• Moshe Dayan : héros de guerre et politicien maudit Nouv.

    La première biographie consacrée à l'une des figures de proue israélienne. De Moshe Dayan, nous savons peu de choses, et ce que nous connaissons nous paraît généralement suffisant : vainqueur de la campagne de Suez (1956) et de la guerre de Six Jours (1967), ce général aux airs de pirate est LE symbole de la puissance militaire d'Israël. Certes, mais c'est un peu court ! Car s'il n'y a pas loin du Capitole à la Roche Tarpéienne, il n'y a pas loin non plus de la grandeur militaire de Moshe Dayan à son déclin politique.
    Né en 1915, Moshe Dayan est un
    outsider et rien ne le prédestinait à ce destin hors normes. Enfant de la terre d'Israël, sa jeunesse est marquée par la maladie et une scolarité médiocre. Ce n'est que lorsqu'il intègre la Haganah en 1930 que sa vie change du tout au tout. Excellent soldat, il gravit les échelons facilement, grâce à son talent et à la protection de son mentor, Ben Gourion. Ainsi, lorsque l'État d'Israël est proclamé en 1948, Dayan incarne pour les Israéliens le héros absolu. Mais lorsque l'on s'approche trop du Soleil, on se brûle les ailes... Dans les années 1960, au faîte de sa gloire, il se met à rêver d'une carrière politique qui pourrait être aussi brillante que son passé militaire est glorieux. Mais le Dayan politicien ne possède pas, et de loin, les qualités du Dayan guerrier. Comment cet homme est-il passé du rang d'icône à celui de pestiféré en un claquement de doigts ? En quoi la guerre du Kippour d'octobre 1973 a-t-elle sonné le glas de la carrière de Moshe Dayan ?
    Avec le talent narratif que nous lui connaissons, Georges Ayache nous offre une biographie brillante, complète et inédite d'une idole qui fut vénérée par les Israéliens puis clouée au pilori avec la même unanimité.

  • - On s'appelle Dutheil. Avant, on s'appelait Deutsch, mais maintenant c'est Dutheil. Dutheil, c'est très bien. En France, il y a plein de Dutheil.Il y en a qui n'ont pas de h mais nous, on a gardé le h, comme le h de Deutsch. [...] Avec un nom comme celui-là, il n'y a rien à craindre.À sept ans, le narrateur apprend de ses parents qu'ils ont changé de nom, mais il n'accorde pas grande importance à ce secret. Quelques années plus tard, à la faveur d'un jeu reposant sur l'étymologie des patronymes, il révèle en classe son « vrai » nom. Quand l'enfant le raconte à ses parents, le soir même, il n'a aucune idée de la boîte de Pandore qu'il vient d'ouvrir. Car de Dutheil à Deutsch surgissent une multitude de questions que l'oubli et le silence privent de réponses.J'ai 7 ans est l'histoire d'une révélation qui tire sa force de sa pudeur.

    Laurent Dutheil est né à Paris en 1956. Avocat, homme politique, responsable de collectivités publiques, il a créé avec Jean-Paul Huchon le « Lieu du design », organisme d'innovation et de recherche qui invite au mariage de l'art et de l'industrie organisant de nombreuses expositions.






  • Extrait
    Prologue
    Hello everybody !
    « Encore un ? »
    Le coordinateur de Médecins Sans Frontières sortit du baraquement et examina ses bottes. Je hochai la tête et sentis qu'il fallait que je fasse quelque chose, vite. Sans quoi, au prochain baraquement, je ne pourrais empêcher mes larmes de dégouliner sur mes joues blanches, et ça, je ne le voulais à aucun prix.
    C'était un jour pluvieux de septembre et j'errais à Wau, un village du Sud-Soudan, une région qui dans les journaux était décrite depuis vingt ans comme « ravagée par la famine » ou « déchirée par la guerre civile ». Quelque part de l'autre côté de la rivière se trouvaient les rebelles. De notre côté, Médecins Sans Frontières avait aménagé un camp pour les « réfugiés affamés ». Un cessez-le-feu régnait, quoique précaire.
    « Tu es sûr que tu veux le voir ? », m'avait demandé un collègue expérimenté, à Khartoum, la capitale. « D'une façon ou d'une autre, les camps de la faim, ça te bouscule le disque dur. »
    Un autre m'avait conseillé de me mettre sur « pilote automatique » :
    « Demande-toi uniquement : cela peut-il servir ou non à mon reportage ? »
    Ce que le coordinateur de Médecins Sans Frontières venait de me montrer dans les deux premiers baraquements était parfait pour mon article. Cela correspondait exactement aux spots de Novib au journal télévisé : des petits ventres d'enfants dont je savais depuis mes primaires que c'est la faim qui les fait gon?er, des os saillants sous la peau, comme des piquets sous une toile de tente à moitié couchée par le vent, des bambins si décharnés que leurs mères doivent sans cesse leur soutenir la tête pour que leur nuque ne se brise pas. Excellent pour mon article.
    Le coordinateur et moi passâmes près d'un poster. Au-dessus d'un dessin représentant des soldats en train de piller des civils impuissants, on pouvait lire : « Ne vous battez pas contre la population civile ». Le village où se trouvait le camp était fermé. Au café La Pureté Islamique, au lycée Pape Jean-Paul, à l'épicerie Nazareth, au Bureau d'Enregistrement des Paroles d'Honneur et des Promesses, les volets étaient baissés, les portes obstruées de planches clouées et des réfugiés étaient assis dans les vérandas. On trouvait de tout à cet endroit : réfugiés, villageois, croyants au Christ ou en Allah, aux esprits ou aux dieux des arbres.
    Nous louvoyâmes entre ?aques et détritus vers le troisième baraquement. Là aussi se trouvaient cinquante personnes au regard vide, se protégeant de la pluie, pleurant leurs morts, attendant la prochaine distribution alimentaire. Elles avaient l'air de ne pas me voir, comme si quelqu'un avait éteint la lumière dans leurs yeux. Je notai « éteint » dans mon carnet.
    Nous arrivâmes. Dans les premiers baraquements, je m'étais composé un visage sérieux et m'étais légèrement incliné pour me donner une contenance et dominer mes larmes, mais là, dans un ré?exe, je levai la main, grimaçai un sourire et lançai : « Hello everybody ! »
    Le déclic. La lumière se fit soudain. Des petites filles se mirent à rire, un petit vieux se déplaça et des enfants tentèrent d'attirer l'attention de leur mère, l'air de dire : « Regarde maman ». Un bambin d'un an ou deux ans se libéra de sa soeur, agrippa mes genoux de ses menottes et tomba à la renverse. Les mères portant des gamins faméliques furent prises de fous-rires et saluèrent en agitant leur main libre.
    Voilà comment débuta, en 1998, ma carrière de correspondant au Moyen-Orient. Cinq passionnantes années plus tard, c'était terminé. Pendant que mes effets personnels étaient acheminés vers les Pays-Bas dans un conteneur, je fis une petite tournée d'adieu de mes « contacts », ces personnes à qui je devais un visa, un mot d'introduction personnel ou d'autres services. Le dernier sur ma liste était un ambassadeur arabe. Nous prîmes le thé dans son imposante maison à La Haye et je fis une dernière fois mon petit numéro de « je parle arabe, écoutez voir ».
    L'ambassadeur se dit surpris du moment choisi pour cesser mes fonctions, à l'heure où les Américains marchaient sur Bagdad. Je lui expliquai que j'avais voulu arrêter plus tôt, mais qu'à cause de la guerre, j'avais prolongé de quelques mois. Un assistant entra dans la pièce, chuchota quelque chose à l'oreille de l'ambassadeur et brancha la télévision sur CNN. Nous vîmes comment, sur la place Fardous (place du Paradis), on abattait la statue colossale de Saddam Hussein. Des Irakiens criaient leur joie devant la caméra et frappaient la statue avec des chaussures. « Thank you mister Bush ! »
    Solennel, le présentateur parla d'« un moment historique ». C'était la fin de la guerre, le cauchemar Saddam était passé, « Bagdad fête la libération ». L'événement ferait également la une des journaux néerlandais le lendemain. L'ambassadeur passa sur Al Jazeera. Cette chaîne arabe consacrait également un reportage à la place Fardous, mais au montage, l'accent avait été mis ailleurs. Nous vîmes, sur la même place, des soldats américains jeter triomphalement un drapeau américain sur la statue de Saddam. Nous vîmes ensuite des conciliabules animés puis des soldats américains retirant le drapeau en toute hâte. Al Jazeera montra ensuite les Irakiens en liesse de CNN, mais filmés de loin, de sorte qu'on pouvait voir qu'ils étaient en réalité peu nombreux sur la place et que la plupart observaient la scène à distance. 
    Je pris congé de l'ambassadeur et, lors des mois qui suivirent, je fis ce que fait tout bon correspondant de retour au pays : je tentai d'écrire un livre sur l'état des choses dans ma zone de couverture. Je m'enlisai presque immédiatement. Je voyais de temps à autre, dans les journaux ou à la télévision, quelqu'un prétendre que le fondamentalisme est comme-ci ou comme-ça, et que la paix règnerait au Moyen-Orient « si seulement Israël se retirait des territoires occupés », ou « si les Américains cessaient de soutenir les dictateurs ». Je me disais qu'il y avait de bons arguments pour défendre un tel point de vue, mais également pour plaider le contraire. Je n'en sortais pas, et c'est pourquoi le livre ne décollait pas.
    Je repensai alors à ma seconde semaine en tant que correspondant.
    Je venais à peine de rentrer du Soudan et attendais un tampon au ministère de l'Information, au Caire. Le temps passait et j'engageai la conversation avec un collègue qui patientait également. Un vrai vétéran. Cinq minutes ne s'étaient pas écoulées qu'il me racontait, de sa voix de buveur de whisky, la mort de son meilleur ami lors de la guerre Iran-Irak, et « l'Hôtel Commodore pendant la guerre civile au Liban, quelle époque ! Quoi, tu ne connais pas le Commodore ?... ». Enfin, ce genre de personnage. Je lui expliquai que j'étais écrivain et que j'entamais ma carrière de correspondant. Il ricana : « Un livre sur le Moyen-Orient, ça s'écrit lors de la première semaine. Plus tu traines ici, moins tu comprends. »
    C'était peu aimable, et probablement dit à dessein. Mais, de retour aux Pays-Bas, je commençai enfin à comprendre ce que ce vétéran avait voulu dire. Avant d'avoir posé le pied au Moyen-Orient, j'avais déjà la tête pleine d'idées et d'images sur la région, largement glanées dans les médias. Sur place, ces idées et ces images avaient petit à petit fait place à la réalité, qui est nettement moins ordonnée et compréhensible que ne le font penser les médias. C'est dans le troisième baraquement de Wau que cela m'avait frappé pour la première fois.
    En m'y rendant, j'avais la tête truffée d'images du JT de personnes pitoyables. Dans les deux premiers baraquements, je vis en effet des gens malheureux. Et si dans le troisième baraquement je n'avais pas crié sans ré?échir « Hello everybody ! », je serais sans doute reparti avec cette image de gens malheureux. Bien sûr, ils étaient tristes. Ils mouraient presque de faim. Mais ils n'étaient pas que cela. Les environs de Wau sont aussi fertiles que les Pays-Bas et ces malheureux étaient des paysans qui s'étaient toujours très bien débrouillés seuls, jusqu'à ce qu'une des parties belligérantes les chasse de leurs terres. Les gens de ce camp de famine étaient surtout frappés par une énorme malchance. 
    En repensant à ces cinq années passées comme correspondant, je retombais sans cesse sur d'autres expériences semblables. Cela devint encore plus intéressant lorsque je cherchai dans mes archives comment Wau était passé dans le journal. J'avais intégré dans mon article la réaction surprenante des gens en apparence tristes et éteints du troisième baraquement, ainsi qu'une conversation avec un médecin, à l'infirmerie du camp. Il s'occupait des cas les plus graves et cochait quotidiennement les listes qui signalaient « quatre-vingts morts par jour à Wau ». Il expliqua que son plus grand problème étaient les estomacs rétrécis : « Trop de nourriture, et leurs entrailles se déchirent, trop peu, et ils meurent de faim. Alors que la famine les tue, littéralement, nous devons les empêcher d'accéder aux aliments. Selon les manuels médicaux, ces gens-là sont morts depuis longtemps. »
    Dans les journaux, on qualifie cette dernière phrase de « superbe citation », et la rédaction en fit un titre. Une immense photo servit d'illustration, avec ce commentaire : « Dans ce camp d'Ajiep, non loin de Wau au Sud-Soudan, une femme accouche. Dans le même baraquement, un membre de sa famille est en train de mourir de faim ». À droite sur la photo, un homme famélique tente vraisemblablement de comprendre d'où viennent les mystérieux déclics de l'appareil, au centre, un garçonnet pleure, et à gauche, deux sages-femmes entourent une mère, tendue, sur le point d'accoucher. Une image forte. Mais la rédaction aurait aussi bien pu placer une photo des rires du troisième baraquement et mettre une autre citation en exergue dans le titre. Par exemple, celle d'un autre médecin du camp : « La résistance de ces gens est inimaginable. Aucun Occidental n'aurait survécu dans une telle situation, mais eux, ils attendent que la paix revienne et ensuite parcourent des centaines de kilomètres à pied pour retourner dans leur village, planter leurs arachides et reprendre leur vie là où ils l'avaient laissée. » 
    En tant que correspondant, il m'était donc possible de donner plusieurs lectures d'un même événement. Les médias ne pouvaient en publier qu'une, et souvent prenaient celle qui confirmait l'image existante. Dans le cas de Wau, celle d'êtres tristes qui, selon les manuels de médecine, étaient déjà morts depuis longtemps, et non celle de personnes incroyablement résistantes qui avaient joué de malchance.
    Cela se reproduisit souvent pendant ces cinq années et fit de la scène de la place Fardous une conclusion appropriée. Les journalistes américains et néerlandais considéraient la chute de Bagdad comme une évolution allant dans le bon sens. Ils reçurent des images d'Irakiens heureux renversant la statue de leur dictateur. C'était conforme à leurs attentes, et ils se dirent : et voilà, mission accomplie. Sur Al Jazeera, ils virent dans la chute de Bagdad le début d'une occupation. Ils cherchèrent des images symbolisant cela et les trouvèrent dans ces soldats américains triomphants, couvrant spontanément la statue de leurs drapeaux.
    Il apparut donc que la réalité et l'image qu'on a d'elle peuvent différer. Lorsque je m'en rendis compte clairement, je sus quel livre je voulais écrire. Non pas un livre expliquant comment le monde arabe pourrait être démocratisé ou sur la tolérance de l'Islam ou sur la question de savoir qui a raison dans le con?it entre Israël et les Palestiniens. Mais le contraire : un livre permettant de comprendre pourquoi au Moyen-Orient il est si difficile de dire des choses sensées à propos de problématiques aussi vastes. Ou, plutôt, tout simplement, un livre sur tous ces moments où je me suis dit : « Hello everybody !

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • L'État d'Israël bénéficie, depuis sa création, d'un apport massif de capitaux étrangers, provenant notamment des communautés juives de la Diaspora et du gouvernement des États-Unis. Or, si jusqu'à une date récente la Diaspora représentait le principal fournisseur de capitaux d'Israël, l'aide financière du gouvernement nord-américain a, aujourd'hui, largement relayé l'apport traditionnel du Judaïsme mondial devenu moins généreux. Au travers des mécanismes de mobilisation du capital juif de la Diaspora, Jacques Bendelac tente de mettre à jour les transformations profondes de la structure des fonds reçus par Israël, ainsi que de la nature des contributions financières de la Diaspora qui sont passées d'une apparente philanthropie initiale à un souci de rentabilité du capital. Le Judaïsme mondial a pris ainsi le risque de laisser la survie d'Israël dépendre davantage de l'aide étatique nord-américaine que de l'assistance volontaire privée des organisations sionistes internationales.

  • Cette fiche de lecture sur Si tu veux être mon amie de Galit Fink et Mervet Akram Sha'ban propose une analyse complète : 
       o une présentation avec un bref résumé de Si tu veux être mon amie
       o une analyse des personnages
       o une analyse de la signification du titre
    Appréciée des lycéens, cette fiche de lecture sur Si tu veux être mon amie a été rédigée par un professeur de français.
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