Jacques Bonnaffé

  • «Je me souvenais qu'un jour, dans une plaisanterie sans gaîté, Charlotte m'avait dit qu'après tous ses voyages à travers l'immense Russie, venir à pied jusqu'en France n'aurait pour elle rien d'impossible [...]. Au début, pendant de longs mois de misère et d'errances, mon rêve fou ressemblerait de près à cette bravade. J'imaginerais une femme vêtue de noir qui, aux toutes premières heures d'une matinée d'hiver sombre, entrerait dans une petite ville frontalière [...]. Elle pousserait la porte d'un café au coin d'une étroite place endormie, s'installerait près de la fenêtre, à côté d'un calorifère. La patronne lui apporterait une tasse de thé. Et en regardant, derrière la vitre, la face tranquille des maisons à colombages, la femme murmurerait tout bas : "C'est la France... Je suis retournée en France. Après... après toute une vie."»

  • Dans ce court récit, Jean Giono raconte la vie extraordinaire d'Elzéard Bouffier, le berger solitaire rencontré au hasard d'une de ses promenades. Elzéard Bouffier redonne vie à la terre aride et desséchée de Haute-Provence en plantant méthodiquement, jour après jour, des glands de chêne. Un geste qui prendra finalement une dimension inattendue et magnifique.
    L'interprétation de Jacques Bonnaffé restitue avec justesse et intimité toute la force de ce récit optimiste. Entre vérité et fiction, le texte trouve ici sa voix et son élan. Le souhait de Jean Giono "faire aimer l'arbre ou plus exactement faire aimer à planter des arbres", est au travers de cette lecture, pleinement réalisé.

  • La main coupée est un monument aux morts de la Grande Guerre, comme ceux sur lesquels on a inscrit, année par année, les noms des disparus, morts identifiés mais morts obscurs, sans gloire. Blaise Cendrars a prélevé dans sa mémoire les bribes de la vie et de la mort de ses compagnons de combat, des hommes ordinaires, tragiques ou cocasses, échappant à toute vision héroïque ou édifiante. Lorsqu'elle paraît en 1946, La main coupée est plus qu'un témoignage retardé, c'est une réparation. Réparation parce qu'elle est un mémorial contre l'oubli, réparation aussi pour son auteur qui, dans cet ouvrage tardif, s'autorise enfin, librement, à parler longuement de la guerre, de sa guerre, comme il ne l'avait jamais fait, comme personne ne l'avait jamais fait.

    Jacques Bonnaffé s'approprie les mots de Blaise Cendrars pour restituer à ce récit sur la guerre de 14/18 toute sa force et sa vigueur. Une lecture poignante et bouleversante au service d'un texte incontournable sur la Grande Guerre.

  • Il y avait une fois un riche marchand. Sa fille cadette possédait tant de charmes et d'attraits qu'on l'avait surnommée la Belle. Au fond d'un bois touffu, se trouvait le château de la bête, un monstre d'une incroyable laideur. Un jour, pour sauver la vie de son père, la belle doit rejoindre la Bête...
    Le célèbre conte de la Belle et la Bête interprété par Jacques Bonnaffé et mis en musique de façon magistrale par Isabelle Aboulker.

  • Le chat noir, Le masque de la mort rouge et Le portrait ovale : trois nouvelles, qui tiennent l'auditeur en haleine et posent de façon magistrale l'univers noir de ce maître du suspens que fut Edgar Allan Poe. Avant de mourir, un meurtrier rédige sa confession : un chat noir l'a amené à l'échafaud ; une forme spectrale sème la terreur dans une salle de bal ; dans une veille demeure, un homme est emporté par la contemplation d'un portrait énigmatique... Trois histoires fantastiques, étranges et mystérieuses, écrites par l'un des plus grands génies de la littérature américaine.

  • Grand Prix RTL LiRE: 2019.
    "A la ligne" est le premier roman de Joseph Ponthus. C'est l'histoire d'un ouvrier intérimaire qui embauche dans les conserveries de poissons et les abattoirs bretons. Jour après jour, il inventorie avec une infinie précision les gestes du travail à la ligne, le bruit, la fatigue, les rêves confisqués dans la répétition de rituels épuisants, la souffrance du corps. Ce qui le sauve, c'est qu'il a eu une autre vie. Il connaît les auteurs latins, il a vibré avec Dumas, il sait les poèmes d'Apollinaire et les chansons de Trenet. C'est sa victoire provisoire contre tout ce qui fait mal, tout ce qui aliène. Et, en allant à la ligne, on trouvera dans les blancs du texte la femme aimée, le bonheur dominical, le chien Pok Pok, l'odeur de la mer.
    Par la magie d'une écriture tour à tour distanciée, coléreuse, drôle, fraternelle, la vie ouvrière devient une odyssée où Ulysse combat des carcasses de boeufs et des tonnes de bulots comme autant de cyclopes.

  • Sélection de vingt poèmes extraits des recueils Paroles, Histoires, La Pluie et le Beau Temps, Soleil de nuit et La Cinquième Saison. Chacun de ces poèmes laisse entrevoir la diversité des tons et des styles du poète. Amour, politique, fantaisie, tragédie, tout est sujet à poèmes pour ce jongleur de mots qu'était Jacques Prévert. Plutôt que de les faire publier, il préférait, dit-on, les faire chanter... Ceci explique peut-être le bonheur que ressent tout auditeur à l'écoute de ces textes savoureux.

  • « Alexis Ivanovitch joue d'abord pour gagner puis, pour étonner, enfin pour espérer. Il n'a pas misé seulement de l'argent, mais sa vie elle- même. » Ce récit suit comme une ombre la vie de Dostoïevski, durant quinze ans, à Moscou et Baden-Baden, où il se ruina au jeu.

  • Colline

    Jean Giono

    Colline appartient à la trilogie de Pan, parmi les premières oeuvres de Jean Giono. Ce récit prend pour décor la Provence comme tous les écrits de l'auteur, et donne un rôle important à la nature, à la fois belle, forte et cruelle. Un hameau provençal cerné de blé, de lavande, de genièvre. Le père Janet contemple cette nature depuis des années, il en connaît les sortilèges, et les secrets qui bruissent sur la colline. En montrant jadis où il fallait creuser pour capter l'eau, il a donné une fontaine, la vie, au village. Mais aujourd'hui Janet est vieux, couché près de l'âtre, il attend la mort en délirant. Ses paroles mystérieuses, menaçantes, inquiètent ses proches : c'est peut-être le signe qu'un danger plane sur le village. La fontaine tarit, une fillette tombe gravement malade, un incendie détruit les terres... Et si le vieux sorcier, se sentant finir, avait décidé de précipiter le village avec lui dans la mort ? 
    © Grasset et Fasquelle (P)

  • Un de Baumugnes

    Jean Giono

    Un de Baumugnes appartient à la trilogie de Pan, parmi les premières ouvres de Jean Giono. Ce récit prend pour décor la Provence comme tous les écrits de l'auteur, et donne un rôle important à la nature, à la fois belle, forte et cruelle. Albin avait raison : Louis, l'ouvrier agricole venu de Marseille, se conduit mal avec les femmes. Le bellâtre a ensorcelé Angèle, la fille du fermier Clarius. Déshonorée, la honte au coeur, elle quitte le village de Baumugnes et sa famille pour suivre cet homme, un voyou qui va la prostituer. Elle revient fille-mère. Clarius humilié, l'enferme pour la cacher aux yeux du monde. Il faut tout l'amour d'Albin pour braver le fusil d'un père suicidaire et la délivrer, elle et son enfant. L'auteur du Hussard sur le toit livre ici l'un de ses plus grands romans, avec ses phrases qui ont la ";luisance d'une faux";.  © Grasset et Fasquelle (P)  

  • De Gargantua (La vie très horrifique du grand Gargantua, père de Pantagruel, fils de Grandgousier), les Éditions Thélème ont surtout retenu la devise énoncée par les Thélémistes « Fay ce que voudras » ! L'utopique abbaye de Thélème, inventée par Rabelais, fut bâtie par le géant Gargantua pour son ami Frère Jean des Entommeures. Ce lieu avait pour vocation d'accueillir les jeunes gens bien nés, pour leurs études et leurs loisirs. Seuls le bon sens et la juste marche de la nature sont érigés en modèles. Toute règle étant contraire au libre arbitre, il n'y a pas de règle.

  • Philosophe, mathématicien et physicien, Descartes impose au monde un renouveau de la pensée française avec le Discours de la méthode. Son approche déductive, basée sur la vérification systématique des évidences, apporte une nouvelle architecture à l'édifice du savoir.
    "Mais ce qui a surtout recommandé sa philosophie, c'est qu'il n'est pas demeuré à donner du dégoût pour l'ancienne, mais qu'il a osé substituer des causes qu'on peut comprendre de tout ce qu'il y a dans la nature."
    Christaan Huygens (1629-1695), physicien et astronome.

  • "J'avais tout perdu, tout... Je sors du casino, je regarde... un florin se promenait encore dans la poche de mon gilet : «Ah ! j'ai encore de quoi dîner !» me dis-je. Mais après avoir fait une centaine de pas, je me ravisai et rebroussai chemin. Je mis ce florin sur manque (cette fois, c'était sur manque) et, vraiment, l'on éprouve une sensation particulière lorsque, seul, en un pays étranger, loin de sa patrie, de ses amis, et ne sachant pas qu'on va manger le jour même, on risque son dernier florin, le dernier, le dernier ! Je gagnais, et, vingt minutes plus tard, je sortis du casino avec cent soixante-dix florins en poche. C'est un fait. Voilà ce que peut parfois signifier le dernier florin! Et si je m'étais laissé abattre, et si je n'avais pas eu le courage de me décider ?... Demain, demain, tout sera fini !..."
    Dostoïevski, Le Joueur.
    "Entendre Le Joueur, c'est entendre une confession, c'est entendre une désespérance, mais c'est aussi entendre un chant d'amour. C'est entendre ce qu'Anna Grigorievna Snitkine a entendu pour la première fois, des mots qui lentement deviennent pour elle... Mais c'est encore entendre le mensonge, la duperie du moins. C'est croire avec Dostoïevski que l'aveu peut être une voie de rédemption. Mais c'est aussi une voie de leurre. Trop tôt peut-être a-t-il clamé son désir de changement, son repentir, sa volonté de sortir du coeur de la chute, dans cet enfer du jeu, dans ce Roullettenbourg, qui pour lui n'avait rien d'un lieu romanesque mais avait des couleurs infernales. Trop tôt peut-être encore a-t-il désespéré de lui. Trop tôt ? Ou trop peu sincèrement. Car ces mots mêmes qui sont les mots qui humilient, ne sont-ils pas aussi les mots qui procurent l'ivresse vertigineuse "d'une délectation morose"?..."

  • Vers 1860, pour sauver les élevages de vers à soie contaminés par une épidémie, Hervé Joncour entreprend quatre expéditions au Japon pour acheter des oeufs sains. Entre les monts du Vivarais et le Japon, c'est le choc de deux mondes, une histoire d'amour et de guerre, une alchimie merveilleuse qui tisse le roman de fils impalpables. Des voyages longs et dangereux, des amours impossibles qui se poursuivent sans jamais avoir commencé, des personnages de désirs et de passions, le velours d'une voix, la sacralisation d'un tissu magnifique et sensuel, et la lenteur, la lenteur des saisons et du temps immuable.

    En finesse et en délicatesse, Jacques Bonnaffé incarne seul les différents personnages de Soie, et nous transporte au pays du Soleil-Levant. Sa voix chaude et toute en nuances nous accompagne au cours de cette fugue poétique, de cette quête de soi et de cette magnifique histoire d'amour.
    Un pur moment de grâce !

  • Tutoyant avec aisance, à rebours des modes, une forme classique très maîtrisée, Michel Houellebecq met en scène dans ses poèmes un quotidien contemporain et urbain. Ses vers nous parlent de lui, nous parlent de nous et accèdent à l'universel, installant ainsi leur auteur, comme un Villon de la modernité, au rang des grands poètes populaires.

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