Seuil

  • Les mondes de l'esclavage. une histoire comparee Nouv.

    Cet ouvrage d'une ambition exceptionnelle présente sous une forme accessible à un large public une histoire inédite de l'esclavage depuis la Préhistoire jusqu'au présent. Il paraît vingt ans après le vote de la loi Taubira, alors que la prise de conscience du passé esclavagiste est chaque jour plus aiguisée au sein de la société française. L'histoire de l'esclavage, trop longtemps tenue pour une forme de passé subalterne, est ici replacée au coeur de l'histoire mondiale. Le livre renouvelle une approche comparée dans l'étude du phénomène esclavagiste, qui conduit le lecteur de l'Inde ancienne aux Antilles du xviiie siècle, de la Chine des Han jusqu'au Brésil colonial, de l'Egypte médiévale à l'Ouganda contemporain. Loin de banaliser la singularité monstrueuse de l'esclavage colonial issu de la traite transatlantique, la comparaison contribue à l'éclairer.
    Ce livre fait donc le pari de la connaissance et de la réflexion, convaincu que le savoir historique offre des ressources critiques qui ont le pouvoir d'émanciper. Le parti pris du monde et la perspective comparatiste qui sont la sienne souhaitent enrichir les scènes et les figures depuis lesquelles relire notre histoire, mais aussi, espérons-le, tracer des chemins vers d'autres futurs possibles.

    Avec plus de 50 auteurs et autrices de 15 nationalités différentes.
    Épilogue par Léonora Miano, écrivaine et essayiste.
    Conclusion par Orlando Patterson, sociologue et professeur à Harvard University.
    Direction d'ouvrage : Paulin Ismard, historien, professeur d'histoire ancienne à l'université Aix-Marseille.
    Coordination : Benedetta Rossi, historienne et anthropologue, professeure à University College de Londres, et Cécile Vidal, historienne, directrice d'études à l'École des hautes études en sciences sociales.
    Avec le soutien de la Fondation pour la mémoire de l'esclavage.

  • Après le succès de l'Histoire du corps et de l'Histoire de la virilité, Alain Corbin, Jean-Jacques Courtine et Georges Vigarello dirigent cette très ambitieuse Histoire des émotions en trois volumes, héritière du programme des Annales, de l'histoire des mentalités et de celle des sensibilités, portée par les renouvellements historiographiques les plus récents. Elle réunit pour la première fois les meilleurs spécialistes français et étrangers de l'histoire des émotions, toutes générations confondues.
    Ouverte par les Lumières, la séquence qui fait l'objet de ce deuxième volume, dirigé par Alain Corbin, fournit un chapitre très riche de l'histoire des émotions. Dès le milieu du XVIIIe siècle se dessinent des attentes nouvelles. La notion d'" âme sensible " émerge peu à peu. C'est le temps du journal intime et celui de l'émerveillement face au paysage. Un " moi météorologique " se fait jour, sensible aux aléas des phénomènes naturels. Dans ce siècle de la Révolution et des révolutions, la colère, la terreur, l'indignation côtoient l'exaltation, la joie, la ferveur ou la mélancolie sur la scène politique. De nouveaux rituels les expriment et leur donnent corps. Des barricades aux champs de bataille, des grandes chasses aux catastrophes naturelles, du romantisme à l'impressionnisme, des émois de l'orgasme à la vénération de la Vierge Marie, de multiples gammes des émotions sont ici mises en lumière.
    À l'extrême fin du XIXe siècle, des savants commencent à mesurer l'expression des émotions. La psychologie, peu à peu, s'impose.
    Professeur émérite à l'université Paris I-Panthéon-Sorbonne, pionnier de l'histoire des sensibilités dont il a inventé et exploré les nouveaux territoires, Alain Corbin est l'auteur de nombreux ouvrages. Il a dirigé au Seuil : Histoire du corps et Histoire de la virilité (avec G. Vigarello et J.-J. Courtine).
    Avec les contributions de : Olivier Bara, Serge Briffaud, Anne Carol, Alain Corbin, Guillaume Cuchet, Michel Delon, Emmanuel Fureix, Corinne Legoy, Judith Lyon-Caen, Charles-François Mathis, Guillaume Mazeau, Hervé Mazurel, Anouchka Vasak, Sylvain Venayre, Agnès Walch.

  • Après le succè de l'Histoire du corps et de l'Histoire de la virilité, Alain Corbin, Jean-Jacques Courtine et Georges Vigarello dirigent cette très ambitieuse Histoire des émotions en trois volumes, héritière du programme des Annales, de l'histoire des mentalités et de celle des sensibilités, portée par les renouvellements historiographiques les plus récents. Elle réunit pour la première fois les meilleurs spécialistes français et étrangers de l'histoire des émotions, toutes générations confondues.

    Ce premier volume, dirigé par Georges Vigarello, commence en Grèce avec les larmes d'Achille et le rire de Lysistrata et nous conduit jusqu'à la veille de la Révolution, avec l'invention du sourire dans la peinture. Il nous fait traverser la christianisation des émotions, voyager dans les monastères et les familles du Moyen Âge, nous initie aux colères des princes. On y retrouve la culture de cour et la mécanique des humeurs, les passions des mystiques, les douceurs et les douleurs de la mélancolie, les joies de l'amitié avec Montaigne, comme le code de l'honneur des chevaliers. Sans oublier bien sûr les grandes émotions populaires.





    Directeur d'études à l'École des hautes études en sciences sociales, Georges Vigarello est l'un des pionniers de l'histoire du corps et de celle des apparences auxquelles il a consacré de nombreux ouvrages. Il a dirigé au Seuil : Histoire du corps et Histoire de la virilité (avec A. Corbin et J.-J. Courtine).

    Avec les contributions de : Christian Biet, Damien Boquet, Gilles Cantagrel, Bruno Dumézil, Maurice Daumas, Hervé Drévillon, Martial Guédron, Yves Hersant, Sophie Houdard, Christian Jouhaud, Colin Jones, Lawrence Kritzman, Didier Lett, Alain Montandon, Piroska Nagy, Barbara Rosenwein, Maurice Sartre, Laurent Smagghe, Claude Thomasset, Anne Vial-Logeay, Georges Vigarello.

  • Après les succès de l'Histoire du corps et l'Histoire de la virilité, Alain Corbin, Jean-Jacques Courtine et Georges Vigarello dirigent cette très ambitieuse Histoire des émotions en trois volumes richement illustrés, qui réunit pour la première fois les meilleurs spécialistes français et étrangers de l'histoire des émotions, toutes générations confondues.
    Ce troisième volume, qui s'ouvre à la fin du XIXe siècle, révèle l'accroissement comme la complexification de l'espace intérieur dans la conscience occidentale, la saisie de troubles toujours plus variés, depuis l'émotion jusqu'au sentiment, à la passion, voire aux perversions ou à la folie. Au XXe siècle s'impose le constat d'un profond déplacement du régime émotif lui-même. Tout change lorsque l'accroissement de l'individualisme, le triomphe de l'univers privé, doublés du relatif effacement des " soutiens " collectifs habituels, de l'école à l'entreprise, transforment la relation à l'intériorité, diffusant paradoxalement une insécurité inédite, une compassion sélective, une irrépressible attente de protection. Une anxiété inédite a gagné les consciences. Elle se nourrit aussi de la confrontation aux violences extrêmes d'un siècle de fer et de sang.
    Directeur de volume : professeur d'histoire européenne à l'université d'Auckland (Nouvelle Zélande), professeur émérite à Paris-III-Sorbonne Nouvelle et à l'université de Californie (Santa Barbara), Jean-Jacques Courtine a publié Déchiffrer le corps, penser avec Foucault (J. Millon, 2011), et, avec Alain Corbin et Georges Vigarello, Histoire du corps et Histoire de la virilité (Seuil, 2006 et 2011).
    Les contributeurs : Bruno Nassim Aboudrar, Stéphane Audoin-Rouzeau, Antoine de Baecque, Ludivine Bantigny, Éric Baratay, Yaara Benger Alaluf, Christophe Bident, Christian Bromberger, Esteban Buch, Anne Carol, Jacqueline Carroy, Pierre-Henri Castel, Jean-Jacques Courtine, Stéphanie Dupouy, Ute Frevert, Sarah Gensburger, Claudine Haroche, Eva Illouz, Claire Langhamer, Nicolas Mariot, Charles-François Mathis, Olivier Mongin, Dominique Ottavi, Michel Peraldi, Jan Plamper, Richard Rechtman, Bertrand Taithe, Christophe Triau, Sylvain Venayre

  • Histoire de la pensée chinoise
    Depuis quatre mille ans, la culture chinoise offre l'image d'une remarquable continuité. Pourtant, c'est à travers une histoire faite de ruptures, de mutations mais aussi d'échanges, que la Chine a vu naître des pensées aussi originales que celles de Confucius et du taoïsme, assimilé le bouddhisme et engagé à l'ère moderne un dialogue, décisif, avec l'Occident.
    Anne Cheng nous donne de cette tradition intellectuelle une synthèse magistrale. L'évolution de la pensée chinoise est ici retracée depuis la dynastie des Shang au deuxième millénaire avant notre ère jusqu'au mouvement du 4 mai 1919, qui marque à la fois la rupture avec le passé et le renouveau d'une pensée qui n'a pas dit son dernier mot.
    Anne Cheng
    Titulaire de la chaire " Histoire intellectuelle de la Chine " au Collège de France, elle est notamment l'auteur d'une traduction des Entretiens de Confucius (Seuil, " Points Sagesses ", 1981) qui fait autorité.
    Prix Stanislas-Julien et Dagnan-Bouveret de l'Académie française

  • Voici Une histoire de la guerre, dans tous ses aspects et toutes ses dimensions, depuis l'essor des États-nations au début du XIXe siècle jusqu'à la quasi-disparition actuelle des affrontements interétatiques.
    En deux siècles et demi, l'expérience concrète de la guerre a profondément changé : fin des batailles traditionnelles, utilisation d'armes de plus en plus meurtrières, mobilisation des fronts intérieurs, y compris parfois les femmes et les enfants. À mesure où disparaissait la frontière entre combattants et non-combattants, les civils sont devenus des cibles à part entière des bombardements, blocus, massacres, génocides et épurations ethniques.
    Sans négliger la stratégie et les chefs de guerre, cet ouvrage explore à parts égales le front et l'arrière, les conflits et leur impact sur les sociétés et l'environnement, la mobilisation des institutions politiques et militaires, de l'économie, des affects et des croyances, ou encore les violences sur les corps et les esprits, en proposant de grandes traversées thématiques de longue durée.
    Réunis pour la première fois en un seul volume, les meilleurs spécialistes du phénomène guerrier – historiens, historiens de l'art, anthropologues, sociologues ou politistes de huit pays différents – offrent une synthèse sans équivalent, largement ouverte sur le monde, qui fait aussi écho aux questionnements de notre époque : enjeux humanitaires des mouvements de réfugiés, débats éthiques sur les guerres irrégulières et l'utilisation des drones, poussée du terrorisme.
    Direction d'ouvrage
    Bruno Cabanes est titulaire de la chaire Donald G. & Mary A. Dunn d'histoire de la guerre à Ohio State University, après avoir enseigné neuf ans à Yale University..
    Coordination
    Thomas Dodman est maître de conférences à Columbia University, New York ; Hervé Mazurel est maître de conférences à l'université de Bourgogne ; Gene Tempest a soutenu sa thèse à Yale University.

  • Libre parcours, vif et allègre, ce livre se nourrit de la double expérience de l'auteur comme historien de la vie politique et culturelle, et comme praticien des médias dans plusieurs responsabilités importantes.
    Il raconte comment les sociétés occidentales ont organisé, au cours des âges, leur connaissance d'elles-mêmes et des autres. Il retrace l'essor de la liberté de la presse si difficilement conquise. Il décrit la diversité des efforts déployés de tout temps par les acteurs, publics ou privés, pour influencer les journaux d'abord, puis la radio et la télévision – jusqu'à Internet. Il offre enfin, à partir du passé proche ou lointain, une riche matière à la réflexion des citoyens soucieux d'affronter les évolutions formidables qui s'annoncent dans la communication planétaire.

  • Ce livre explore un pan de l'imaginaire occidental. Le diable traditionnel n'en est pas le centre unique, car les métamorphoses de la figure du Mal indiquent aussi la façon dont les hommes conçoivent leur destin personnel et l'avenir de leur civilisation. Etroitement imbriquées, l'histoire du corps, celle de la culture, celle du lien social, fournissent les lignes de force d'une enquête qui embrasse le deuxième millénaire de l'ère chrétienne.
    Tout commence avec l'affirmation de Satan sur la scène européenne, à partir du XIIe siècle, sous la double forme du terrible souverain luciférien régnant sur une immense armée démoniaque, et de la bête immonde lovée dans les entrailles du pécheur. Trois chapitres interrogent ensuite l'énigme de la chasse aux sorcières des XVIe et XVIIe siècles.
    L'époque des Lumières voit le crépuscule du diable, tant à cause de l'accentuation d'un processus d'intériorisation du Mal que de l'invention du fantastique en littérature. Une vigoureuse accélération de ces mouvements marque les XIXe et XXe siècles. L'avant-dernier chapitre traque les métamorphoses subtiles du démon intérieur, compagnon d'un sujet occidental de plus en plus libéré de la peur de Satan mais convié à se méfier de lui-même et de ses pulsions. Le dernier revisite l'imaginaire diabolique actuel à travers l'exorcisme, la vogue du surnaturel, le cinéma, la BD, la publicité, les rumeurs urbaines, en distinguant un courant ironique à la française d'une vision tragique et maléfique dominante aux Etats-Unis.

  • Pendant quatre ans, les Français ont vécu sous la domination de l'Allemagne nazie. A cette situation extraordinaire, ils se sont adaptés de différentes façons, quelques-uns en refusant, la majorité en pliant et en subissant, d'autres, assez nombreux, en faisan des accommodements ou en recherchant une entente avec le vainqueur.
    Voici un ouvrage qui embrasse pour la première fois l'ensemble des réactions de la société française à la présence de l'occupant : le gouvernement de Vichy, les groupements politiques, l'opinion, l'Église, les patrons, les banquiers, les éditeurs, les écrivains... On y voit la diversité et l'évolution des comportements, de l'engagement dans la collaboration jusqu'aux formes quotidiennes, affichées ou subreptices, de la cohabitation avec le vainqueur – la recherche de travail ou de commandes, l'apprentissage de l'allemand, les contacts avec l'occupant, la fréquentation des concerts, des conférences, des expositions qu'il organise.
    Placés dans une situation extraordinaire, les Français ont dû tracer la ligne de l'acceptable et de l'inacceptable, faire le départ du digne et de l'indigne, du bon et du mauvais, en se référant à l'image qu'ils avaient d'eux-mêmes, de leur pays, de ses intérêts, de leurs intérêts. De ce que leur réponse a été hésitante, divisée, sanglante au débouché de l'Occupation, il est resté une déchirure à vif.

  • Fondée à la fin du xixe siècle, l'Université de Chicago a inauguré la première entreprise systématique d'étude des sociétés contemporaines. Dans celle ville qui préfigurait le monde actuel en matière de grande industrie, de protestation sociale, de problèmes urbains, se sont succédé des générations de chercheurs qui occupent une place centrale dans la sociologie américaine : William Thomas, Robert Park, Ernest Burgess, Louis Wirth, Everett Hughes, Herbert Blumer, Howard S. Becker, Erving Goffman et tant d'autres.
    Jean-Michel Chapoulie retrace la genèse de la tradition sociologique de Chicago et répertorie l'ampleur de son héritage en sciences sociales. Le livre s'attache aux différents contextes qui entourent les œuvres, aux modes d'enquête et aux manières d'écrire. Puis, retenant des domaines toujours au cœur des préoccupations d'aujourd'hui (le travail, la délinquance, les relations interethniques), il fait apparaître l'orientation commune à ces travaux, ainsi que ses limites.
    Adoptant une perspective originale sur l'histoire des sciences sociales au xxe siècle, cet ouvrage constitue aussi une réflexion sur le " savoir " dans ces disciplines, à l'écart des deux conceptions longtemps dominantes, le néopositivisme inspiré des sciences de la nature et l'hyper-relativisme.
    Sociologue et historien des sciences sociales, Jean-Michel Chapoulie a notamment contribué à l'histoire de la scolarisation en France (L'école d'État conquiert la France, PUR, 2010) et à l'épistémologie des sciences sociales (Enquête sur la connaissance du monde social, PUR, 2017).

  • L'Adriatique, golfe profond de la Méditerranée, bénéficie d'une réelle individualité en raison de sa nature de mer presque fermée. Elle joue, depuis les débuts de l'époque historique, un rôle majeur : voie de pénétration du Sud vers l'Europe centrale et vice versa, comme le montre l'histoire de Venise, elle est surtout voie de communication entre l'Orient et l'Occident. Passerelle et frontière entre deux mondes différents, trait d'union entre la Grèce et la Grande Grèce dès le VIIIe siècle av. J.-C., elle devient, dans sa partie méridionale, la limite entre les Empires romains d'Orient et d'Occident, puis entre Byzance et le monde barbare, plus tard enre l'Empire ottoman et la chrétienté occidentale, enfin entre le monde occidental et l'Europe communiste. Lieu géométrique de tous les contacts et de toutes les adversités entre peuples, civilisations, religions et régimes politiques, la mer Adriatique reste de nos jours une frontière vive entre pays riches et pays pauvres.
    Sous la direction de Pierre Cabanes
    Olivier Chaline, Bernard Doumerc, Alain Ducellier, Michel Sivignon

  • Les tensions entre le politique et la religion sont un ressort majeur de l’histoire de l’Occident, et donc aussi un fil directeur pour la comprendre. Elles ne constituent pas seulement un objet qui aurait influencé de l’extérieur la civilisation occidentale : elles l’ont imprégnée de l’intérieur – et l’imprègnent encore, fût-ce à notre insu. Jean-Claude Eslin a refait ce parcours du théologico-politique en Occident, depuis ses origines, juive et chrétienne, grecque et latine (l’auteur rappelle en particulier l’influence considérable de Cicéron), jusqu’à l’époque contemporaine. Il passe en revue les grands moments de la pensée théologico-politique : Augustin, les théories médiévales, Luther et Calvin, la philosophie politique jusqu’à la Révolution (Machiavel, Hobbes, Spinoza, Locke, Rousseau), enfin les héritages multiples au XIXe et eau XXe siècle. Ces réflexions, qui furent presque toujours liées à des crises et à des tournants historiques de grande importance, ont eu des effets à long terme, qui se font sentir encore aujourd’hui : car cette dualité de principes opposés marque les structures et les grandes catégories de notre culture politique. Elle constitue « la racine dynamique de l’Occident dans l’histoire ».

  • Avec cette somme sans équivalent sur le judaïsme, Hans Küng inaugure son diagnostic de la situation religieuse en cette fin de siècle (suivront le christianisme et l'islam).
    Malgré le petit nombre des juifs, où se reflètent toutes les forces et toutes les contradictions religieuses de notre fin de millénaire. Il fallait donc commencer par lui. Hans Küng le raconte et l'ausculte dans ses multiples dimensions, depuis son passé biblique jusqu'à son actualité en Israël et dans la diaspora, en passant par les longs et souvent douloureux siècles chrétiens.
    Tout au long de sa recherche, Hans Küng essaie de repérer ce qui demeure, les lignes de force, ce qui est substance de la foi. Il s'interroge sur les contradictions que le judaïsme porte en lui ou qu'il a rencontrées hors de lui et sur la manière dont il les a toujours résolues. Il évalue les chances et les défis du judaïsme actuel, après ces menaces terribles pour son existence que furent l'assimilation douce puis le génocide, sans précédent dans les temps modernes. Il ne craint pas d'évoquer les questions politiques posées par l'existence de l'État d'Israël. La franchise avec laquelle il évoque les aspects qui le heurtent, voire ceux où il juge le judaïsme infidèle à lui-même, n'a d'égale que sa sévérité envers l'antijudaïsme des chrétiens et plus encore des Églises au cours de l'histoire même la plus récente.
    Telles sont les questions que soulève ce grand livre, constamment soutenu par une énorme information historique et politique, rédigé avec la clarté pédagogique légendaire de l'auteur.

  • Pour la première fois, un historien présente et analyse l'ensemble des phénomènes de la colonisation depuis leur origine jusqu'à leur fin - voire leur survivance.
    Marc Ferro traite de toutes les pratiques coloniales des Européens, russes y comprises, mais également de la colonisation arabe, turque, japonaise, pour établir leurs points communs, leurs différences. Le point de vue des ex-colonisés est présenté, et pas seulement la vision européo-centrique de l'histoire ou celle des vainqueurs - avec les silences des uns et des autres...
    Mettant l'accent sur le nouveau type de sociétés et d'économies nées de cette expansion puis de ce repli, l'auteur montre enfin comment les mouvements d'indépendance ont eu leurs effets télescopés par la mondialisation de l'économie, et plus récemment par un phénomène qu'il appelle l'impérialisme multinational.

  • Oser un bilan de 2000 ans de christianisme, il fallait le faire. hans Küng a relevé le gant, et c'est une gageure réussie. Son livre est d'abord une somme passionnante d'informations historiques, culturelles, théologiques, en particulier sur les "trois christianismes" qui se sont constitués au cours du temps : l'orthodoxie (ou le modèle "hellénistique"), le catholicisme (ou le modèle "romain"), le protestantisme (ou le modèle "réformateur"). Avec son habituelle clarté, Küng rappelle dans le détail les traits qui forment le "socle", la structure de ces formes chrétiennes majeures (et de beaucoup d'autres, moins importantes). Mais il se refuse à être un historien, un sociologue ou un théologien neutre. La mesure de tout christianisme en tout temps demeure l'Evangile. Aucune tradition, aucune Eglise chrétienne ne saurait échapper à un jugement à partir de ce critère. "Ce n'est pas le passé comme tel qui m'intéresse ici, mais comprendre comment et pourquoi le christianisme est devenu ce qu'il est aujourd'hui - en considérant ce qu'il pourrait être."
    Pour comprendre et juger de façon nuancée et équitable vingt siècles de christianisme, pour entrevoir ce qu'il sera demain, il faut lire ce livre sans équivalent.

  • Sur la pratique de la séduction, c'est-à-dire de l'entre-deux du conflit ou de l'union, de la domination ou de l'égalité, là où les corps parlent, où l'on murmure, où l'on se rapproche, s'effleure, se fascine, il n'y avait pas d'histoire. Pourtant, c'est bien là où se joue l'image de soi, là où les places assignées peuvent se renverser. La séduction est donc un possible objet d'histoire, entre les lignes, entre les mots, les gestes, les regards, entre tout ce avec quoi, d'ordinaire, les historiens travaillent. Et si la séduction, dans ses diverses manifestations et modalités historiques, représentait un point d'accès privilégié à une histoire " vraie " de la mixité sociale ?
    Le groupe d'histoire des femmes, réuni autour de Cécile Dauphin et Arlette Farge,, poursuit sa réflexion entamée avec De la violence et des femmes, sans être dupe de la séduction même de son nouvel objet. Pas d'autre solution que d'explorer un des moments de tension paroxystique entre femmes et hommes pour, aux côtés des œuvres littéraires, mesurer les chances d'une reconnaissance mutuelle.

  • Alors que le corps moderne se civilise, voire se mécanise sous les effets conjugués de la nouvelle science et des rituels de cour, l'érotisme le plus subtil et la pornographie la plus agressive entrent en rébellion avec, comme arme principale, ce qu'ils vont contribuer à faire naître : la littérature. Ce que l'on cherche à cacher doit être dévoilé, ce que l'on discipline ou réprime doit être libéré : ingénues et jouvenceaux, libertins savants et beaux esprits doivent " rompre les bandelettes morales ". Cette descente, avec Michel Jeanneret, dans quelques quartiers mal famés du grand Siècle nous découvre un âge classique tourmenté, livrant les individus au conflit de " la dépense " chère à Bataille et de la sage économie. Le légendaire équilibre du XVIIe siècle n'aura été qu'apparence trompeuse, voile de Noé jeté sur des corps et des esprits en révolte. A l'heure où le corps est plus que jamais marchandise, où la transgression est la chose la plus ordinaire qui soit, le combat d'une autre époque vaut d'être médité.

  • La pensée arabe et islamique est vieille de seize siècles et s'étend sur deux continents. C'est une pensée plurielle dans son inspiration comme dans son évolution, riche de débats, de controverses et de dissidences, où sauvegarde de la tradition et désir d'innovation se côtoient, se succèdent ou s'affrontent. Doctrines religieuses, systèmes philosophiques, théories scientifiques et engagements politiques s'y entrecroisent. Sunnites, chiites, mystiques soufis, mais aussi Arabes chrétiens ou judéo-Arabes en sont, au côté de beaucoup d'autres, les acteurs.
    De l'examen des valeurs coraniques à l'étude de la crise de l'islam contemporain, des moments fondateurs aux événements tragiques qui marquèrent les débuts du troisième millénaire : pour appréhender cette histoire trop méconnue, il manquait un livre de référence. Le voici.
    Spécialiste de l'islam, professeur à l'université de Toulouse-Le Mirail, Dominique Urvoy a notamment publié Les Penseurs libres dans l'islam classique (Albin Michel, 1996, Flammarion, " Champs ", 2003), Averroès (Flammarion, 1998, " Champs ", 2001) et Les Mots de l'islam (Presses universitaires du Mirail, 2004).

  • Nouvelle histoire du moyen âge Nouv.

    Autour de Florian Mazel, les meilleurs spécialistes de la période médiévale nous offrent une ambitieuse synthèse qui propose, à la lumière des recherches les plus récentes, et en cheminant au fil d'une soixantaine de textes et d'une centaine d'images, un nouveau récit du Moyen Âge européen.

    « Le Moyen Âge est une séquence de temps qui n'a pas d'âge, hors d'âge si l'on veut, et son altérité est profonde. Mais cette étrangeté, le dépaysement que l'on peut éprouver en ses allées, n'est ni sans charme ni sans intérêt. Le Moyen Âge représente en effet, par son altérité même, un extraordinaire lieu de vagabondage et un remarquable terrain d'exercice pour l'esprit critique, où réfléchir entre autres choses, à relative distance des passions contemporaines, aux relations entre public et privé, communauté et identité, hiérarchies et solidarités, rôle et statut, mémoire et histoire, violence et solidarité, droit et tradition, don et échange, imaginaire et identité, institution et pouvoir, croissance et environnement... Qui trouverait la chose inutile ? »

    Florian Mazel

    Florian Mazel est professeur à l'université de Rennes 2. Ses recherches sur l'aristocratie et l'Église l'ont imposé comme l'un des meilleurs historiens médiévistes français spécialistes de la société féodale. Il a publié en 2010 une magistrale synthèse Féodalités, 888-1180 (volume de « L'Histoire de France » dirigée par Joël Cornette aux éditions Belin) et en 2016 au Seuil L'Évêque et le territoire. L'invention médiévale de l'espace (Ve-XIIIe siècle). Il a par ailleurs participé, en tant que coordinateur, à L'Histoire mondiale de la France, dirigée par Patrick Boucheron (Seuil, 2017).

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