FeniXX réédition numérique (France-Empire)

  • Pendant les trois siècles, du XVIe au XVIIIe, où la traite des noirs fut permise, l'Afrique, du Sénégal au Congo, a perdu de quarante à cinquante millions de ses enfants. Achetés ou volés, ceux-ci furent transportés en Amérique du Nord ou du Sud par des navires battant pavillon de la plupart des nations maritimes européennes. Cette transplantation d'êtres humains fut la plus gigantesque que le monde ait jamais connue. De tous les ports qui se livrèrent au commerce et au transport des « pièces d'Inde » au XVIIIe siècle, Nantes fut le plus actif et en tira l'essentiel de sa fortune d'alors, jusqu'au jour où la Révolution abolit l'esclavage dans les colonies françaises d'Amérique et interdit le trafic. Menacés de ruine par cette mesure, certains armateurs négriers décidèrent de prendre le risque de passer outre. « Les négriers » nous conte l'histoire fantastique d'un brick spécialement construit à Nantes pour poursuivre cette traite devenue illicite. Si son auteur, Jean Lainé, qui a longtemps participé aux activités économiques de la région nantaise et s'est passionné pour son histoire, a emprunté le nom de ce brick à un voilier qui prendra la mer seulement de nombreuses années plus tard, si ses personnages campés de main de maître sont imaginaires, en revanche il a veillé à ce que la vraisemblance du récit soit toujours scrupuleusement respectée. Toutes les circonstances du voyage, les modalités d'achat des noirs, leur vie à bord, leur révolte, sont véridiques. Et que dire de cet extraordinaire et authentique maquillage du bateau soigneusement préparé pour dissimuler ses desseins aux autorités de contrôle, sinon qu'il constituait par lui-même un exploit ! Les péripéties du voyage du « Vigilant », qui affrontera tour à tour l'attaque d'une frégate anglaise, une révolte à bord et la tempête avant de se trouver à portée de canon d'une corvette française, les personnalités attachantes du capitaine Tachet, de son second Lucien Gillon et de Corinne de Kersatel, la fille de l'armateur embarquée clandestinement à bord dans le but de rejoindre son cousin et héros chouan réfugié en Amérique, la fierté de Mawba, le jeune chef noir, et la truculence de Peter l'Anglais, l'un des trafiquants de « pièces d'Inde » sur la côte de la Guinée, font de ce livre un document particulièrement émouvant sur la traite des noirs et un récit passionnant d'aventures de mer.

  • Le monde s'apprête à fêter le deux millième anniversaire de la naissance du Christ et l'entrée de la chrétienté dans le troisième millénaire. Pourtant, beaucoup ignorent que la merveilleuse histoire commencée dans une crèche de Palestine aurait pu s'achever tragiquement au début du IVe siècle. À cette époque, en effet, l'Empire romain décida d'éliminer une bonne fois pour toutes la religion chrétienne qui, venue de Judée, menaçait d'investir l'ensemble de la Romanité. Pendant près de dix ans, les empereurs Dioclétien, Maximien, Galère et Maximin II Daïa s'acharnèrent à détruire le christianisme par une persécution effroyable et jusqu'alors inégalée. Crucifixions, décapitations, noyades, lapidations, pendaisons, tortures de toutes sortes devaient éradiquer la pernicieuse doctrine. En 312, le miracle se produisit. Constantin, Auguste de la Gaule, décida de réunifier l'Empire en s'emparant d'abord de l'Italie. Peu de temps avant la décisive bataille du pont Milvius qui devait l'opposer à son rival le plus dangereux, l'empereur païen Maxence, Constantin vit un phénomène étrange dans le ciel. Il crut d'abord à une manifestation d'Apollon, le dieu protecteur de sa famille, mais fut bientôt persuadé que c'était le Christ qui, en réalité, soutenait son combat. Vainqueur au pont Milvius, Constantin entra dans Rome. Reconnaissant, il fit quérir le chef de la communauté chrétienne, le pape Miltiade, à peine sorti de la clandestinité des catacombes, et l'installa solennellement au palais impérial du Latran. L'aventure fabuleuse de l'Église catholique commençait. Seize siècles après, elle dure toujours, et le pape Jean-Paul II, glorieusement régnant, est le successeur direct de ce Miltiade, transi et en haillons, que Constantin promut au rang d'interlocuteur privilégié du pouvoir impérial.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

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  • Ce livre est un récit sur Vichy après la débâcle et l'exode, un récit qui commence dans les pâmoisons de foule devant le Maréchal et se termine dans l'embrasement de la rade de Toulon. Long et poignant circuit sur fond de "Love story". L'auteur a échoué à Vichy où elle s'efforce d'obtenir les visas américains afin de rejoindre son fiancé, un écrivain hongrois d'origine juive qui a réussi à gagner les États-Unis. Elle travaille comme correspondante d'une agence de presse suisse et, de ce fait, doit suivre les événements au jour le jour. Le drame de l'époque ressort à chacune de ces pages : la question juive, toujours plus angoissante, le problème des lâchetés, des abandons, celui de la vieillesse avec le maréchal Pétain et sa politique attentiste en harmonie avec sa stature branlante de gloire du passé. Tableau déchirant où l'on voit évoluer des personnages de premier plan du monde diplomatique et de la presse et parmi eux, l'ambassadeur Manoël de Miranda, Don Quichotte du XXe siècle qui a préféré l'exil aux fastes d'un poste sous la dictature de Franco et qui joue à Vichy le rôle d'éminence grise pour les républiques sud-américaines. On suit les missions secrètes du courageux diplomate canadien Dupuy, seul lien entre Vichy et Londres. Enfin, les derniers mois de cette longue escale à Vichy seront placés sous le signe de la Marine, grâce à la rencontre de l'auteur avec un officier attaché au cabinet du Secrétaire d'État à la Marine et qui deviendra son mari. L'invasion de la zone libre submergera la plupart des acteurs du drame et se terminera pour certains dans un terrifiant holocauste. Ce livre, à la fois autobiographique et historique, seul le recul du temps a permis de le publier. En même temps que ses souvenirs personnels, l'auteur a utilisé les carnets de son mari où, pour la première fois, sont relatées en détail les dissensions qui divisèrent la Marine et aboutirent au désastre de Toulon.

  • « Clémence est silencieuse. Sans qu'elle puisse s'en empêcher, elle devient le personnage qu'elle a toujours rêvé d'être, celui qui se sacrifie, mais qui retire de son sacrifice un contentement immense, la certitude d'entretenir l'exaltation qui seule lui paraît justifier une vie. » Clémence Lentuéjoul se donne entièrement à son métier de laborantine - avec trop de passion sans doute, car à se dévouer si complètement et si ouvertement à ses malades, à son labo, elle n'a gagné que l'agacement, parfois la jalousie de ses collègues - et une solitude que ne rompt pas sa vie familiale dans une vieille maison parisienne entre une mère qui ne l'aime guère et un père préoccupé de ses soucis de procureur général. D'un labo à l'autre, du sous-sol vétuste de ses débuts où elle côtoie les sangsues à un laboratoire ultramoderne, elle traverse, toujours avec la même passion, la véritable révolution que connaît la biologie à partir du milieu du XXe siècle. La fin des années 70 voit apparaître une nouvelle et redoutable maladie, le sida, dont l'épidémie ne tarde pas à se répandre et qui n'épargne pas son laboratoire. Alors que la lutte contre le terrible fléau s'organise, elle entre dans sa vraie vie de femme en partageant avec son chef de laboratoire un amour à la fois lumineux et désespéré... Une vie en blanc, à travers la vie en apparence simple et lisse d'une jeune femme plus complexe qu'il n'y paraît, explore avec talent et précision les réalités quotidiennes d'un univers mal connu.

  • 1940, c'est la défaite des élites. Durant les quatre années suivantes le destin a placé chacun des Français, élites au premier rang, dans des situations qu'aucun probablement n'était préparé à affronter. Ce livre retrace, au travers de péripéties nombreuses, très diverses et parfois dramatiques, comment un jeune officier a traversé cette période tragique de notre histoire. Mis par suite de son activité de rebelle au contact de quelques grands de la Résistance, il a hérité de confidences au caractère inédit, telles que le projet d'enlèvement du Maréchal Pétain ou la faiblesse dérisoire des FFI de Paris à la veille de la libération de la capitale. Créateur notamment de corps francs au sein des lycées et collèges parisiens, il en a passé le commandement à la veille du débarquement à Albin Chalandon (actuel garde des Sceaux). Enfin, son trajet en camp de concentration lui a permis de pénétrer l'organisation du pouvoir interne dont les communistes étaient le plus souvent détenteurs. Au moyen d'anecdotes vivantes et originales, on voit apparaître une succession de personnages, tels que le châtelain trahi, le cuisinier, l'évêque, le sous-officier amoureux, le proxénète ou le commandant de la Wehrmacht condamné par Hitler à devenir gardien de « déchets d'homme ». Tous sont confrontés avec la mort, échantillon aussi marquant des personnages de cette époque que ceux de la « Danse macabre » diffusée en Europe au XVe siècle. Véritable roman d'aventures, le récit met en évidence tout à la fois l'importance dans notre vie des tournants inattendus du destin et celle, non moins décisive, des traits fondamentaux de la valeur de l'homme : la foi, le courage, la loyauté et l'amour de sa Patrie.

  • André Courvoisier, auteur du livre « Le réseau Heckler » nous avait conté comment les résistants français de la première heure s'organisèrent contre les troupes nazies d'occupation, avec l'aide des services spéciaux britanniques. Son récit nous avait séduit car il respectait pas à pas l'action historique de ces « Sans-culotte » de la Résistance. Aujourd'hui, toujours avec la même simplicité dans ce livre : « Un aller et retour en enfer », il relate sans fioriture ni complaisance les deux années passées dans un camp de concentration : Sachsenhausen. Il nous explique son existence, ses passages au Lazaret-Mouroir, les bombardements des Alliés sur Berlin et sa banlieue ainsi que cette longue marche d'évacuation du camp : 208 km presque sans ni boire ni manger (pesant 32 kg), marche de la mort dans laquelle périrent plus de 9 000 de ses camarades. Puis il nous décrit ses tribulations parmi les troupes soviétiques. Rentré en France il retrouve ses camarades de la Résistance, mais aussi son pire ennemi Klaus Barbie, qui sans preuve l'avait envoyé « là où ce sera pire que la mort ». Sans esprit de vengeance il retrace les méfaits du « Boucher de Lyon » pour lequel il réclame un juste châtiment.

  • Georges Simenon s'est toujours insurgé contre l'épithète d'intellectuel qui lui était accolée. Il ne voulait être qu'un romancier et refusait la notion même de littérature engagée. Il entendait se borner à transcrire ce qu'il ressentait. Il se situait par rapport à Balzac en rappelant que si celui-ci avait dépeint « l'homme habillé », lui ne se consacrait qu'à « l'homme nu ». Or la lecture de son oeuvre romanesque - romans durs, romans exotiques et Maigret - met en évidence que l'univers des personnages de Simenon ne doit rien au hasard. Ils se déplacent dans un monde et un État bien déterminés. L'écrivain a lui-même exposé avec précision dans Le passage de la ligne (1958) sa conception des rapports entre les individus et la société. D'un côté de la ligne se trouve la « surclasse » qui évolue de palace en palace, se partage le véritable pouvoir et les richesses du monde. Elle est hédoniste, affranchie de tous horaires, de toutes règles juridiques, et est courtisée sans pudeur par les hommes politiques. De l'autre côté de la ligne nous rencontrons, sur un vaste damier, le « troupeau », qui comprend aussi bien les grands industriels que les simples journaliers. Il est encadré par les juges et les policiers et soigné par les médecins qui constituent un monde à part. Les truands et ceux qui partent aux colonies échappent au troupeau. Le lien entre les différents mondes est assuré par les avocats. Dans cette comédie sociale et humaine, Simenon est allé au-delà de ce qu'il avouait. Formidable capteur d'impressions, il se révèle non seulement le témoin de l'homme et le romancier de l'humilité mais aussi un observateur privilégié et irremplaçable de son époque et de la société des années 1930-1970.

  • Après le succès incontestable de « L'aube de Minuit » (Desclée), « À tous les marginaux » et « Le parfum répandu » (France-Empire), livres qui ont été remarqués par l'Institut et « Apostrophes », le Père Delissalde publie aujourd'hui le troisième tome de son « Journal d'un prêtre » sous le titre « Si la misère humaine... » Il s'agit d'un recueil de récits hors-série, d'analyses pénétrantes des événements auxquels il a été mêlé et des figures marquantes qu'il a rencontrées dans toutes les sphères sociales. Ces aventures intensément vécues par lui pendant cinquante ans sous toutes les latitudes, le Père Delissalde les raconte avec une bouleversante sincérité. Sur toile de fond, apparaît toujours le drame des enfants abandonnés, devenu la brûlante passion de sa vie sacerdotale. À ses risques et périls. Car depuis son retour d'Amérique du Sud où il a oeuvré au service des réfugiés d'Europe, le Père Delissalde a fait de son presbytère, ces vingt-quatre dernières années, le refuge d'innombrables déshérités échoués sur la Côte d'Azur. Incessante marée noire souvent rougie de sang. Il les héberge, les nourrit, les oriente à ses frais personnels, ce basque américain farouchement indépendant, ancien aumônier de la Marine en Indochine, qui refuse les subsides officiels - à seule fin de porter auprès de tous ces déracinés qui le sollicitent, assoiffés d'amitié, un authentique et permanent témoignage de partage. Et chaque jour, un miracle se produit... Exquise expression poétique, forte culture historique et théologique, réalisme politique, vision lucide des problèmes de notre temps : « Si la misère humaine... » traduit sans fard et sans concession le secret, le courage, la charité communicative de ce prêtre hors du commun, résidant à la Pointe-de-Conte (Alpes-Maritimes), surnommé depuis quarante ans « l'aumônier national des paumés ».

  • Personne ne sait comment Antoine de Saint-Exupéry a passé, il y a cinquante ans, sa dernière nuit sur la terre avant de s'envoler de Corse, au matin du 31 juillet 1944, seul à bord de son Lightning pour justifier de son courage et pour une ultime mission de guerre dont il n'est jamais revenu. Grâce à des recoupements récents, Michel Lhospice a pu tirer le fil d'une hypothèse qui permet d'éclaircir ce mystère et d'imaginer les dernières heures du héros passées en compagnie d'une amie retrouvée par hasard et qui a pris pour lui l'allure du destin. Pilote de guerre vieillissant, homme de lettres célèbre aux choix politiques controversés, déçu de l'amour et de la vie, la mort mystique de ce héros émouvant et pathétique explique autant que son existence trépidante et son oeuvre humaniste pourquoi Saint-Exupéry, devenu le plus connu des écrivains français contemporains, a atteint aujourd'hui les dimensions d'un mythe. Comme dans un film, le roman d'une vie à l'étonnante densité met en scène, entre fiction et réalité, des personnages connus qui revivent leurs propres souvenirs et des témoins hors du commun d'une époque tourmentée allant d'une guerre à l'autre.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Dans cette satire endiablée, Christian Harrel-Courtès nous brosse le tableau de cette grande bourgeoisie dont le style de vie resta longtemps celui de 1900, bien après que la Belle Époque eût disparu. L'auteur ne nous fait grâce de rien, et avec un humour féroce, passe en revue les us et coutumes de cette « bonne société » qui se voulait l'élite : paternalisme envers les domestiques, observance stricte des pratiques religieuses, refus de toutes nouveautés, méfiance envers les Arts et les Lettres considérés comme « distractions pernicieuses », immobilisme en affaire, culte de l'argent. Les mariages, les enterrements, les ventes de charité, les grands dîners, les fêtes religieuses, les obligations mondaines : autant de scènes irrésistibles qui montrent les grands bourgeois infatués de leurs privilèges - jusqu'au réveil brutal des années 30, où les patrons découvrent avec effarement leurs effigies pendues aux grilles des usines : le XIXe siècle est bien fini, c'est l'ère des conventions collectives et des congés payés - autrement dit la fin d'un monde ! Si l'auteur a choisi Marseille comme cadre de ses souvenirs, c'est parce qu'il y est né, issu d'une de ces familles dirigeantes dont on a peine aujourd'hui à imaginer la suprématie. Avec une lucidité fascinée, il dépeint cet univers clos dans lequel il a grandi. Car qu'elles fussent natives du nord, du sud, ou de l'est de la France, de Bordeaux ou de Roubaix, de Grenoble ou de Limoges, de Lille ou de Paris, de Nancy ou de Rouen, ces familles « bien pensantes » vivaient toutes en autarcie, obsédées par le souci de « rester entre soi ». À travers ce pamphlet sans complaisance, nous retrouvons des modes de vie et de pensée qui semblent appartenir à l'époque de Monsieur Fallière, et qui furent cependant ceux de beaucoup de nos parents et de nos grands-parents.

  • Parti par hasard et pour avoir rencontré l'Aventure au détour de tous les chemins, Christian Navis paraît s'être échappé d'un roman de Jack London. Aujourd'hui journaliste, hier convoyeur de bateaux aux Antilles ou gardien de port, guide touristique à Singapour, directeur de clubs de vacances en Corse ; négociant en artisanat au Pakistan, organisateur de spectacles, acteur et musicien, il n'a qu'une seule foi : l'Aventure. Pour lui, elle a commencé par une simple virée en Espagne, poursuivie par une descente du Sahara en camion, où il tombe sur un marchand de femmes qui lui propose une affaire. Il remonte la Scandinavie en stop et atterrit dans une secte de prostituées sacrées... Plus loin, en orient, il a maille à partir avec les junkies, au Béloutshistan il rencontre des bandits de grand chemin et au Tibet, les hommes de lumière. Franchir clandestinement plusieurs fois la frontière chinoise, parcourir l'Iran et l'Afghanistan dans tous les sens, tenir tête aux gangs de Singapour et vivre dans la Thaïlande secrète sont des événements quotidiens pour ce mémorialiste peu ordinaire et philosophe. Dans la tradition des carnets de voyage, cet ouvrage est d'abord un livre d'action. C'est aussi une galerie de portraits hauts en couleurs et de tableaux ironiques de certaines coutumes exotiques. Enfin, il révèle la plupart des recettes permettant de voyager loin, longtemps et à bon compte.

  • Le 6 août 1926, pour la première fois au monde, un homme évoluait sous l'eau dix minutes durant sans aucun lien avec la surface. Le commandant Le Prieur réalisait avec son scaphandre autonome le rêve le plus cher de Jules Verne. L'homme-poisson, plus couramment appelé aujourd'hui l'homme-grenouille, était né. Premier homme-poisson, Le Prieur a été aussi un des premiers hommes volants. En 1908, jeune enseigne de vaisseau épris de judo, il est à Tokyo. Il y accomplit le premier vol qui ait été effectué au Japon. Dès lors la Marine, l'Aviation et l'Aéronautique Navale vont bénéficier tour à tour de ses dons d'inventeur. Des générations de marins conduiront le tir de nos navires en se servant des inventions Le Prieur. Les aviateurs, et parmi eux les plus illustres - Guynemer, Nungesser et tant d'autres - lui devront un correcteur de tir, les premières roquettes, des bombes à flotteurs, ramées, contre les sous-marins et contre les chars d'assaut ; des mines aériennes, le navigraphe et mille idées. Il n'est pas jusqu'au Cinéma qui lui devra l'invention de la transparence !

  • 1910. Dans la rude et sauvage Franche-Comté du début du siècle, la ferme de Combe-des-Bois, perdue au coeur du Pays Saugeais, abrite une famille de paysans ordinaires : Justin, le patriarche, Léa, son épouse, et leurs cinq enfants. On vit ici depuis des générations, au rythme des saisons et du pas des chevaux, une existence vouée à la terre, paisible, sans surprise. Pourtant, le siècle est en marche et rattrapera Combe-des-Bois. À travers le portrait de Pauline, la plus jeune des filles Renaud, et de ses soeurs Madeleine et Cécile, c'est à une peinture des temps nouveaux que se livre l'auteur. Une peinture qui révèle sans fard les caractères alors que l'Histoire et les drames collectifs se mêlent aux destins individuels. Les deux guerres mondiales laisseront des cicatrices indélébiles mais auront des conséquences inattendues... Les secrets de famille, les mensonges, les petites ou grandes trahisons seront percés à jour, tandis que des revirements, des rencontres, des retrouvailles chambouleront le cours et l'ordre des choses.

  • C'est peut-être une gageure de vouloir exposer en un seul ouvrage les problèmes essentiels de l'humanité au seuil du troisième millénaire : la surnatalité des peuples pauvres et la dénatalité des peuples riches ; les conflits de plus en plus aigus entre les races, les nationalismes, les religions ; le danger atomique ; la rivalité entre l'Est et l'Ouest, le communisme et le capitalisme ; l'agitation du monde musulman ; l'avenir de l'Occident, de l'Amérique, de l'Europe, de la France ; le bilan de la décolonisation en Asie et en Afrique ; l'aide au Tiers-Monde ; la montée en puissance du Japon et de l'Asie jaune ; la question écologique, etc. Et en même temps évaluer les forces et les faiblesses des États principaux et de la quasi-totalité des autres. Vaste programme, aurait dit le général de Gaulle. Tableau objectif du monde actuel, recherche subjective des remèdes à ses maux, tel est ce livre, à la fois d'histoire contemporaine et de politique. L'auteur considère non seulement comme un droit mais comme un devoir de prendre parti : l'historien peut faire semblant d'être neutre, le politique, lui, ne l'est jamais. Il faut connaître les malades pour les guérir, mais la science médicale est la même pour le médecin et pour l'empoisonneur. L'auteur considère que le but final de l'évolution de la planète doit être le gouvernement mondial parce qu'aucun des dangers qui menacent l'humanité ne peut plus être surmonté à l'échelle de la seule nation. Il faudra évidemment procéder par étapes. L'unification économique et culturelle est en assez bonne voie. En politique, avec quelque cent cinquante États qui se prétendent souverains, c'est tout le contraire. À assez brève échéance, l'humanité devra choisir entre trois avenirs possibles : la Suisse, l'Empire Romain et la destruction. La Fédération mondiale nous semble la meilleure des solutions. Devenus maîtres et possesseurs de la nature, les hommes n'ont jamais été plus divisés, plus oublieux de leur solidarité essentielle. Nous avons le devoir de la leur rappeler, afin de contribuer à atténuer leur inégalité réelle.

  • La piraterie a existé sur toutes les mers depuis les temps les plus reculés. Les marins de l'Antiquité considéraient le pillage et le trafic des esclaves sur des rivages étrangers comme un acte de guerre tout à fait licite. Plus tard, les Vikings scandinaves et les Barbaresques d'Afrique du Nord ne se conduisirent pas mieux. Au Moyen-Âge et lorsque la découverte des Indes Occidentales et Orientales offrit aux navigateurs européens un large champ d'action, le brigandage maritime conserva le caractère d'une piraterie admise qui se prolongea dans la flibuste. C'est seulement au XVIIe siècle, et en France, qu'une législation sévère du droit de course permettra de distinguer nettement le corsaire du pirate. Par leurs exploits, de glorieux corsaires occuperont une place importante dans l'Histoire. D'où le choix par l'auteur de mettre surtout en évidence dans ce livre l'histoire moins connue de la piraterie sous ses deux aspects aussi passionnants : piraterie de forbans isolés arborant le pavillon noir en Atlantique ou dans l'Océan Indien, et piraterie de grands écumeurs de mers capables de rassembler de véritables flottes en Méditerranée, en Orient ou en Extrême-Orient. En nous offrant une série de portraits de ces personnages, Armel de Wismes s'est attaché à nous révéler ce monde pirate dans son extraordinaire diversité. Si la plupart des pirates furent de redoutables bandits, cupides et cruels, on trouve aussi parmi eux des héros, des explorateurs, des idéalistes, des hommes ayant tenu un rang élevé dans la société de leur temps, et même des femmes extrêmement belles et séduisantes. Pirates et corsaires : le titre de ce livre porte en lui-même le souffle des grands espaces... Riche de faits et d'anecdotes, il présente à la fois les qualités d'un document d'histoire et d'un grand roman d'aventure.

  • En 1968, il y a plus de trente ans, des équipages d'Air France à bord d'un Super Constellation secouraient les enfants du Biafra en guerre. Cette idée d'utiliser l'aviation à des fins humanitaires donnera naissance en 1980 à Aviation Sans Frontières. Forte de plus de 1 500 membres et de 300 volontaires, A.S.F. assure aujourd'hui des missions d'aviation légère, accompagne des enfants malades, achemine des médicaments, ou encore accueille handicapés et exclus de la société dans plusieurs aéro-clubs de France. « Pilotes sans frontières » est le témoignage de l'un de ces hommes de foi qui pensent, comme le dit si bien Xavier Emmanuelli, « qu'aider son prochain n'est pas un métier, mais le plus élémentaire des engagements ». Dans des pages chaleureuses et denses, où l'humour côtoie le tragique, Bernard Chauvreau nous fait découvrir les acteurs de cette véritable épopée : pilotes, mécaniciens, coordinateurs, médecins ; des hommes et des femmes qui donnent un sens à leur vie en sauvant celle des autres. Avec eux, nous nous envolerons vers le Tchad, le Biafra, le Zaïre, la Guinée-Bissau, le Soudan, l'Angola, la Somalie, le Rwanda ou le Cambodge, dans une aventure utile où l'exploit gratuit n'a pas sa place. Aviation Sans Frontières méritait d'être mieux connue ! Mission accomplie !

  • « Tous les genres sont bons, sauf le genre ennuyeux » a écrit Voltaire. Le genre du dialogue des morts a ses lettres de noblesse, puisqu'il fut créé il y a dix-huit siècles par l'écrivain satirique grec Lucien et illustré en France par Fontenelle et par Fénelon. On peut s'étonner qu'il soit si peu cultivé aujourd'hui. Donner la parole à des personnages célèbres, le plus souvent morts depuis peu, est une manière piquante de mettre en valeur leurs idées, leurs passions, leurs vérités ou leurs erreurs, voire leurs crimes ou leurs folies. C'est ainsi que Sartre s'oppose à Albert Camus, Hitler à Bonaparte ou à Churchill, Drieu la Rochelle à Aragon, Pétain à de Gaulle, etc. Pompidou et le dernier Shah d'Iran discutent de la récente guerre du pétrole, Albert Mathiez et Pierre Gaxotte se querellent à propos des mérites de la Révolution Française et de la doctrine des Droits de l'Homme. Dans d'autres dialogues, plus rares, les personnages mis en scène se rapprochent plus qu'ils ne s'opposent, comme par exemple Balzac, Zola et Jules Romains. Dans presque tous les cas, le conflit parfois brutal des caractères est destiné à faire réfléchir le lecteur : c'est le plus souvent à partir de deux paradoxes contradictoires que la vérité se découvre, si elle existe. Jeu intellectuel certes ; mais aussi remise en cause de certaines idées reçues et de certaines gloires consacrées. Sans parti pris et sans haine, et au contraire avec un sourire ironique. Les passions humaines sont dérisoires pour un observateur sceptique ; mais sans elles les hommes ne sont que des fantoches. Ce serait la leçon de cet ouvrage, s'il en a une. Elle n'est pas nouvelle. Mais on peut très bien n'y voir qu'un divertissement historique.

  • Les manuels d'Histoire de France négligent de relater les exploits des héros de nos provinces. On chercherait en vain dans la plupart de ces ouvrages les noms de Morvan, de Nominoë, d'Erispoë, de Salomon, d'Alain le Grand et d'Alain Barbe-Torte qui ont inscrit les premières pages glorieuses de l'histoire du peuple breton. Leurs faits d'armes et leurs actes politiques méritent pourtant d'être connus. Telle est la raison de ce livre, qui se présente comme une épopée emplie tour à tour de fureur sanguinaire et de merveilleux, car il est parfois difficile, en analysant les hommes et les faits de cette période qui va du Ve siècle au début du Xe, de démêler la part de la légende de celle de la réalité, tant elles sont étroitement liées. Hervé Le Boterf s'y est cependant efforcé, en ne retenant que les événements historiques des récits issus de la tradition populaire et en réfutant un certain nombre de thèses accréditées tant par d'anciennes chroniques contestables que par des historiens éminents mais souvent partisans. « Nominoë et l'épopée des rois bretons » est ainsi la première étude consacrée exclusivement à la monarchie bretonne. Elle est également la première qui tente de faire comprendre le comportement des personnages en fonction de la mentalité et du contexte historique de leur époque, en rappelant, entre autres, les répercussions que les invasions normandes et les luttes fratricides entre les descendants de Charlemagne eurent sur la conquête de la liberté de la Bretagne.

  • Trente ans après leur publication, les écrits du Bachaga Boualam demeurent d'une saisissante actualité. Ils continuent d'éclairer d'un regard presque visionnaire, tant les évènements tragiques qui se déroulent aujourd'hui en Algérie, que les manifestations de révolte des enfants de harkis qui refusent de se résigner comme leurs pères. Le Bachaga Boualam, commandeur de la Légion d'Honneur à titre militaire, ancien capitaine dans l'armée française, ancien vice-président de l'Assemblée nationale, s'était réfugié après l'indépendance au Mas Thibert en plein coeur de la Camargue. C'est de là qu'il rompit le silence pour témoigner du sacrifice des harkis. C'est là qu'il s'éteignit le 8 février 1982.

  • Il n'y a pas si longtemps, les moulins faisaient partie du décor : on en voyait partout - sur les collines où le vent faisait tourner leurs ailes, au bord de l'eau pour ceux qui utilisaient la force hydraulique. Un paysage sans moulins ni meuniers aurait paru désertique. Seul le descendant d'une longue dynastie meunière pouvait évoquer ces temps révolus. Marcel Gouzène, fils, petit-fils et arrière-petit-fils de meunier, a gardé de sa longue ascendance meunière force anecdotes et souvenirs. C'est ce récit qu'il a confié un jour à Jean-Louis Quereillahc, à charge pour lui « d'en tirer quelque chose ». En acceptant la tâche proposée, Jean-Louis Quereillahc n'a pas cherché à faire oeuvre littéraire encore moins à romancer. Il a voulu au contraire respecter le style et le caractère de cet ouvrage, afin de lui conserver toute son authenticité. C'est donc un témoignage sans enjolivures que nous donne ici l'un des derniers témoins de la meunerie d'antan. On n'imagine guère aujourd'hui la position importante qu'occupaient les meuniers dans les sociétés rurales d'autrefois, où ils formaient une véritable aristocratie. Pourtant, on les disait voleurs et cette accusation fit longtemps partie de leur folklore. À l'époque en effet, on payait en nature le meunier, qui avait parfois tendance à prélever plus que son dû... Ce qu'on n'imagine pas non plus, c'est la dureté du travail de meunier, l'exténuant effort physique pour soulever dans la journée les sacs de blé - et la nuit, le sommeil précaire, car un bon meunier ne devait dormir que d'un oeil et se réveiller à intervalles réguliers pour régler sa meule (d'où la fameuse chanson : « Meunier, tu dors, ton moulin va trop vite... »). On referme ce livre avec la nostalgie d'un monde à jamais disparu, qui ne revit plus que dans les contes pour enfants.

  • Laurent Azzano, ébéniste et fils d'ébéniste, a grandi au coeur du faubourg Saint-Antoine, dans la célèbre rue de Lappe, au milieu de ce monde grouillant et coloré où artisans, apaches et gigolettes coexistaient pacifiquement, chacun respectant le clan de l'autre. Il évoque ses souvenirs de jeune apprenti, sous la férule de patrons dont il brosse les portraits truculents. Les anecdotes foisonnent, certaines osées (les ébénos ne sont pas des enfants de choeur !), toutes pittoresques et représentatives d'une époque disparue. C'était le temps où les charrettes à bras sillonnaient les rues du faubourg et où des refrains sortaient de tous les ateliers, car on était gai, malgré la misère. Et Laurent Azzano parle aussi des bals de la rue de Lappe, où il était « toléré » à condition de se plier au code de l'honneur ; des javas que l'on dansait, mains posées sur les hanches ou sur les fesses... Laurent Azzano écrit comme il parle, dans un langage simple de tous les jours, rempli de gouaille et d'humour, truffé de mots énergiques et d'expressions pittoresques. Un livre étonnant de verve, de chaleur et de drôlerie, un document exceptionnel.

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