Septentrion

  • De tout temps, le crime et le despotisme ont menacé la sécurité et la liberté. Partout et toujours, des hommes ont dû affronter des criminels et des despotes dans une défense quelquefois désespérée de leur sécurité et de leur liberté. Comment des êtres peuvent-ils vivre ensemble sans que la liberté de l'un empiète sur celle de l'autre et sans que le conflit entre ces deux libertés les emporte dans une escalade fatale ? Comment la sécurité est-elle assurée contre les menaces que font peser sur elle les criminels ? Comment la liberté est-elle défendue contre les despotes, les dictateurs et autres oppresseurs ? Comment les professionnels de la sécurité nous protègent-ils contre les menaces que font peser les délinquants et les criminels ? Comment concilier la sécurité et la liberté ? L'auteur répond à ces questions dans une succession d'analyses empiriques sur la dynamique des rapports sécurité-liberté-criminalité.

    Maurice Cusson est criminologue, écrivain et professeur émérite. Il a écrit entre autres La Criminologie, L'Art de la sécurité et L'Art de l'enquête criminelle (avec Guillaume Louis). Il fut directeur de l'ouvrage collectif Nouveau Traité de sécurité. Il a reçu le prix du Gouverneur général du Canada pour son livre Le Contrôle social du crime. Il est membre de la Société royale du Canada.

  • Avant les années 1930, l'Allemagne, et en particulier sa capitale, Berlin, était l'un des endroits les plus tolérants envers les homosexuels. Des militants comme Thomas Mann et Albert Einstein ont ouvertement milité pour les droits des gais. Mais tout cela change quand le Parti nazi arrive au pouvoir. La vie des homosexuels devient alors rapidement un enfer : raids, arrestations, emprisonnement et expulsions deviennent monnaie courante. Lorsque les camps de concentration sont construits, les homosexuels sont emprisonnés en même temps que les autres groupes que les nazis veulent supprimer. Le triangle rose, cousu sur les uniformes des camps, devient ainsi le symbole de la persécution des homosexuels, une persécution qui continuera pendant de nombreuses années après la guerre.
    Ken Setterington relate ces événements à travers un mélange de recher­ches historiques, de témoignages et de récits individuels, avec l'espoir que ces histoires de bravoure devant la cruauté et d'amitiés trouvées dans les profondeurs du désespoir sauront à la fois éduquer et inspirer les futures générations.

    Ken Setterington est conteur, auteur, critique de livres pour enfants et biblio­thécaire. Il a été membre de nombreux comités d'attribution de prix littéraires.

  • Le bison est l'un des animaux mythiques de la faune nord-américaine. Plus gros des animaux des grandes plaines, il a failli disparaître sous la pression de la chasse. Malgré un vaste territoire, sa population reste encore surveillée.
    S'appuyant sur une riche iconographie, cet ouvrage guide le lecteur sur les traces de ce grand mammifère, si impressionnant et pourtant inoffensif. Les descriptions anatomiques et comportementales de l'animal donneront satisfaction aussi bien aux naturalistes exigeants qu'aux néophytes amoureux de la nature sauvage.
    Jean-Pierre Sylvestre est reporter-photographe animalier et journaliste scientifique spécialisé dans les sciences naturelles. Il a travaillé au Muséum national d'histoire naturelle de Paris puis a étudié le comportement des mammifères marins au Japon. Il voyage à travers le monde depuis 35 ans. Installé au Québec depuis 1993, il a fondé la société Orca, dont l'objectif est de faire connaître et de promouvoir la biologie, principalement celle des animaux marins. Il est l'auteur de nombreux articles dans des revues spécialisées et de plusieurs ouvrages sur la faune sauvage.

  • «Les armes et les corps s'entrechoquent à nouveau. Les cris fusent. Qui est ami, qui est ennemi dans ce salmigondis déchaîné ? Craignant de tuer ses alliés, Radisson s'accroupit contre un bout de palissade, son couteau à tête d'aigle brandi devant lui pour conjurer le mauvais sort.»

    En 1659, la Nouvelle-France est en crise. Le commerce des fourrures s'est effondré et les Iroquois menacent comme jamais la jeune colonie et leurs alliés des Premières Nations. En s'associant à son expérimenté beau-frère Des Groseilliers, Radisson veut se rendre dans les Grands Lacs pour pratiquer la traite des fourrures. Mais ce projet audacieux, dans des temps aussi incertains, comporte de nombreux risques. Saura-t-il relever cet exaltant défi ?

    Spécialiste de la Nouvelle-France, Martin Fournier a enseigné l'histoire à l'UQAR. Il a publié plusieurs ouvrages au Septentrion, dont la biographie de Pierre-Esprit Radisson et les deux premiers tomes des Aventures de Radisson. Le tome 1 a d'ailleurs remporté le Prix du Gouverneur général du Canada en 2011. Il coordonne depuis 2007 la réalisation de l'Encyclopédie du ­patrimoine culturel de l'Amérique française, un important ouvrage multimédia diffusé sur Internet.

  • Le gouvernement Lévesque est l'un des gouvernements les plus marquants de l'histoire contemporaine du Québec. Son premier mandat est très souvent comparé à celui de Jean Lesage et à la Révolution tranquille. Dans ce premier tome, on assiste à l'émergence d'une vedette politique, René Lévesque, alors qu'il occupait les fonctions de ministre des Richesses naturelles dans cette équipe du tonnerre. Bien que turbulent, transgressant très souvent la solidarité ministérielle, il parvient, en une année, à mener à bien son projet d'étatisation des 11 grandes compagnies privées d'électricité. Si René Lévesque était déjà connu des Québécois grâce à sa présence au petit écran, l'homme prend dès lors une stature imposante en devenant le père de la nationalisation.
    L'évolution de sa pensée sur l'avenir du Québec, qui débouche sur le concept de la souveraineté-association, l'amène à quitter le Parti libéral du Québec et à fonder le Mouvement souveraineté-association, puis le Parti québécois, ralliant au passage et sous une même bannière les nationalistes et les indépendantistes issus de différentes mouvances idéologiques. À la tête du premier véritable parti de masse de l'histoire du Québec, René Lévesque doit composer avec une culture de démocratie et de délibérations et jouer sur les rivalités, les alliances et les neutralités de cette vaste coalition. Soutenu par la formidable machine électorale péquiste, il va remporter, dans une ambiance euphorique, les élections générales du 15 novembre 1976.

    Historien et politologue de formation, Jean-Charles Panneton a travaillé quelques années en journalisme et a enseigné au collège Ahuntsic avant de poursuivre sa carrière en affaires publiques. Il s'intéresse à l'histoire politique des idées, principalement aux acteurs de la mouvance progressiste québécoise depuis la Deuxième Guerre mondiale jusqu'à nos jours. Il est l'auteur des essais Pierre Laporte au Septentrion et Georges-Émile Lapalme: précurseur de la Révolution tranquille chez VLB. Il a collaboré aux ouvrages Duplessis. Son milieu, son époque au Septentrion et Le Devoir, un siècle québécois aux Éditions de l'Homme.

  • Entre 1760 et 1867, malgré de grands bouleversements dans le pays, des femmes et des hommes déploient des efforts importants pour mieux connaître les plantes du Canada et leurs usages. Après l'ère des explorations et des découvertes, c'est la science qui prend tranquillement la place. Un botaniste allemand, qui a eu en mains des plantes récoltées lors de la fameuse expédition de Lewis et Clark, veut rédiger une flore canadienne. Une mère de 10 enfants trouve le temps d'herboriser et d'enrichir des collections de spécimens canadiens. Le plus grand peintre naturaliste de son époque, James Audubon, étudie les oiseaux et les végétaux dans la région de Natashquan. Trois prêtres canadiens-français deviennent célèbres: le premier pour son ouvrage sur la flore canadienne, le deuxième pour sa carrière de professeur de botanique à la toute nouvelle Université Laval et le troisième pour son remède populaire gratuit à base de plantes.
    Ce troisième tome présente 29 histoires personnalisées selon l'approche des ouvrages précédents en mettant en scène des personnages fascinants qui nous guident dans la découverte de plantes aux usages multiples et étonnants.
    Alain Asselin est professeur à la retraite du Département de phytologie de la Faculté des sciences de l'agriculture et de l'alimentation de l'Université Laval. Il a publié de nombreux articles scientifiques dans divers domaines liés aux sciences des plantes.
    Jacques Cayouette est botaniste et chercheur à Agriculture et Agroalimentaire Canada à Ottawa depuis 1984. Il a participé à la troisième édition de la Flore laurentienne et aux projets Flora of North America et Flore nordique du Québec et du Labrador. Il a publié À la découverte du Nord. Deux siècles et demi d'exploration de la flore nordique du Québec et du Labrador (MultiMondes, 2014).
    Jacques Mathieu est professeur émérite de l'Université Laval. Ses domaines d'expertise sont l'histoire de la Nouvelle-France et les études multidisciplinaires. Il a publié une vingtaine de volumes. En 2014, il a reçu le prix du Québec Gérard-Morisset pour sa contribution à la connaissance du patrimoine culturel.

  • «Louis Hébert, quelle belle histoire que la vôtre! Auriez-vous pu imaginer qu'en 1917, trois cents ans après votre installation à Québec, l'on vous aurait érigé un superbe monument en plein coeur d'une capitale nationale?»
    C'est en posant des questions directement à Louis Hébert que Jacques Mathieu troque son chapeau d'historien pour le bloc-notes du journaliste. Et Louis Hébert se prête avec plaisir, et parfois malice, à cet entretien virtuel. Car il a tout vu, tout analysé, et peut autant corriger les erreurs factuelles que redonner leur place à ceux qui l'ont accompagné durant sa vie.
    Louis Hébert et Marie Rollet ont marqué la mémoire québécoise à titre de première famille de souche française à s'établir en Nouvelle-France et Louis Hébert fut le premier agriculteur; mais ils étaient bien plus que cela. Apothicaire et innovateur scientifique, Louis Hébert a fait parvenir en France des plantes jusque-là inconnues qui, en moins de 40 ans, se sont retrouvées dans toute l'Europe. Marie Rollet a pris soin de jeunes Amérindiennes et leur a partagé une nouvelle forme d'éducation. Ils se sont montrés ensemble ennemis de l'intolérance, de la discorde et des dissensions; une oeuvre digne de notre mémoire.

    Jacques Mathieu est professeur émérite de l'Université Laval. Son domaine d'expertise est l'histoire de la Nouvelle-France et les études multidisciplinaires. Il a publié une vingtaine de volumes. En 2014, il a reçu le prix Gérard-Morisset pour sa contribution à la connaissance du patrimoine culturel.
    Alain Asselin est professeur à la retraite du Département de Phytologie de la Faculté des sciences de l'agriculture et de l'alimentation de l'Université Laval. Il a publié de nombreux articles scientifiques dans divers domaines des sciences des plantes.

  • Le Mile End constitue un espace unique à Montréal. Haut lieu de la «branchitude» planétaire, incubateur de nouvelles tendances culturelles et de la scène alternative, c'est entre autres le quartier des bagels et des anciennes manufactures de vêtements converties en ateliers d'artistes. Pourtant, pendant plus d'un siècle, le Mile End était surtout un lieu de passage, une zone tampon coincée entre l'Est canadien-français et l'Ouest anglo-protestant et traversée par la «Main» et l'avenue du Parc. Anciennement associé à la pauvreté, c'était aussi un espace de métissage social et culturel où l'empreinte de plusieurs générations d'immigrants est toujours visible. Plonger dans l'histoire de ce quartier permet de découvrir la clef de sa diversité et de son dynamisme. De l'époque des artisans canadiens-français travaillant dans ses carrières à celle des créateurs contemporains, en passant par le quartier juif de Mordecai Richler ou celui des Irlandais de l'église St. Michael, l'identité du Mile End ne cesse de se renouveler.

    Après des études en histoire à l'Université du Québec à Montréal (UQAM), Yves Desjardins a été journaliste à Radio-Canada pendant 34 ans. Il est membre de Mémoire du Mile End, la société d'histoire locale de ce quartier où il réside depuis 1973 et où sa famille a des racines qui remontent à 1909.

  • Le 1er janvier 1870, l'éditeur Georges-Édouard Desbarats lance L'Opinion publique, un hebdomadaire qui constitue le pendant français de son Canadian Illustrated News, déjà sur le marché depuis deux mois. Ce journal connaît une existence éphémère: avant-gardiste sur le plan technique et comme média d'information, il éprouve néanmoins des difficultés financières qui le mènent à sa fermeture dès 1883. L'Opinion publique a toutefois laissé aux Montréalais un riche héritage iconographique.
    Dans les pages abondamment illustrées de ce magazine, les habitants de Montréal s'adonnent à diverses activités. Ils festoient, jouent, mangent, voyagent et déménagent; ils fréquentent les parcs, les marchés et les grandes rues commerciales; ils assistent aux fêtes, aux compétitions sportives, à la débâcle et aux inondations; ils vont aux noces, au bal, aux concerts, aux expositions, aux funérailles, à la guerre et même en prison! Quoiqu'ils soient peu représentés, on y trouve aussi des travailleurs. Ils sont au marché, au canal de Lachine, occupés à couper de la glace ou à déneiger les rues.
    Le lecteur reconnaîtra facilement les caricatures dans cet ensemble d'illustrations que nous nous plaisons à croire «réalistes». On y voit surtout du «beau monde», urbain et endimanché. N'était-ce pas le début de la «Belle Époque»?

    Titulaire d'une maîtrise en histoire de l'Université Laval, Gaston Deschênes a fait carrière à l'Assemblée nationale. Il a publié de nombreux ouvrages, dont L'Année des Anglais, Les Voyageurs d'autrefois sur la Côte-du-Sud, Une capitale éphémère, Le Parlement de Québec, histoire, anecdotes et légendes, L'Hôtel du parlement, mémoire du Québec et L'Affaire Michaud.

  • Sis sur les rives des Grands Lacs et du Mississippi, le Pays d'en Haut est né au XVIIe siècle de la circulation et de l'implantation, parmi plusieurs dizaines de milliers d'Amérindiens, de quelques centaines de coureurs de bois, militaires et missionnaires français. On ne peut pas comprendre l'histoire de la Nouvelle-France sans tenir compte de cette rencontre, source de multiples formes d'échange, de métissage et d'interdépendance. L'ouvrage, dont l'approche repose à la fois sur l'histoire, l'anthropologie et la géographie, examine simultanément l'influence de l'empire français au coeur du pays indien et l'adaptation des colons aux sociétés autochtones. Il renouvelle ainsi notre compréhension de la construction des empires coloniaux, envisagée ici sous l'angle des relations interculturelles. Cette seconde édition d'Empire et métissages (prix Jean-Charles-Falardeau 2004) propose une version légèrement remaniée et est agrémentée d'une préface inédite.

    Gilles Havard, directeur de recherche au Centre national de la recherche scientifique (CNRS), est spécialiste de l'histoire des relations entre Européens et Amérindiens en Amérique du Nord (XVIe-XIXe siècle). Il est notamment l'auteur d'Histoire des coureurs de bois. Amérique du Nord, 1600-1840 (Indes savantes, 2016) et le coauteur d'Histoire de l'Amérique française (Flammarion, 4e édition, 2014).

  • René Morin livre le témoignage d'un plaideur qui fut aux premières loges du développement du droit des Autochtones en pleine ébullition après le rapatriement de la constitution, en 1982. Il décrit la lente construction de ce point de rencontre entre le droit et l'histoire à travers 12 causes emblématiques entendues par la Cour suprême du Canada. L'auteur fait un retour sur des évènements histo­riques et contemporains et explique certaines facettes de la preuve dans le contexte particulier des dossiers autochtones.
    Dans un style simple, imagé, teinté d'humour et parfois percutant, René Morin sensibilise les lecteurs à la cause autochtone.

    Après des études en droit et en sciences politiques, René Morin a commencé sa carrière au ministère des Affaires intergouvernementales de 1973 à 1981. Il fut ensuite avocat au ministère de la Justice du Québec en droit des Autochtones de 1981 à 2007, ce qui l'a conduit à plaider à de nombreuses reprises à la Cour suprême du Canada. Il a terminé sa carrière comme avocat-conseil au sein du cabinet McCarthy Tétrault de 2008 à 2016. Il a aussi été chargé de cours à l'Université Laval, conférencier au Québec, au Canada et à l'étranger et auteur de plusieurs articles en droit autochtone.

  • Existerait-il chez les classes sociales dominantes un sentiment d'appartenance qui permettrait aux puissants de passer par-dessus leurs différences ethniques, religieuses et linguistiques pour défendre des intérêts communs? Et si la ségrégation très nette entre les élites anglophones et francophones au Québec et au Canada ainsi qu'entre élites flamandes et wallonnes en Belgique était beaucoup moins tranchée que ce que l'on a longtemps affirmé? En explorant le processus de formation des élites dans ces deux États et le rôle de celles-ci dans l'adaptation des structures institutionnelles à la réalité de sociétés mixtes, ce collectif propose un éclairage nouveau sur la manière dont ces différentes élites ont appréhendé le biculturalisme.

    Avec la contribution d'Alexandre Dumas, Guillaume Durou, Dave Guénette, Catherine Hinault, Valérie Lapointe-Gagnon, Jocelyn Létourneau, Matteo Sanfilippo, Jean-Philippe Warren, Els Witte et Brian Young.

    Alex Tremblay Lamarche est doctorant en histoire à l'Université libre de Bruxelles et à l'Université Laval. Ses recherches portent sur les relations entre anglophones et francophones au Québec et sur l'histoire des élites. Il est activement engagé dans la diffusion de l'histoire au sein de la revue Cap-aux-Diamants et à l'émission de radio universitaire 3600 secondes d'histoire.

    Serge Jaumain est professeur d'histoire contemporaine à l'Université libre de Bruxelles où il codirige AmericaS, le Centre interdisciplinaire d'études des Amériques. Ancien président de l'Association internationale d'études québécoises et lauréat du Prix international du Gouverneur général du Canada, ses recherches portent notamment sur l'immigration belge au Canada et sur l'histoire du tourisme.

  • Revue littoral v.12

    Collectif

    Ce numéro fait une large place à l'écriture innue. Que l'on pense aux premiers textes autochtones publiés en Europe au xviie siècle, ce dont Pierre Rouxel nous entretient dans son article sur les prières en montagnais, aux rituels quasi chamaniques décrits par Arthur Lamothe dans son texte « Scapulomancie » ou encore aux troublants souvenirs de Jules Bacon qui évoque son arrivée au pensionnat de Malioténam.
    Des voix actuelles s'élèvent pour dire, nommer ou proclamer la culture innue, ce qui est au centre des articles sur Natasha Kanapé-Fontaine, signé par Myriam St-Gelais, ou sur Manon Nolin, lue par Nathalène Armand. Bien que les voix de femmes innues semblent s'imposer, on pourra par ailleurs lire dans la section « Inédits » les mots de Marco Boudreault, dont les origines autochtones inspirent une prise de parole originale et une quête d'identité affirmée.
    La Côte-Nord ouvrière n'est pas en reste. L'univers minier d'une ville qui rappelle Gagnon est au centre du compte rendu de la pièce Fire Lake, ville minière, 1986 par Julie Gagné. De son côté, Erika Soucy, qui s'est inspirée de la vie de chantier des hommes de sa famille pour son recueil et son roman, fait l'objet d'un compte rendu critique dans la section « Dossiers ».
    Emmanuelle Roy livre une nouvelle inédite où exil, famille, chasse, souvenirs et Côte-Nord s'entremêlent pour nous rappeler la subsistance des racines, même si elles ont pris dans une terre bien peu fertile.
    En outre, le fidèle Jean Désy, qui fait la une de ce numéro, présente, dans un touchant récit aux allures de journal, une partie de son quotidien de médecin du Nord.
    Enfin, les amateurs du poète de la Minganie Roland Jomphe, dont on souligne les cent ans de sa naissance, pourront lire dans la section « inédits » certains de ses textes jamais publiés, alors que ceux qui veulent en apprendre plus sur lui découvriront les étapes et les détails de sa venue à l'écriture dans un texte signé par notre précieux collaborateur Guy Côté.

  • Édité et annoté par Mourad Djebabla-Brun
    De Québec aux rives du Rhin, en ­Allemagne, Joseph Alphonse ­Couture, jeune enrôlé volontaire du 22e ­Bataillon, dresse un portrait complet, calepin et crayon à la main, de ce qu'a été l'expérience d'un soldat canadien de la Première Guerre mondiale. Dans ses journaux, il raconte avec beaucoup de détails son recrutement et sa formation au Canada, sa traversée de l'Atlantique, les années de souffrance au front et dans les tranchées, puis la joie de la fin de la guerre et la hâte du retour au Canada et à la vie civile.
    «Nous sommes tous à bord depuis quelques instants et nous devons partir à 5 heures pm. Beaucoup de monde sur le quai pour nous dire un bon voyage []. Que de pleurs, de scènes déchirantes à voir»
    L'exceptionnelle richesse de ce témoignage en fait un ouvrage de référence pour les lecteurs voulant découvrir la guerre de 1914-1918 par le vécu et les émotions d'un jeune combattant du Québec.

    Mourad Djebabla-Brun est historien et professeur au Collège militaire royal de Saint-Jean. Il se spécialise dans l'étude de la mobilisation de la population civile canadienne pour l'effort de guerre du Canada durant la Première Guerre mondiale. En plus d'articles parus dans des revues canadiennes et européennes de recherche en histoire, il a publié les livres Se souvenir de la Grande Guerre. La mémoire plurielle de 14-18 au Québec (VLB, 2004) et Combattre avec les vivres. L'effort de guerre alimentaire canadien en 1914-1918 (Septentrion, 2015).

  • Raymonde Beaudoin a vécu une année dans un camp de bûcherons avec ses parents. Sa mère, Colette St-Georges, a toujours été fière de parler de son travail comme cook. C'est la tête haute qu'elle affirmait avoir cuisiné quotidiennement une tarte par homme, en plus des galettes et des gâteaux. Celles et ceux qui relevaient le défi de nourrir tous les jours une cinquantaine d'hommes héritaient d'une lourde tâche: les garder en bonne santé et leur offrir une cuisine roborative et goûteuse.

    Les recettes manuscrites de sa grand-mère et de sa mère, ramassées d'un camp à l'autre, d'une génération à l'autre et d'une famille à l'autre, s'avèrent révélatrices d'une véritable tradition culinaire. Ces recettes du terroir québécois sont faciles à réaliser et demandent peu d'ingrédients. Agrémenté de commentaires, d'anecdotes et de photos d'archives inédites, cet ouvrage est plus qu'un livre de cuisine. L'auteure y offre une incursion culinaire dans le temps et y invite le lecteur à s'attabler avec les bûcherons pour partager leur repas.

    Originaire de Sainte-Émélie-de-l'Énergie, Raymonde Beaudoin est passionnée par la musique et le théâtre. En 1983, elle a créé avec ses parents un spectacle sur la vie dans les chantiers. Après une carrière comme enseignante dans les écoles secondaires, elle a publié La Vie dans les camps de bûcherons au temps de la pitoune publié au Septentrion en 2016, qui s'est mérité le Prix patrimoine des Grands Prix Desjardins de la culture de Lanaudière.

  • Combien de Québécois ont décou­vert, grâce à l'écrivain Henri Vernes, le plaisir de lire en dévorant les aventures de Bob Morane? Cela, ils le doivent en partie à Dimitri Kasan, diffuseur des ­Éditions Marabout au Québec de 1951 à 1973. Il a persuadé le hockeyeur Jean ­Béliveau de devenir porte-parole de ­Marabout et a convaincu Henri Vernes de visiter les chantiers hydro­électriques en construction pour y camper l'intrigue de Terreur à la ­Manicouagan. À la fois ­pédagogue et stratège en marketing, il a révolutionné le marché du livre de poche par ses démarches innovantes.
    Ce livre fait un tour d'horizon des publications-phares des Éditions Marabout dans les années 1950-1960 et permet ainsi de comprendre pourquoi Bob Morane et les autres livres à succès du célèbre éditeur belge ont autant conquis le coeur des Québécois.

    Jacques Hellemans est bibliothécaire à l'Université libre de Bruxelles et spécialiste de l'histoire du livre et de l'édition. Il est actif dans le domaine de la coopération bibliothéconomique internationale et a effectué de nombreuses missions en Afrique. Il est également collaborateur scientifique au Centre d'études nord-américaines et au Centre de l'édition et de l'imprimé contemporains.

  • Cet ouvrage livre un témoignage unique sur lantisémitisme québécois des années 1930. La matière quon y trouve est non seulement très complète et équilibrée, mais elle est en plus livrée par un Juif pour un auditoire communautaire et dans une langue imperméable aux regards des goyim. Louvrage de Medresh livre sous ce rapport plusieurs éléments inédits et offre, en quelques dizaines de pages, une synthèse originale de limpact des mouvements anti-juifs sur la communauté juive montréalaise. Plus encore, Medresh nous explique dans son ouvrage de 1964 lesquels, parmi les courants hostiles aux Juifs avaient été considérés au cours des années 1930 comme les plus menaçants et de quelle source ils tiraient leur inspiration.

  • À un Québec qui change, Jocelyn Létourneau propose ici un récit d'histoire au scénario changé. Qui pense la condition québécoise en la sortant de sa mémoire tragique et de sa culture de la séparation. Qui met l'accent sur les adaptations et actualisations d'une société plutôt que sur ses détournements et empêchements. Qui voit les oscil­la­tions québécoises non pas à l'origine d'une succession d'inhibitions nationales, mais comme un mode d'évolution par lequel une collectivité n'a cessé de passer à l'avenir.

    On lira cet ouvrage comme une tentative de cadrer le parcours historique du Québec en dehors des mythistoires et du schéma narratif qui accueillent et charpentent habituellement son déroulement. On le considérera aussi comme un essai visant à poser les bases d'une nouvelle référence historiale, si ce n'est mémorielle, pour les Québécois d'aujourd'hui, vecteurs de leur revitalisation identitaire en cours.


    Et si cet ouvrage constituait le point de départ d'une histoire décomplexée, voire décolonisée, de l'expérience québécoise dans le temps? Histoire non pas fondée sur l'axiome mélancolique d'une nation empêchée d'être et inaccomplie, en état continuel de survivance et de résistance, mais sur l'évidence d'une collectivité assurée et confiante, en état d'édification et d'élévation depuis longtemps?

    Jocelyn Létourneau est chercheur au CÉLAT et professeur à ­l'Université Laval. Pour sa contribution aux sciences humaines, il a reçu en 2018 le prix André-Laurendeau de l'ACFAS. En 2019-2020, à l'Université Yale, il a occupé la Chaire Fulbright du Canada sur l'étude des territorialités nationales et inter­nationales. Il y a aussi occupé le poste de Visiting Bicentennial Professor of Canadian Studies.

  • Saviez-vous que Gustave Eiffel avait soumis un projet pour la construction d'un pont à Québec? Que Von Ribbentrop, qui deviendra plus tard ministre des Affaires étrangères du IIIe Reich, a travaillé comme manoeuvre sur le pont en 1912? Que des wagons de l'Eurotunnel y sont passés de justesse? Est-il vrai que le jonc des ingénieurs du Québec est fabriqué avec l'acier provenant des débris de la première chute du pont?
    Michel L'Hébreux s'intéresse au pont de Québec depuis plus de 50 ans. Il a recueilli plus d'une centaine de faits inusités en lien avec cette emblématique merveille d'ingénierie qui possède une histoire riche en curiosités et en anecdotes. C'est aussi l'occasion de présenter des personnages qui ont été des témoins privilégiés ou même des acteurs de premier plan de cette histoire.

    Directeur d'école à la retraite, Michel L'Hébreux s'intéresse au pont de Québec depuis son enfance. En plus d'écrire l'histoire fascinante de ce pont exceptionnel, il a donné plus de 2 000 conférences sur le sujet. Il a reçu plusieurs prix et distinctions et son travail a été reconnu à l'échelle nationale pour sa contribution à l'histoire du génie civil au Canada.

  • Le 20 janvier, comme tous les quatre ans, le président nouvel­lement élu des États-Unis d'Amérique prendra (ou reprendra) les rênes du pouvoir. Or la conquête de la Maison-Blanche est une saga qui s'étire sur de longs mois, qui absorbe des sommes astronomiques et qui remue les eaux saumâtres du passé des candidats et de leur famille. Elle est désormais suivie, un peu à la manière des Hunger Games, comme une série télévisée où seul le candidat le plus rusé, le plus connecté, le plus nanti ou le plus agressif survivra.

    2020 est une année exceptionnelle à plus d'un titre. À la tête de la Maison-Blanche, un homme prêt à tout pour conserver son siège dans le bureau ovale, qui est parvenu à lui seul à redéfinir la manière dont on pense la présidence, la façon dont les États-Unis se positionnent dans le monde, et les termes du débat politique dans le pays. Face à lui, une société frappée par des événements bouleversants, qui doit se repenser sur fond de polarisation extrême. Et la démocratie américaine, qui fait face, comme elle semble le faire une fois par siècle, à des défis sans précédent.

    Élisabeth Vallet est professeure au Collège militaire royal de Saint-Jean et directrice de l'Observatoire de géopolitique de la Chaire Raoul-Dandurand. Elle est aussi associée au Département de géographie de l'UQAM et au groupe d'études des frontières de l'Université de Victoria. Elle est chroniqueuse au Devoir et à Radio-Canada et a reçu le Richard Morrill Public Outreach Award 2017 de l'Association des géographes américains.

  • L'alimentation en Nouvelle-France varie au gré des couches sociales, des saisons, du climat et des prescriptions religieuses et change avec l'amélioration des techniques agricoles. Prêts à emprunter aux Autochtones des ingrédients qui assurent leur survie, les colons français s'empresseront, aussitôt leur modèle culturel alimentaire bien implanté, de rejeter ces aliments. Plus tard, au contact des Britanniques et des loyalistes, les «Canadiens» connaîtront de nouveaux goûts et adopteront de nouveaux produits. Bref, l'alimentation coloniale évolue, de sorte qu'on assiste à la naissance non pas d'une alimentation traditionnelle, mais de traditions alimentaires.

    En complément de cette histoire, Yvon Desloges vous invite à plusieurs tables où vous pourrez découvrir et déguster des plats quotidiens ou extraordinaires: à la table du paysan, dans le sillage du missionnaire et du voyageur, chez les religieuses, chez le cuisinier du gouverneur français, chez le marchand, chez l'aubergiste, chez le cabaretier et chez l'administrateur britannique.

    Yvon Desloges est historien retraité de Parcs Canada. Diplômé de l'Université Laval, il a travaillé à l'histoire du canal de Lachine pendant plusieurs années et a coécrit, avec Alain Gelly, le livre Le Canal de Lachine: du tumulte des flots à l'essor industriel et urbain (Septentrion, 2002). Historien polyvalent, il compte plusieurs publications sur l'histoire de l'alimentation, sur les fortifications et sur la ville de Québec.

  • Ces quelque 25 nouvelles biographies montrent une variété d'itinéraires et de destins individuels. Elles touchent un éventail de personnes différentes par leur provenance, leur devenir et leurs fonctions.
    Dans ce second tome, les Bourdages, Robichaud et Thériault sont de beaux exemples de la pugnacité des Acadiens durement frappés par la guerre. Pour certains habitants, tels Louis Liénard de Beaujeu, Gabriel Cerré ou Pierre-Louis de Lorimier, l'avenir se trouve dans l'Ouest et ses territoires sans frontière.
    Les femmes ne sont pas en reste, qu'elles soient mère supérieure, bibliophile ou captive bien intégrée chez les Amérindiens. Finalement, l'étonnant et rare témoignage du chef huron Petit Étienne apporte un éclairage neuf sur le rôle des Amérindiens à la fin du conflit en Amérique.
    /> Militaire, noble, seigneur, prêtre, religieuse, chacun et chacune a vécu différemment ces années avant, pendant et après la Conquête et offre, à sa manière, une émouvante leçon de résistance et d'adaptation.
    Denis Vaugeois a Denis Vaugeois est historien. Il partage son temps entre l'édition et la recherche. Il est l'auteur de plusieurs ouvrages dont La Mesure d'un continent et Les Premiers Juifs d'Amérique.
    Né à Saint-Jean-Port-Joli, Gaston Deschênes est titulaire d'une maîtrise en histoire de l'Université Laval. Il a publié de nombreux ouvrages dont Le Parlement de Québec et L'Année des Anglais.
    Avec la collaboration de René Bacon, Stéphanie Béreau, Robert Derome, Geneviève Désy, Robert Englebert, Marcel Fournier, Martin Fournier, Joseph Gagné, Caroline Galland, Fernand Grenier, Sophie Imbeault, Robert Larin, Rénald Lessard, Jacques Mathieu, Mario Mimeault, Jean-Pierre Raymond, Armand G. Robichaud, Julie Roy, Marjolaine Saint-Pierre, ­Jean-Daniel Thériault et Alex Tremblay.

  • Luxure et ivrognerie

    Six Associes

    Le temps d'une promenade, retournez en 1870 pour découvrir la faune agitée qui animait les nuits de Québec. Arpentez les sites oubliés des maisons closes et des tavernes et les hauts lieux des mondanités bourgeoises. Voyagez de la haute société au petit peuple des faubourgs et abreuvez-vous de détails croustillants sur les moeurs de l'époque. Une façon ludique de découvrir Québec entre adultes consentants!
    Facile d'utilisation et abondamment illustré, ce guide donne au lecteur des indications précises sur le parcours à suivre. Celui-ci peut s'effectuer d'un seul coup (environ 90 à 120 minutes, incluant marche et lecture) ou par sections, selon l'agenda du visiteur !
    Les Services historiques Six-Associés se consacrent depuis 2000 à la communication et à l'animation historiques : www.sixassocies.com

  • «Des dizaines d'Iroquois pénètrent dans le fort, tous sur le qui-vive. Ils se dispersent par groupes de dix ou quinze pour inspecter les lieux. Aucun ne trouve de Français, ni la moindre trace de leur passage. Les canots ont disparu, comme envolés. Les Français se sont en apparence volatilisés. Comment ont-ils fait? Par où sont-ils passés?»Grâce à son excellente connaissance de la culture iroquoise, Radisson est recruté par les jésuites pour les aider à mener à bien leur nouvelle mission d'évangélisation en Nouvelle-France. Mais rien ne se passe comme prévu. Radisson devra faire preuve d'astuce et de ruse pour déjouer le mauvais sort qui guette les Français vivant en territoire hostile.Dans cette deuxième aventure du célèbre coureur des bois, le lecteur retrouvera l'ardeur, la détermination et la débrouillardise du jeune héros, animé par la plume habile de Martin Fournier.Spécialiste de la Nouvelle-France, Martin Fournier a enseigné l'histoire à l'Université du Québec à Rimouski. Il coordonne depuis 2007 la réalisation de l'Encyclopédie du patrimoine culturel de l'Amérique française, un important ouvrage multimédia diffusé sur Internet. Il a publié plusieurs essais historiques aux éditions du Septentrion.

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