distingue nulle intrigue, mais simplement des épisodes qui s'entrecroisent, et neuf personnes monologuent ensemble, brodent le silence de leurs paroles autour d'une table, d'une carafe, d'une tasse, dans un salon, une salle-à-manger, une chambre à coucher, sur une terrasse, dans un jardin, buvant à la santé de ceux qui partent : "Ces gens-là dînent, ils ne font que dîner et, pendant ce temps-là, s'édifie leur bonheur ou se brise leur vie", sans intrigue, où les dialogues se font et se défont autour de silences pensants ; peindre la vie comme elle est."

  • Le voyage en Allemagne Nouv.

    Bien que, après avoir quitté cette ville, j'aie été tout d'abord heureux de pouvoir réduire ce voyage à quelques événements simples, les bruits qu'il y avait eu au restaurant, la serveuse qui ne parlait que l'allemand, le temps que j'avais passé seul dans cette ville  la nuit , Sponde à qui je n'avais pu parler, ou encore le parfum d'Anna, ou l'attirance que j'avais pu avoir pour ce tailleur si strict, il m'était apparu que ce que j'avais pu comprendre immédiatement, par exemple l'image d'Anna sur le quai de la gare, serait finalement ce qui demeurerait complètement obscur, contrairement à ma rencontre avec Sponde, que j'avais pourtant confondu avec Arnold Kbler et, vraiment, j'avais été très déçu de ne pas avoir parlé avec Arnold Kbler, je n'avais même pas su cacher ma déception à cet homme qui aurait, dans ma vie, une importance bien plus grande que n'en aura eu Arnold Kbler.

  • Une seule question à celle ou celui qui viendra là : Primo, Marin, Paulin, Désiré, Rose, Armand, Ulysse, Adam, tous ceux qui passent, Où les emportes-tu ?

  • Ce roman est passage, d'une langue dans l'autre, d'un pays dans l'autre, d'une oeuvre invisible, celle du metteur en scène Vsevolod Meyerhold, aux traces de sa présence, le long des cicatrices qui font réapparaître les corps là où ils ont disparu, en passant par les beaux fruits du langage laissés sur la route pour rouvrir la voie. L'Amour des trois oranges est un mot de passe, pris par Meyerhold au théâtre de foire vénitien, devenu le titre de la revue qui déclarait l'urgence d'y faire retour. Prokofiev ensuite s'inscrivit dans cette continuité qui poursuit ici son cours, au lieu même de la disparition de Meyerhold, dans le passage des mots vers d'autres mots qui traversent l'image de leur possible traduction pour saisir l'inavouable de ce qu'ils taisent encore.

  • Il y a mille façons de travailler ensemble, pour un peintre et un écrivain. L'un peut illustrer l'autre, c'est-à-dire ajouter à une oeuvre déjà faite, texte ou image, une autre, image ou texte, qui en éclaire certains aspects, comble certains vides, de telle sorte qu'il naisse une oeuvre nouvelle, fille des deux autres, dans laquelle on peut certes distinguer les chromosomes de ses parents, mais qui vit autrement qu'eux. Il est ainsi possible d'illustrer les oeuvres des morts, et l'on ne s'en prive pas. C'est l'origine de bien des monuments. Mais on peut aussi profiter de la chance qu'on a de vivre au même moment que l'autre, de participer à son temps. Il s'agit alors d'échanges qui peuvent se produire selon des modes très divers : on rêve d'une oeuvre commune, on en esquisse les linéaments des deux côtés, sur les deux faces. On les voit naître ensemble, dans l'atelier ou l'étude. La conversation directe peut être relayée par le téléphone, le téléfax, la correspondance. Ainsi certaines oeuvres prennent la forme d'un échange de lettres. Ce qui me semble caractéristique de celle-ci, c'est le mouvement romanesque qui y imprime la main de Robert Pinget. Non seulement il répond à l'image-lettre que lui a envoyée Deyrolle, mais il commence par la traduire en imaginant les aventures et sentiments de sa production. Il la traite en document-indice qui met en branle ses facultés inquisitoires, pièce pour notre conviction. Or cela provoque chez Deyrolle, lorsqu'il reçoit le texte-lettre, un retour en arrière qui fait que l'image antérieure transparaît en quelque sorte sous la suivante, jusqu'au point final, sur une interrogation qui nous reste proposée. C'est alors à nous d'entrer dans le jeu et d'illustrer selon notre art cette correspondance. MICHEL BUTOR

  • Par l'auteur de Drailles, La Métis, Offset.

  • Il demeure étrange d'avoir un corps qui va au sol en se segmentant. Un animal guette, à partir de sa tête, ce qu'il est jusqu'à ses pieds. Et comme il marche, son attention se rythme ; et comme il marche dans la mer, elle se dilate. Il demeure étrange d'avoir un corps dont la distinction s'éprouve dans l'échange avec le monde. Maintenant, l'animal peut guetter à partir de ses pieds. Marcher fait son corps et la mer. On dirait que son attention approche d'un équilibre mouvant : densité souple qui ferait qu'un chant commence.

  • Comment, dès son plus jeune âge, presque dès son berceau, un petit garçon perce à jour les contradictions, les incohérences, les secrets intimes et les impostures du milieu parental, comment il en entreprend une impitoyable critique, comme il échafaude un plan pour prendre sa propre destinée en charge, pour préparer sa révolte et sa conquête du pouvoir, comment cette situation de belligérance face à sa famille est accentuée, dramatisée par l'époque et le quartier où les événements se déroulent : l'avant-guerre de 1914 avec son climat social très tendu et le « vieux Paris » du faubourg Saint-Antoine, lieu clos où s'affrontent et s'entremêlent à chaque pas, ouvriers, artisans, petits bourgeois, « apaches » et miséreux dans le contraste des terrains vagues, des masures, des dédales de ruelles sordides et des immeubles neufs. Comment en dépit de ses préventions natives et de la terreur que lui inspirent les menaces et la proximité de ce voisinage d'indigents, l'attrait de la rue agit puissamment sur le jeune lycéen rétif. Comment Max Ernst, frappé par ce texte où il a vu resurgir ses fantasmes enfantins, lui a consacré une illustration saisissante qui fut sa dernière, avant sa maladie et sa mort. Autant de questions dont les réponses sont à découvrir dans le récit de La Saint-Charlemagne, autobiographie masquée de Robert Lebel. François Di Dio

  • Un jour la souffrance est venue sans bruit. La souffrance et la folie. Un éclair est monté dans votre corps. Il a traversé votre voix, votre regard. Il a éclaté, là, parmi toutes ces couleurs, dans ce cri que fut votre vie. Vous n'avez jamais cessé de parler de l'amour et de la vie. De ces choses qui sont aussi fortes, aussi vraies que l'éternité. Des choses, somme toute, normales. Quand vous vous êtes tu, au fond de votre âme gisait encore le beau et grand soleil de l'espoir. Aujourd'hui, vous êtes enfin dans la lumière. Désormais plus aucune ombre ne peut attenter à votre regard. Vous marchez d'un pas alerte. Vous marchez au milieu d'un ciel éclatant, au bord de la vérité. Vous êtes enfin rendu à la lumière. C.B.

  • Entre tous les mots, il faudrait savoir reconnaître ceux par lesquels s'effectue la présence de l'arbre à la voix, de la rivière à la fenêtre qui s'ouvre, de l'asphalte des rues à la couleur des yeux, à la mémoire de ces yeux, la présence tacite d'une chose à l'autre ; il faudrait reconnaître les mots de la conversation qui pousse la brûlante continuité du réel jusqu'au fond noir de la tête ; reprendre encore et encore le fil de cette conversation - pour s'assurer que l'on est ici, que l'on est tourné vers toi. D.B.

  • Écrire. Il faut écrire. Rien que cela. Écrire. Comme si la parole, le geste ne suffisaient pas. On va alors vers le lieu de l'écriture. C'est une chambre où dansent des ombres, où tremble quelquefois un soleil. On ouvre le cahier de la pensée. On trempe sa plume dans le noir de l'encre, dans cette étendue d'orage où les mots déjà se bousculent. On trace le premier mot, la première phrase, sur le froid désert de la page. On lâche dans ce désert trop blanc une nuée d'oiseaux ivres. On écrit avec le sang des mots sur le cri du silence. On écrit dans la fureur de l'instant, à la fois proche de rien et si loin de tout. On écrit pour apprendre sa vie, pour aimer enfin cette évidence qui jette sur notre vie son ombre étrange.

  • Entrer dans l'oeuvre de Poussin c'est se rapprocher de ce qui définit aujourd'hui le peintre comme sujet, héros d'une oeuvre dont sa vie est l'enjeu. La voie la plus exigeante et la plus sûre pour devenir davantage soi-même, celle que Delacroix, Cézanne et Picasso ont suivi. Celle qui sait reconnaître dans l'intimité d'une décision le pari où la pensée du tableau se fait composition du monde. La trace en nous du Poussin est l'accomplissement de son oeuvre, le signe de la probité de son art qui creuse ici le sillon de mots selon son rythme et font Poussin présent, dicible, au plus près de l'indicible de son art. Ces lignes que Poussin n'a pas écrites sont la gravure attentive au ciselé de sa voix - dont la frappe est si claire à celui qui fait face au tableau.

  • « Par où sort-on d'ici ? » demande en plein Paris un marcheur pressé à un passant. D'ici, on ne sort plus. On n'échappe plus à l'emprise du pouvoir et de la richesse que la ville étend virtuellement sur la totalité des terres habitées. Sinon en perdant tout ce qui donne une présence. On perd son travail, on perd le courage d'aimer, on perd pied dans l'espace lagunaire, perpétuellement avorté des banlieues. On s'allège de tout espoir. On devient transparent. Alors, on est sorti d'ici. Fugitif est un récit conjuratoire qui tente de détourner sur un personnage fictif les hantises de déperdition de soi-même que suscitent les conditions modernes de la domination. Il suit, au fil de divagations à travers la banlieue, les divers moments d'une espèce de gravitation qui rapproche peu à peu ce personnage de la disparition.

  • Dans tout livre sommeille une enfance. Le travail du lecteur, c'est de réveiller l'enfant qui dort en l'appelant par son nom propre. La singularité de ce livre est que l'enfant n'y dort pas, en proie à l'insomnie de cette vérité : il va mourir. Bien sûr, pour nous, lecteurs, cette vérité n'est pas recevable. Nous savons qu'aucun de nous ne mourra jamais, bien sûr - sauf celui-là, à qui l'annonce de sa fin aura été donnée très tôt, trop tôt sans doute. Dans cet éblouissement-là - trop de jour, trop de nuit - il écrit. Tant qu'il écrit, il peut mourir, c'est donc qu'il est vivant.

  • Il se demande pourquoi il n'a pas d'amis. Il doit bien y avoir quelqu'un à qui porter. Ou à écouter. Il a remarqué que ça fait du bien d'écouter. Il se rappelle que, quand on écoute quelqu'un et qu'on est écouté, c'est comme s'il y avait un autre monde. On ne se voit plus, mais on se sent mieux. Les choses deviennent moins closes. Quand on revient chez soi, on est moins las. La mère est moins défaite, l'appartement moins petit. Il y a des arbres, la nuit, autour des lampadaires. Il y a du bleu retenu dans le noir ; quelque chose de tendu qui brille, fait rêver, promet un peu, on ne sait quoi. Pas la mort.

  • Portrait de Wilfrid en accidenté mozartien, en carreleur franc-maçon, en imprécateur colérique, en rémouleur, en pêcheur ivre, en poilu astronome, en rabbin, en spirite macabre, en maître queux oriental, en furet latiniste, en machine à calculs, en voyant, en ornithologue, en cambrioleur amnésique, en espérantiste libre penseur, en artiste peintre hémiplégique, en bibliothèque, en topographe solitaire, en agent secret, en gardien de la paix, en chevalier fouriériste, en Cécile licorne, en hérisson, en étrusque picard, en maître nageur, en peinturlureur persan, en souffleur perplexe, en momie.

  • Ceux qui vivent sur les hauts plateaux - se bornent-ils à n'y séjourner que par intermittence, par privilèges rares et inégaux, comme aux plus hautes marches d'un royaume non localisable sur les mappemondes et les cartes officielles, ou bien encore, parvenus à la longue, comme par bonheur, en un lieu aérien, préservé de la géographie, y stationnent-ils l'espace d'une éternité -, ceux qui vivent dans ces plaines de grande altitude ont perdu leurs marques pondérables sur terre. Est-ce seulement là un fantasme de plus, une projection purement intellectuelle, que ce dessein d'une région accessible à l'esprit, assimilable à lui seul, d'une haute sphère promue à l'abstraction et à l'errance infinie, la flânerie sans corps, sans attaches ? Refuge idyllique de l'être qui se dilate et plane dans l'idée d'une immunité absolue, d'une stabilité maintenue dans le temps, opposable à la mort. Paysage suspendu, vaguement flottant, à l'image des hautes strates de la pensée et du rêve, des prétentions domaniales de l'esprit. Paysage morcelé en provinces diversement riches et variées, en règnes tantôt denses et obscurs, tantôt vastes et éclatants, en plaines étales, rehaussées de lumière, en replis oppressants, non viables. Ceux qui vivent sur les hauts plateaux soupçonnent-ils ces résidences conceptuelles difficiles à cerner en pratique, toutes ces belles figures de l'esprit à jamais insituables en temps normal - en temps mortel ? De même que ces hautes aires tant convoitées de l'azur, ces zones stratosphériques où siège l'idéal, si pauvres en oxygène, si pures, qu'inhabitables ?

  • Vêtue : la femme a choisi son contour. Sa présence s'y porte, heureuse de descendre en une forme proposée, s'y trouver même et différente. C'est selon ce contour qu'elle s'insère en le regard, exactement. Un vaste regard la loge. Soutient, reconnaît. Le sentiment d'elle-même, amassé tout contre la paroi d'os et de chair de la gorge, que cache et répète la paroi autre de l'étoffe, il est serti dans la précise pression du dehors. Émotion d'être : celée juste sous la surface comme bulbe gorgé de vie enserré par la terre et, au-delà du pédoncule de la taille, répandue en chaque atome de la robe où elle rayonne. Dire, je veux dire, parvenir à dire cette conversion à l'espace ; versement de soi dans l'étendue, innocent et fier ; partage de la course des plages et plaines, prairies imprimées de fleurs ; essor ; récolte de la lumière. À l'inverse, cet enfermement de soi revenant à rappeler à soi l'immensité déroulée ou froissée. À discerner tant d'échanges entre une part de l'énergie que sa prison précieuse rend consciente, unique et l'énergie sans bord, sans nom. Beauté ne s'appartient pas. Coquetterie n'est pas complètement intéressée : ce serait trop simple.

  • Quel homme Félicien était-il devenu quelques mois avant sa mort ; comment comprendre sa démission de son poste en faculté, sa retraite précipitée ? C'est la question qu'un tendre et mélancolique souci inspire à Claire, sa mère. Elle fait appel à Gérard, l'ami de Félicien, et le dernier à l'avoir vu, lui confiant la charge d'y répondre, et l'entraînant dans la folle entreprise de témoigner par écrit. Outre son propre récit grave et inquiet, sorte de tombeau qu'il dresse peu à peu avec l'obscur sentiment de se risquer malgré lui à faire de la littérature, Gérard réunit, à côté d'autres documents, certaines des lettres que s'écrivent tous les acteurs sollicités au cours de son enquête.

  • Là où commence une nuit que je ne sais élucider, l'inquiétude gagne. Je me déplace et je regrette déjà d'avoir bougé. Je ne comprendrai jamais comment je peux respirer. Avec cette certitude de la mort, tous les soleils peuvent bien se lever, même contre soixante ans de santé, je ne ferai pas de pacte avec la vie pour suivre une pente qui s'engouffre de toute éternité dans l'asphyxie. Furieux, avec le fardeau de cette masse de stupeur accumulé, rien ne m'apaise. Plutôt demeurer immobile. À perdre pied. J'ignore le masque du beau, tout du « sentiment océanique ». Les croyances, les consolations m'accablent. C'est toujours en deçà, au-delà du principe de plaisir, c'est-à-dire sans la chair et le sang de la parole et du verbe, que je porte mon regard. C'est dans l'urgence, contre ma douleur, c'est dans la colère, dans un face-à-face où l'un de nous deux doit sauter que j'écris. Autant dire que je n'y mets pas tout mon coeur... je lâche prise... Je sais bien quand ma rage retombera !

  • Chez Vera Linhartová, ce n'est pas l'imagination qui invente, mais la pensée qui insufle à l'imaginaire une étrange dimension. Lisant l'un de ses récits, on est à la fois dans une fiction et dans une réflexion, qui sans cesse métamorphose le mouvement de l'écriture en quelque chose de non linéaire, d'espacé, de prenant : l'histoire ne se déroule pas, elle croît sur place, comme un point engendre le cercle, tout en demeurant un point. En conséquence, on entre dans une circulation mentale, qui produit une temporalité sans chronologie - temporalité dans laquelle on se déplace comme sur un territoire : toutes les parties sont simultanées, au lieu d'être successives. Ce temps est consistant ; il porte la lecture, tout en la pénétrant de sa matière ; c'est un élément si présent qu'on serait tenté de le désigner comme l'épaisseur, la texture même de la mentalité...

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