Littérature générale

  • Cette recherche théorico-empirique désarticule le corps et l'étudie dans ses dimensions anthropologique, anatomophysiologique, neuroscientifique, scénique. Le jeu est dans la comédie sociale et le comédien le transporte sur la scène. Les rôles dépendent de la structure de la société, de la place de l'acteur et de son individualité. Ils évoluent selon des facteurs extérieurs et intérieurs à l'humain. Certains acteurs s'approprient plus facilement leur rôle que d'autres, épousent gestuelle et discours de chaque classe, abandonnent un costume pour en revêtir un autre. Le théâtre est le domaine qui érige ce jeu des rôles en profession. Dès lors, l'interrogation sur la latitude du comédien à jouer requiert une contextualisation et appelle la question de l'inné et de l'acquis. L'humain joue-t-il d'emblée ou apprend-il à jouer ? Dans quelle mesure le corps est-il un instrument expressif théâtral et social?

  • La sociabilité, comprise à la fois comme la manière dont les membres d'une société cohabitent et interagissent et comme l'ensemble des préceptes qui règlent cette interaction, fait l'objet d'une multitude d'ouvrages littéraires sous différentes formes, telles des traités, souvent dialogiques, des lettres, des romans, des poèmes - en particulier du XVIe au XVIIIe siècle. Ces textes comportent souvent un caractère performatif et mettent ainsi en scène les préceptes de sociabilité dans les lieux auxquels ces préceptes sont rattachés. La diversité des genres de ces textes de sociabilités et leur caractère souvent performatif suggèrent une interrogation systématique sur les rapports entre le niveau du contenu, celui du genre, les lieux et les contextes spécifiques de leur genèse. Afin d'approfondir cette question, nous proposons une approche méthodologique de ces textes qui reposent sur les concepts de « performance », de `jeu' ainsi que sur celui de « querelle ».

  • Par sa richesse, sa profondeur, sa singularité, le Peri tôn tou theou ou Dialogue des choses divines revêt, en dépit de son caractère inachevé, une importance considérable et un statut unique à l'intérieur de l'oeuvre de Paul Valéry. Les contours et les ambitions de ce travail protéiforme, les circonstances de sa genèse et les raisons de son inachèvement donnent lieu ici à de minutieuses analyses. Faisant émerger une intertextualité souvent inattendue et des résonances autobiographiques, les recherches mettent également en lumière la complexité du réseau conceptuel développé par Valéry autour du divin, et l'originalité de son attitude vis-à-vis de sujets - la religion, la mystique, l'Eros - qui ont hanté l'écrivain bien au-delà de ce que l'oeuvre publiée de son vivant n'aurait laissé deviner.

  • Trois auteurs, au premier abord on ne peut plus différents, partent à la recherche de leurs racines juives. Effectuant un voyage à travers le Yiddishland, les camps de mise à mort et l'État d'Israël, ils recherchent une façon d'être juifs aujourd'hui. Par le biais d'une étude approfondie de trois romans, W ou le souvenir d'enfance de Georges Perec, La Danse de Gengis Cohn de Romain Gary et La Place de l'Étoile de Patrick Modiano, ce livre retrace le travail de ré-appropriation d'une judéité d'emblée problématique. Finalement, cette judéité se fait jour d'une manière complètement inattendue, elle choisit demeure dans l'exil, dans le voyage et dans l'errance. La diaspora devient un mode de vie et toute une génération d'écrivains s'installe dans le nulle part, au-delà d'une mémoire préfabriquée. Cette deuxième édition contient une nouvelle préface intitulée 10 ans après. Le texte et la mise en page ont été actualisés, la bibliographie mise à jour.

  • À la fin du XIXe siècle en France, la canonisation littéraire passe non seulement par l'école républicaine, mais aussi par les collections pour le grand public. Le diplomate Jean-Jules Jusserand dirige chez Hachette la collection Les Grands Écrivains Français qui devient une entreprise éditoriale importante à l'époque de la « Troisième République des Lettres » (A. Compagnon). Cette étude a l'ambition de décrire le processus collectif de canonisation à l'oeuvre, pour en identifier les acteurs et leurs rôles respectifs (dont celui du directeur de collection), les mécanismes éditoriaux (les contraintes de la publication en série) et les discours dominants sur les grands écrivains de l'histoire de la littérature comme images de la grandeur nationale.

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