FeniXX réédition numérique (France-Empire)

  • Petit paysan illyrien, Pierre Sabbatius fut, à la fin du Ve siècle, adopté par son oncle Justin, lui-même ancien berger qui avait fait carrière dans la Garde impériale de Constantinople. L'oncle illettré fit de son fils adoptif, devenu Justinien, un savant puis, parvenu miraculeusement au trône, l'associa au pouvoir. Consul, César puis Auguste à son tour, Justinien, nostalgique du vieil Empire romain tombé sous les coups des Barbares, travailla sans désemparer à reconquérir l'Occident. En un quart de siècle, avec l'aide de généraux prestigieux comme Bélisaire ou Narsès, il récupéra l'Afrique sur les Vandales, l'Italie sur les Ostrogoths et une partie de l'Espagne sur les Wisigoths. Conquérant, législateur, bâtisseur, théologien, ce monarque ultra-catholique épousa une actrice hérétique, Théodora, qui fut peut-être prostituée. Ayant élevé cette femme superbe, intelligente et cruelle jusqu'au trône, il forma avec elle l'un des couples les plus célèbres et les plus stupéfiants de l'Histoire. La mort de Justinien en 565 marqua la fin du rêve impérial et la consommation du divorce entre l'Orient et l'Occident.

  • Un souverain a rarement été exécré et maudit, aimé et admiré, comme Tamerlan (1336-1405). Il n'existe sans doute pas d'autre figure historique qui soit si pleine de contradictions. Tamerlan est, avec Gengis-khan, son modèle, l'homme le plus extraordinaire qu'ait produit l'Orient depuis la chute de l'Empire romain. Selon la tradition, fort contestable, il descendrait de Gengis-khan. Taragaï, son père, chef de la tribu des Barlas, appartient à cette féodalité turque de Transoxiane qui s'était peu à peu rendue indépendante des khans mongols. Lorsque le khan du Mogholistan, Tughlug Temür, conquiert la Transoxiane, il laisse comme vice-roi à Samarkand son fils Ilyas Khodja. Celui-ci voit, à tort, en Tamerlan un fidèle vassal et le choisit comme principal ministre. Mais le fils de Taragaï rompt bientôt avec lui et, après des combats aux fortunes diverses, le chasse de la Transoxiane avec l'aide de son beau-frère Mir Husaïn. Tamerlan, après avoir fait assassiner Mir Husaïn qui lui disputait le pays, se proclame khan. Musulman fanatique nourri du Coran, il combat sous la bannière du Prophète. Cultivé, amateur de littérature persane et d'art, il ne cesse cependant, toute sa vie, de massacrer et de piller, n'épargnant pas plus les musulmans que les chrétiens ou les païens. De 1370 à 1404, en trente-cinq années de campagnes, il va bouleverser l'Asie intérieure sans jamais connaître la défaite. Il commet partout d'effroyables ravages, fait élever à l'entrée des villes qui ont tenté de lui résister des pyramides de têtes, de mains et de pieds coupés. S'étant rendu maître de Kharezm, du Mogholistan et de la Perse, il intervient dès 1380 dans les conflits de succession en Russie en accordant sa protection à Toktamich et en l'aidant à conquérir le trône. Peu après, menacé par son protégé qui envahit l'Azerbaïdjan et la Transoxiane, Tamerlan riposte par une invasion foudroyante de la Russie mongole. En 1398, il se tourne vers le sous-continent indien, remporte sur Mahmud Chah II la victoire de Panipat et saccage Delhi qui mettra plus d'un siècle à se relever. En 1400, il part pour l'Asie Mineure puis, infléchissant sa marche, attaque les Mamelouks, maîtres de la Syrie et de l'Égypte : Alep et Damas sont ravagées et pillées ; dans Bagdad, enlevée l'année suivante, quelque 90 000 habitants sont massacrés et presque tous les monuments détruits. Puis Tamerlan passe en Anatolie où il se heurte aux Ottomans : vainqueur du sultan Bayezid Ier Yldirim, il atteint les rivages de la mer Égée. Il va entreprendre une ultime campagne contre la Chine lorsqu'il meurt en chemin, le 19 janvier 1405. Avec lui s'achève le temps où ces incroyables cavaliers nomades armés d'arcs et de flèches imposaient leur foi dans toute l'Eurasie.

  • Pendant les trois siècles, du XVIe au XVIIIe, où la traite des noirs fut permise, l'Afrique, du Sénégal au Congo, a perdu de quarante à cinquante millions de ses enfants. Achetés ou volés, ceux-ci furent transportés en Amérique du Nord ou du Sud par des navires battant pavillon de la plupart des nations maritimes européennes. Cette transplantation d'êtres humains fut la plus gigantesque que le monde ait jamais connue. De tous les ports qui se livrèrent au commerce et au transport des « pièces d'Inde » au XVIIIe siècle, Nantes fut le plus actif et en tira l'essentiel de sa fortune d'alors, jusqu'au jour où la Révolution abolit l'esclavage dans les colonies françaises d'Amérique et interdit le trafic. Menacés de ruine par cette mesure, certains armateurs négriers décidèrent de prendre le risque de passer outre. « Les négriers » nous conte l'histoire fantastique d'un brick spécialement construit à Nantes pour poursuivre cette traite devenue illicite. Si son auteur, Jean Lainé, qui a longtemps participé aux activités économiques de la région nantaise et s'est passionné pour son histoire, a emprunté le nom de ce brick à un voilier qui prendra la mer seulement de nombreuses années plus tard, si ses personnages campés de main de maître sont imaginaires, en revanche il a veillé à ce que la vraisemblance du récit soit toujours scrupuleusement respectée. Toutes les circonstances du voyage, les modalités d'achat des noirs, leur vie à bord, leur révolte, sont véridiques. Et que dire de cet extraordinaire et authentique maquillage du bateau soigneusement préparé pour dissimuler ses desseins aux autorités de contrôle, sinon qu'il constituait par lui-même un exploit ! Les péripéties du voyage du « Vigilant », qui affrontera tour à tour l'attaque d'une frégate anglaise, une révolte à bord et la tempête avant de se trouver à portée de canon d'une corvette française, les personnalités attachantes du capitaine Tachet, de son second Lucien Gillon et de Corinne de Kersatel, la fille de l'armateur embarquée clandestinement à bord dans le but de rejoindre son cousin et héros chouan réfugié en Amérique, la fierté de Mawba, le jeune chef noir, et la truculence de Peter l'Anglais, l'un des trafiquants de « pièces d'Inde » sur la côte de la Guinée, font de ce livre un document particulièrement émouvant sur la traite des noirs et un récit passionnant d'aventures de mer.

  • Le monde s'apprête à fêter le deux millième anniversaire de la naissance du Christ et l'entrée de la chrétienté dans le troisième millénaire. Pourtant, beaucoup ignorent que la merveilleuse histoire commencée dans une crèche de Palestine aurait pu s'achever tragiquement au début du IVe siècle. À cette époque, en effet, l'Empire romain décida d'éliminer une bonne fois pour toutes la religion chrétienne qui, venue de Judée, menaçait d'investir l'ensemble de la Romanité. Pendant près de dix ans, les empereurs Dioclétien, Maximien, Galère et Maximin II Daïa s'acharnèrent à détruire le christianisme par une persécution effroyable et jusqu'alors inégalée. Crucifixions, décapitations, noyades, lapidations, pendaisons, tortures de toutes sortes devaient éradiquer la pernicieuse doctrine. En 312, le miracle se produisit. Constantin, Auguste de la Gaule, décida de réunifier l'Empire en s'emparant d'abord de l'Italie. Peu de temps avant la décisive bataille du pont Milvius qui devait l'opposer à son rival le plus dangereux, l'empereur païen Maxence, Constantin vit un phénomène étrange dans le ciel. Il crut d'abord à une manifestation d'Apollon, le dieu protecteur de sa famille, mais fut bientôt persuadé que c'était le Christ qui, en réalité, soutenait son combat. Vainqueur au pont Milvius, Constantin entra dans Rome. Reconnaissant, il fit quérir le chef de la communauté chrétienne, le pape Miltiade, à peine sorti de la clandestinité des catacombes, et l'installa solennellement au palais impérial du Latran. L'aventure fabuleuse de l'Église catholique commençait. Seize siècles après, elle dure toujours, et le pape Jean-Paul II, glorieusement régnant, est le successeur direct de ce Miltiade, transi et en haillons, que Constantin promut au rang d'interlocuteur privilégié du pouvoir impérial.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

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  • Juin 1940. Jamais encore durant son histoire la France n'a connu une telle épreuve. En un mois, près de cent mille de ses soldats sont morts au cours de combats acharnés. L'armée allemande vient de faire deux millions de prisonniers ! Jamais autant de Français n'ont subi l'humiliation de la défaite et celle de la captivité outre-Rhin. Nul n'imagine alors que ces hommes valeureux vont croupir pendant cinq ans dans les oflags et les stalags du IIIe Reich. Si la majorité des vaincus n'aura pas l'opportunité, la volonté ou la chance de s'enfuir des camps nazis, ils seront cependant soixante-dix mille à tenter de s'évader avec plus ou moins de succès. Parmi les évasions les plus célèbres rapportées dans cet ouvrage figurent celle du général d'armée Henri Giraud et celle du futur président de la République François Mitterrand. Mais l'auteur a surtout privilégié les récits d'évadés anonymes dont les aventures dépassent l'imagination. Ces héros modestes mais hors du commun, narrateurs de leur propre histoire, n'hésitèrent pas à braver tous les dangers pour recouvrer la liberté. Leurs exploits extraordinaires méritaient d'être sauvés de l'oubli. L'intérêt de cet ouvrage est soutenu par le talent de conteur d'André Besson. Il parvient, à partir de ses nombreuses enquêtes historiques, à brosser, soixante ans après les événements, une fresque de la captivité pleine de passion, d'émotion, de dignité, mais aussi de fraternité.

  • « Une route difficile vers de Gaulle »... est celle qu'ont suivie les marins du Régiment Blindé de Fusiliers-Marins à travers les épreuves tragiques de la Marine française de 1940 à 1943. Leur histoire commence avec la campagne de Norvège, aux côtés des marins anglais, leurs alliés. Elle se poursuit par la destruction de leurs bâtiments par ces mêmes marins anglais et plus tard, américains, par des combats à terre contre les forces anglaises débarquées, par les prisons anglaises... Mais elle s'achève par leur revanche éclatante sur les années cruelles, en prenant une part glorieuse à la Libération de la France. Leur route, de la mer du Nord, l'océan Indien, Diego-Suarez, l'Angleterre... à l'Afrique du Nord, fut longue et semée d'obstacles par des ennemis et amis de tous bords. Puis, par un de ces miracles qui sont l'aboutissement de beaucoup de persévérance, ils ont, à l'heure voulue, rencontré sur leur chemin, le général de Gaulle et forgé avec lui leur nouveau destin. Désignés pour armer le Régiment de Chasseurs de chars (Tank-Destroyers ou TD) de la 2e Division Blindée, ils ont débarqué en Normandie avec le général Leclerc, sont entrés à Paris et ont fait toute la campagne de France jusqu'au coeur de l'Allemagne. Étonnant parcours pour des marins ! Ils ont terminé la guerre avec le plus beau palmarès de la 2e D.B. et probablement de l'Armée Française, en chars et en canons anti-chars allemands détruits. La guerre finie, ils sont revenus à la mer... Après la campagne de Norvège et celle du croiseur auxiliaire Bougainville dans l'océan Indien, l'amiral Maggiar a créé et commandé en Afrique du Nord, le Bataillon Bizerte, puis, jusqu'à la victoire, le Régiment Blindé de Fusiliers-Marins de la 2e D.B. Contre-amiral (CR), grand officier de la Légion d'Honneur, il est titulaire de dix citations.

  • « Cambodge, du sourire à l'horreur » relate tout d'abord les événements dantesques qui ont accompagné et suivi la prise de Phnom Penh par les Khmers rouges, le 17 avril 1975.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Le 25 février 1994 est un jour à marquer d'une pierre noire pour notre démocratie. Pour la première fois dans notre pays, une femme, élue de la République, est lâchement exécutée. Pourquoi ? C'est la question que pose ce livre. C'aurait pu être un roman noir, au mieux de la politique-fiction. C'est bien pire, cette chronique nous fait opérer une plongée hallucinante dans un univers où gravitent politiciens, hommes d'affaires et truands. Dans le département du Var, les destins se croisent comme se croisent les balles des tueurs fous. Avec peu de moyens Yann Piat avait entrepris une lutte acharnée contre la corruption et l'affairisme, contre un système basé sur un des plus vieux et des plus pervers concepts de nos sociétés latines : le clientélisme, première étape vers une société maffieuse. Elle n'a pas eu le temps de comprendre que la citadelle qu'elle attaquait était pour elle la "cité interdite". Les termes du contrat ont été respectés. Yann Piat n'est plus de ce monde. Elle qui espérait tant voir enfin « une lueur d'espoir dans ce monde corrompu », sera finalement à l'origine d'un effondrement partiel du système qu'elle a combattu. C'est à nous maintenant qu'il incombe de parachever sa victoire.

  • Tour à tour administrateur en Afrique noire avant 1939, soldat pendant toute la Seconde Guerre mondiale (avec Leclerc au Tchad, en Libye, en Tunisie, puis en France et en Allemagne, enfin en Indochine) ; homme politique, sénateur et député, par la suite, Raymond Dronne a vécu les étapes de ce qu'on appelle la décolonisation : depuis les dernières années de l'Empire jusqu'à l'effondrement en passant par les étapes intermédiaires de l'Union Française et de l'éphémère Communauté. Dans ce livre, il en retrace l'histoire, une histoire récente et frémissante, un récit agrémenté d'anecdotes et de souvenirs, une évocation passionnée, sans ménagements, non conformiste, un document de vérité, qui bouscule beaucoup d'idées admises. Raymond Dronne juge sévèrement les responsables de la politique de la France pendant ces dernières années. Sa sympathie va aux hommes de l'Outre-Mer, qu'ils aient la peau noire, jaune, brune ou blanche, à ces hommes incompris par la majorité d'une opinion métropolitaine généralement mal informée et ingrate, à ces hommes qu'on a successivement appelés colonisateurs, coloniaux et colonialistes.

  • Les Amérindiens ont intrigué le monde depuis toujours. D'où ce peuple est-il venu ? Y a-t-il une unité parmi ce grand nombre de tribus ? Comment ces tribus vivaient-elles ? Y avait-il chez elles une philosophie particulière ? Quel rôle jouait le chef ? Pourquoi la quête visionnaire était-elle si importante ? Les Apaches étaient-ils redoutés ? Importance du sorcier tribal. Cosmogonie, herbes médicinales et philtres magiques. Sueurs chaudes... sueurs froides et saunas... Autant de questions passées en revue par René Coulet du Gard qui a consacré un quart de siècle à visiter les réserves indiennes, à suivre les pistes amérindiennes, à vivre avec de « vrais » Indiens et à les écouter parler de leur héritage ancestral, de leur façon de vivre, de leurs traditions et légendes. Il nous fait découvrir les ramifications compliquées entre « la petite histoire amérindienne » et la « grande histoire américaine ». Au cours de l'expansion des États-Unis, on assiste à la compression des tribus indiennes, à un exode ininterrompu et cruel qui touche au génocide. Au cours de la lutte pour la survivance de la race amérindienne, de grands chefs virent le jour. Ils se battirent courageusement pour préserver leurs terres et leur héritage contre la convoitise d'un conquérant étranger. Au Moyen Âge, la chevalerie avait des règles et des rites avant, pendant et après la bataille. La guerre faisait partie de la vie de l'époque. Similairement en Amérique, la guerre, la petite guerre devrait-on dire, appartenait au développement humain. Pour se distinguer comme « brave », il fallait faire des « coups », coups d'éclat cela s'entend, peu importait le prix d'une vie ! Avec ce livre, René Coulet du Gard entraîne dans le sillage du bison tous ceux que l'aventure amérindienne intéresse, intrigue et passionne.

  • Ce livre est un récit sur Vichy après la débâcle et l'exode, un récit qui commence dans les pâmoisons de foule devant le Maréchal et se termine dans l'embrasement de la rade de Toulon. Long et poignant circuit sur fond de "Love story". L'auteur a échoué à Vichy où elle s'efforce d'obtenir les visas américains afin de rejoindre son fiancé, un écrivain hongrois d'origine juive qui a réussi à gagner les États-Unis. Elle travaille comme correspondante d'une agence de presse suisse et, de ce fait, doit suivre les événements au jour le jour. Le drame de l'époque ressort à chacune de ces pages : la question juive, toujours plus angoissante, le problème des lâchetés, des abandons, celui de la vieillesse avec le maréchal Pétain et sa politique attentiste en harmonie avec sa stature branlante de gloire du passé. Tableau déchirant où l'on voit évoluer des personnages de premier plan du monde diplomatique et de la presse et parmi eux, l'ambassadeur Manoël de Miranda, Don Quichotte du XXe siècle qui a préféré l'exil aux fastes d'un poste sous la dictature de Franco et qui joue à Vichy le rôle d'éminence grise pour les républiques sud-américaines. On suit les missions secrètes du courageux diplomate canadien Dupuy, seul lien entre Vichy et Londres. Enfin, les derniers mois de cette longue escale à Vichy seront placés sous le signe de la Marine, grâce à la rencontre de l'auteur avec un officier attaché au cabinet du Secrétaire d'État à la Marine et qui deviendra son mari. L'invasion de la zone libre submergera la plupart des acteurs du drame et se terminera pour certains dans un terrifiant holocauste. Ce livre, à la fois autobiographique et historique, seul le recul du temps a permis de le publier. En même temps que ses souvenirs personnels, l'auteur a utilisé les carnets de son mari où, pour la première fois, sont relatées en détail les dissensions qui divisèrent la Marine et aboutirent au désastre de Toulon.

  • « Clémence est silencieuse. Sans qu'elle puisse s'en empêcher, elle devient le personnage qu'elle a toujours rêvé d'être, celui qui se sacrifie, mais qui retire de son sacrifice un contentement immense, la certitude d'entretenir l'exaltation qui seule lui paraît justifier une vie. » Clémence Lentuéjoul se donne entièrement à son métier de laborantine - avec trop de passion sans doute, car à se dévouer si complètement et si ouvertement à ses malades, à son labo, elle n'a gagné que l'agacement, parfois la jalousie de ses collègues - et une solitude que ne rompt pas sa vie familiale dans une vieille maison parisienne entre une mère qui ne l'aime guère et un père préoccupé de ses soucis de procureur général. D'un labo à l'autre, du sous-sol vétuste de ses débuts où elle côtoie les sangsues à un laboratoire ultramoderne, elle traverse, toujours avec la même passion, la véritable révolution que connaît la biologie à partir du milieu du XXe siècle. La fin des années 70 voit apparaître une nouvelle et redoutable maladie, le sida, dont l'épidémie ne tarde pas à se répandre et qui n'épargne pas son laboratoire. Alors que la lutte contre le terrible fléau s'organise, elle entre dans sa vraie vie de femme en partageant avec son chef de laboratoire un amour à la fois lumineux et désespéré... Une vie en blanc, à travers la vie en apparence simple et lisse d'une jeune femme plus complexe qu'il n'y paraît, explore avec talent et précision les réalités quotidiennes d'un univers mal connu.

  • 1940, c'est la défaite des élites. Durant les quatre années suivantes le destin a placé chacun des Français, élites au premier rang, dans des situations qu'aucun probablement n'était préparé à affronter. Ce livre retrace, au travers de péripéties nombreuses, très diverses et parfois dramatiques, comment un jeune officier a traversé cette période tragique de notre histoire. Mis par suite de son activité de rebelle au contact de quelques grands de la Résistance, il a hérité de confidences au caractère inédit, telles que le projet d'enlèvement du Maréchal Pétain ou la faiblesse dérisoire des FFI de Paris à la veille de la libération de la capitale. Créateur notamment de corps francs au sein des lycées et collèges parisiens, il en a passé le commandement à la veille du débarquement à Albin Chalandon (actuel garde des Sceaux). Enfin, son trajet en camp de concentration lui a permis de pénétrer l'organisation du pouvoir interne dont les communistes étaient le plus souvent détenteurs. Au moyen d'anecdotes vivantes et originales, on voit apparaître une succession de personnages, tels que le châtelain trahi, le cuisinier, l'évêque, le sous-officier amoureux, le proxénète ou le commandant de la Wehrmacht condamné par Hitler à devenir gardien de « déchets d'homme ». Tous sont confrontés avec la mort, échantillon aussi marquant des personnages de cette époque que ceux de la « Danse macabre » diffusée en Europe au XVe siècle. Véritable roman d'aventures, le récit met en évidence tout à la fois l'importance dans notre vie des tournants inattendus du destin et celle, non moins décisive, des traits fondamentaux de la valeur de l'homme : la foi, le courage, la loyauté et l'amour de sa Patrie.

  • Trois illusions nous gouvernent. Elles sont de croire aux vertus du libre-échange planétaire, de l'eurocratie et de l'alternance au pouvoir. Tout au contraire, les effets pervers convergents de ces trois dogmes - ayant pris, depuis la fin du gaullisme, un empire absolu sur la conscience collective - préparent sans doute l'implosion de notre société. La cause fondamentale d'un chômage - qui deviendra de plus en plus massif - et de l'excès des contraintes monétaires est d'admettre la fatalité du libre commerce entre pays hétérogènes. Des relations de co-développement avec les pays du Sud et de l'Est pourraient conduire à un meilleur emploi. La puissance du négoce mondial y fait obstacle. Les mécanismes de l'Union européenne en font le véhicule du grand libéralisme international. Pour nous sortir de ce déni de démocratie, il n'y a qu'une Europe fédérale. Celle-ci est aujourd'hui incrédible. Quant aux institutions nées en 1958, leur « bon fonctionnement » ne résout rien : elles engendrent ces alternances politiques, sans alternative stratégique, qui sont en train, au profit de l'extrême-droite, d'épuiser nos chances. Mais notre régime de partis dominants a encore de beaux jours devant lui : il préfère ce système bipolaire à une République présidentielle. Sauf miracle, l'overdose du désemploi, des prélèvements, des exaspérations, des impasses politiques, ouvre, au début du prochain millénaire, tous les aléas de l'Histoire.

  • Georges Simenon s'est toujours insurgé contre l'épithète d'intellectuel qui lui était accolée. Il ne voulait être qu'un romancier et refusait la notion même de littérature engagée. Il entendait se borner à transcrire ce qu'il ressentait. Il se situait par rapport à Balzac en rappelant que si celui-ci avait dépeint « l'homme habillé », lui ne se consacrait qu'à « l'homme nu ». Or la lecture de son oeuvre romanesque - romans durs, romans exotiques et Maigret - met en évidence que l'univers des personnages de Simenon ne doit rien au hasard. Ils se déplacent dans un monde et un État bien déterminés. L'écrivain a lui-même exposé avec précision dans Le passage de la ligne (1958) sa conception des rapports entre les individus et la société. D'un côté de la ligne se trouve la « surclasse » qui évolue de palace en palace, se partage le véritable pouvoir et les richesses du monde. Elle est hédoniste, affranchie de tous horaires, de toutes règles juridiques, et est courtisée sans pudeur par les hommes politiques. De l'autre côté de la ligne nous rencontrons, sur un vaste damier, le « troupeau », qui comprend aussi bien les grands industriels que les simples journaliers. Il est encadré par les juges et les policiers et soigné par les médecins qui constituent un monde à part. Les truands et ceux qui partent aux colonies échappent au troupeau. Le lien entre les différents mondes est assuré par les avocats. Dans cette comédie sociale et humaine, Simenon est allé au-delà de ce qu'il avouait. Formidable capteur d'impressions, il se révèle non seulement le témoin de l'homme et le romancier de l'humilité mais aussi un observateur privilégié et irremplaçable de son époque et de la société des années 1930-1970.

  • Après le succès incontestable de « L'aube de Minuit » (Desclée), « À tous les marginaux » et « Le parfum répandu » (France-Empire), livres qui ont été remarqués par l'Institut et « Apostrophes », le Père Delissalde publie aujourd'hui le troisième tome de son « Journal d'un prêtre » sous le titre « Si la misère humaine... » Il s'agit d'un recueil de récits hors-série, d'analyses pénétrantes des événements auxquels il a été mêlé et des figures marquantes qu'il a rencontrées dans toutes les sphères sociales. Ces aventures intensément vécues par lui pendant cinquante ans sous toutes les latitudes, le Père Delissalde les raconte avec une bouleversante sincérité. Sur toile de fond, apparaît toujours le drame des enfants abandonnés, devenu la brûlante passion de sa vie sacerdotale. À ses risques et périls. Car depuis son retour d'Amérique du Sud où il a oeuvré au service des réfugiés d'Europe, le Père Delissalde a fait de son presbytère, ces vingt-quatre dernières années, le refuge d'innombrables déshérités échoués sur la Côte d'Azur. Incessante marée noire souvent rougie de sang. Il les héberge, les nourrit, les oriente à ses frais personnels, ce basque américain farouchement indépendant, ancien aumônier de la Marine en Indochine, qui refuse les subsides officiels - à seule fin de porter auprès de tous ces déracinés qui le sollicitent, assoiffés d'amitié, un authentique et permanent témoignage de partage. Et chaque jour, un miracle se produit... Exquise expression poétique, forte culture historique et théologique, réalisme politique, vision lucide des problèmes de notre temps : « Si la misère humaine... » traduit sans fard et sans concession le secret, le courage, la charité communicative de ce prêtre hors du commun, résidant à la Pointe-de-Conte (Alpes-Maritimes), surnommé depuis quarante ans « l'aumônier national des paumés ».

  • Personne ne sait comment Antoine de Saint-Exupéry a passé, il y a cinquante ans, sa dernière nuit sur la terre avant de s'envoler de Corse, au matin du 31 juillet 1944, seul à bord de son Lightning pour justifier de son courage et pour une ultime mission de guerre dont il n'est jamais revenu. Grâce à des recoupements récents, Michel Lhospice a pu tirer le fil d'une hypothèse qui permet d'éclaircir ce mystère et d'imaginer les dernières heures du héros passées en compagnie d'une amie retrouvée par hasard et qui a pris pour lui l'allure du destin. Pilote de guerre vieillissant, homme de lettres célèbre aux choix politiques controversés, déçu de l'amour et de la vie, la mort mystique de ce héros émouvant et pathétique explique autant que son existence trépidante et son oeuvre humaniste pourquoi Saint-Exupéry, devenu le plus connu des écrivains français contemporains, a atteint aujourd'hui les dimensions d'un mythe. Comme dans un film, le roman d'une vie à l'étonnante densité met en scène, entre fiction et réalité, des personnages connus qui revivent leurs propres souvenirs et des témoins hors du commun d'une époque tourmentée allant d'une guerre à l'autre.

  • Pierre Mazeaud est un empêcheur de politiser en rond. Ses adversaires, qui se risquent rarement à l'affronter directement, tant ils craignent ses reparties cinglantes et ses arguments affûtés, le décrivent volontiers comme un chahuteur de l'hémicycle. Histoire de minimiser la portée de propos souvent iconoclastes, mais presque toujours pertinents. Si ceux de ses collègues qui ne l'apprécient guère venaient à l'Assemblée nationale en dehors de la séance des questions d'actualité du mercredi après-midi, quand ils espèrent montrer leur tête aux électeurs de leur circonscription, ils connaîtraient pourtant un autre Mazeaud. Juriste de première force, législateur infatigable. Pierre Mazeaud dérange. Par goût. Héritier d'une prestigieuse lignée de professeurs de droit et de hauts magistrats, ne fut-il pas tenté par l'anarchisme ? Mais il a finalement choisi le gaullisme. Ce qui n'est pas un reniement de ses penchants adolescents. Pierre Mazeaud dit à haute voix des vérités que l'on ne proclame pas sans dommage au sein d'un microcosme conformiste à l'excès. Il a demandé la suppression du département. La disparition du Sénat ne lui ferait aucune peine. Il vitupère la décentralisation, qui détruit l'État et multiplie les occasions de corruptions. Contrairement à son parti, le RPR, il est partisan du scrutin proportionnel. Il milite même, en solitaire, pour qu'on revienne sur la réforme de 1962 instaurant l'élection du président de la République au suffrage universel. Indiscipliné mais fidèle, insupportable mais chaleureux, insolent mais libre, Pierre Mazeaud, parlementaire exemplaire, a beaucoup de choses à nous dire sur notre démocratie. La lecture de ce Rappel au règlement décapant mais roboratif, rappellera aux citoyens que nous sommes qu'on respire toujours mieux sur les sommets. Pas étonnant que cette leçon salutaire soit administrée par le premier Français à avoir atteint le sommet de L'Everest. Philippe Reinhard Chroniqueur à RMC.

  • Dans cette satire endiablée, Christian Harrel-Courtès nous brosse le tableau de cette grande bourgeoisie dont le style de vie resta longtemps celui de 1900, bien après que la Belle Époque eût disparu. L'auteur ne nous fait grâce de rien, et avec un humour féroce, passe en revue les us et coutumes de cette « bonne société » qui se voulait l'élite : paternalisme envers les domestiques, observance stricte des pratiques religieuses, refus de toutes nouveautés, méfiance envers les Arts et les Lettres considérés comme « distractions pernicieuses », immobilisme en affaire, culte de l'argent. Les mariages, les enterrements, les ventes de charité, les grands dîners, les fêtes religieuses, les obligations mondaines : autant de scènes irrésistibles qui montrent les grands bourgeois infatués de leurs privilèges - jusqu'au réveil brutal des années 30, où les patrons découvrent avec effarement leurs effigies pendues aux grilles des usines : le XIXe siècle est bien fini, c'est l'ère des conventions collectives et des congés payés - autrement dit la fin d'un monde ! Si l'auteur a choisi Marseille comme cadre de ses souvenirs, c'est parce qu'il y est né, issu d'une de ces familles dirigeantes dont on a peine aujourd'hui à imaginer la suprématie. Avec une lucidité fascinée, il dépeint cet univers clos dans lequel il a grandi. Car qu'elles fussent natives du nord, du sud, ou de l'est de la France, de Bordeaux ou de Roubaix, de Grenoble ou de Limoges, de Lille ou de Paris, de Nancy ou de Rouen, ces familles « bien pensantes » vivaient toutes en autarcie, obsédées par le souci de « rester entre soi ». À travers ce pamphlet sans complaisance, nous retrouvons des modes de vie et de pensée qui semblent appartenir à l'époque de Monsieur Fallière, et qui furent cependant ceux de beaucoup de nos parents et de nos grands-parents.

  • La citation publiée en annexe à ce livre et par laquelle le Général de Gaulle, en 1945, nommait Albert CHAMBON dans l'Ordre de la Légion d'Honneur, confère, à ce témoignage un caractère indiscutable d'authenticité. C'est, en effet, un témoignage que, cinquante ans plus tard, Albert CHAMBON, devenu Ambassadeur de France, veut faire entendre. Pour lui trop de mythes, de légendes et de tabous ont fleuri depuis 1945 sur l'Occupation, le Gouvernement Pétain, la France combattante, la Résistance et la Déportation. Il ne faillira pas, nous dit-il, au « devoir de vérité » envers ceux qui sont morts pour la libération de leur pays. Cet ancien résistant s'attache, par ailleurs, dans un langage à la fois clair, concis et percutant, à répondre d'une manière précise et objective aux principales questions que la plupart des Français se posent encore sur cette période tragique de notre histoire, en dépit de l'abondante floraison de livres publiés, depuis cinquante ans, sur ces divers sujets.

  • Trois millions de chômeurs, la violence au quotidien, les scandales en cascade, la peur des immigrés, les paysages défigurés, les campagnes à l'abandon, le désordre européen, la guerre économique, la guerre tout court. Voilà ce que vivent et sentent les Français aujourd'hui. L'élection d'un nouveau Parlement peut-elle changer quelque chose ? De nouveaux élus : pour quoi faire ? Jacques Garello s'adresse aux futurs parlementaires : il est temps que vous vous donniez un programme de réformes aussi profondes qu'urgentes. Il s'adresse aussi aux électeurs : vous devez exiger la mise en oeuvre d'un tel programme. Ce programme, fruit de l'expérience professionnelle et de la réflexion scientifique, a été préparé pendant de longs mois dans le cadre de l'ALEPS (Association pour la Liberté Économique et le Progrès Social). Un grand nombre d'universitaires, de chefs d'entreprise et d'experts ont contribué à son élaboration ; on citera, par exemple, les noms de Florin et Fred Aftalion, Axel Arnoux, Renaud Brocard, Antoine Cassan, Roland Drago, Yves Durand, Jean-Pierre Estivals, Jean-Paul Gardinier, Georges Lane, Bertrand Lemennicier, Henri Lepage, Henry de Lesquen, Robert Lozada, Philippe Nemo, Bertrand Peugeot, Claude Reichman, Jean-Marc Varaut. Ils ont défini ce qui correspond aux souhaits des Français. Il appartiendra ensuite aux politiques d'exercer leur art : rendre possible ce qui est souhaitable. Mais où sont les artistes ?

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