Syros (réédition numérique FeniXX)

  • Mon fils, lui disait-il, pour un fils d'immigré, l'éducation, c'est l'unique escalier qu'il faut grimper pour arriver à l'intégration... Le problème, c'est que Saïd n'a envie de grimper nulle part, sinon sur les trottoirs de Ménilmontant. Il rêve du baladeur qu'on lui a promis pour son anniversaire. Mais sa famille, en deuil, oublie le cadeau. Déçu, Saïd vole l'objet de ses désirs. Comment rembourser sa dette ? Heureusement, Tosca, l'ancienne chanteuse de cabaret, va s'en mêler de manière inattendue. Une belle histoire d'amitié.

  • S'il fichait le camp pour de bon ? Personne ne le regretterait... Surtout pas le Saulnier, celui qui vit avec sa mère depuis la mort du père. Tout ce qu'il sait faire, quand il le voit, lui, José, c'est crier ou sortir le ceinturon. Placé dans un foyer, José retrouvera le goût de vivre en protégeant, à son tour, Christina, une petite fille de cinq ans.

  • « Une année, la mère de Michèle avait dû amener dans la maison deux poussins qui subissaient les mauvais traitements du reste de la basse-cour. Cela nous donna l'irrésistible envie de monter un hôpital pour poussins. La niche inhabitée d'un chien nous fournit un local idéal. Nous nous étions procuré du coton hydrophile et des chiffons doux, et de vieilles boîtes à chaussures pour faire des lits aux infortunés poussins. Malheureusement, malgré nos soins intensifs, dès la première journée, un poussin mourait. » Le regard nostalgique d'une petite fille sur ses vacances à la campagne auprès de sa grand-mère, dans les années cinquante. Ce texte est illustré de croquis au trait de l'auteur.

  • « D'un geste précis, mille fois répété, elle saisit une feuille de nénuphar d'une main, glissa l'autre sous l'eau le long de la tige, puis enfonça vigoureusement les doigts dans la glaise jusqu'au bulbe, dégagea celui-ci, le remonta à la surface. - Encore un qui ne vaut rien ! - Ah ! tu es bien une fille de brousse ! Manger des bulbes de nénuphar... en ville ! » Au Sahel, Zeïna, âgée de douze ans, a été promise à un jeune berger, Sidati, mais elle rêve de la vie facile de la ville. Envoyée chez sa tante à Saaroy, Zeïna réalise à quel point elle est attachée en fait à sa vie dans la brousse et aux traditions Peuls.

  • Les enfants, je vous présente Mamadou ! Il vient d'un grand pays, qui s'appelle l'Afrique, et vous allez être très gentils avec lui, car il est un peu perdu, a déclaré le maître ce matin-là. Puis, il a dit au nouveau d'aller s'asseoir, tout en le poussant du plat de la main, comme s'il voulait s'en débarrasser. Lorsque Mamadou arrive en classe, Caroline est bien décidée à devenir son amie. Il ne parle jamais de lui, mais elle apprend, grâce à un ami de sa mère, qu'il a été trouvé dans la rue dix jours plus tôt.

  • « Tout le monde a le nez collé sur la photo et lance des commentaires. Au feutre noir, bien foncé, on a rajouté des lunettes énormes devant mes yeux, des cheveux ébouriffés, des cornes de diable sur mon crâne et, comble d'horreur, tout mon corps a été arrondi comme un ballon trop gonflé. Le tout affiché sur la porte d'entrée de l'école. » Suzie a des parents très instables qui changent souvent de job et d'appartement. Il ne lui est pas facile de s'adapter en cours d'année, et encore moins de se faire des amis. Pourtant, cette fois, même si ça commence mal, Suzie saura vite se faire aimer.

  • C'est la mode, aujourd'hui, à dix-onze ans, d'avoir un appareil infernal pour empêcher les dents d'avancer. C'est laid. Mais ça n'empêche pas de susciter l'amour...

  • Tu as des parents, une famille ? On peut prévenir quelqu'un ? La fille avait posé cette question, comme si elle connaissait la réponse. - J'ai personne. Je... je vis tout seul. Tu habites bien quelque part ? a demandé le docteur. - J'habite... dans l'île Saint-Louis. Je n'avais pas eu le courage d'avouer ce que j'étais vraiment : un SDF. De toutes façons, à mon look, ça ne devait pas être trop difficile à deviner ! Devant cette fille, que je trouvais si belle, j'avais eu honte. C'était la première fois que ça m'arrivait. Antoine, surnommé Tony Racaille, vit dans la rue. Il faut bien vivre, manger, dormir, alors il fauche une mallette contenant un important dossier. Comment va-t-il s'y prendre pour restituer la mallette, tout en échappant à la police et aux services sociaux ? Heureusement, il croisera aussi des anges gardiens : une concierge, des bénévoles au grand coeur... et Mélanie.

  • Allô maman ? - Écoute Oscar. Je vais aller voir les gens qui s'occupent de mon dossier de demande d'asile, ici, à Londres. Je vais leur expliquer ce qui vous arrive. - Ce n'est pas la peine. Demain, je vais aller chercher les visas et... Oscar est équatorien. Avec ses soeurs, il espère rejoindre sa mère, exilée en Angleterre. Arrivés à Paris sans visa, leur sort se complique. Qui démèlera cet imbroglio administratif ? Une association va leur venir en aide. Espoir, larmes, amitié ponctueront leur attente.

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