• Joséphine Bacon, nomade de la toundra, nous fait parcourir, à la lumière du poème, des territoires inconnus. Gaston Miron, Saint-Denys Garneau et Paul
    Chamberland ont nommé Terre Québec ; Joséphine Bacon élargit le pays en nous initiant à la toundra et aux douces chansons de l'infini. L'horizon est offert
    avec tant de grâce et de naturel que nous lui sommes à jamais redevables de nous rappeler à l'essentiel : beauté, simplicité et volupté.

  • Assi en innu veut dire Terre.
    Poésie d'utilité publique que ce Manifeste qui crie d'une même voix révolution et amour. Si la parole était donnée aux peuples des Premières Nations, elle
    ressemblerait à Assi, terre rêvée de ces femmes et de ces hommes qui guettent dans leur chant les mots dignité, espoir et liberté.

  • Vaches

    Frédéric Boyer

    Les vaches aimaient la pluie.' Une phrase si simple, si commune dans sa structure, et cependant inimitable... On y reconnaîtrait Frédéric Boyer entre mille. Est-ce l'emploi de l'imparfait pour cette proposition qui d'un coup la déplace du côté du mythe? Ou lui donne une infinie tristesse? Des phrases comme celle-là, Vaches en est rempli. Ce livre bref, tout entier consacré à ce qu'il y a de permanent et d'éphémère dans l'idée même de cet animal, et dans cette réalité à la fois massive et énigmatique, ce livre profondément nostalgique est aussi un traité de philosophie poétique, ou de poésie philosophique. Y sont interrogées de la manière la plus tendrement triviale, incarnée, notre présence, notre fuite, nos angoisses. 'L'animal de son corps dans la création. L'animal néant c'est elle. C'est la vache.

  • «un malaise un racisme discret destructeur un chargeur c'est une réserve de munitions pour une arme on dit aussi un magasin l'insoutenable vision du dépeçage la banalité exténuante la répétition des objets quotidiens les attentats affichent leurs bilans comme les marques leurs points en Bourse l'intime et l'environ les pièges des contrôles de clandestins les balises des massacres le temps qui passe des rapports opaques les avertissements de la fatigue le principe du tout droit les riches heures de la torture la ville qui pue les marchandises de l'insécurité les épidémies envahissantes les fragments comme débuts il reste un fond de sac nettoyer le repos comment s'en aller»

  • L'opulence de la nuit

    Charles Juliet

    "Quand j'ai faim tout me nourrit racontait cette chanteuse dont le nom m'est inconnu un visage la pluie l'aboiement d'un chien moi aussi quand j'ai grande faim musardant par les rues populeuses dérivant au gré de mon humeur je m'emplis de tout ce qui s'offre des visages des regards un arbre un nuage la lumière du jour le sourire d'un enfant tout est absorbé tout me nourrit"

  • Au lieu de suivre
    un tracé
    il prépare un décor
    le faut-il, le doit-il ?
    il n'est pas
    à l'abri
    du Minuit
    car Minuit
    est à l'ordre
    du jour
    un rideau pour l'amour, un objet long
    pour l'échéance, il écrira - au féminin
    entre guillemets

  • Marcel Cerdan, Jack Johnson, Gene Tunney, Max Schmeling, Daniel Mendoza, Georges Carpentier, Eugène Criqui, Jack La Motta sont les noms des boxeurs légendaires dont Pascale Bouhénic a choisi de raconter la vie en vers. Des vies que ce livre déplie en un défilé de figures tragiques et légères, en un Boxing parade.

  • Escalier d'eau nous entretient de ce lien permanent avec le monde : saisir dans leur présence les lieux, les saisons, les êtres, les souvenirs...

  • J.-M. Gleize revisite Supports/Surfaces (mouvement artistique d'avant-garde français) et offre cette conférence poétique, faite de silences et de mots, juste le temps pour l'oeil de se poser, juste le temps d'écouter.

  • J'ai cherché...

    ,

    lu par Charles Juliet; Valérie Dréville

    « Quels mots trouver qui dénoueraient tes tensions te videraient de ton angoisse apaiseraient ce qui te ronge.
    Quels mots trouver qui te clarifieraient te révéleraient à toi-même transformeraient ton regard. » C.J.


    Les souvenirs « de l'enfance à l'âge adulte » deviennent des micro-récits autobiographiques scandés, martelés par une voix qui souligne certains des mots les plus importants. Souvenirs trouvant leur source dans la mort portée en soi : deuil éternel de la mère génitrice jamais connue, mots ressassés, harcelants, épuisants. Souvenirs de lecture qui devient le sujet même des textes. Souvenirs lumineux enfin, pour la période plus récente de la vie de l'auteur qui disent son enthousiasme dans le cadre de rencontres. S'ils sont encore pour certains frappés de noirceur, ils ne concernent plus l'intériorité de l'auteur mais le chaos du monde dans lequel il vit aujourd'hui. L'écriture fait naître et laisser parler les morts aussi bien que les « exilés des mots ». À l'écoute des deux voix, on comprend que la conquête des mots fut aussi conquête de soi et de son destin. (d'après Nelly Carnet, « Revue Autre sud » n° 46, sept. 2009)

  • Lazy Suzie

    Suzanne Doppelt

    mais l'air dès que vient le jour est plein d'images mobiles auxquelles l'oeil sert de cible ou d'aimant

  • " c'est parée de strass et de diamants que la star très appréciée du public s'est présentée à la cérémonie sous une pluie de flashes elle a tenu à rendre hommage aux morts et aux survivants avant de brandir sa statuette en larmes un prix amplement mérité pour un rôle difficile où elle ne cesse de croiser et décroiser ses jambes devant des corps mutilés et carbonisés "
    Sur les talons d'une star étincelante, nous passons de la fiction à la réalité avec ce nouveau texte de Patrick Bouvet qui, comme ses autres livres, relève du sampling ou de l'installation poétique et qui parle du cinéma américain. Ou, plus exactement, trouve sa source et son inspiration dans les films américains des années 70 et début 80 qui ont marqué durablement son adolescence, période où se cristallisent les émotions et de nouveaux rapports au monde. Ces films, qui mettaient en scène des anti-héros, des rebelles, des marginaux, des zombies, abordaient de front la violence, le pouvoir, la morale, la sexualité et inventaient des genres : le road movie, film de guerre hallucinogène, théorie du complot... Au même moment apparaissaient sur les écrans le "blockbuster", avec des productions, comme Les Dents de la mer ou Star wars, et des moyens dignes d'une véritable industrie : star system, manipulation du spectateur, débauche d'effets spéciaux.
    Dans Pulsion Lumière, Patrick Bouvet propose son propre " montage " de cette période cinématographique et de ses influences. Après avoir abordé la vidéo ( In situ, 1999), la photographie de presse ( Shot, 2000), la télé ( Direct, 2002), le jeu vidéo ( Chaos Boy, 2004) et la photographie de mode comme représentation de la femme ( Canons, 2007), il se devait d'aborder le cinéma, principal pourvoyeur en images de notre univers contemporain.

  • "L'amour c'est pas ça
    L'amour c'est pas ça
    L'amour c'est pas ça
    C'est quoi l'amour?
    Je sais pas mais c'est pas ça"

    Suite de vignettes, poèmes-affiches, ready-made, donnés à lire tels des rites de passage. Ici le parti pris est la vitesse et le paradoxe. Imaginez une ville faite de ruelles entrelacées, nues, frontales où des milliers d'objets et de voix martèlent la musique de la vie sous un doux parfum de sexe. Un livre vrai.

  • Une plume qui tutoie respectueusement le manoeuvre, l'artisan, ces acteurs du monde industriel ou traditionnel, tous ceux qui de rien créent l'objet, le réparent, pour le bien-être et la mémoire.

  • Au très fond de nous-mêmes, nous savons que nous allons seuls, chaque chemin est intrinsèquement unique, aucun rêve ne ressemble à un autre, aucun mot ne se reconnaît dans ses doubles extérieurs. C'est ainsi le poème, tel un cristal de neige unique, singulier et solitaire en soi. Dans cette zone, serais-je en mesure de préciser où expire la vague et ou commence l'océan ? Pourrais-je dessiner la limite entre les bords du corps et les ourlets de l'ombre ? Je me souviens

  • Il faut aller aux mots comme on va aux fraises, en repassant au point d'ancrage de chaque fruit pour s'assurer de quelque saine récolte.

  • Montrez-moi une bonne fois pour toutes / Un vrai marteau entièrement réel / Alors je m'enliserai en paix / Dans le soir rouge des marécages / Mon père n'aura pas vécu pour rien / Chaque chose aura rempli son nom / A l'infini crépusculaire / Jusqu'au bout de la barbe des blaireaux.

  • Sudor Facil regroupe les poèmes les plus récents d'un écrivain inclassable, irrévérencieux, rebelle, dont l'écriture se détourne aussi bien de l'effusion naturaliste que de la préciosité et de la religiosité. Son art est de savoir résister, avec jubilation, aux effets les mieux admis de la poésie contemporaine, depuis bientôt un demi-siècle. Un poète du dissensus et de l'hétérogénéité, cependant d'une altérité brûlante.

  • Depuis toute petite, Anne est persuadée qu'il manque une lettre à l'alphabet. Elle l'imagine sous forme d'étoile. C'est une sonate de Bach qui lui révèlera que sa lettre se trouve en fait sur une portée musicale. Traitées comme une partition, les calligraphies de Lalou donnent une résonance particulière à ce texte intimiste.

  • Dans cette performance Julien Blaine reprend le mythe de Diane et d'Actéon dans une triple version : Ainsi le poète de Doc(k)s et des Poèmes métaphysiques tentera-t-il, à la recherche des secrets brûlés dans les bûchers des inquisiteurs papaux de la fin du Moyen Âge (ceux d'Innocent VIII), de mélanger les cultures et les époques. Performance pour percussions africaines (Miiri Ma Nyi), une déesse, un récitant (Cie Alzhar) et un poète bouffé par les chiens. Au mur un jeu de l'oie intitulé « Il giro del mondo » et quelques fragments agrandis (les animaux de ce jeu).

  • Un chant du Japon à la manière de l'auteur.

  • En des poèmes denses et charnus, sans le moindre attendrissement inutile, ni l'ombre d'un intellectualisme desséchant, Anne-Marie Derèse dit sa féminité, sa ferveur, son droit à appréhender le monde, sa condition, qui veut conjuguer la lumière et l'ombre. La sensualité, l'opposition instinctive entre l'être et le non-être, la conscience sur le point de basculer dans le subconscient, l'amour qui a besoin de spiritualité, et le spirituel qui ne saurait vivre sans l'incarnation : toutes les zones intermédiaires du vécu et du dit se trouvent remarquablement conjuguées en ses poèmes.

  • Ce qui compte, c'est la parole du poète, et l'effet produit sur nous. « Peut-on écrire à partir d'une chaise, du simple fait d'ouvrir une porte. d'allumer un feu, de regarder le vieil évier d'où s'écoulent plus d'étoiles et de nuit que d'eau ? » demande l'auteur dès les premières lignes de son texte. La réponse est : « Oui ». D'autres l'ont fait à leur manière : Cadou, Ponge, Guillevic, Follain... Livres d'heures éblouies, regard sur un pays lumineux, « histoire profonde du réel », le recueil de Christian Viguié a cette vibration singulière à laquelle on reconnaît la poésie. Jean Orizet

  • Saturnia est une confusion volontaire avec le papillon nocturne roux et un récit de Pétrone en marge d'une version latine...

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