Presses de l'Université Laval

  • Pendant des milliers d'années, les groupes autochtones vivant sur les cinq continents ont créé et fréquenté des endroits spécifiques au sein de leur territoire pour y conduire des rituels ou communiquez avec les forces, les esprits ou les entités y résidant ou s'y manifestant. Aujourd'hui, plusieurs de ces lieux sont devenus des monuments ou des sites inscrits au registre des dites du Patrimoine mondial. Comment le caractère spirituel (voire sacré) ancestral associé à ces sites est-il souligné aujourd'hui ? Et comment les visiteurs qui les fréquentent peuvent-ils percevoir ce caractère intrinsèque que l'on peut qualifier d'Esprit du Lieu ? La parole est ici donnée à des représentants de la collectivités autochtones de la Nouvelle-Zélande, d'Australie et du Canada qui abordent des façons variées révélant cette dimension matérielle et immatérielle liée à l'esprit du lieu des sites du Patrimoine mondial auquel leur histoire, leur culture et leur tradition les rattachent. Il en ressort la nécessité d'intégrer davantage les visions, philosophies et démarches autochtones dans la gestion et l'interprétation des sites du Patrimoine mondial, perspectives multiples dont on trouvera quelques aspects traités dans les textes qui forment ce volume.

  • Quatre Récollets français débarquent à Québec en juin 1615 avec l'intention d'y recréer l'expérience missionnaire que les provinces espagnoles de leur ordre menaient au Nouveau Monde depuis près d'un siècle. La réalité géographique et humaine de la Nouvelle-France naissante se révèle cependant toute autre. La France missionnaire doit alors définir sa propre identité. Après un départ forcé de Québec en 1629, les Récollets reviennent en 1670 à la demande de Louis XIV. Présents dans les villes où ils élèvent leurs couvents, dans les forts comme aumôniers militaires et dans les paroisses comme missionnaires et curés, les Récollets finissent par s'inscrire de manière durable dans le tissu social de la colonie, notamment grâce à l'admission de Canadiens au sein de leurs rangs. L'identité récollette se déploie ainsi avec une étonnante aisance dans le paysage laurentien pendant la première moitié du XVIIIe siècle. Au lendemain de la Conquête britannique de 1759, l'interdiction de recrutement qui frappe l'ordre au Canada entraine sa disparition au cours du demi-siècle qui suit. Il faudra attendre les années 1888-1890 pour que des Franciscains s'installent à nouveau au Canada.
     
    Aujourd'hui, des spécialistes de l'histoire, de la littérature, de l'ethnologie historique, de l'histoire de l'art, de la musicologie et même des architectes, présentent au lecteur le fruit de leur réflexion sur cet objet. Le dialogue multidisciplinaire que propose ce livre veut ainsi faire le point sur une partie de la recherche en cours en ce quatrième centenaire de présence franciscaine au Canada.

  • Surnommé le Petit Paris ou le Petit Dallas, le village de Certeze, à la périphérie de la Roumanie et du continent européen, se présente comme le concentré d'une géographie qui bruisse de prestige. Ses habitants, pris dans un va-et-vient entre leur chez-soi et leurs lieux de travail situés aux quatre coins de du monde, rivalisent entre eux dans le désir de bâtir la maison de leurs rêves, inspirée des différents pays où ils ont vécu. Appelées « maisons de type occidental », « maisons de la réussite » ou « maisons hautaines », ces constructions représentent, pour leurs propriétaires, la matérialisation d'un processus complexe de perfectionnement et de redéfinition de soi. Dans ce livre, la maison de la réussite de Certeze est la principale clé pour comprendre les dynamiques spatiales et socioéconomiques que connaissent les pays de l'ancien bloc de l'Est depuis l'effondrement du communisme. Elle matérialise visiblement un phénomène profond de redéfinition géoéconomique de ces sociétés par la croissance de la mobilité spatiale et de la migration, ainsi que par la consommation et la mise en marché des biens et des cultures dites « du centre » dans des sociétés considérées comme périphériques.

  • Les mémoires de l'esclavage sont présentes et continuellement réactualisées en Haïti. Elles sont caractérisées par l'invisibilité des lieux qui les supportent, l'invisibilité de la résistance culturelle et l'invisibilité des conséquences sociales de l'esclavage (la pauvreté, les inégalités). Leur patrimonialisation dépasse le cadre normatif de mise en valeur dans les musées, de création de parcs et de construction de mémorial. Elle dépend des expériences historiques, sociales et culturelles qui sont transmises.
    Cet ouvrage met à nu la distorsion entre la mémoire élaborée sur le plan étatique et le travail de mémoire non élaboré réalisé par la population. Après plus de deux siècles d'indépendance d'Haïti, il convient de chercher à comprendre ce qui a marqué, ce qui a été transmis, conservé, rejeté, refoulé, ce qui est mobilisable et mobilisé, dans quelles circonstances et avec quels objectifs. Aujourd'hui, où se situent le souvenir de la souffrance de l'esclavage et l'orgueil d'en avoir triomphé?

  • La Convention pour la sauvegarde du patrimoine culturel Immatériel de 2003 et la Convention sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles de 2005 sont les deux plus récents traités culturels internationaux conclus sous l'égide de l'Organisation des Nations Unies pour l'éducation, la science
    et la culture (UNESCO). Puisant leur source dans la Déclaration universelle sur la diversité culturelle adoptée à l'unanimité des membres de l'UNESCO en 2001, les Conventions de 2003 et de 2005 constituent toutes deux une réponse de la communauté internationale aux phénomènes de mondialisation des économies et d'homogénéisation des cultures, notamment générés par l'intégration des marchés. Ces instruments demeurent néanmoins distincts et poursuivent des objectifs qui leurs sont propres, bien que des interactions entre les deux conventions puissent être identifiées. Cet ouvrage a pour vocation de mettre les deux textes en parallèles, de manière à clarifier leur champ d'application respectif, tout en valorisant leur complémentarité et leur contribution au développement durable des sociétés.

  • Les textes recueillis dans cet ouvrage proposent une réflexion sur les manières de penser et de pratiquer l'esprit du lieu à travers le monde et au regard de différents champs diciplinaires. Nous menant sur les routes du Népal, du Pérou, du Liban, de l'Allemangne et d'ailleurs, sur les voies de l'archéologie, de l'histoire, de l'architecture et autres champs du patrimoine culturel, cet ouvrage offre un éclairage nouveau sur les différentes interprétations de l'esprit du lieu, sur les mesures architecturales qui peuvent autant lui réussir que lui nuire, sur les menances qui l'affectent et sur les manières de le transmettre quand celui-ci n'a pas ou plus de support matériel.

    Découlant du premier forum international des jeunes chercheurs et professionnels en patrimoine culturel qui s'est tenu à Québec les 27 et 28 septembre 2008, lors de la tenue de la 16e Assemblée Générale d'ICOMOS, ce livre regroupe une sélection des meilleurs textes soumis par les participants. Les auteurs ont eu la possibilité de (re) penser l'esprit du lieu à la lumière des échanges interdisciplinaires qui ont fait le succès de ce forum. Les idées novatrices et constructives que renferment leurs textes révèlent leur intérêt et surtout leurs aptitudes à construire le patrimoine culturel de demain.

  • Patrimoine et sensibilité. Ce volume propose un chassé-croisé entre ces deux termes qui, continuellement recomposent et redéfinissent le sens et l'expérience des pratiques culturelles. D'un côté, les processus de patrimonialisation peuvent être universellement interprétés comme des tentatives de mise en forme de sensibilité pour leur garantir un rôle social, légitimer leur contenu culturel ou même conférer une effectivité politique. Patrimoine des sensibilités. D'un autre côté, la demande de patrimonialisation, d'authentification ne serait-elle pas d'abord et avant tout une réponse à des sensibilités, voire même des anxiétés, d'ordre politique, individuel et collectif ? Sensibilité des patrimoines.

    Le travail de patrimonialisation croise inévitablement un entrelacs de sensibilités qui lui donnent une impulsion ou contre lesquelles il se heurte. Fluctuantes, irréductibles, souterraines, évanescentes, irrationnelles, explosives ou imprévisibles les sensibilités attestent de la complexité et de la variabilité de forces qui s'imbriquent et s'impriment sur les pratiques culturelles. Dans les processus de mise en forme et de transmission mis de l'avant dans les patrimoines, s'articulent, se greffent, et se créent continuellement des sensibilités, qu'elles soient intensités affectives et émotionnelles ou expériences corporelles, sensorielles, sensuelles des individus et des sociétés. Ce que ce livre explore, c'est ce jeu complexe entre d'une part la transmission et la mise en valeur des héritages culturels, et d'autre part l'incontournable présence sensible qui se met en jeu dans la chair du monde, au sein de l'effectivité des pratiques, discours et représentations qui s'y tiennent et, par le fait même, la réactualisent continuellement.

    Les contributions rassemblées dans cet ouvrage collectif, qui voyagent entre différentes aires géographiques et culturelles et différentes époques historiques, empruntent donc les chemins multiples du sensible pour offrir un regard neuf et dynamique sur le phénomène du patrimoine. Cet objet de recherche qui apparaît trop souvent comme statique, muséifié, voire passéiste, s'engage ici continuellement sur des recalibrages et des reconfigurations au présent par son inévitable travail sur les sensibilités émotionnelles, affectives et corporelles. Car le patrimoine n'est jamais, comme il voudrait bien souvent se présenter, qu'une préservation nostalgique d'un temps, d'un espace ou d'une culture devant les hordes envahissantes de l'uniformisation culturelle, il est un sens du monde qui performe la culture, refait les catégories, donne de nouveaux espaces, et de nouveaux temps.

  • Le musée a cette faculté de rendre visibles des éléments de culte et de culture qu'il remet symboliquement en circulation en les insérant dans un récit habituellement nouveau. C'est d'ailleurs le propre du musée que de convoquer au regard des autres des objets souvent oubliés, que l'institution ramène en mémoire publique par leur mise en espace, laquelle se trouve, à son tour, structurée par un récit. Or, c'est effectivement ce rôle qu'a joué l'exposition Mémoires pendant plus de quinze ans au Musée de la civilisation, en traitant de l'identité culturelle des Québécois.

    Muséologues et des chercheurs de diverses disciplines ont été conviés à réfléchir au rôle de Mémoires que l'on peut qualifier d'exposition de référence. Les 19 textes réunis dans ce collectif sont issus de leur travail commun et dépassent largement l'exposition Mémoires. Il y est notamment question d'une période-charnière de l'histoire de la muséologie québécoise et cana­dien­ne. En ce sens, ce recueil propose une réflexion critique sur les différentes fonctions des expositions permanentes, sur le rôle social des musées et sur les responsabilités des musées à l'égard de la mémoire collective.

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