Medium

  • - L'effet génération (R. Debray et P. Soriano)
    - Chers disparus (Paul Soriano)
    - On a toujours vingt ans (Catherine Malaval)
    - Le généalogiste successoral (Christophe Massot)
    - Chine : les « post-80 » (Yu Hai)
    - France : « Génération quoi ? » (Boris Razon)
    - Ces machines à démonter le temps (Giuliana Parotto)
    - Que sont les militants devenus ? (Jérôme Besnar)
    - La transmission de l'oeuvre (Hélène Maurel-Indart)
    - Malaise dans la généalogie (François Warin)

    - Oblomov de Gontcharov (Robert Dumas)

    - Du livre à l'écran (Emmanuel Cauvin)
    - Rings et rounds (Christian Cavaillé)

    - Pense-bête (Régis Debray)

  • - Les bons contes font les bons amis (Paul Soriano)

    - Occident, fiche clinique (Régis Debray)
    - L'histoire comme projet (Philippe Ratte)
    - Le projet européen (Paul Soriano)
    - UE-US : la nouvelle donne (Pierre Chédeville)
    - La fable économique (Albert Lévy)
    - La loi d'airain de la monnaie (Jean-Claude Werrebrouck)
    - La tapisserie de Bayeux dans la culture populaire (Patrick Peccatte)
    - La guerre des récits (François-Bernard Huyghe)
    - La fin du photojournalisme de guerre ? (Florent Barnades)
    - Twitter, machine à faire et défaire l'autorité (Louise Merzeau)

    - Bonjour l'ancêtre - Hercule Florence (Philippe Vuaillat)
    - Pense-Bête (Régis Debray)

  • - Nations en quête d'auteurs (Daniel Bougnoux)
    - La part du diable (Régis Debray)
    - Victor Hugo (Robert Dumas)
    - Molière (H. Maurel Indart)
    - Racine (Françoise Gaillard)
    - Cyrano (Paul Soriano)
    - Patrick Modiano (Jacques Lecarme)
    - Gabo (Jean-François Fogel)
    - Shakespeare (François Laroque)
    - Goethe (Jean-Pierre Lefebvre)
    - Virgile ? (Paul Soriano)
    - Hayim Gouri (Michèle Tauber)
    - Joyce (Alan Hennessy)
    - Beckett (Antoine Perraud)
    - Gaston Miron (Michel Erman)
    - Identité (Mahmoud Darwich)

    - Écosystèmes de médias (Olivier Bomsel)
    - Le cadenas d'amour (Christian Godin)
    - L'Europe, et après ? (Pierre Murat)

    - Pense-bête (Régis Debray)

  • - Soldat augmenté, victoire fragilisée (Caroline Galactctéros)
    - Révolution médicale (Lucien Gérardin)
    - Du « soin » (Frédéric Worms)
    - Le paradoxe du continu (Jean-Yves Chevalier)
    - Musique, l'élargissement des possibles (Michel Tabachnick)
    - L'écoumène à l'ère numérique (Jean-Louis Tissier)
    - L'archéologie virtuelle (Julien Chanteau)
    - Une locomotive dans la forêt vierge (Émilie Frémond)
    - La littérature fait de la résistance (Hélène Maurel-Indart)
    - Lire Jules Verne aujourd'hui ? (Jean-Paul Dekiss)
    - Apocalypse now (Régis Debray)
    - Viscosités pragmatiques (Daniel Bougnoux)

    - Bonjour l'ancêtre : Edmond About (Antoine Perraud)
    - Salut l'artiste : Guy Limone (Françoise Gaillard)

    - Pense-Bête (Régis Debray)

  • - Point barre (Régis Debray)
    - Blog et travail du deuil (Daniel Bougnoux)
    - Chris Marker (Pierre Murat)
    - Les rhapsodies du nouveau monde (Paul Soriano)
    - Russophobie (Hermann Iline)
    - Le désert des Tatars (Slimane Zeghidour)
    - Mouchoir et kleenex (Christian Cavaillé)
    - Remontrances confraternelles (Jean-François Kahn)
    - Les ancêtres d'Émile Ajar (Stéphane Ratti)
    - L'amnistie mémorielle (Jacques Lecarme)
    - Les ermites ne vivent pas longtemps seuls (Michel Melot)
    - Épépé : histoire sans parole (Robert Dumas)
    - La photo tuera-t-elle la photographie ? (Florent Barnades)
    - Marx et Flaubert (Pierre Chédeville)
    - Une traversée franco-haïtienne (René Depestre)
    - Sous-titrage (Louise Dumas)

    - Pense-bête (Régis Debray)

  • Secrets professionnels

    - Éloge du secret bancaire (Marc Bonnant)
    - Secret des sources (Antoine Perraud)
    - Médecin de famille (Bertrand Hamel)
    - Psychiatre (Irène François-Purssell)
    - Industrie : la lutte contre la montre (Pierre-Marc de Biasi)
    - Rien de nouveau ? (Régis Debray)


    Secrets littéraires

    - Un Sartre clandestin (Jacques Lecarme)
    - L'Agent secret, de Joseph Conrad (Robert Dumas)
    - Ontologie du secret, de Boutang (Jérôme Besnard)
    - « Avoir des secrets » (Daniel Bougnoux)
    - Petite anthologie (François-Bernard Huyghe)

    - Pense-Bête (Régis Debray)

  • - 14-44, le piège (Philippe Ratte)
    - Broch : la condition du somnambule (Robert Dumas)
    - Troubles dans l'écriture (Michel Melot)
    - Le roman, sanctuaire du moi (Blanche Cerquiglini)
    - Un blog scientifique (Olivier Le Deuff)

    - Le cérémonial du vestiaire (Robert Damien)
    - Internet et la ville (Florian Forestier)
    - Saint Augustin sur scène (Stéphane Ratti)
    - Saint-Florent : la visite-à-Gracq (Régis Debray)
    - La Maison de la radio (Robert Dumas et Daniel Bougnoux)
    - Des vessies et des lanternes (Paul Soriano)

    - Métamorphoses de la cupidité (Pierre Chédeville)

    - Pense-Bête (Régis Debray)

  • Médium n°23, avril-juin 2010

    Collectif

    • Medium
    • 24 Février 2016

    Mon pays que voici - Anthony Phelps
    « Alias Caracalla »- Jacques Lecarme
    De la tache à la tâche - Frère Anselme
    L'oeil du tank - Thierry Grillet
    Quand la chair se fait verbe - Paul Soriano
    Google ou le temps effacé - Milad Doueihi
    Leonard Cohen, scène zen - Daniel Bougnoux
    Avatar : le bio numérique - Anne Murat
    Salut l'artiste : Christophe Luxereau - par Françoise Gaillard
    Bonjour l'ancêtre : Darwin - par Paul Soriano
    Un objet : L'hostie - par Michel Melot
    Symptômes : La jupe, Aragon, Darnton, Citton, M. Jackson
    Pense-bête - Régis Debray

  • Médium n°22, janvier-mars 2010

    Collectif

    • Medium
    • 11 Février 2016

    Le livre : du lutrin à la vitrine - Thierry Grillet
    La perceuse et la girouette - Pascal Krajewski
    Religions : la bombe diasporique - Régis Debray
    Des caméras dans le prétoire ? - ArnaudLucien
    Quatre mariages pour un enterrement - Daniel Bougnoux
    Aragon le fidèle - Hervé Bismuth
    Écrire sous Staline - Jacques Lecarme
    Le retour des sorciers - Michel Leroux
    Salutl'artiste : Michael Rakowitz, par Nicola Setari
    Bonjour l'ancêtre : Balzac, par Pierre Chédeville
    Un objet : Balles et ballons, par Robert Damien
    Symptômes : Roger Planchon ; Plate-formes ; Francophonie ; Scribouille ; Métro ; Samizdats
    Pense-Bête - Régis Debray

  • Antifrançais, l'Américain ? - Jeffrey Mehlman
    L'art à l'épreuve de ses médiations - Nathalie Heinich
    Tchekhov, la scène et nous - Régis Debray
    Plus belle la vie - Julien Pasteur
    Les dieux ont soif - Michel Leroux
    Cambodge : quel traitement du trauma ? - Daniel Bougnoux
    Quand le christianisme a changé le monde - René Nouailhat
    Trinité, mathématiques et infini - Jean Yves Chevalier
    Pense-bête - Régis Debray
    Salut l'artiste : Pedro Almodóvar, par Thomas Steinmetz
    Bonjour l'ancêtre : Robida, par Michel Thiébaut
    Un concept : L'homme-fracture, par Pierre Chédeville
    Symptômes : Obama ; Bauman ; L'école ; La Pléiade
    Un objet : Éloge du rasoir, par Robert Damien

  • L'argent maître ?
    1,17 euro - Régis Debray
    Bon serviteur et mauvais maître - Paul Soriano
    OMNIPRÉSENCE
    Plaidoyer pour l'argent - Charles-Henri Filippi
    Du monothéisme comme monopole - Philippe Simmonot
    De l'or à l'art - Michel Melot
    Flaubert : entre l'usure et la saisie - Jacques Lecarme
    NUMÉRIQUE
    1929-2009 - François Lenglet
    Excel : les matrices de l'argent - Pierre d'Huy
    L'hypermonnaie - Marc Guillaume
    De l'electrum à l'électron - François-Bernard Huyghe
    Retour au réel - Jean-Paul Tchang
    Démonétiser l'identité numérique - Michel Arnaud
    SOCIÉTÉ
    Christian Baudelot - Alain Corneau - Teresa Cremisi - Jean-Paul Escande - Charles-Henri Filippi - Jean-François Kahn - Henri de Maublanc- Jean-Robert Pitte - Michel Platini - YazidSabeg - Henri Weber.

  • Bonjour Roland Barthes
    Les empreintes, non l'emprise - Daniel Bougnoux
    Incarnations - Françoise Gaillard
    Du signe à la trace - Louise Merzeau
    L'argent domestiqué - Paul Soriano
    Courrier électronique - Emmanuel Cauvin
    Dandy ou snob, choisissez - Pierre Chédeville
    Paul Valéry : l'esprit par la main - Valérie Deshoulières
    L'apprenant digital -Torsten Meyer
    Pense-bête - Régis Debray
    Salut l'artiste : Jean-Marie Fadier, par Monique Sicard
    Un concept : Influence, par François-Bernard Huyghe
    Symptômes : Brando et Presley ; De Palma ; Gordon Brown ; Denis Vasse ; Jacques Julliard ; Chalon-dans-la-rue
    Un objet : La bagnole, par Christian Cavaillé

  • Après l'ordre du livre, par Patrick Bazin

    Le projet Google de bibliothèque universelle a été vécu par les autorités françaises comme un défi à relever. Mais ces réactions fort légitimes ne sauraient nous faire oublier que le passage de l'ordre du livre à l'ordre numérique, qui bouleverse les notions d'oeuvre, d'auteur, de lecteur et de savoir, est un changement de monde.

    Patrick Bazin est directeur de la Bibliothèque municipale de Lyon.
    Dernier livre paru: Les vingt-cinq ans de la BPI (Paris, BPI - Centre Pompidou, 2003).

    Profane et sacré en République, par Pierre Nora

    Pierre Nora a bien voulu publier dans Médium l'allocution qu'il a prononcée le 14 mars 2005, sous la coupole, à l'occasion de la commémoration du centenaire de la loi de 1905, confiée aux soins de l'Académie des sciences morales et politiques.

    Pierre Nora, de l'Académie française, a fondé en 1980 la revue Le Débat qu'il dirige depuis. Derniers livres parus: Michelet, historien de la France (Paris, Gallimard, 1999); Discours de réception à l'Académie française et réponse de René Rémond (Paris, Gallimard, 2002); Le Débat, Mémoire et identités juives dans la France contemporaine. Les grands déterminants (Paris, n°131, sept-oct 2004).

    Le moi par la lettre: de Platon à Tati, par François-Bernard Huyghe

    L'apparition du moi dans l'histoire des mentalités est classée
    fait culturel. Celle du transport à distance des missives,
    fait technique. Mais comment saluer l'émergence littéraire de l'intime sans rendre sa juste gloire au facteur?

    François-Bernard Huyghe enseigne à HEC et à l'École de guerre économique. Dernier livre paru avec Édith Huyghe : Les Routes du tapis (Paris, Gallimard, coll. « Découvertes », 2004).

    Qu'est-ce qu'une épidémie?, par Jean-Paul Escande

    Les phénomènes d'épidémies symboliques, les contagions mythiques, les projections incontrôlées de modèles de comportement, illustrent au premier chef la question médiologique (Comment une idée devient-elle force matérielle?). D'où l'intérêt pour nous, au-delà de ces métaphores, d'une mise au point rigoureuse sur la notion proprement médicale d'épidémie, par un homme de l'art.

    Jean-Paul Escande est diplômé d'immunologie à l'Institut Pasteur, ancien professeur de dermato-vénérologie à l'hôpital Cochin-Tarnier. Il a été l'élève du biologiste René Dubos et du physicien Pierre Auger. Dernier livre paru: Des cobayes, des médailles, des ministres (Paris, Max milo Editions, 2003).

    Du personnage comme médium, par Régis Burnet

    Aide-mémoire, facilitateur de récit, moyen pour une idée de faire image, le personnage, qu'il soit historique ou légendaire, a une puissance de transmission incomparable. Sans Marie-Madeleine, pas de Da Vinci code. Un rappel à longue portée, déclinable sur plus d'un registre.

    Régis Burnet est ancien élève de l'Ecole normale supérieure et docteur en sciences religieuses. Son dernier livre: Marie-Madeleine, de la pécheresse repentie à l'épouse de Jésus (Paris, Cerf, 2004).

    A quoi bon connaître les religions?, par François Boespflug

    La notion d'enseignement du fait religieux dans l'école laïque a été récemment entérinée par le législateur (amendement Brard).
    Elle suscite encore quelques réticences tant chez les rationalistes
    que chez les clercs. On dénonce alors un cheval de Troie, tantôt du mysticisme dans l'enceinte du savoir, tantôt du relativisme dans l'enceinte du dogme. Un professeur d'histoire des religions à l'université Marc-Bloch de Strasbourg répond à ces inquiétudes.

    François Boespflug est professeur d'histoire des religions à l'université Marc-Bloch à Strasbourg. Le présent texte est la partie centrale d'une contribution à une conférence de l'université de Liège (décembre 2003) publiée par la Société belgo-luxembourgeoise d'histoire des religions (9, 2004, pp. 7-19).

    L'art à l'estomac, ou l'anti-Malraux, par Régis Debray

    On trouvera ici la transcription d'une intervention orale, dans le cadre d'un séminaire mensuel de médiologie. Elle enchaîne sur les réflexions déjà publiées de Michel Melot, ancien directeur de l'Inventaire de France, louant la lucidité esthétique d'André Malraux.

    Régis Debray est philosophe et écrivain. Son dernier livre paru : Les Communions humaines. Pour en finir avec la « religion » (Paris, Fayard, 2005).

    Ce que la science doit à la sorcellerie, par Bruno Lavillatte

    L'autorité de « la magie naturelle », jusqu'à la Renaissance, reposait sur la preuve par l'ancienneté. Désenchanter le monde, c'est changer le régime d'autorité, du lu vers le vu ; et donc nier le livre comme dépôt de vérité. C'est à ce « délestage médiologique » qu'a procédé la toute nouvelle science expérimentale.

    Bruno Lavillatte est ancien professeur de philosophie (spécialiste de la Renaissance) et poète. Dernier livre paru : Karukéra, éditions du Cygne, préfacé par Alain Borer.

    Les deux mémoires de l'esclavage, par Gérard Barthélémy

    Que reste-t-il de l'esclavage dans la mémoire des anciens esclaves ? Et dans celle des anciens maîtres ? Les deux sortes de traces ne peuvent se rencontrer. À partir du cas haïtien, une approche anthropologique d'un douloureux divorce, aux effets toujours sensibles.

    Gérard Barthélemy, anthropologue et économiste, ancien attaché culturel en Amérique latine et professeur à l'université de Port-au-Prince (1988-1991), est l'auteur notamment de L'Univers rural haïtien. Le pays en dehors (Paris, L'Harmattan, 1991), et de Créoles-Bossales: Conflit en Haïti (Guadeloupe, Ibis rouge Éditions, 2000).

    Le magnétophone et l'nathropologue, par Jack Goody

    Comment se fabrique le regard ethnographique ? L'anthropologue anglais Jack Goody, auteur du célèbre « La Raison graphique »
    (The Domestication of Savage Mind, Paris, Minuit, 1979), prend au sérieux les outils de transcription des mythes, et leurs incidences sur la perspective structuraliste. Une approche empirique, qui tire à conséquence.

    Jack Goody est professeur honoraire à l'université de Cambridge. Traduction et présentation de Maxime Drouet, doctorant en sociologie (EHESS)

    BONJOUR L'ANCÊTRE
    Ici, contre l'amnnésie et la désinvolture, un médiologue d'aujourd'hui célèbre un maître d'hier oublié ou méconnu.

    L'abbé Grégoire, avec Robert Dumas

    Fils d'un tailleur, Grégoire est né dans une famille modeste le 4 décembre 1750, à Vého, un village de la province des Trois-Évêchés qui jouxte la Lorraine. Il a été élevé dans la foi catholique et a poursuivi d'excellentes études au collège des jésuites de Nancy.
    Après la suppression de la Compagnie par l'édit royal de 1768, il entre à la nouvelle université de Nancy, il étudie la théologie et la philosophie à Metz de 1769 à 1771 et à Pont-à-Mousson de 1771 à 1774. Enfin, sa dernière année accomplie au séminaire de Metz, il est ordonné prêtre en 1775. Vicaire à Château-Salins, puis à Marimont-la-Basse, il est nommé curé des paroisses d'Emberménil et de Vaucourt le 15 avril 1782. Esprit pieux mais libre, le jeune ecclésiastique découvre les préjugés du monde paysan. Homme des Lumières mais aussi homme de foi, il prêche l'Évangile tout en combattant l'obscurantisme qui abrutit le peuple et entrave les progrès de l'agriculture. Il participe à la rédaction des cahiers de doléances de sa paroisse d'Emberménil puisque la défense des idées politiques nouvelles n'est que l'accomplissement de sa mission religieuse.
    Élu à la Constituante en 1789, il prend activement part au processus révolutionnaire jusqu'à la Convention. Prêtre patriote, il perçoit dans les événements politiques le souffle de Dieu qui les inspire.
    Curé député, il lutte contre l'ordre inique de l'Ancien Régime et contre la monarchie qu'il déteste. D'ailleurs absent lors du vote de la mort du roi, il aura été un régicide d'intention. Évêque de Blois, il reste l'apôtre de la liberté et de l'égalité tout en devenant l'une des têtes pensantes du clergé constitutionnel. Sa vie durant, il restera fidèle à la Constitution civile du clergé. Militant et théoricien, homme d'action et de réflexion, l'abbé Grégoire offre un profil surprenant parce que paradoxal : celui d'un prêtre engagé dans la Révolution, celui d'un révolutionnaire parce que prêtre.

    Robert Dumas est professeur de philosophie à Annecy.

    SALUT L'ARTISTE
    Ici, contre modes et paresses, un coup de projecteur éclaire un coin d'ombre
    dans la forêt des formes actuelles.

    Jean Le Gac

    Pour qui y se prend, çui-là ? Un prof de dessin qui joue au démiurge canonisé ! Voyez-vous ça. On met en scène, en belle compagnie, ses Adieux à l'art aux Gobelins de Beauvais (jusqu'au 18 septembre 2005), et pour faire bonne mesure, on a déjà logé ses collections au musée Jean-Le Gac (avenue Gambetta, 75020 Paris). Et puis quoi encore ?

    Jean Le Gac est né le 6 mai 1936 à Alès (Gard). Il expose régulièrement en France à la galerie Daniel Templon à Paris depuis 1970, à la galerie Issert à Saint-Paul-de-Vence, de 1982 à 1994.
    Il est représenté en Allemagne par la galerie Brigitte March à Stuttgart.
    Principales expositions : 36e Biennale internationale d'art de Venise (1972); Israel Museum de Jérusalem (1974); Documenta 5 et 6 de Kassel (1972 et 1977); Centre Georges-Pompidou (1978); ARC, musée d'Art moderne de la Ville de Paris (1984) ; Museum Het Valkof de Nimègue (2002); Château de Villeneuve-de-Vence (2002-2003); et dans de nombreuse galeries à travers le monde.
    Monographies: Catherine Francblin, Jean Le Gac (Paris, Art Press/Flammarion, 1984); François Cheval et Ann Hindry, Jean Le Gac par Jean Le Gac (Paris, Cercle d'Art, 1992); Anne Dagbert, Jean Le Gac (Paris, Fall, 1998).

    UN CONCEPT
    Un peu de logique s'il vous plaît. Place à une notion fondamentale et fondatrice sévèrement résumée. Parce que la médiologie ne se sait pas science, elle s'exige rigueur et cohérence.

    Médiasphère

    S'entend par ce mot la sphère de circulation des traces et des individus techniquement déterminée par les modes de transport dans l'espace et dans le temps prévalant à un moment donné de l'histoire.

    ACTUALITÉ

    Régis Debray, A bout de souffle, l'Europe?

    L'Europe au sens fort sera dramatique ou ne sera pas. Pour l'heure, le sens faible a le dessus. Quiconque a pu réfléchir, en médiologue, au devenir-force des idées et connaît ce qu'il faut de « grand récit » pour donner corps à une personnalité collective accueillera cette évolution avec le calme des vieilles moustaches. Tenu par nos délais d'impression mais désireux d'éclairer l'équivoque, on a choisi de publier ici tel quel le texte d'une intervention faite à Berlin au début de 2001, en réponse au malaise (déjà) suscité dans l'opinion d'alors par les «maigres résultats» du traité de Nice. Elle n'engage, bien sûr, que son auteur.
    Le titre était : Après Nice, l'Europe à bout de souffle ? Quitte à lui substituer, quatre ans plus tard, un Après le référendum, on ne voit pas de raison aujourd'hui de redire autrement la même chose.


    SYMPTÔMES
    Ici, chacun s'en donne à coeur joie et à compte propre sur tel ou tel sémaphore de l'esprit du temps.

    Le haut débit des télécorps, par Monique Sicard. Centre de recherche sur les arts et le langage de l'EHESS.

    Vidéopéra et Lemming, le lemme de Dominik Moll , par Daniel Bougnoux. Responsable de la publication des oeuvres romanesques complètes d'Aragon dans la Bibliothèque de la Pléiade (Gallimard).

    La peine et la panne, par Antoine Perraud. Producteur à France Culture et journaliste à Télérama.

  • Médium n°10, janvier-mars 2007

    Collectif

    • Medium
    • 21 Décembre 2016

    Les nouvelles hybrides Paul Soriano p. 5 Glissements progressifs de l'autorité Daniel Bougnoux p. 27 Logistiques de l'écrit Yves Jeanneret p. 41 Le livre déplié Michel Melot p. 51 Après le journal, les journalistes Pierre Assouline p. 67 Inondation médiatique et presse écrite Jean-Marie Charon p. 79 Laisser dire, laisser passer France Renucci p. 93 La relation épistolaire Paul Oraison p. 106 Truffaut, homme de lettres Régis Debray p. 122 Le cauchemar de Proust Pierre-Marc de Biasi p. 127 Défaut de correspondances Jacques Lecarme p. 138 La sacoche du facteur Marc Pontet p. 153 Vos papiers ! Daniel Perrin-Dinville p. 165 Le désordre du discours Jean-Rémi Gratadour p. 171 Paroles d'entreprises Jeanne Bordeau p. 182 Bonjour l'ancêtre François de Neufchâteau avec Robert Damien p. 197 Salut l'artiste Louise Merzeau p. 207 Un concept Logistique par Paul Soriano p. 215 Symptômes Deux regards sur Quartett ; Cyrano ; La lettre au cinéma ; Saint Paul ; La Croix p. 225

  • Le médiologue et les médias, par Régis Debray

    Paradoxe : c'est Le Débat qui parle médias, non Médium. Pourquoi ce chassé-croisé, entre une excellente revue généraliste qui consacre deux numéros au médiatique contemporain et une non moins bonne revue médiologique qui sur le sujet reste discrète, et moins portée aux vues d'ensemble ? Parce que la médiologie s'occupe des médiations, dans l'histoire longue, dont nos actuels mass-médias sont un cas de figure - parmi d'autres. Une mise au point.

    Régis Debray, dernier livre paru, Supplique aux nouveaux progressistes du XXIe siècle, Gallimard, 2006


    Maudits médias, par Daniel Bougnoux

    Sur la question des médias, décidément ressassée, interminable, la médiologie ne snobera pas le débat. L'objet-média, celui qu'on aime haïr, mal dit, maudit, nous réserve encore des surprises, et d'improbables envies : on y revient toujours, tous nos chemins s'y croisent mais personne n'aura, à l'ombre de ce marronnier médiatique, le dernier mot.

    Daniel Bougnoux est professeur émérite en sciences de la communication à l'université Stendhal de Grenoble.

    Du musée de l'Homme au quai Branly, par Patrick Prado

    Il y a quelque chose de pourri au royaume des objets d'art - rêverait peut-être un Hamlet d'aujourd'hui, en allant et venant entre un musée qui ferme et un autre qui s'ouvre, le Trocadéro et le quai Branly, ou encore entre les réserves en sous-sol et les salles d'apparat. Un voyage à travers les limbes de la transmission contemporaine pose la question préjudicielle : qu'est-ce qui distingue un objet d'exposition d'un objet tout court ? Les « arts » de «l 'Art » ?

    Patrick Prado (art vidéo - cnrs) à la poursuite des gens et des objets abandonnés, prospecteur de secrets bien gardés dans les greniers de l'enfance.

    Le « dialogue interreligieux » : une formule creuse ?, par Jean-Christophe Attias

    La formule est à la mode. Elle répond à un désir sincère de nos églises, et sans doute à un besoin vital de nos civilisations. Mais si l'on sait pourquoi dialoguer, encore faut-il savoir comment, à quelle fin, et sur quoi au juste. Chercheur rigoureux, l'auteur de ces lignes, historien du judaïsme médiéval, remet l'actualité en perspective, sans ménagements superflus.

    Jean-Christophe Attias est directeur d'études à l'EPHE, spécialiste du judaïsme médiéval. Il est l'initiateur avec Esther Benbassa du « Pari(s) du Vivre-Ensemble » (19-26 mars 2006). Dernier ouvrage publié : Juifs et musulmans. Une histoire partagée, un dialogue à construire, Paris, La Découverte, 2006 (dir., avec Esther Benbassa).

    Un lieu médium : l'église de la Madeleine, par Albert Lévy

    Les églises, lieux de prières ? Oui, mais aussi des enjeux pour l'autorité. Ces médiums de pierres peuvent se lire comme d'exemplaires machines à faire croire, logiquement convoités par les pouvoirs séculiers. L'église de la Madeleine en fait partie. Une visite des lieux.

    Albert Lévy est architecte, chercheur CNRS, ses recherches portent sur le projet architectural et urbain. Dernier livre paru : Les machines à faire-croire, I-Formes et fonctionnements de la spatialité religieuse, Anthropos/Economica, Paris, 2003. En préparation, La Madeleine et le Panthéon, Les machines à faire-croire, II-Pouvoir de l'espace pouvoir de l'image, Anthropos/Economica (à paraitre fin 2006)

    Faisons un rêve : l'uniforme à l'école, par Daniel Faivre

    Un témoignage sur le vif, doublé d'une proposition aussi pertinente qu'impertinente. À l'occasion d'un jumelage avec un lycée cambodgien, un professeur de Courbevoie découvre le fossé des mentalités, entre deux jeunesse de même génération, notamment autour de l'uniforme scolaire. Et si on osait...

    Daniel Faivre, né avec la seconde guerre mondiale, est professeur de français engagé en 1968, longtemps responsable local du SNES. Itinéraire varié, du lycée Saint-Louis aux collèges de banlieue et auteur d'ailleurs d'un essai sur ceux-ci : Ta Mère Point Com.

    Une technique de transmission : le secret, par François-Bernard Huyghe

    Si toute transmission exige un corps spécialisé, les sociétés secrètes constituèrent historiquement le noyau dur de celui-ci. Mais le secret est aussi le sel de nos vies : être un sujet (moral, psychologique, politique), c'est avoir des secrets. Il est donc logique que nos sociétés dites d'information accordent un pouvoir croissant à toutes sortes de secrets, économiques, stratégiques, scientifiques, bancaires... La transparence des affaires humaines n'est pas pour demain.

    François-Bernard Huyghe est docteur d'État en Sciences Politiques, habilité à diriger des recherches en sciences de l'information et communication. Il intervient comme formateur et consultant. Dernier livre paru : Comprendre le pouvoir stratégique des médias, Eyrolles, septembre 2005.

    Espace et politique en Afrique du Sud, par Johann Rossow

    Gouverner, c'est toujours relever le défi des distances à franchir. Et la communication commence avec la domination et l'unification de diverses espèces d'espaces. Dans un pays aussi étendu que l'Afrique du Sud, réunir et tenir séparés (par l'apartheid) différents groupes ethniques a supposé, depuis les débuts de la colonisation, une gestion très matérielle de la distance.

    Johann Rossow est rédacteur du Die Vrye Afrikaan, mensuel qui édite l'edition sud-africaine du Monde diplomatique, philosophe, écrivain et traducteur.

    Le baptême des morts : une transmission rétroactive, par Bernadette Rigal-Celard

    Les recherches généalogiques des Mormons ont pour finalité d'offrir aux défunts l'accès au salut en leur administrant un baptême par procuration. Comme chaque baptisé doit être rigoureusement nommé, l'Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours a entrepris de microfilmer ou d'enregistrer tous les documents écrits ou sonores permettant d'identifier jusqu'à l'humanité tout entière. Au-delà du pittoresque américain, une illustration des liens entre nouvelle spiritualité et nouvelles technologies.

    Bernadette Rigal-Cellard est spécialiste des religions nord-américaines, professeur à l'Université Michel de Montaigne-Bordeaux 3 (UFR des Pays Anglophones). Elle y est responsable du Master interdisciplinaire « Religions et sociétés ».

    Vitalité du théâtre anglais, par Nicole Boireau

    Le théâtre se porte assez bien au pays de Shakespeare. Mieux qu'en France ? Si juger, en art, c'est comparer, rien de plus opportun qu'un parallèle entre les prestiges et la popularité de l'écriture dramatique en Grande-Bretagne et leur équivalent dans l'hexagone. Une leçon de réalisme, voire d'humilité.

    Nicole Boireau est professeur de langue et littérature anglaise à l'université Paul Verlaine-Metz. Dernier livre paru : Théâtre et société en Angleterre dans les années 1950 à nos jours, PUF, Paris, 2000.

    Valéry et le devoir de fiction, par Joël Loehr

    Sans le secours de fictions, il n'est pas d'ordre civilisé qui tienne. On savait déjà Valéry médiologue, mais rappelons qu'il n'a pas seulement annoncé « l'ère de l'ubiquité ». Les communautés, dit-il, sont imaginaires ou ne sont pas, et chaque fiction appelle son monument approprié de coordination. « L'ère du fait » n'est-il pas fatal à l'union politique de l'Europe ?

    Joël Loehr est chercheur associé à Paris III.



    BONJOUR L'ANCÊTRE
    Ici, contre l'amnnésie et la désinvolture, un médiologue d'aujourd'hui célèbre un maître d'hier oublié ou méconnu.

    Marshall Mc Luhan, avec Catherine Bertho-Lavenir

    Dans toutes les familles il y a un aïeul un peu excentrique dont on ne sait trop s'il fait honneur à la lignée ou s'ils est légèrement embarrassant. C'est le cas de Marshall Mc Luhan. On reproche bien souvent à l'auteur de La Galaxie Gutenberg 1 et de Pour comprendre les médias 2 un goût pervers pour le mélange des disciplines ainsi qu'un coupable penchant pour des formes d'écriture non académiques. Pourtant si, à l'orée des années 1960, il séduisait ingénieurs et historiens, informaticiens en herbe et télécommunicants en devenir, c'est pour une autre raison. Dans des sociétés confrontées à l'irruption des technologies de la communication, ses livres successifs s'ordonnaient peu à peu en une bible foisonnante et baroque, fondée sur l'idée forte que la technique devrait être replacée au coeur de la réflexion sur l'histoire des sociétés. Idée que ne réfuterait aucun médiologue qui se respecte. Cependant, de livre en livre, Marshall Mc Luhan s'est forgé chez les gens de bien une image déplorable. Ce Canadien iconoclaste a franchement exagéré : affirmer sans broncher que le « message, c'est le massage 3 » et soutenir que le contenu des livres n'a aucune importance en a choqué plus d'un. D'où cette mauvaise réputation. Le procès pourtant ne mérite-t-il pas d'être réinstruit ?

    Catherine Bertho-Lavenir est, avec Frédéric Barbier, l'auteur d'une Histoire des médias, de Diderot à Internet, chez Armand Colin (dernière édition 2004). Professeur d'histoire contemporaine à l'Université Paris III-Sorbonne nouvelle, elle va occuper, à partir de septembre 2006, la chaire « Étude de la France contemporaine » à l'université de Montreal.


    SALUT L'ARTISTE
    Ici, contre modes et paresses, un coup de projecteur éclaire un coin d'ombre
    dans la forêt des formes actuelles.

    Andy Goldsworthy par Daniel Bougnoux

    Andy Goldworthy est né en Angleterre en 1956. Il est établi depuis 1986 à Penpont, en Écosse. Son travail, réalisé dans des lieux aussi divers que le Pôle nord, le désert australien, le Japon ou la ville de Digne (Alpes de Haute-Provence), a fait l'objet de nombreuses expositions, notamment sur les toits du Metropolitan et du Jewish museum de New York. La galerie Lelong, à Paris, l'a exposé en 2006 pour la troisième fois.
    Le film Rivers and tides (2005) est disponible en DVD. Un ouvrage, Passage (2004, Anthèse. 30, avenue Jean Jaurès. 94117 Arcueil) donne également une riche présentation de son oeuvre.



    UN CONCEPT
    Un peu de logique s'il vous plaît. Place à une notion fondamentale et fondatrice sévèrement résumée. Parce que la médiologie ne se sait pas science, elle s'exige rigueur et cohérence.

    Représentation

    Représenter implique généralement l'extraction d'un schème à partir d'un territoire et sa transposition dans un autre monde - dont les matériaux, les supports ou l'élément sont plus diaphanes ou faciles à manier - appelé carte ; cette opération de substitution ou d'allègement tient nos deux termes fermement séparés de part et d'autre de la « coupure sémiotique » : le signe n'est pas la chose, le mot chien ne mord pas - non plus que son image d'ailleurs. Et « ceci n'est pas une pipe » (vous ne pouvez pas la fumer). Cette coupure qualifie donc l'accès au symbolique, soit un certain propre de l'homme.


    SYMPTÔMES
    Ici, chacun s'en donne à coeur joie et à compte propre sur tel ou tel sémaphore de l'esprit du temps.

    Défense et illustration du cycliste et du piéton, par Gaspard-Marie Janvier
    Gaspard-Marie Janvier. est écrivain.

    Libraires télégéniques : la fonction « coup de coeur », par Guillaume Zorgbibe. Guillaume Zorgbibe est doctorant en philosophie politique à Paris IV-Sorbonne, membre associé du groupe de recherche ETOS de l'INT-Management et éditeur aux Éditions du Sandre.

    Injustes radars, par Maurice Sachot
    Maurice Sachot est professeur en sciences de l'éducation à l'université Marc Bloch (Strasbourg).

    Pinault Show, par Daniel Bougnoux

    Hamlet en une heure vingt, par Daniel Bougnoux

    Correspondance : pour un courrier des lecteurs ?, par Gilles Clamens et Antoine Perraud

  • Médium n°7, avril-juin 2006

    Collectif

    • Medium
    • 21 Décembre 2016

    Le terrorisme et l'espoir André Malraux 3
    Vérité médiatique, erreur historique : Sartre Jacques Lecarme 11
    Le sacré, une force quantifiable ? Albert Assaraf 27
    Tradition et traduction : la modernité japonaise Nobutaka Miura 44
    La vaporisation de la valeur Paul Soriano 58
    Un véhicule littéraire : le tramway Wolfram Nitsch 79
    Un gaullisme intransmissible Bruno Lavillatte 96
    Du rite comme oeuvre : l'art contemporain Michèle Fellous 106
    Vitalité de théâtre anglais Nicole Boireau 117
    Un contretemps nommé Mozart Régis Debray 132
    Bonjour l'ancêtre Gabriel Naudé, avec Robert Damien 140
    Salut l'artiste Philippe Hurteau, par Louise Merzeau 152
    Un concept L'Origine 162
    Symptômes 4x4 ; Pas d'souci ; Poésie ? ;
    Berlusconi ; Carictures ; Mesguich 170

  • Médium n°2, janvier-mars 2005

    Collectif

    • Medium
    • 4 Novembre 2016

    Le Coran ou la fabrication de l'incréé, par Alfred-Louis de Prémare

    Le Livre des musulmans se distingue de celui des juifs et des chrétiens en ce qu'il consigne la parole même de Dieu, révélée au prophète dans la « Nuit du destin » par l'entremise de l'ange Gabriel. En réalité, la « descente » du Coran, que la tradition appelle « incréé », est inséparable d'un long travail d'inscription, de sélection et de composition, où se prouve une fois de plus que transmettre et créer ne font qu'un. De quoi faire trembler, diront les timides, les colonnes de la mosquée...Alfred-Louis de Prémare est professeur émérite à l'université de Provence. Il est l'auteur de Les Fondations de l'islam. Entre écriture et histoire, Paris, Seuil, 2002, et de Aux origines du Coran, questions d'hier, approches d'aujourd'hui, Paris, Téraèdre, 2004.

    Plaidoyer pour un Dieu silencieux, par Albert Assaraf

    Une analyse pragmatique de l'énoncé « Dieu a dit Z » met en évidence les désastres causés par le mot Dieu, comme l'attestent nos fondamentalismes et fanatismes. Admettons la voix, mais gardons-nous de ventriloquer « Dieu ».

    Albert Assaraf, est historien des religions et informaticien.

    La B.D., nouveau fléau monothéiste ?, par René Nouailhat

    Il y a ceux qui vivent selon la parole de Dieu, et qui étouffent. Il y a ceux qui vivent sans Dieu, et qui ressentent parfois un certain vide. Un médiologue propose une troisième voie : que le Très-Haut nous aide, mais en silence


    À propos d'un héritage « structuralo-marxiste », par François Maspero (décembre 2004)

    Les maisons d'édition sont des filières de transmission. Notre génération politique, littéraire et théorique, ses espérances, ses découvertes, ont une dette envers François Maspero. Fondateur, en 1959, des éditions du même nom, il en est parti sans indemnités, et en faisant don de ses parts, en 1982. Les Éditions La Découverte lui ont alors succédé. Un bref rappel généalogique, pour combler d'éventuels trous de mémoire... (R.D.)

    François Maspero est écrivain (derniers livres : Balkans-Transit et Les Abeilles et la Guêpe, Seuil, 1997 et 2002) et traducteur.


    Sur l'affaire du Temple solaire, par Régis Debray

    Quels rapports y a-t-il entre des écrits ésotériques et des actes de sang, en l'occurrence des suicides collectifs ? Quels effets concrets, les idées abstraites ? Question morale (celle de « la responsabilité de l'écrivain »), mais aussi typiquement médiologique « l'efficacité symbolique ». C'est pourquoi il a paru opportun de publier la réponse à la demande de maître Szpiner, dans l'affaire, jugée en appel, du Temple solaire (Grenoble, juin 2005).

    Régis Debray est philosophe, écrivain. Son dernier livre paru est Les Communions humaines, Pour en finir avec la religion (Paris, Fayard, 2005).


    Einstein : célèbre par malentendu, par François de Closets

    Les quiproquos, moteurs de transmission... La gloire est une célébrité involontaire, et qui résiste. Le cas Einstein en témoigne : les gloires les plus durables ne se fabriquent pas médiatiquement. Elles se tissent méthodologiquement dans le dos des glorifiés.

    François de Closets est journaliste scientifique et écrivain. Cette réflexion fait suite à la rédaction d'une biographie d'Albert Einstein, Ne dites pas à Dieu ce qu'il doit faire, Seuil, 2004.

    Heurs et malheurs de l'écrivain haïtien, par Léon-François Hoffmann

    Transmettre, c'est aussi écrire et lire - ce qui ne va pas de soi partout. Dans quelle langue ? Au bénéfice de quelles classes ? Avec quelles stratégies et pour quel public ? Le cas d'Haïti, nation paradoxalement littéraire - qui marie illettrisme et sophistication -, nous rappelle les difficultés de l'exercice en société orale et créolophone.

    Léon-François Hoffmann est professeur émérite au département des littératures française et italienne de l'université de Princeton. Auteur de plusieurs livres sur le romantisme et sur la littérature et la culture haïtiennes, il a coordonné récemment l'édition critique des oeuvres complètes de Jacques Roumain aux Éditions Archivos.

    Le premier geste, par Dominique Naert

    Comment se transmet une compétence manuelle ? Par une initiation, qui a sa clé dans « le premier geste », propre à chaque métier, où la transformation du matériau ne fera qu'un avec celle du jeune apprenti.

    Un maître maçon, Dominique Naert, compagnon du Devoir, s'en explique ici. C'est un disciple de Paul Feller, père jésuite fondateur de la Maison de l'outil et de la pensée ouvrière (à Troyes), qui apprit le métier de forgeron à l'âge de quarante-deux ans.Dominique Naert est président de l'Association des amis de Paul Feller.

    Quels arts de masse ?, par Louise Merzeau

    La production des oeuvres a toujours été dépendante de ses moyens techniques, et la notion d'art de masse ne doit pas nous cacher la différenciation des publics et les détournements culturels auxquels elle donne lieu. Voici donc la réponse d'une médiologue à Roger Pouivet (« Sur l'art de masse »).

    Louise Merzeau est maître de conférences en sciences de l'information et de la communication à Paris X et photographe. Elle vient de publier Au jour le jour, un album de photographies précédé d'un entretien avec Jean Baudrillard (Descartes & Cie, 2004).


    BONJOUR L'ANCÊTRE
    Ici, contre l'amnnésie et la désinvolture, un médiologue d'aujourd'hui célèbre un maître d'hier oublié ou méconnu.

    Michel de Certeau, par Marc Guillaume

    Marc Guillaume est professeur à l'université Paris-Dauphine, membre du Cercle des économistes. Ces travaux de recherche concernent l'économie des réseaux et de la santé


    SALUT L'ARTISTE
    Ici, contre modes et paresses, un coup de projecteur éclaire un coin d'ombre
    dans la forêt des formes actuelles.

    Pierre-Marc de Biasi

    Pierre-Marc de Biasi est artiste plasticien et chercheur au CNRS. Ancien élève de l'ENS, agrégé des lettres (1976), il est directeur de recherche à l'Institut des textes et manuscrits modernes. Parallèlement à son cursus littéraire, Pierre-Marc de Biasi a suivi une formation en sculpture et architecture (ENSBA, Paris, 1973-1976) et en histoire de l'art (agrégation des arts plastiques, Saint-Charles, Paris, 1977). Depuis 1977, ses travaux ont été présentés, en musée et en galerie, dans une cinquantaine d'expositions personnelles ou collectives en France et à l'étranger.

    UN CONCEPT
    Un peu de logique s'il vous plaît. Place à une notion fondamentale et fondatrice sévèrement résumée. Parce que la médiologie ne se sait pas science, elle s'exige rigueur et cohérence.

    Technique

    Technique n'est pas à confondre avec mécanique ni même avec matériel (à côté des « techniques du corps », voir Marcel Mauss, il y a les « technologies intellectuelles », voir Pierre Lévy). Peut être qualifiée de technique, en général, toute compétence, performance ou invention qui n'est pas inscrit dans le programme génétique de l'espèce.

    SYMPTÔMES
    Ici, chacun s'en donne à coeur joie et à compte propre sur tel ou tel sémaphore de l'esprit du temps.


    Flash Mobs, par Éliane Burnet
    Directrice de philosophie de l'université de Savoie.

    Extérieur nuit, par Catherine Bertho-Lavenir
    Professeur d'histoire contemporaine à l'université Paris III-Sorbonne nouvelle.

    Centenaires par Antoine Perraud
    Producteur à France Culture et journaliste à Télérama

    Le médiateur et le médiologue, par Arnaud Guigue
    Agrégé de philosophie, enseigne l'esthétique à l'université Paris 3

  • Médium n°6, janvier-mars 2006

    Collectif

    • Medium
    • 15 Janvier 2018

    Nouveaux pouvoirs
    Nouvelles servitudes

  • Médium n°3, avril-juin 2005

    Collectif

    • Medium
    • 4 Novembre 2016

    Le Coran ou la fabrication de l'incréé, par Alfred-Louis de Prémare

    Le Livre des musulmans se distingue de celui des juifs et des chrétiens en ce qu'il consigne la parole même de Dieu, révélée au prophète dans la « Nuit du destin » par l'entremise de l'ange Gabriel. En réalité, la « descente » du Coran, que la tradition appelle « incréé », est inséparable d'un long travail d'inscription, de sélection et de composition, où se prouve une fois de plus que transmettre et créer ne font qu'un. De quoi faire trembler, diront les timides, les colonnes de la mosquée...Alfred-Louis de Prémare est professeur émérite à l'université de Provence. Il est l'auteur de Les Fondations de l'islam. Entre écriture et histoire, Paris, Seuil, 2002, et de Aux origines du Coran, questions d'hier, approches d'aujourd'hui, Paris, Téraèdre, 2004.

    Plaidoyer pour un Dieu silencieux, par Albert Assaraf

    Une analyse pragmatique de l'énoncé « Dieu a dit Z » met en évidence les désastres causés par le mot Dieu, comme l'attestent nos fondamentalismes et fanatismes. Admettons la voix, mais gardons-nous de ventriloquer « Dieu ».

    Albert Assaraf, est historien des religions et informaticien.

    La B.D., nouveau fléau monothéiste ?, par René Nouailhat

    Il y a ceux qui vivent selon la parole de Dieu, et qui étouffent. Il y a ceux qui vivent sans Dieu, et qui ressentent parfois un certain vide. Un médiologue propose une troisième voie : que le Très-Haut nous aide, mais en silence


    À propos d'un héritage « structuralo-marxiste », par François Maspero (décembre 2004)

    Les maisons d'édition sont des filières de transmission. Notre génération politique, littéraire et théorique, ses espérances, ses découvertes, ont une dette envers François Maspero. Fondateur, en 1959, des éditions du même nom, il en est parti sans indemnités, et en faisant don de ses parts, en 1982. Les Éditions La Découverte lui ont alors succédé. Un bref rappel généalogique, pour combler d'éventuels trous de mémoire... (R.D.)

    François Maspero est écrivain (derniers livres : Balkans-Transit et Les Abeilles et la Guêpe, Seuil, 1997 et 2002) et traducteur.


    Sur l'affaire du Temple solaire, par Régis Debray

    Quels rapports y a-t-il entre des écrits ésotériques et des actes de sang, en l'occurrence des suicides collectifs ? Quels effets concrets, les idées abstraites ? Question morale (celle de « la responsabilité de l'écrivain »), mais aussi typiquement médiologique « l'efficacité symbolique ». C'est pourquoi il a paru opportun de publier la réponse à la demande de maître Szpiner, dans l'affaire, jugée en appel, du Temple solaire (Grenoble, juin 2005).

    Régis Debray est philosophe, écrivain. Son dernier livre paru est Les Communions humaines, Pour en finir avec la religion (Paris, Fayard, 2005).


    Einstein : célèbre par malentendu, par François de Closets

    Les quiproquos, moteurs de transmission... La gloire est une célébrité involontaire, et qui résiste. Le cas Einstein en témoigne : les gloires les plus durables ne se fabriquent pas médiatiquement. Elles se tissent méthodologiquement dans le dos des glorifiés.

    François de Closets est journaliste scientifique et écrivain. Cette réflexion fait suite à la rédaction d'une biographie d'Albert Einstein, Ne dites pas à Dieu ce qu'il doit faire, Seuil, 2004.

    Heurs et malheurs de l'écrivain haïtien, par Léon-François Hoffmann

    Transmettre, c'est aussi écrire et lire - ce qui ne va pas de soi partout. Dans quelle langue ? Au bénéfice de quelles classes ? Avec quelles stratégies et pour quel public ? Le cas d'Haïti, nation paradoxalement littéraire - qui marie illettrisme et sophistication -, nous rappelle les difficultés de l'exercice en société orale et créolophone.

    Léon-François Hoffmann est professeur émérite au département des littératures française et italienne de l'université de Princeton. Auteur de plusieurs livres sur le romantisme et sur la littérature et la culture haïtiennes, il a coordonné récemment l'édition critique des oeuvres complètes de Jacques Roumain aux Éditions Archivos.

    Le premier geste, par Dominique Naert

    Comment se transmet une compétence manuelle ? Par une initiation, qui a sa clé dans « le premier geste », propre à chaque métier, où la transformation du matériau ne fera qu'un avec celle du jeune apprenti.

    Un maître maçon, Dominique Naert, compagnon du Devoir, s'en explique ici. C'est un disciple de Paul Feller, père jésuite fondateur de la Maison de l'outil et de la pensée ouvrière (à Troyes), qui apprit le métier de forgeron à l'âge de quarante-deux ans.Dominique Naert est président de l'Association des amis de Paul Feller.

    Quels arts de masse ?, par Louise Merzeau

    La production des oeuvres a toujours été dépendante de ses moyens techniques, et la notion d'art de masse ne doit pas nous cacher la différenciation des publics et les détournements culturels auxquels elle donne lieu. Voici donc la réponse d'une médiologue à Roger Pouivet (« Sur l'art de masse »).

    Louise Merzeau est maître de conférences en sciences de l'information et de la communication à Paris X et photographe. Elle vient de publier Au jour le jour, un album de photographies précédé d'un entretien avec Jean Baudrillard (Descartes & Cie, 2004).


    BONJOUR L'ANCÊTRE
    Ici, contre l'amnnésie et la désinvolture, un médiologue d'aujourd'hui célèbre un maître d'hier oublié ou méconnu.

    Michel de Certeau, par Marc Guillaume

    Marc Guillaume est professeur à l'université Paris-Dauphine, membre du Cercle des économistes. Ces travaux de recherche concernent l'économie des réseaux et de la santé


    SALUT L'ARTISTE
    Ici, contre modes et paresses, un coup de projecteur éclaire un coin d'ombre
    dans la forêt des formes actuelles.

    Pierre-Marc de Biasi

    Pierre-Marc de Biasi est artiste plasticien et chercheur au CNRS. Ancien élève de l'ENS, agrégé des lettres (1976), il est directeur de recherche à l'Institut des textes et manuscrits modernes. Parallèlement à son cursus littéraire, Pierre-Marc de Biasi a suivi une formation en sculpture et architecture (ENSBA, Paris, 1973-1976) et en histoire de l'art (agrégation des arts plastiques, Saint-Charles, Paris, 1977). Depuis 1977, ses travaux ont été présentés, en musée et en galerie, dans une cinquantaine d'expositions personnelles ou collectives en France et à l'étranger.

    UN CONCEPT
    Un peu de logique s'il vous plaît. Place à une notion fondamentale et fondatrice sévèrement résumée. Parce que la médiologie ne se sait pas science, elle s'exige rigueur et cohérence.

    Technique

    Technique n'est pas à confondre avec mécanique ni même avec matériel (à côté des « techniques du corps », voir Marcel Mauss, il y a les « technologies intellectuelles », voir Pierre Lévy). Peut être qualifiée de technique, en général, toute compétence, performance ou invention qui n'est pas inscrit dans le programme génétique de l'espèce.

    SYMPTÔMES
    Ici, chacun s'en donne à coeur joie et à compte propre sur tel ou tel sémaphore de l'esprit du temps.


    Flash Mobs, par Éliane Burnet
    Directrice de philosophie de l'université de Savoie.

    Extérieur nuit, par Catherine Bertho-Lavenir
    Professeur d'histoire contemporaine à l'université Paris III-Sorbonne nouvelle.

    Centenaires par Antoine Perraud
    Producteur à France Culture et journaliste à Télérama

    Le médiateur et le médiologue, par Arnaud Guigue
    Agrégé de philosophie, enseigne l'esthétique à l'université Paris 3

  • Médium n°11, avril-juin 2007

    Collectif

    • Medium
    • 15 Janvier 2018

    L'image au soleil Salah Stéti é
    PowerPoint, la rhétorique universelle Pierre d'Huy
    Anatomie d'une agonie : le gaullisme Paul Thibaud
    À propos des sectes Didier Leschi
    L'enfer de la transmission Sadok Hammami
    Lettres d'un moulin sinistré René Nouailhat
    Pour Voltaire Jacques Lecarme
    « Spirou », «Tintin » et « Regulus » Michel Thiébaut
    *
    Secret-défonce, Roger Bensky et Régis Debray
    Tango pour les temps futurs Comédie dansante en 14 tableaux
    *
    B
    onjour l'ancêtre Les Idéologues, avec Robert Damien
    S
    alut l'arti ste Piotr Kowalski, par Monique Sicard
    U
    n concept Tradition, par François-Durand Gasselin
    S
    ymptômes Panthéon ; Du religieux ;
    Noël au balcon ; Mnouchkine ; L'image-événement

  • Médium n°51, avril-juin 2017

    Collectif

    • Medium
    • 15 Janvier 2018

    H. Maurel-Indart et P. Soriano Ouverture p. 5
    Régis Debray E pluribus unum p.8
    icônes et totems
    Françoise Gaillard La Parisienne p.23
    Pierre d'Huy Le Frenchie p.34
    Paul Soriano L'intello p. 43
    Jacques Billard René Descartes p.53
    Michel Melot Paul-Louis Courier p.61
    Pierre Chédeville Alain Delon
    exotismes et charentaises
    Cécilia Dutter La galanterie p.77
    Jean-Yves Chevalier Maths in France p.84
    Mecawet La physique du coin de table p.97
    Jacques Billard Au pays des maîtres p.103
    Jacques Lecarme Les heures sombres p.111
    Paul Soriano Monsieur H. p.125
    Vu d'ailleurs
    Jeffrey Mehlman American graffiti p.137
    Marc Bonnant, réponses, p. 151
    Michel Contat Désir d'histoire p.155
    Maurizio Serra, réponses, p. 165
    Monique Sicard Impressions ferroviaires p.167
    Jean Ziegler, réponses, p.182
    Hélène Maurel-Indart Vu de L'Étranger p.185
    Le Pense-bête de Régis Debray, p.194

  • Ouverture La faiblesse des armes p.4
    Vaincre et convaincre
    François-Bernard Huyghe Clausewitz, réveille-toi ! p.17
    Paul Soriano Notre djihad p.32
    Philippe-Joseph Salazar L'éloquence du massacre p. 48
    Margaux Chouraqui La contamination par l'image p.62
    P.-M. de Biasi et C. Schmelck Les réseaux du chaos p.70
    Jacques Billard L'école de la guerre p.83

  • - Les armes d'Éros (Pierre-Marc de Biasi) L'OBSESSION - Le Kamasutra du péché (Antoine Perraud) - Ève pornocrate (Robert Damien) - Les ciseaux d'Anastasie (François-Bernard Huyghe) - Érôs et Agapè (Pierre Chédeville) - Sur les bancs de l'école (Jacques Billard) HISTOIRES D'OEIL - Photo-Porno (Régis Debray) - Madeleine mise à nu (Karine Douplitzky) - Érogenèses photographiques (Monique Sicard) - Nue mais pas à poils (Françoise Gaillard) - L'oeil en saillie (Michel Erman)

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