Sciences humaines & sociales

  • « La première fois que j'ai entendu parler de Thomassin, c'était par une directrice de casting avec qui il avait travaillé à ses débuts d'acteur. Elle m'avait montré quelques-unes des lettres qu'il lui avait envoyées de prison. Quand il a été libéré, je suis allée le voir. Routard immobile, Thomassin n'aime pas bouger hors de ses bases. Il faut se déplacer. Je lui ai précisé que je n'écrivais pas sa biographie, mais un livre sur l'assassinat d'une femme dans un village de montagne, affaire dans laquelle il était impliqué. Mon travail consistait à le rencontrer, lui comme tous ceux qui accepteraient de me voir. »

    F. A.

    Le village, c'est Montréal-la-Cluse. La victime, c'est Catherine Burgod, tuée de vingt-huit coups de couteau dans le bureau de poste où elle travaillait. Ce livre est donc l'histoire d'un crime. Il a fallu sept ans à Florence Aubenas pour en reconstituer tous les épisodes - tous, sauf un. Le résultat est saisissant. Au-delà du fait divers et de l'enquête policière, L'Inconnu de la poste est le portrait d'une France que l'on aurait tort de dire ordinaire. Car si le hasard semble gouverner la vie des protagonistes de ce récit, Florence Aubenas offre à chacun d'entre eux la dignité d'un destin.

    Florence Aubenas est grand reporter au journal Le Monde. Elle a notamment publié La Méprise : l'affaire d'Outreau (Seuil, 2005) et Le Quai de Ouistreham (L'Olivier, 2010), qui a connu un immense succès et redéfini la notion de journalisme d'immersion.


  • Iris Brey théorise le regard féminin, ou female gaze, une façon de filmer les femmes sans en faire des objets, de partager la singularité des expériences féminines avec tous les spectateurs, quel que soit leur genre, et renouveler notre manière de désirer en regardant sans voyeurisme.
    Des joyaux du cinéma à certaines œuvres plus confidentielles, en passant par quelques séries et films très contemporains, Iris Brey nous invite à nous interroger sur le sens caché des images.

  • " Les lecteurs se demandent souvent comment un journaliste choisit ses sujets. C'est une question qui revient sans cesse : pourquoi cette histoire et pas une autre ? Pourquoi ce village-là ? Pourquoi cette usine? Et pourquoi cet homme ? Les explications ne manquent pas. On se rend à cet endroit-là parce qu'un événement s'y est déroulé, incendie ou élection, meurtre ou mariage, peu importe, quelque chose.
    Ça paraît simple, non?
    Écrits et publiés dans Le Monde, où je suis reporter, les textes rassemblés dans ce livre ont en commun d'être nés dans cette zone d'opacité-là, entre des questions et des réponses qui ne coïncident pas. "
    F.A.
    Fidèle à l'esprit du Quai de Ouistreham, ce livre nous fait entendre la voix de ceux et celles que Florence Aubenas a rencontrés ces deux dernières années au fil de ses reportages. A travers ces récits de vies multiples se dessine une France prise dans l'aventure du quotidien.

  • Comment traitons-nous les animaux que nous mangeons ?
    Convoquant souvenirs d'enfance, données statistiques et arguments philosophiques, Jonathan Safran Foer interroge les croyances, les mythes familiaux et les traditions nationales avant de se lancer lui-même dans une vaste enquête.
    Entre une expédition clandestine dans un abattoir, une recherche sur les dangers du lisier de porc et la visite d'une ferme où l'on élève les dindes en pleine nature, J.S. Foer explore tous les degrés de l'abomination contemporaine tout en se penchant sur les derniers vestiges d'une civilisation qui respectait encore l'animal.
    Choquant, drôle, inattendu, ce livre d'un des jeunes écrivains américains les plus doués de sa génération a déjà suscité passions et polémiques aux Etats-Unis et en Europe.

  • Pourquoi les hommes se sentent-ils obligés d'expliquer aux femmes ce qu'elles savent déjà ? D'où vient leur certitude de savoir mieux qu'elles ce qu'elles doivent penser, ou faire ?
    Peut-être de l'Histoire, qui a constamment relégué les voix des femmes au silence.
    Dans ce recueil d'essais où la colère le dispute à l'intelligence et à l'humour, Rebecca Solnit explore une nouvelle façon de penser le féminisme. Et fournit des armes pour les luttes à venir.
    Traduit de l'anglais (États-Unis) par Céline Leroy

  • Qui a été historiquement réduit au silence, et pourquoi ? Comment les femmes et les minorités sont-elles parvenues à récupérer, ou non, leur parole ? En quoi un changement politique est-il avant tout un changement de récit ?
    Pour répondre à ces questions, Rebecca Solnit balaye un grand nombre de sujets, de l'histoire des droits civiques et de l'esclavage, à la culture du viol dans les campus américains, en passant par la masculinité toxique.
    On retrouve ici la vivacité d'esprit de l'auteure, son opiniâtreté à déjouer tout ce qui, dans la culture, dans les institutions, dans la sphère publique, entend amoindrir la parole des femmes, et réduire leur place. Rebecca Solnit y met au jour les normes sous-jacentes contenues dans nos discours.
    Traduit de l'anglais (États-Unis) par Céline Leroy

  • "Dès la première entrevue, Madame Flora voulut que je nomme les ennemis que j'avais pu me faire. Or j'avais beau ne pas croire qu'un sorcier ait pu poser des charmes susceptibles de me rendre malade, j'avais beau ne pas croire que nommer soit tuer, je fus dans une totale impossibilité de lui livrer aucun nom. Chaque fois qu'elle me pressa de le faire, en frappant la table de ses cannes, j'eus l'esprit aussi vide qu'un analysant sommé de faire des associations libres [...] "
    L'anthropologue, qui deviendrait aussi psychanalyste, rapporte ici la suite de ses travaux sur la sorcellerie dans le Bocage de l'Ouest français. Elle s'est laissée impliquer dans les processus qu'elle étudiait. Certains ont vu en elle une désorceleuse, d'autres une ensorcelée - en même temps qu'elle instituait l'anthropologie " symétrique ", dont elle fut une pionnière, qui met sur le même pied les deux partenaires de l'interlocution ethnographique. Le présent livre est donc un retour sur les matériaux relatifs au désorcèlement, et pose la question de savoir comment le fait d'" être affecté(e) " permet de construire un discours rigoureux, ici sur la sorcellerie.

  • Le Laboratoire central réunit neuf entretiens et exposés de J.-B. Pontalis entre 1970 et 2012, dont certains inédits, en réponse des questionnements sur les rapports de la psychanalyse et de la littérature (" De l'inscrit à l'écrit ", entretien avec Pierre Bayard), mais aussi, en arrière-fond, explicitement parfois, sur le lien entre psychanalyse et politique (" Détournements ? ", entretien avec Marcel Gauchet). Ce titre – Le Laboratoire central – est en hommage à Max Jacob, que l'auteur a connu avant son internement en camp. Le " laboratoire central " est l'entretien que le psychanalyste a avec ses patients, avec ses collègues et avec lui-même, où il fait travailler ce à quoi il tient et croit, centralement, tout en cherchant à se mettre en difficulté, à " penser contre soi ". Avec ces échanges loyaux où il ne craint pas d'épouser les vues adverses, avec les visées inattendues et fortes qu'il prête à l' autre, avec le dérangement en lui-même d'une pensée autre, J.-B. Pontalis sait mettre cent fois sur le " métier " l'ouvrage d'une réflexion qui a traversé le dernier demi-siècle, continue d'être centrale, et n'a cessé de compter bien au-delà du cercle des psychanalystes.

  • " La Meilleure des vies – éloge de la vie non vécue est un livre sur les expériences que nous n'avons jamais eues et dont nous sommes en deuil. Chaque chapitre décrit une expérience de la vie ordinaire où nous ne sommes pas capables de vivre comme nous le désirons. Et, du fait que quelque chose ne se produit pas, se creuse l'espace de quelque chose d'autre : la frustration et l'imagination sont vues ici comme entretissées. Avec l'aide de la psychanalyse et du grand théâtre shakespearien, ce livre fait l'éloge de ce qui a manqué à notre désir. "
    Adam Phillips

  • Cet essai biographique sur Freud travaille avec l'hostilité de Freud à l'égard de la biographie. Il suggère que la psychanalyse est une science immigrante, une science en déplacement, et du déplacement : c'est une psychologie pour les gens qui ne peuvent pas s'installer, et qui éprouvent leur culture comme étrangère.
    Devenir Freud met en place un tableau neuf des premiers écrits importants, fruits d'un mélange de pragmatisme et d'une pensée visionnaire, et qui n'ont pas tant été le fait d'un " génie solitaire " que d'un homme marié, père de six enfants. Il invite à imaginer une histoire de la psychanalyse dont l'extraordinaire héritage n'appartiendrait ni à ses disciples ni à ses détracteurs, mais, pleinement, à ses lecteurs.

  • On sait peu qu'à l'exception de Nietzsche, de Renan et de Michelet, les grands penseurs du progrès social du XIXe siècle trouvent dans les textes de saint Paul l'étayage d'une refondation sociale, d'une réforme politique d'ensemble. Pour Auguste Comte par exemple, ou pour Victor Hugo, il est nécessaire et parfois urgent d'aller chercher chez Paul les principes élémentaires d'une transformation de la société.
    On ne sait guère qu'ils ont ainsi pris appui sur une démarche de pensée qui consistait à nier et à modifier le passé pour rendre légitime le présent souhaité. Cet essai montre en effet de quelle manière Paul réinterprète le passé pour en faire la préfiguration de ce qu'il est en train d'annoncer dans ses Épîtres. En s'inspirant de Paul, le XIXe siècle a contribué, à son insu, à une culture du déni qui continue à régner sur les représentations politiques occidentales du monde actuel.

  • Daniel Oppenheim a suivi, durant vingt-cinq ans, des enfants cancéreux. Ces enfants très malades, un psychanalyste peut-il les aider ? On les voit ici en présence, enfant et thérapeute, avec leur retenue et leur détermination, et sous l'éclairage que les dessins et leur réception jettent sur l'énigme de ce qu'ils échangent avec une si grande loyauté.

  • L'aspect un peu baroque de ce livre tient à son sujet même : son fil conducteur est une tresse. Celle que toute parole recèle en secret. Le titre l'évoque : des associations (une lutte des rêves) enroulées autour de concepts (des classes logiques). Mais ces associations ont un sens qui n'apparaîtra qu'après-coup : c'est le troisième brin de la tresse.
    L'essai de Max Dorra analyse la méthode de la libre association, la plus géniale de toutes les inventions freudiennes, qui fait de nous de véritables Houdini, capables de déjouer nos faux huis-clos, de démasquer le caractère illusoire de ce qui nous ligotait – pensions-nous.
    " Associer ", c'est laisser venir tout ce qui vous passe par la tête sans chercher à être intelligent, ne pas être philosophiquement correct. La libre association, " règle fondamentale " du traitement psychanalytique, rend Freud insoluble dans la philosophie traditionnelle. En retrouvant une douleur plus ancienne, elle permet de remettre les choses à leur place. Freud fait lui-même une découverte bouleversante : c'est de réminiscences qu'il souffre. Il le découvre en " embrassant d'un seul regard " toutes ses associations et élabore ainsi une mémoire du sens.
    La méthode des associations libres nous apprend que l'on peut s'échapper du " jardin aux sentiers qui bifurquent " et sortir paradoxalement du " monde extérieur ", de ses labyrinthes, de ses pièges.
    Ainsi la lecture de cet essai, aussi libre que la méthode dont il traite, procure-t-il le sentiment grisant de la découverte, sous la conduite d'un " psychologue surpris " – pour reprendre un titre de Reik – et qui est aussi un humaniste étonné.

  • Quelque chose arrive dont on ne voulait pas, et s'impose. On s'était construit pour que cela n'ait pas lieu, mais l'indésirable a été le plus fort, fabriqué par le désir même, comme un destin. Le désir n'est pas raisonnable, c'est ainsi et, en quelque sorte, c'est tant mieux.
    Mais s'il y avait une catégorie rationnelle où la scène indésirable était absolument étrangère à tout désir ? C'est bien - semble-t-il - sur une telle catégorie que s'est constituée la fondation Lebensborn.
    Généralement méconnue, cette entreprise eugénique nazie s'est livrée à l'élevage de dizaines de milliers de nourrissons séparés de leur mère et a donné lieu sans haine particulière à l'enlèvement et à la désindividuation de centaines de milliers d'enfants (chrétiens) des pays occupés ainsi qu'à leur meurtre de masse quand ils étaient déclarés non " germanisables ".
    Quelle vie psychique a accueilli l'" amour rationnel ", sans désir, l'amour de cauchemar qui a prévalu ? Quelle vie psychique trouve-t-on au-delà du principe de la haine ?

  • Quand une civilisation se décompose, il est approximatif de se contenter d'énoncer qu'elle retourne à la barbarie. Elle fait autre chose.
    La civilisation s'est construite grâce au refoulement des pulsions sexuelles et meurtrières. Dans des situations de régression culturelle, on admettait que, le refoulement civilisateur ayant échoué, le pulsionnel tendait à régner sans contrôle, l'homme était revenu à l'état animal.
    Mais le XXe siècle a connu une régression d'une autre nature, un état de confusion entre le sujet et la masse. Cette confusion ne débouche pas sur une préhistoire de l'humanité, mais bien sur une post-histoire, un état nouveau de la civilisation où, en se résorbant dans la masse, c'est la mort et ses idoles que l'homme révère et célèbre. Cette révérence, cette célébration, c'est le mal absolu.
    Dans cette étude, Nathalie Zaltzman fait voir de façon radicalement différente ce qu'on appelle " crime contre l'humanité ".

  • Cette méditation sur la perte, où la chaleur de l'intelligence le dispute à la mélancolie humaniste, fait entendre quelques " conseils " inhabituels : " boire frais ", c'est-à-dire ne pas se laisser entraver par des automatismes acquis ; s'abandonner, un peu, à la musique intérieure ; ne pas s'en tenir à la seule vertu du langage mais, sans pour autant s'en déprendre, accueillir les médiations non verbales, leur pénombre ; rêver son amour les yeux ouverts.
    En cours de promenade, le lecteur aura fait l'expérience de la limite du conscient et de l'inconscient, du sens et du non-sens, du formel et de l'informe. Il aura senti que le mouvement de la nuit ne cesse pas avec le jour.

  • L'auteur, ancien médecin militaire devenu psychanalyste, revisite des souvenirs, précis et énigmatiques, mène une enquête à la fois dans sa mémoire et sur les lieux qu'elle croit identifier. Ce camp, à Audierne, cette cave sinistre, à Lyon, cet officier du renseignement devenu fou dans une oasis de l'Algérie en guerre, sont-ce ses propres souvenirs ou ceux d'une époque révolue ? Doit-il leur faire une place dans son histoire, les reléguer dans le passé d'un autre ? Commencée discrètement, la réflexion s'incarne dans le vif de la narration quand le souvenir personnel rencontre les traces de l'Histoire, de son oubli collectif – et de la vérité trahie.

  • À travers les figures de trois mères – la Dolorosa, conçue par Iacopone da Todi, la Gloriosa, élaborée au long des siècles par le catholicisme, l'Amoureuse, imaginée par Stefan Zweig –, le psychanalyste Henri Normand accompagne nos représentations de la mère – celle, bien réelle, de chacun, comme celle, tutélaire, de l'imaginaire collectif.
    Parmi les enfants que nous sommes tous, qui tolérerait le dérangement absolu que représente une mère unifiée, à la fois sexuelle, douloureuse et glorieuse ? Serions-nous parvenus à fragmenter en trois personnes une idée inacceptable ?

  • Remake

    Jean Imbeault


    Dans Remake, le psychanalyste Jean Imbeault aborde un certain nombre de questions à partir du cinéma classique et contemporain : l'empreinte freudienne dans Le Guépard, Les Arnaqueurs ou encore Paranoid Park, la portée de la pensée d'Aristote dans Head On ... Onze films (de J. Losey, G. Van Sant, L.Visconti, J. Gray, J.-L. Godard, M. Pialat...) sont ainsi repris (premier sens de Remake ), résumés, décomposés et recomposés avec l'idée de mettre au jour et de circonscrire l'échange et la concordance entre le cinéma et la psychanalyse. La progression est celle d'un journal : autant de dates, autant de séances. En effet, comme dans une psychanalyse, les histoires semblent d'abord se tenir, puis des fragments se détachent, des hypothèses, des constructions apparaissent... Car ce livre est aussi une réfection – autre sens de Remake : il est l'œuvre d'un psychanalyste qui ne cesse de penser et repenser la théorie freudienne qui guide sa pratique. Remake est le livre d'un amoureux des faits qui cède à la nécessité de se refaire son cinéma.

  • Il y a peu, on a découvert avec un malaise certain que la " beauté " pouvait être
    le fait trivial d'un corps étranger : d'une prothèse de sein siliconée, par exemple.
    L'introduction d'un " corps étranger " dans l'organe familier a introduit du même
    coup une série de questions et de doutes dans nos représentations :
    Quels sont les gestes psychiques – perceptions, évaluations – par lesquels on
    décrète qu'il y a un corps étranger et que c'est un intrus ? Et l'hôte qu'est notre
    corps n'est-il pas lui-même un étranger, autonome, avec lequel on tente sans
    cesse de se familiariser ? Enfin, le " corps étranger " ne fait-il pas écho à une
    question sociétale majeure ?
    Tenter de répondre appelle une (re)définition préalable d'un moi-corps, individuel
    et social, et de nos modèles de pensée.
    Athanasios Alexandridis
    Pierre Bergounioux
    Vanna Berlincioni
    Alain Boureau
    Julie Claustre
    Fanny Dargent
    Christian David
    François Gantheret
    Michel Gribinski
    Khadija Lahlou-Laforêt
    Elsa Marmursztejn
    Henri Normand
    Fausto Petrella
    Jean-Michel Rey
    Antonio Alberto Semi
    Daniel Widlöcher
    Glossaire Miguel de Azambuja
    Pollen Blandine Ponet, Jean-Baptiste Roux, Fausto Petrella
    Trans Adam Phillips
    En analyse Jacques André

  • penser/rêver
    revue de psychanalyse dirigée par Michel Gribinski
    Ce numéro tente de comprendre la nature inconsciente, les racines fantasmatiques de ce qui apparaît comme des manifestations passionnelles collectives de la modernité : la vengeance et le pardon. En donnant la parole à des psychanalystes, mais également à des acteurs de la réflexion sur le droit, la justice, la religion, la politique et l'histoire, il cherche à cerner un changement sociétal,qui semble à certains prendre l'allure d'une régression sentimentale aux dépens d'une civilisation du droit et de la loi.
    Ainsi voit-on les principes du droit effacés par les commissions " Vérité et Réconciliation " qui, à partir de l'expérience de l'Afrique du Sud, ont vu le jour en Afrique, en Asie, en Amérique du Sud. La " repentance " remplace comme par magie le déni et souvent l'ignorance même des faits, et récuse l'analyse historienne et ses conséquences on ne reviendra plus sur la faute avouée.
    Janine Altounian
    Alain Boureau
    Paola Camassa
    Monique Chemillier-Gendreau
    Corinne Enaudeau
    Jeanne Favret-Saada
    Edmundo Gómez Mango
    Bertrand Hanin
    Henri Normand
    Antonio Alberto Semi
    Daniel Widlcher
    Nathalie Zaltzman
    Controverse: Adam Phillips
    Trans: Jean-Michel Rey
    Journal: Jean Imbeault
    www.penser-rever.com

  • En parcourant d'un œil neuf les théories de Freud, de Lacan, de Melanie Klein, de Winnicott, et de... Panurge, Michel Neyraut dresse, dans cette étude sur l'identification, une cartographie aussi sérieuse que drôle et documentée de la science des solutions imaginaires, qui répond à une question d'actualité : celle de savoir comment être unique alors qu'on cherche à être comme tout le monde.
    Aux " ready made " dont Kalachnikov, l'inventeur de la célèbre mitraillette, est un des héros inattendus, l'auteur oppose la valeur de l'errance, c'est-à-dire des hasards de l'identification. Il poursuit la théorisation de nos identifications bigarrées, carnavalesques, en proposant que le concept d'" identème " y mette un peu d'ordre.
    Bref, Alter discute ici avec Ego pour le très grand plaisir d'une théorie qui n'est faite que de nous.

  • penser/rêver
    revue de psychanalyse dirigée par Michel Gribinski
    L'enfant agité de trois ans, futur délinquant dépistable, devait être un peu le héros de ce numéro, en compagnie de ses cousins plus âgés des banlieues chaudes : le numéro entendait insister sur la " délinquance, signe d'espoir " - formule paradoxale célèbre de Winnicott - et montrer que, dans les périodes de l'efficacité à tout prix, du pragmatisme et de la vie sans rêves, on oublie facilement que l'adaptation produit le malaise dans la civilisation.
    Mais, comme l'actualité a travaillé pour nous, nous avons aussi accordé une place significative à la destruction en cours de l'Éducation nationale, avec des contributions de pédagogues renommés.
    Les " quelques autres " inadaptés seraient-ils des fanatiques du rendement ?
    Stéphane Audoin-Rouzeau
    Pierre Bergounioux
    Alain Boureau
    David Collin
    Yannick François
    Gilberte Gensel
    Laurence Kahn
    Mario Magrini
    Jocelyne Malosto
    Philippe Meirieu
    Françoise Neau
    André Ouzoulias
    Adam Phillips
    Antonio Alberto Semi
    Glossaire: Jean-Philippe Dubois
    Pollen: Miguel de Azambuja, Baptiste, Michel Neyraut, Carlotta Settel
    Journal: Jean Imbeault
    www.penser-rever.com

  • Écrire, analyser : quoi de commun à ces deux activités ? Lorsque c'est le même qui se livre à l'une et à l'autre, quelles ruptures en lui, entre fauteuil et table d'écriture, et quelles continuités ? Psychanalyste et écrivain, l'auteur explore ici, dans une véritable autobiographie de la création, l'énigme qui leur est commune : comment les mots, qui ne sont que des signes, peuvent-ils mettre en présence de ce qu'ils désignent?
    Écume de la vie des hommes, simulacres du monde, les mots portent en eux, affirme ici François Gantheret, la nostalgie du présent.

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