Seuil (réédition numérique FeniXX)

  • « L'homme ne peut choir hors de ce monde », disait à Freud l'un de ses amis. C'est pourtant ce que l'homme veut : sortir de ce monde ; entrer dans un autre ; dans l'Autre. Depuis qu'il est sorti du ventre de sa mère, il ne rêve que de cet au-delà vers où monte le ravi de Jérôme Bosch, sous la conduite de l'ange. Nos anges, aujourd'hui, ce sont les cosmonautes, dit Lacan. Nous les avons vus à la télévision crever notre plafond, traverser nos murs, mettre le pied sur la Lune et réaliser ainsi notre rêve. Mais quoi ? La Lune n'est qu'une planète. Certains sont revenus du voyage ; d'autres pas. Les cosmonautes qui ont vraiment franchi le seuil de l'Autre Monde n'en sont pas revenus. Je veux dire que, même ceux qui sont revenus, ne sont revenus que du Même. Cette effraction, ce fut d'abord et primordialement celle de la naissance : moment de rupture où jaillit le cri ; mais il se répétera en ces autres points de rupture que seront la jouissance et la mort où, dans le déchirement de l'espace imaginaire et de l'organisation symbolique comme système clos et leur enclenchement dans le réel, s'annonce la proximité de ce que Bataille appela le sacré ; mais là où Bataille parle de « sacré », Lacan, lui, s'en tient à l'impossible réel. « Les marques de présence » que l'enfant trouve en naissant, et qu'il reçoit comme une réponse à son cri, mettent fin à l'angoisse et instituent, par un malentendu, l'espace du langage et de l'échange, déportant le sujet à venir dans le symbolique. De ce fait, le sujet manque le réel et se trouve divisé entre jouissance et parole. Devra-t-il perdre le langage pour retrouver l'angoisse et le cri ? Est-ce à ce prix que se récupère le sujet ? Il y a peut-être une autre issue possible au tragique dilemme qui nous enferme et dont témoignent douloureusement les écrivains de notre temps. E. L.-L.

  • Ce livre se veut d'abord clinique - et part d'une série d'analyses de femmes enceintes. Où ce qui s'entend bientôt est : "Que veut une femme ?" - même si l'on s'expose à découvrir qu'elle veut disparaître comme femme. Un tel dit témoigne qu'il est bien vrai que la femme se trouve prise dans les paradigmes systèmes de représentation virils. Fait pathologique ou fait de structure ? En tout cas, cette fragilité expose la femme aux risques de la dépersonnalisation (par l'identification au père ou au frère), du délire mystique (du père à Dieu), et de l'hallucination (la voix). Contre cette partition - celle, aussi bien, de l'accouchement et de toute espèce de pertes -, la femme se réassure dans un narcissisme qui, pour elle, est réparateur : en s'affirmant être elle, même telle que sa mère a pu la concevoir. Bien entendu ce narcissime n'est pas non plus sans danger. L'issue est triple et se ramène toujours à l'acceptation de la loi de la castration : dans la sublimation de la pulsion scopique (la Beauté) ; dans la rencontre sexuelle avec l'homme ; et enfin dans l'enfantement.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • La cassure dont les Temps Modernes se sont prévalus sur le seul fond d'une exclusion des Ages Sombres doit être repensée. Résurgence du Moyen Age veut dire non pas retour au Moyen Age mais retour du Moyen Age comme on dit du refoulé, retour d'un savoir que sous nos yeux aveugles et à nos oreilles sourdes n'en continuait pas moins de nous regarder, sous la forme faussement familière des contes, des légendes, des pierres, des liturgies. Qu'à cette lettre désenfouie, nous ajoutions, à l'instar de Marie de France, notre glose, même abusée, n'est qu'un moyen de la rendre enfin à destination. A condition toutefois de ne pas nous dérober de ce qui, en elle, ne laisse pas d'inquiéter. Au jeu du Roi qui ne ment (mais jusqu'où sait-on tout ?), il suffit, pour que montent les enjeux, de ne rien avancer qui ne s'impose depuis notre modernité : mettre le passé au présent, sans plus s'attarder à la Présence du Passé, nous exposera bien mieux aux surprises et aux coups de l'inactuel ou de l'intempestif.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Recueil de photographies dont une partie extraite de l'album tenu par la mère de J. Lacan. Ni biographie, ni histoire de la psychanalyse, montre un Lacan non pas familial mais familier.

  • Recueil de textes, de conférences, d'articles, réédité et augmenté d'une conférence inédite, que l'auteur a écrit pour différentes publications d'orientation lacanienne, rédigés par lui-même ou établis à partir de leurs enregistrements, de conférences prononcées entre 1982 et 1985.

  • De sa place d'analyste, Anny Cordié a écouté les adultes qui s'occupent d'enfants et d'adolescents. Chacun détient un savoir qu'il voudrait transmettre. Chacun rencontre des difficultés. Sur quels obstacles et sur quelles limites butent-ils ?

  • L'OEdipe, comme on sait, n'a pas bonne presse ces derniers temps. Qu'est-ce pourtant qui permet à un sujet de s'arracher à la prison d'une relation duelle au désir de sa mère, sinon un signifiant tiers : le père symbolique (lequel n'a nulle raison de recevoir même figure partout et en toute culture) ? Et comment se pose, pour le sujet, l'articulation de tout désir à une loi d'interdit, sinon par la figure du père idéal, effet induit dans l'imaginaire par le père symbolique : tout à la fois pôle d'identification et représentation d'une différence figée ? Figure, le père idéal, dont M. Safouan remarque qu'il faut être aveugle à son rôle dans la constitution d'un sujet pour croire l'OEdipe artificiel et contournable. « Faute de dégager cette figure, tout discours sur l'OEdipe s'inscrirait dans les effets mêmes de l'OEdipe : et garderait par là un caractère idéologique. » Enfin, rien ne permettrait de réaccorder ce qui s'est ainsi trouvé opposé, entre désir et loi, en l'absence du père réel qui seul peut diriger le désir en dehors de la famille.
    Cette réflexion sur l'OEdipe, dont tout l'axe porte comme on voit sur le père, et qui permet d'avancer que l'OEdipe c'est la castration, n'est pas effectuée ici sur un mode didactique mais à travers une série d'investigations sur la technique analytique elle-même : le rêve comme indication du rapport subjectif à l'ordre symbolique, la fin de l'analyse, l'art de l'interprétation.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

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