Seuil

  • Mémoires d'un névropathe
    1893 : D. P. Schreber, président de chambre à la cour d'appel de Dresde, alors âgé de près de cinquante ans, doit être placé dans un asile du royaume de Saxe.
    1900 : Schreber engage un procès en levée de son " interdiction " afin de pouvoir sortir librement de l'asile. C'est à cette occasion qu'il écrit les Mémoires d'un névropathe.
    1902 : Schreber gagne son procès en appel.
    1903 : publication des Mémoires.
    Voici donc traduit en français ce texte qui, depuis plus d'un siècle, fournit un document essentiel à tout travail sur la paranoïa, depuis Freud (1911) jusqu'à Lacan (1955) et à ses élèves.
    Traduit de l'allemand par Paul Duquenne et Nicole Sels

  • Le cas Dominique
    Voici une analyse d'adolescent présentée dans son cours entier, avec la transcription intégrale des propos tenus et des réactions de l'enfant, de ses parents et du psychanalyste. Voici, en même temps, un exemple spectaculaire de cure d'un très grand " inadapté " – au départ, une sorte de fantôme – qui, après douze séances, aura retrouvé ses repères dans la réalité et sera prêt à affronter désormais la vie familiale et ses problèmes.
    Françoise Dolto (1908-1988)
    Médecin, psychanalyste travaillant dans le sillage de Jacques Lacan, elle n'a cessé de défendre la " cause des enfants ". Elle est notamment l'auteur de Lorsque l'enfant paraît (Seuil, 1977, 1978, 1979) et de L'Image inconsciente du corps (Seuil, 1984).

  • Le réel ne peut se saisir : il se donne en se dérobant comme angoisse ou comme jouissance. L'ordre des choses (ce qu'on appelle : la réalité) s'établit en masquant le réel, que les différents discours s'emploient à contenir. Sauf celui de la psychanalyse. Car un sceau consacre le dérobement du réel : c'est l'objet de la pulsion tel que la psychanalyse l'a tôt reconnu et tel que J. Lacan l'a conceptualisé comme objet a. Pour démasquer le réel, le psychanalyste doit repérer cet objet - encore plus sûrement qu'il ne doit savoir manier la lettre. A partir de trois observations, et au long du texte d'un semestre d'enseignement à Vincennes, une question s'impose ainsi comme une suite à celle de Psychanalyser : "être psychanalyste" n'est-ce pas, en définitive, tenir compte du réel ?

  • L'ombilie et la voix se présente comme un livre d'images, un recueil de dessins d'enfants. Mais le lecteur qui s'attendrait à y retrouver la soi-disant transparence de l'enfance sera vite déçu et rebuté : quand le corps est déserté par la parole, il ne produit qu'une insignifiance dans laquelle se perd symptomatiquement le sujet. Ainsi en va-t-il de la bande dessinée apparemment incohérente, tracée à longueur d'années par les mains de deux enfants, Hector et Coralie, un peu à la manière de graffiti sur les murs d'une prison. Pour le psychanalyste, ces traces, scandées par la répétition et les différences qui s'y inscrivent, vont peu à peu constituer une écriture, qui s'offre à lire dans un effet de sens où le sujet vient se précipiter, y prenant la parole. En recevant d'Hector et de Coralie eux-mêmes la logique du mouvement qui conduit son interprétation, Denis Vasse découvre la fonction symbolique de la clôture ombilicale, qui conditionne le jeu de l'ouverture et de la fermeture de tous les "autres trous du corps". Et il repère, comme symétriquement, comment, par le jeu de la voix qui lui interdit de se noyer dans sa propre image, le sujet se trouve franchir "la sphère du substantiel" pour advenir dans "la sphère subtile du langage" et l'articulation à la loi. Les enfants finissent par nous parler parce que quelqu'un a écouté. C'est à l'écoute de cette parole qu'en définitive nous sommes ici conviés.

  • Bien que l'on se soit longtemps représenté l'enfant autiste comme un être muet se bouchant les oreilles, les cliniciens ont constaté que la voix constitue un objet pulsionnel auquel il porte une attention particulière : beaucoup d'autistes s'interrogent sur le mystère de la parole en plaçant la main sur la gorge de leur interlocuteur, certains cherchent à faire parler des objets à leur place, la plupart témoignent d'un intérêt marqué pour la musique et les chansons. S'ils tiennent leur voix en réserve, soit par le mutisme, soit par l'effacement de l'énonciation, c'est en raison de la crainte d'avoir le sentiment d'être vides s'ils la faisaient servir à l'appel. Cette non-cession de la jouissance vocale a pour conséquence des manières spécifiques de composer avec le langage, allant d'une langue de signes désaffectivée, mais propre à l'échange, à des langues privées servant peu à la communication. Quelques remarquables témoignages d'autistes de haut niveau permettent maintenant de mieux s'orienter dans la clinique classique de l'autisme telle qu'elle fut dégagée par Kanner. Leurs expériences attestent que les méthodes qui les aident le mieux sont celles qui ne sacrifient pas l'individualité et la liberté du sujet, mais savent prendre appui sur ses inventions et ses îlots de compétence.Jean-Claude Maleval est psychanalyste, membre de l'École de la Cause freudienne, membre de l'Association mondiale de psychanalyse et professeur de psychologie clinique à l'université Rennes-II. Il a notamment publié La Forclusion du Nom-du-père (Seuil, 2000), Logique du délire (Masson, 1996), Folies hystériques et psychoses dissociatives (Payot, 1981).

  • Freud fanfaronna longtemps : lui savait, disait-il, ce que veulent les femmes. Il y mit un nom : le Penisneid. Elles envient ce qui leur fait défaut : le sexe du mâle.
    Brusquement, en 1923, il ne sait plus. Et puis, deux ans plus tard, il avoue qu'il s'est trompé trente ans durant. A l'origine, il n'y a pas l'envie du pénis, il y a l'amour pour la mère.
    Ce grand tournant, on n'en avait pas, jusqu'à présent, mesuré l'ampleur. Freud lui-même en avait gommé le relief.
    Pour la première fois, un livre reconstitue l'extraordinaire débat du maître avec lui-même, et avec ses élèves. Une communauté de travail restée clandestine sort de l'ombre. Un autre Freud apparaît, éloigné de tout dogmatisme, engagé dans un dialogue passionnant avec les femmes psychanalystes, qui lui démontrent, cas à l'appui, l'homosexualité de la petite fille.
    Sur ce chemin, Marie-Christine Hamon rencontre Lacan...
    Marie-Christine Hamon est psychanalyste. Elle a réuni et présenté les textes de Féminité Mascarade (Seuil, 1994) où sont traduits les textes ici commentés, ainsi que Les Introuvables et Les " Comme Si " de Helene Deutsch (Seuil, 2000 et 2007).

  • Une société fait ses fous, définit leur statut de fous et crée, pour les prendre en charge, une institution qui ne peut que les transformer en objets. Contester cette objectivation ne peut se faire sans remettre en question les institutions psychiatriques telles que nous les voyons fonctionner, et la psychiatrie, et le psychiatre dans son statut de représentant du groupe qui le mande, et les sciences auxquelles la psychiatrie se réfère. La réalité de la folie n'en est pas niée pour autant ; ce qui est mis en cause, c'est son assimilation à une maladie. Tels sont les thèmes de cet ouvrage (paru au "Champ freudien" en 1970) où un équilibre se fait entre le concret des analyses de cas et l'étendue de l'information théorique.

  • Le symptôme, la parole : éléments complémentaires de ce discours que constitue une névrose ou une psychose. S'agissant d'une névrose ou d'une psychose infantile, ce discours est à la fois celui de l'enfant et de ses parents. Et l'analyste ne peut comprendre, résoudre, que pour autant qu'il repère la place qu'il va occuper à son tour (avec tout ce qui s'y investit de social) dans ce discours collectif. Ces thèmes sont développés à travers une série de discussions et de cas. Le travail dont il est rendu compte ici a été entrepris pour l'essentiel en équipe à l'externat médico-pédagogique de Thiais. « J'insiste sur ce qui dans le discours parental va permettre ou non à l'enfant d'accéder à une parole personnelle... Il y a à faire surgir au-delà d'un mur de langage, un lieu de vérité, vérité d'un savoir que l'enfant par son symptôme colmate chez ses parents. » (Maud Mannoni) Maud Mannoni (1923-1998) fut une élève de Lacan mais se référa aussi à l'antipsychiatrie. Elle se spécialisa dans les maladies mentales des enfants. Parmi ses nombreuses publications, Le Psychiatre, son « Fou » et la psychanalyse (1979) eut un grand retentissement.

  • « On tue un enfan t» : fantasme originel, inquiétant, évité, méconnu. La figure où se rassemblent les voeux secrets des parents, tel est pour chacun l'enfant à tuer, et telle est l'image qui enracine dans son étrangeté l'inconscient de chacun. « Sa Majesté l'Enfant » règne en tyran tout-puissant ; mais, pour que vive un sujet, que s'ouvre l'espace de l'amour, il faut s'en affranchir : meurtre nécessaire autant qu'impossible, encore à perpétrer, jamais accompli. Il y a là une reconnaissance et un renoncement narcissiques toujours à répéter, où la pulsion de mort s'avère fondamentale en ce qu'elle vise le «vieil homme » : l'immortel enfant de nos rêves.

  • Céline, Genet, Sade, Mishima, Jouhandeau, Adamov..., ces écrivains illustres réalisent, dans la construction de leur oeuvre aussi bien que dans leur vie, ce qu'est la position perverse. Au-delà de ses manifestations externes, celle-ci consiste en un véritable engagement. Engagement, voire revendication d'un rapport singulier au désir, à l'autre, à la jouissance et au plaisir. Dany, Blaise, Rose, Violette, Marc, Philippe et Charles, qui ont voulu me confier leur parole la plus intime au long de l'aventure psychanalytique, témoignent eux aussi de ce virage par lequel la souffrance devient source d'une démonstration. Démonstration de ce que la perversion, quelle qu'elle soit, constitue l'une des trois façons pour le sujet humain de trouver une solution à son existence : névrose, psychose ou perversion. Se laisser interroger par leur discours implique d'être soi-même pris à partie au point le plus radical. Comment désirons-nous ? Osons-nous jouir ? Savons-nous ce qu'est le plaisir ? Et toutes les autres questions que nous recouvrons habituellement de nos préjugés et de notre croyance en une normalité. Face au pervers, le psychanalyste est particulièrement exposé à se trouver ainsi soumis à la question et confronté au fantasme qui, comme tout un chacun, le dirige. Qu'il le sache est peut-être un progrès. Peut-être. La dérive pathétique d'un Ferenczi prouve, en tout cas, que ne pas le savoir peut mener loin. Mais, après tout, que désire le psychanalyste ? S.A.Serge André, psychanalyste à Bruxelles, membre de l'École de la cause freudienne, a publié précédemment Que veut une femme ?

  • Les enfants "arriérés" sont enfermés par la société dans une classification et dans un rôle qu'on évite le plus souvent de remettre en question. Ce préjugé peut pénétrer jusque dans le monde des analystes - où certains nient qu'une thérapeutique des arriérés soit possible. Objet de l'angoisse maternelle, soumis à des rééducations de toutes sortes et, en désespoir de cause, à divers "placements", le débile a toujours appris à attendre sa vérité et sa parole de l'Autre. Pourtant, tout accès à la place de sujet ne lui est pas vraiment barré. Ce livre est capable d'entrer dans une relation psychanalytique valable. Si l'étude de Maud Mannoni est centrée sur la dépendance de l'enfant arriéré à sa mère, c'est d'abord qu'il a nécessairement reçu d'elle, plus que d'aucun autre, ce statut d'objet auquel il a tant de peine à s'arracher. C'est ensuite et surtout qu'il ne peut s'en arracher sans que la mère se sente elle-même profondément mise en cause. L'aventure du débile est une aventure collective. Maud Mannoni (1923-1998) fut une élève de Lacan mais se référa aussi à l'antipsychiatrie. Elle se spécialisa dans les maladies mentales des enfants. Parmi ses nombreuses publications, Le Psychiatre, son « Fou » et la psychanalyse (1979) eut un grand retentissement.

  • Denis Vasse nous entraîne où Zacharie, un enfant en analyse, l'a lui-même entraîné : à l'écoute de la question radicale posée par la psychose, là où le sujet se trouve muré dans un indéfini dédoublement du moi, perdu dans ce qui apparaît comme une confusion originelle.
    En acceptant de se tenir au plus près de cette question limite, et en prenant appui sur une double analyse de la loi de Moïse et du "Jugement de Salomon", D. Vasse fait surgir ce qui pourrait nous rester caché dans la psychose serait-elle le fruit de la perversion ? Oui, si la dérision du langage, qui est l'arme de la perversion, est ce qui conduit au morcellement du corps, qui est l'état mortel de la psychose.
    Le risque d'une interprétation peut être pris quand le sujet réalise, à quelque degré que ce soit, cette confusion qui le déréalise. Car dès lors, la loi devient désirable, et possible l'accès aux droits de sujet parlant et désirant. L'analysant devient ainsi ce qu'il est toujours déjà : non plus le sujet absolu, caricature du Moi, mais un sujet parmi d'autres.
    Denis Vasse, psychanalyste, est l'auteur de nombreux ouvrages, dont Le Temps du désir (1969 et 1997), Le Poids du réel, la Souffrance (1983 et 2008), La Souffrance sans jouissance ou Le Martyre de l'amour. Thérèse de l'Enfant-Jésus et de la Sainte-Face (1998 et 2008), La Vie et les vivants (2001), La Grande Menace. La psychanalyse et l'enfant (2004), Né de l'homme et de la femme, l'enfant. Chronique d'une structure Dolto (2006), L'Homme et l'Argent (2008), tous publiés aux Editions du Seuil.

  • Bonneuil, Maud Mannoni ne cesse de le redire, refuse d'être un exemple. A Bonneuil, chacun - enfants, éducateurs, parents - effectue un trajet, et ce qui nous est rapporté ici est un moment du trajet de Bonneuil dans sa collectivité. Aussi aura-t-on rarement vu une expérience saisie plus concrètement, offerte plus honnêtement, par une série de coupes sur la vie quotidienne dont le film de Guy Seligmann, Vivre à Bonneuil, avait offert une première série, et qui sont ici opérées à tous les niveaux de la vie de Bonneuil et dans toutes ses dimensions : rapports avec le système social, rapports entre les enfants, entre les enfants et les éducateurs, documentation sur les différentes activités, rapports entre les parents et l'institution, réflexion enfin sur ce qui situe cette pratique en un point de croisement entre l'anti-psychiatrie (refuser la médicalisation pour les enfants et leurs familles) et la psychanalyse (aider les enfants à advenir à leurs désirs).

  • Psychanalyser serait facile autant que dérisoire si l'on enseignait seulement au patient l'existence des complexes d'OEdipe et de castration, en feignant de découvrir avec lui qu'il a, enfant, désiré son père ou sa mère, et craint d'en être châtié. La singularité du désir s'inscrit dans l'universalité de ces structures ; mais elle reste à découvrir pour chacun. Ce n'est pas seulement dans l'anecdote du souvenir oublié ou les particularités du roman familial que se repère la constellation originale, mais plutôt dans un chiffre, une formule, une lettre, modèles de l'organisation fantasmatique.Serge Leclaire (1924-1994)Médecin-psychiatre, psychanalyste. Elève et compagnon de Jacques Lacan. Président de la Société française de psychanalyse (1963). En 1968, il participe à l'introduction de la psychanalyse à l'université. En 1989, il est l'initiateur de la "Proposition pour une instance ordinale des psychanalyses".

  • Reconnaître la psychanalyse à sa place. On parle toujours de moins que d'elle si on oublie qu'elle est partie, dans la relation Freud-Fliess, du transfert. Que c'est seulement à partir du transfert que l'interprétation - celle que Freud engage alors sur les rêves - est possible. Et que c'est seulement sur la base de cette interprétation-là qu'une théorie - ainsi de la métapsychologie chez Freud - est, en analyse, possible. Symétriquement, ce serait demander à la psychanalyse plus qu'elle ne peut prétendre, que de vouloir lui assigner la solution de problèmes propres à d'autres pratiques, tel l'enseignement, ou à des sciences, même quand elles lui sont voisines, telle la linguistique. La clé ici où se repérer pour bien marquer les différences, c'est et cela reste le transfert.

  • « L'homme ne peut choir hors de ce monde », disait à Freud l'un de ses amis. C'est pourtant ce que l'homme veut : sortir de ce monde ; entrer dans un autre ; dans l'Autre. Depuis qu'il est sorti du ventre de sa mère, il ne rêve que de cet au-delà vers où monte le ravi de Jérôme Bosch, sous la conduite de l'ange. Nos anges, aujourd'hui, ce sont les cosmonautes, dit Lacan. Nous les avons vus à la télévision crever notre plafond, traverser nos murs, mettre le pied sur la Lune et réaliser ainsi notre rêve. Mais quoi ? La Lune n'est qu'une planète. Certains sont revenus du voyage ; d'autres pas. Les cosmonautes qui ont vraiment franchi le seuil de l'Autre Monde n'en sont pas revenus. Je veux dire que, même ceux qui sont revenus, ne sont revenus que du Même. Cette effraction, ce fut d'abord et primordialement celle de la naissance : moment de rupture où jaillit le cri ; mais il se répétera en ces autres points de rupture que seront la jouissance et la mort où, dans le déchirement de l'espace imaginaire et de l'organisation symbolique comme système clos et leur enclenchement dans le réel, s'annonce la proximité de ce que Bataille appela le sacré ; mais là où Bataille parle de « sacré », Lacan, lui, s'en tient à l'impossible réel. « Les marques de présence » que l'enfant trouve en naissant, et qu'il reçoit comme une réponse à son cri, mettent fin à l'angoisse et instituent, par un malentendu, l'espace du langage et de l'échange, déportant le sujet à venir dans le symbolique. De ce fait, le sujet manque le réel et se trouve divisé entre jouissance et parole. Devra-t-il perdre le langage pour retrouver l'angoisse et le cri ? Est-ce à ce prix que se récupère le sujet ? Il y a peut-être une autre issue possible au tragique dilemme qui nous enferme et dont témoignent douloureusement les écrivains de notre temps. E. L.-L.

  • Ce livre se veut d'abord clinique - et part d'une série d'analyses de femmes enceintes. Où ce qui s'entend bientôt est : "Que veut une femme ?" - même si l'on s'expose à découvrir qu'elle veut disparaître comme femme. Un tel dit témoigne qu'il est bien vrai que la femme se trouve prise dans les paradigmes systèmes de représentation virils. Fait pathologique ou fait de structure ? En tout cas, cette fragilité expose la femme aux risques de la dépersonnalisation (par l'identification au père ou au frère), du délire mystique (du père à Dieu), et de l'hallucination (la voix). Contre cette partition - celle, aussi bien, de l'accouchement et de toute espèce de pertes -, la femme se réassure dans un narcissisme qui, pour elle, est réparateur : en s'affirmant être elle, même telle que sa mère a pu la concevoir. Bien entendu ce narcissime n'est pas non plus sans danger. L'issue est triple et se ramène toujours à l'acceptation de la loi de la castration : dans la sublimation de la pulsion scopique (la Beauté) ; dans la rencontre sexuelle avec l'homme ; et enfin dans l'enfantement.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • La cassure dont les Temps Modernes se sont prévalus sur le seul fond d'une exclusion des Ages Sombres doit être repensée. Résurgence du Moyen Age veut dire non pas retour au Moyen Age mais retour du Moyen Age comme on dit du refoulé, retour d'un savoir que sous nos yeux aveugles et à nos oreilles sourdes n'en continuait pas moins de nous regarder, sous la forme faussement familière des contes, des légendes, des pierres, des liturgies. Qu'à cette lettre désenfouie, nous ajoutions, à l'instar de Marie de France, notre glose, même abusée, n'est qu'un moyen de la rendre enfin à destination. A condition toutefois de ne pas nous dérober de ce qui, en elle, ne laisse pas d'inquiéter. Au jeu du Roi qui ne ment (mais jusqu'où sait-on tout ?), il suffit, pour que montent les enjeux, de ne rien avancer qui ne s'impose depuis notre modernité : mettre le passé au présent, sans plus s'attarder à la Présence du Passé, nous exposera bien mieux aux surprises et aux coups de l'inactuel ou de l'intempestif.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Vingt essais divers, qui traitent de littérature (Mallarmé, Rimbaud, Salinger, Henry James, Proust), de théâtre (problème de l'illusion théâtrale), de la linguistique saussurienne et de textes psychanalytiques freudiens. Un seul mouvement, une seule méthode : pour déchiffrer l'Imaginaire, s'introduire sur l'Autre Scène où c'est le jeu du signifiant qui gouverne. Un jeu que ne saurait, par ailleurs, exposer une linguistique livrée à elle-même : sur certaines fonctions signifiantes aussi, l'enseignement de la psychanalyse est irréductible à tout autre.

  • Recueil de photographies dont une partie extraite de l'album tenu par la mère de J. Lacan. Ni biographie, ni histoire de la psychanalyse, montre un Lacan non pas familial mais familier.

  • Recueil de textes, de conférences, d'articles, réédité et augmenté d'une conférence inédite, que l'auteur a écrit pour différentes publications d'orientation lacanienne, rédigés par lui-même ou établis à partir de leurs enregistrements, de conférences prononcées entre 1982 et 1985.

  • Combien d'enfants passent, comme Arthur, de rééducation orthophonique en rééducation orthoptique ou sortent de la classe pour s'engouffrer dans un cours de rattrapage ? Rien n'y fait, ils sont et restent des «cancres» ; si le système éducatif se refuse aujourd'hui à leur mettre le bonnet d'âne d'antan, il ne leur colle pas moins, plus pudiquement, l'étiquette «échec scolaire».Reste ignorée et occultée la souffrance, celle d'Arthur, de Floriane, de Thierry, celle de chaque «cancre», aussi agressif, tel Richard, puisse-t-il paraître. Cette souffrance est psychique, l'enfant lui-même peut ne pas la repérer, ne pas savoir ce que dit son symptôme, car c'est bien d'un symptôme qu'il s'agit dans l'«échec scolaire», qui dit son mal être.Comment se forme ce symptôme ? Anny Cordié passe en revue les divers facteurs incriminés dans l'échec scolaire : aspect socio-culturel, conflits familiaux, système pédagogique, déficience intellectuelle, pour constater qu'aucune de ces causes n'est suffisante à elle seule pour expliquer l'échec. Aucune généralité n'élucidera ni ne résoudra l'énigme : Anny Cordié écoute attentivement chaque sujet, parce qu'elle est analyste, et fait en sorte qu'un travail de l'enfant s'élabore dans une relation de transfert. Est-ce à dire qu'elle ne peut expliquer le mécanisme du mal nommé «échec scolaire» ? Certes pas. Son expérience lui permet de décortiquer comment fonctionne l'inhibition qui l'engendre et aussi de distinguer entre l'enfant névrosé et l'enfant psychotique, voire de parer à la psychotisation de certains.C'est ce que lui apprennent, et ce qu'à travers elle nous apprennent, ces cancres qui n'existent pas.

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