• Nuit d'épine

    Christiane Taubira

    • Plon
    • 26 Septembre 2019

    La nuit, chacun la voit, la vit, la sent, l'apprivoise à sa manière. De celle de Guyane, trouée d'un faible lampadaire sous la lueur duquel, enfant, à la faveur de la moiteur et du silence, elle allait lire en cachette, à celle qui lui permettait de régler ses comptes avec les péchés capitaux que les religieuses lui faisaient réciter dans la journée, la nuit a souvent été, pour Christiane Taubira, une complice, une alliée, une sorte de soeur intime, un moment particulier. C'est la nuit des chansons qu'on adore et dévore, la nuit du sommeil qui refuse qu'on annonce la mort d'une mère, la nuit des études passionnées et des yeuxen feu à force de scruter les auteurs sacrés, la nuit qui ouvre sur les petits matins des métros bougons et racistes. C'est aussi la nuit des militantismes, de la Guyane qui se révolte, des combats furieux à l'Assemblée autour du mariage pour tous - un cathéter au bras et le courage en bandouillère. C'est enfin la nuit d'un tragique vendredi 13, bientôt suivie de celle où l'on décide d'un adieu. Ces nuits des espoirs, des questions, des inquiétudes parfois, des colères aussi sont un roman du vrai. Un récit littéraire où l'auteur montre que la vie est souvent plus forte, inventive, poétique, envoûtante, dure, terrible que bien des fictions.

  • Le héros, Fred, racaille des banlieues, a appris à maîtriser la langue française en prison. Il emploie les mots justes, parle avec esprit, la ramène souvent, joue les redresseurs de tort et réussit à convaincre même la plus antipathique magistrate.Sorti de prison, il poursuit son idéal : diffuser l'amour de la belle langue à ses "frères" de banlieue et aux femmes qui l'entourent.Mais on découvre, petit à petit, que notre héros est habité par un diable, dans ses relations avec les femmes. Et ça ne s'arrête pas aux mots. Fred s'interroge : quel est ce diable qui l'habite ? La République y serait-elle pour quelque chose ? Il fait appel à ses "frères" pour l'aider.Une plongée au coeur de la banlieue, avec ses jeunes, sa langue, ses mélanges, tout cela dans le style inimitable de l'auteur.

    Ludovic-Hermann Wanda, alias Black Dandy, est né en 1981 à Paris dans une famille camerounaise d'ascendance aristocratique. Il a grandi en région parisienne, entre Fleury-Mérogis et la Sorbonne. Il est bilingue : français des banlieues et français littéraire n'ont aucun secret pour lui.Prisons (L'Antilope, 2018), son premier roman, a reçu le prix Hors Concours des lycéens.

  • Corps noir. Code noir.
    Esclavage. Colonisation.
    Identité. Exclusion.
    Nègres. Fantômes. Fantasmes.
    Mépris. Haine de soi.
    Race. Racisme. Différence.
    Moi. L'autre.
    Qui a inventé le corps noir ?

    Jean-Claude Charles ouvre de singulières perspectives en interrogeant le mythe du corps noir.

  • De la poésie pour réinventer le monde et les vivants...
    Il vit à Port-au-Prince. Son métier : poète. Sa foi : l'avenir. Son désir : quelques rêves d'amour et de soleil. Il a une jeunesse insolente et des yeux qui refusent de se fermer, ni de mourir solitaire / sans livrer les méandres de la faille. Il écrit pour ne pas flancher.
    Pour être debout entre les phrases. Ses mots se font fleurs, barbelés en crue / dans la spirale du rêve, dit testamentaire d'une île où seule l'étreinte / conduit la
    lumière.
    Rodney Saint-Éloi

  • Ferdinand est noir et exilé. Il oscille entre Paris et New York. À Manhattan, il loge chez Jenny. Par la suite, il rencontre la belle Fran dans un bar de Greenwich Village. Ferdinand est découragé, Fran est désespérée. Pendant trois jours, ils vont marcher, courir, parier, déambuler, flâner, s'aimer aux quatre coins de New York. Au rythme de l'écriture et de la musique de Jean-Claude Charles, entre le swing et le blues, entre les larmes et le fou rire, le coeur de Ferdinand balance entre Jenny et Fran.

  • Le bar des Amériques est le roman de l'amour perdu. Perte dont le souvenir et la douleur indépassés installent Bahia dans l'enfermement du ressassement et de l'errance à soi. Un enfermement de trente ans qu'elle croit pouvoir briser lorsqu'un matin, très tôt, sur le bord évanoui de la mer, elle rencontre, comme dans un miroir, un autre visage de l'errance en la personne de Leeward, un ancien passeur de clandestins à la dérive dont la vie se limite à boire en compagnie de son vieux complice d'autrefois, Hilaire.

  • De si jolies petites plages est un récit-reportage écrit sur les premières vagues de boat-people haïtiens, qui ont atterri sur les côtes de Floride. Récits, témoignage, entretiens... On y voit l'engagement et le flair d'un écrivain respectueux de la réalité et des gens, qui documente sur le terrain pour découvrir le vrai visage de ces migrants nus, qui ont tout abandonné pour un autre destin. L'auteur Jean-Claude Charles nous dit que «De si jolies petites plages peut être lu comme un roman, parfois comme de la poésie, il y a du théâtre aussi...»
    Jean-Claude Charles a investigué sur le sujet de mars 1980 à août 1982. Sur une tonalité blues, qui fait la marque de cet écrivain, cette enquête rebelle, brutale, saccadée, épouse les aspérités d'une réalité qui dure. Grâce à l'analyse pertinente de Jean-Claude Charles, on comprend que les Haïtiens sont «les seuls boat-people du monde à se réfugier dans les bras des responsables directs de leur malheur» ! Les gardes états-uniens les prennent pour des enfants fautifs qu'il faut encadrer et punir au besoin. Les camps ne se trouvent pas tous aux États-Unis, certains Haïtiens échouent aux Bahamas, à Fox Hill, où la prison centrale de Nassau les attend. Les plus chanceux finiront dans le bush, au sud de New-Providence, un bidonville à l'image de la Saline de Port-au-Prince. La même misère, mais... ailleurs. Mais c'est encore pire pour ceux qui atterrissent à Porto Rico et découvrent le célèbre Fort-Allen: «Bienvenidos. Centro de Educación y Trabajo». De la peur à la révolte, c'est le désir d'évasion à n'importe quel prix qui domine. Les Haïtiens n'en finissent pas de fuir, peu importe la destination finale, même l'enfer... Et l'enfer est toujours au rendez-vous. Un livre combien actuel qui fait comprendre la situation des migrants d'aujourd'hui.

  • Faudrait-il hélas rappeler que la poésie désarme les certitudes, invite à douter, donne à la langue ce qu'elle ne trouvera nulle part ailleurs, brise les miroirs nous renvoyant des images arrêtées de nous-mêmes, saute les verrous du sacré, rêve ?

  • À la fois fable, conte, histoire et enquête policière, Saison de porcs met en scène les mystères d'une société dominée par la corruption et la tentative totalitaire. Un livre bouleversant: humour, cynisme, virtuosité.
    Un été torride à Port-au-Prince: un policier, l'inspecteur Dieuswalwe Azémar, est piégé par une secte mafieuse connue sous le nom de l'Église du Sang des Apôtres ayant adopté sa fille Mireya. Les formalités une fois terminées, Mireya doit partir pour rejoindre sa nouvelle famille à l'étranger. Entre-temps, l'inspecteur découvre le pot aux roses. Il ménera une lutte sans merci pour briser le contrat d'adoption afin de récupérer sa fille. Il démêlera toutes les combines et s'attaquera à un système pourri de la base au sommet. Il aura à lutter contre la police et à se battre contre les forces occultes de cette île mystérieuse. Aussi verra-t-il un de ses proches collaborateurs, Colin, transformé en porc, pour avoir été mêlé à une affaire louche. Ce roman, véritable saison en enfer, fait revivre l'épreuve de la prophétie selon laquelle «... presque tout, d'après la loi, est purifié avec du sang, et sans effusion de sang, il n'y a pas de pardon». Saison de porcs est une traversée sublime dans l'univers du vaudou et de la politique.

  • L'ouvrage Treize nouvelles vaudou explore l'imaginaire dans ses mystérieux labyrinthes. Une manière propre à l'écrivain Victor de sillonner le vaudou avec humour, force et passion. Ce jeune maître du fantastique va très loin, en puisant dans son quotidien les armes pour mieux voir la réalité. Le résultat est que dans ces nouvelles discrètes et subtiles, tombe la frontière entre réel et imaginaire, le visible et l'invisible. Les dieux et les hommes se mêlent à la même histoire loufoque qui s'appelle VIVRE.

  • Inspiré de faits vécus, Nuit albinos est l'histoire d'un chien blanc qui, la nuit de la Saint-Sylvestre, se sauve de chez lui et terrorise toute la ville. Le chien blanc serait envoyé par le Diable pour décimer le genre humain. Cette nuit maudite et mémorable montre la confusion entre réel et imaginaire. Un peuple fou se met, pour survivre, à inventer les pires chimères et à y croire.

  • A l'occasion du cinquantenaire des Indépendances africaines, célébré durant toute cette année en France comme dans 14 pays d'Afrique, et du quarantième anniversaire de l'avènement de la notion même de francophonie, paraît la première biographie consacrée à Ahmadou Kourouma, écrite par le journaliste et écrivain Jean-Michel Djian. L'auteur retrace (il ne s'agit pas ici d'une biographie à thèse, ni d'un compte rendu exhaustif, mais d'une biographie inspirée, intuitive) l'itinéraire surprenant du grand écrivain ivoirien, montrant combien Kourouma est devenu une figure incontournable dont se réclame aujourd'hui toute la nouvelle génération des écrivains africains, de Kossi Efoui à Fatou Diome, de Abdourahman Waberi à Alain Mabanckou. Il a clos un " siècle désespéré " et ouvert une nouvelle page, en émancipant l'Afrique des questionnements de l'héritage colonial et post-colonial, et en libérant de façon décisive une parole entravée par des discours dominants d'inspiration le plus souvent " ethnologique ". En ce sens, il est l'illustration d'une certaine modernité africaine qui, mise à l'épreuve des espoirs et des désillusions des Soleils des Indépendances, s'est patiemment constituée, envers et contre tout, durant ces dernières décennies. On n'oubliera pas que cet emblème majeur de la francophonie, d'abord découvert par un éditeur québécois, puis légitimé par un prix en Belgique, a été définitivement consacré en France par le Seuil.

  • « Bamboola Bamboche est une oeuvre atypique. Ce roman est construit selon la chronologie linéaire d'une nuit, entre minuit et sept heures du matin. Il se passe dans un bar, sur une île imaginaire de la Caraïbe. Il raconte l'histoire d'une investigation sur la disparition d'un écrivain, par un journaliste amoureux d'une femme vaguement impliquée dans un projet révolutionnaire. On se rend vite compte que cette unité de temps, de lieu, d'action pourrait bien être un leurre.
    En effet, la nuit se déroule dans le chaos d'une mémoire vive, un temps qui fait des plis, un rêve tissé de bric et de broc, il se pourrait bien que le bar soit autre chose qu'un bar, mais quoi? L'écrivain disparu et le journaliste à sa recherche seraient-ils vraiment deux personnages distincts? Quant à la femme, Gina, elle est nombreuse, oserais-je dire. Je laisse aux lecteurs le soin d'ouvrir cette boîte à surprises emboîtant d'autres boîtes, jusqu'au coup de théâtre final. C'est un roman à la fois complexe - attention, je ne dis pas compliqué - et simple tout en restant polysémique, c'est-à-dire tendu de sens divers. Il progresse dans ce que je considère comme une noire lumière de moi et des autres. »
    Jean Claude Charles au Nouvelliste, 2007

  • Le féminin dans les lettres francophones est un complexe de métadiscours et de représentations parfois engagées, parfois ambivalentes, mais toutes très parlantes : ces rhétoriques pointent à l'horizon des
    nouvelles productions littéraires les enjeux d'une partie des littératures
    francophones où la femme - et subséquemment le féminin -, quitte le décor pour prendre la scène, et désavoue le rôle de la victime pour échanger le pilon contre le crayon.

  • Trois mois après le séisme survenu en Haïti en janvier 2010, Dany Laferrière a publié la chronique Tout bouge autour de moi. Ouvrage d'urgence qui montre l'écrivain face à l'extrême. Un citoyen debout qui interroge l'existence, avec gravité, revenant sur des questions existentielles : Comment dit-on la catastrophe ? Comment imagine-t-on demain ? Comment reste-t-on en vie quand tout s'écroule ? Comment garde-t-on l'élégance dans ces situations de délabrement ? Dans Tout bouge autour de moi, Dany Laferrière a décrit comme une leçon de vie la manière d'être debout quand tout tombe aux alentours.

    C'était le séisme. Et le regard blessé d'un enfant du pays.
    Un an et trois mois après, avec la réédition de Tout bouge autour de moi, l'écrivain
    Dany Laferrière revient sur la catastrophe et intègre ce livre de circonstances à son univers familier, le retravaillant selon sa manière, en misant davantage sur l'angle serré : la famille, les visages, les rues, les paysages intimes, les rituels, les petits événements qui font le bonheur de la vie quotidienne.

  • Léopold Sédar Senghor Nouv.

    LA grande biographie de Léopold Sédar Senghor, l'homme qui jeta " des ponts entre deux univers " (Armand Guibert).Tout à la fois chef d'État emblématique et poète de génie, Senghor connut de nombreux bouleversements en près d'un siècle d'existence (1906-2001) : il grandit au Sénégal, alors colonie française, au début du XXe siècle ; il prend une part active à la Seconde Guerre mondiale en intégrant les tirailleurs sénégalais ; il oeuvre à l'indépendance du Sénégal dont il devient le premier Président en 1960 ; en 1983, il est le premier africain élu à l'Académie française, véritable consécration de son immense carrière littéraire.
    Léopold Sédar Senghor eut donc, au cours de sa longue vie, deux carrières mais une seule volonté : valoriser les cultures et les peuples d'Afrique noire. Il y parvint d'abord à travers la littérature, notamment en créant le concept de " négritude " avec Aimé Césaire, son ami de toujours. Puis sa vie de chef d'Etat fit le reste : symbole de la coopération entre la France et ses anciennes colonies, Senghor permit au Sénégal de s'affirmer comme carrefour culturel - accueillant un carrousel de colloques, congrès et autres séminaires internationaux - et Dakar comme vitrine artistique. Lorsqu'il démissionna en 1980, il laissa à ses successeurs un héritage aussi rare que précieux sur le continent africain : la démocratie, le pluralisme, l'alternance du pouvoir, et la préservation de l'unité nationale.
    De sa plume délicieuse qui rappelle parfois celle de Joseph Kessel, Jean-Pierre Langellier reconstitue avec finesse la vie d'un homme qui, toute sa vie, contribua à " réveiller l'Afrique de son sommeil millénaire ".

  • Négropolitain

    Daniel Costal

    Roman d'initiation, de conquête de soi, malgré les déterminismes et les écueils de départ.
    Négropolitain, roman sur l'outre-mère, mais aussi adieu au père. Roman d'initiation, de conquête de soi, malgré les déterminismes et les écueils de départ, ou, plutôt, grâce à eux ? Une trajectoire qui contraint le héros à résoudre un délicat problème : pas celui de devoir choisir entre être noir ou blanc (question posée dans sa cité), ni même de vivre en noir et blanc (question posée par ses parents), mais d'arriver à se construire juste métis, au prix d'innombrables contradictions et contre-indications à dépasser. En toile de fond, autant qu'en personnages secondaires, la Martinique, l'Irlande, l'Ile de France : triangulation culturelle et sentimentale qui met en perspective les îles matrices et forme un imaginaire géographique, où s'apprirent la diversité et la mobilité. Ne sommes-nous pas les uns et les autres, des îles perdues dans l'océan de l'incertitude qui cherchent à tisser des liens avec d'autres îles, en quête d'autres rivages ? L'histoire. C'est son dernier voyage en Irlande et celui-ci tourne au désastre: ses meilleurs amis, Liam et Tricia sont en pleine crise conjugale.
    La solitude et la déshérence qui en découlent permettent à Joseph, la quarantaine, professeur en sciences sociales et ancienne gloire de la Boxe Française, de nouer avec Sabine, la belle interprète, une relation pleine de promesses... Ces quelques jours vont lui offrir l'occasion de revenir, par petites touches, sur son parcours singulier de métis d'origine antillaise, né et élevé en banlieue parisienne. De se réapproprier les tribulations d'une émigration inscrite dans la geste tumultueuse et brutale de la Martinique. Jusqu'à clarifier l'embrouillamini de sa famille et la clé de son origine. Jusqu'à comprendre, enfin, comment il n'est jamais devenu champion du monde. Pour en tirer une illustration réaliste - mais pas désespérée - de ce que l'on pourrait appeler, en référence respectueuse à Philip Roth... « le complexe du négropolitain »
    Découvrez la trajectoire d'un homme confronté à un délicat problème : se construire métis, au prix d'innombrables contradictions et contre-indications à dépasser.
    EXTRAIT
    - Je suis désolé Joseph.
    - Laisse tomber cousin, ça n'en vaut pas le coup.
    - Je pensais que ton statut de champion t'aurait mis à l'abri de ce genre de connerie. Tu es connu et aimé ici, franchement je suis sur le cul.
    Champion ou pas, ça avait pourtant fusé. Soudain, les mots railleurs avaient été criés. Ressentant leur cruauté, Bruno, hors de lui, allait répondre, quand je lui fis signe de se taire. En un rien de temps les grincheux agressifs avaient été discrètement évacués et la cérémonie avait repris son cours. Dans des moments comme celui-ci, ces moments où tout le monde se sent gêné : les organisateurs parce qu'ils se croient responsables, la majorité de l'assistance, car elle endosse la honte mal placée des offenseurs issus de son sein, en de tels moments, il arrive qu'on parvienne à noyer le poisson, en faisant mine de ne rien avoir entendu.
    À PROPOS DE L'AUTEUR
    Daniel Costal est né en 1962 à Paris. Il débute sa vie professionnelle comme organisateur d évènements de jazz, éducateur en Maison d'Enfants et animateur de prévention. DESS en Sciences de l'Education en poche, il est tour à tour Directeur pédagogique et Formateur-Consultant en pratiques sociales. Depuis les années quatre-vingt-dix il réside en Haute-Normandie où il est aujourd'hui Responsable de Projets dans un grand organisme de formation. Négropolitain est son premier roman.

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