Fayard (réédition numérique FeniXX)

  • Pendant la guerre d'Algérie, qu'est-ce qu'on voulait, moi et mon meilleur copain, Paulo Labrouche ? On s'en fichait de l'Algérie Française ! On voulait simplement être le premier à coucher avec la belle Sylvette, pour ne plus avoir ces affreux boutons sur la figure... On voulait jouer au foot, lire Histoire d'O, danser avec les filles en frottant comme des fous, bref, on voulait vivre, quoi... Sur le chemin, un petit bourricot avançait doucement vers nous...

  • Ce que les services de sécurité redoutent par-dessus tout est en train de se produire : le terrorisme nucléaire. Le meurtre d'un agent de l'A.I.E.A. (Sauvegarde Atomique Mondiale) à Londres, par un terroriste palestinien, met les services chargés de la lutte antiterroriste en Angleterre, en Allemagne fédérale et en France, sur la piste d'un trafic de plutonium, dont l'aboutissement est une base atomique secrète dans le désert Libyen. Le terrorisme atomique doit être empêché à tout prix. Mais, pour parer à cette menace, les États et les organismes internationaux de sauvegarde sont impuissants. Aussi, décide-t-on au plus haut niveau de monter une opération de commando pour détruire la base nucléaire. C'est l'histoire de ce raid, de ses origines et de ses causes, qui est racontée dans ce livre à travers des personnages inhabituels, tant par l'ambiguïté de leur comportement que par l'originalité de leur personnalité. Terroristes, agents doubles, membres des services de renseignement, pris dans une action désespérée donnent une vision en marge des véritables structures du Pouvoir dans un monde menacé de destruction.

  • Vittorio Di Muro quitte la clinique et part se reposer dans sa somptueuse villa familiale en bordure de mer, où l'attend son jeune fils - mais où se cache l'enfant ? existe-t-il vraiment ? et la mère, Isa, ce grand amour ? Un groupe d'invités se présentent à la villa, qu'on n'y attendait manifestement pas, mais qui sont reçus avec courtoisie, traités princièrement. Ils s'ébattent, jouissent du soleil, de la mer, ne se laissent guère impressionner par d'inquiétantes rumeurs touchant le passé de la vieille demeure, ni par le comportement à la fois chaleureux et glacé de leur hôte, ni par cette atmosphère qui hésite de plus en plus entre le faux-semblant et le fantastique, le suspense et la folie... Il est vrai que l'épaisseur d'un fil seulement sépare parfois une réalité banale de l'étrange, et une réalité étrange de la plus insoutenable horreur. C'est de ce fil qu'est tissé Névrose, extraordinaire premier roman de Jean-Marc Cerrone.

  • Cette histoire est vraie : le fils de mon ami a disparu et je ne souhaite à personne de vivre les moments qu'il a connus. En raison du procès en cours, l'auteur a seulement dû changer les identités des personnages et modifier les lieux. Derrière ce drame : un homme, l'un de ces individus dont la pensée atrophiée mélange tout, la religion et la politique, le prêchi-prêcha et la violence, l'idéal et le fric. Il profite des élans généreux des adolescents pour monter des combines infâmes : c'est le dévoyeur. Tout le monde le sait, mais, comme tant d'autres, il est intouchable. Il court toujours !

  • Ce livre raconte l'histoire d'un commando pendant la première Croisade. Des guerriers pittoresques, assortis de moines truculents, entourent le légat du pape et son chef d'armée. Les dames ne sont pas absentes de ce tumultueux pèlerinage. Rogier le bon géant, Picabén l'astucieux coutilier, et leurs hommes taillent une route difficile. Brigands et pillards de tout poil attaquent les convois, que suivent la horde des pauvres et les chariots peints des prostituées. Constantinople. Le très rusé empereur d'Occident réunit les chefs de guerre : Français, Normands d'Angleterre et de Sicile, Provençaux et Flamands sont au grand rendez-vous. Qui commandera en chef ? Raimond de Toulouse ou Bohémond de Tarente, Robert Courteheuse ou Godefroy de Bouillon ? L'histoire véritable, attestée par les chroniqueurs, affleure tout au long de ce roman.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Ce n'est qu'un prétexte. Avouez : c'est de vous seul que vous parlez. Vous vous racontez des histoires auxquelles vous ne pouvez plus croire. Se pouvait-il que quelqu'un vît aussi clair en moi - que dis-je, qu'il vît plus clair en mes desseins obscurs que je ne l'avais fait moi-même au long de ces soirées d'hiver où, pour me donner consistance ou l'illusion d'être quelqu'un, je m'étais à moi-même raconté tant d'histoires qui, jamais, ne m'étaient arrivées ni ne pourraient arriver à personne ? Écoutez-moi, prêtez l'oreille, dit-il, ou dis-je, passé, présent, ne prenez pas pour confusion délibérée cette tentative pour parler, sans que je sache qui parle et d'où, au passé, au présent, de quoi - du passé ou présent de quelqu'un ou personne, à la fois une histoire et son contraire, suivant toutes les perspectives possibles en même temps ou successivement, sans que je sache en fin de compte si je suis dehors ou dedans ? Si c'était mon enfance, peut-être - l'enfant que j'ai été et qui demeure intact en moi, celui qui n'a pas la parole et ne cesse pourtant de parler, s'inventant dix vies, dix histoires possibles et inexistantes parce que nulle vie n'est la sienne, qu'il est rien et tout à la fois ?... (Extrait de la nouvelle Elis, l'enfant-bulle).

  • Mon père, j'en avais la certitude, était un magicien. Anne Gruner-Schlumberger est la fille de Conrad Schlumberger, inventeur, avec son frère Marcel, de la recherche minière par prospection électrique. C'est Jean, un autre de ses oncles, l'écrivain, auteur de Saint-Saturnin, qui l'a encouragée à écrire l'histoire de cette découverte qui commence dans les caves de l'École des mines autour de la boîte noire (le potentiomètre), se poursuit dans la propriété familiale du Val-Richer, se précise à Péchelbronn où naît le carottage et s'étend dans le monde entier. Le chercheur n'est pas coupé de la réalité. Il est aussi homme de terrain, comme la poignée d'ingénieurs débrouillards, persévérants, disséminés en Amérique, en Russie, au Venezuela, en Extrême-Orient... Tous luttent contre les éléments naturels. Vie d'aventure, vie d'une entreprise aussi, qui a commencé en 1925 dans deux pièces sur l'esplanade des Invalides. Aujourd'hui, cotée en Bourse, elle emploie 40 000 personnes. Ainsi la modeste boîte noire de Conrad et Marcel s'est muée en lampe d'Aladin.

  • Les héros de ce roman de Vahé Katcha ne sont pas des romantiques. Il s'en faut de beaucoup. Ils viennent du Proche-Orient. Ce sont deux Libanais, une Iranienne, un Kowétien, tous amis, tous riches. Ils débarquent un matin à Paris, avec un but précis : faire parler d'eux et de la cause arabe, montrer aux Européens qu'en dehors du pétrole, les Arabes existent. Assar Koursy est le play-boy de la bande. On le voit beaucoup chez Régine ou chez Castel. Omar Bahrène veut percer dans le cinéma : il deviendra ami de la célèbre Sabine Kerlier (qui ressemble comme une soeur à une de nos grandes vedettes de cinéma) et réussira à lui faire tourner un film au Liban. Jouliah Zad, la belle Iranienne, a jeté, elle, son dévolu sur le candidat de l'opposition à la Présidence de la République. Elle deviendra sa maîtresse et l'épousera après une élection triomphale. Michael Fazih n'est pas comme ses amis. Lui est venu à Paris pour y traîner son désespoir. Il se laisse embarquer dans des histoires bizarres, finit par renoncer à tout et se fait écraser dans la rue. Vahé Katcha raconte ces destins entrecroisés dans un roman plein de verve et de rebondissements, où s'agite une faune pittoresque, le Tout-Paris des boîtes de nuit et des cercles de jeux, la bande à Régine, des gens de cinéma, des journalistes, des politiciens et aussi des Israéliens qui essaient de neutraliser l'influence grandissante de ces seigneurs qui se taillent des fiefs en Europe occidentale.

  • Ce volume constitue l'ultime épisode d'une série entreprise dès 1974 avec Le Bourricot, et poursuivie par Le Coup de Sirocco (1978) et Le Macho (1979). Voici donc réunis pour la dernière fois Marguerite, Lucien et leur fils, tous trois natifs de Tadjira. Comme d'habitude, le rire est au rendez-vous : un rire méditerranéen, tout imprégné de l'accent de là-bas et qui sonne haut et dru. Comme d'habitude, aussi, l'émotion a sa part dans un récit qui pose la grande question, hantise de tous les pieds-noirs : Peut-on retourner en Algérie, voir comment c'est devenu ?... À cette question, un million de personnes pourraient offrir un million de réponses différentes. C'est pourquoi ce livre ne propose pas de solution péremptoire. La surprise finale, véritable coup de théâtre, montrera au lecteur que si l'Algérie, c'est fini, il n'est pourtant pas facile de tenter le grand saut.

  • Juin 1962 : un million de personnes, toutes origines et religions confondues, quittent l'Algérie dans des conditions catastrophiques, pour essayer de refaire leur vie en France. Sur ce thème difficile, Daniel Saint-Hamont nous offre pourtant l'un des romans les plus comiques de l'année. Contrairement à tout ce qui avait été fait jusqu'à présent, c'est sous l'angle d'un humour constant que l'auteur nous invite à suivre les aventures, souvent burlesques, d'une famille rapatriée de fraîche date. Du père, épicier un peu trop crédule qui ne tardera pas à tomber entre les griffes d'un escroc, à la mère, digne de figurer dans une anthologie de la Famille Hernandez, au fils enfin, qui se débat dans les affres d'une sexualité perturbée par le retour en France, vous partagerez les déceptions et les joies d'un petit monde attachant. Vous rirez aussi à chaque page, en lisant des dialogues tout empreints d'une constante drôlerie. L'auteur a su éviter les pièges du mélo et de la nostalgie faciles, comme il l'avait déjà fait dans Le Bourricot, pour restituer tout le climat d'une époque troublée, pour mieux faire comprendre également la mentalité d'une population qui conserve, seize ans après, sa profonde authenticité. Le coup de sirocco qui dispersa en 1962 une partie de la population indigène de l'Algérie, s'est apaisé depuis longtemps, mais son souvenir est resté gravé à jamais dans la mémoire de ceux qui le vécurent. Et dans la chair de bien d'autres.

  • Et revoilà tous les héros du Coup de Sirocco, ce roman qui, porté à l'écran, a connu un succès retentissant en 1979. Dans Le Macho, vous retrouverez donc les personnages qui au cinéma vous ont tant fait rire (et pleurer...) : Marguerite, la mère, bruyante, inquiète et passionnée. Le père, Lucien, massif, plein de bon sens, dont la placidité dissimule mal l'aptitude à pousser des coups de gueule retentissants. Avec l'accent de là-bas, bien sûr... Et puis le fils devenu adulte. Dans Le Macho, il se heurte pour la première fois à une femme libérée, la jolie Marie-France. Une rencontre fracassante entre le M.L.F. et le M.M.R. (Mouvement des Mâles Rétrogrades)... Avec son art tout particulier du dialogue à la méridionale, Daniel Saint-Hamont s'inscrit dans la lignée des écrivains français capables de faire rire aux éclats, comme d'émouvoir de manière discrète.

  • Sur le lit d'hôpital napolitain où l'ont conduit les péripéties des guerres napoléoniennes, le jeune Anthelme Collet se rend compte soudain que l'admiration des hommes va au titre, jamais à la vertu. Sa conclusion est d'une imparable logique : la vertu est inutile, le titre est indispensable. À l'instant, son destin est tracé : désormais fils de M. le marquis de Collet ou évêque de Manfredonia, baron autrichien ou huissier de justice, éditeur parisien ou général d'Empire, Anthelme Collet voit venir à lui la femme et la fortune : il dissipera l'une et l'autre avec autant de charmante désinvolture.

  • Comment une simple histoire d'amour peut-elle en arriver à mettre en péril l'équilibre politique Est-Ouest ? Comment les dirigeants des grandes puissances peuvent-ils en venir à s'affronter à propos du bonheur d'un homme et d'une femme ? C'est qu'il s'agit de la plus riche héritière du monde occidental et d'un très haut responsable du KGB soviétique. Elle règne sur une flotte dix fois plus importante que celle de la France. Lui est au coeur de l'action terroriste sur les cinq continents. Ce roman n'est pas seulement un extraordinaire thriller : c'est, avant tout, un document d'actualité qui révèle la confrontation secrète entre le monde libre et l'empire soviétique pour le contrôle des mers et des océans. Sans l'enquête et le récit de Zacharie Wolff, un spécialiste de l'armement maritime qui a été le témoin direct de cette gigantesque manipulation, personne n'en connaîtrait les redoutables implications. L'enjeu, pour nous tous, s'exprime en termes de guerre ou de paix, d'esclavage ou de liberté.

  • Face à un mur dont le papier de tapisserie, avec ses roses prétentieuses et leur disposition compliquée, tour à tour l'excite et le déprime, un vieil homme va mourir. Philosophe et sarcastique, il domine sa misère et envisage la mort avec sérénité. Pourtant les ruminations sur son passé, seuls déplacements permis, lui laissent une accablante impression d'échec. Tous les éléments de sa vie qu'il évoque avec intensité - sa femme absente, la mutilation qui au premier jour de la guerre a fait de lui un être en marge, ses amours anciennes étouffées par un stupide héroïsme, une carrière universitaire sans signification autre que la lutte contre l'ennui - font naître en lui la même amertume : ratée, sa vie n'a aucun sens. Et cependant, au cours de ce dernier week-end, il va découvrir l'amitié, la tendresse, retrouver l'amour et la paix. Un jeune étudiant en médecine qui veille sur lui est au centre de cette effervescence inattendue. Non seulement ses confidences sur ses amours ou sur le mystère de sa naissance et de son identité vont obliger le passé à faire passionnément irruption dans la chambre du vieil homme, mais encore, en mettant bout à bout les bribes de connaissance qu'il tire de sa mémoire et les révélations fragmentaires du garçon, le vieillard comprend enfin comment se rattachent entre les êtres des fils jusque-là épars. Mieux : le moribond qu'il est va pouvoir commander au destin, faire avancer les choses jusqu'à un point de non-retour, disposer de soi et d'autrui. Avant la nuit qui sera noire, les clartés de ce crépuscule sont presque celles d'une aurore.

  • La scène se passe de nos jours dans un pays qui pourrait être le Guatemala, parmi les ruines baroques de l'ancienne capitale où le temps semble s'être arrêté, à l'ombre de volcans faussement endormis... Et c'est toujours la même légende que l'on raconte depuis Cortés, à l'heure des massacres quotidiens et des machinations sordides : l'histoire des amours tragiques du Conquistador et de l'Indienne - Don Pedro de Alvarado, dernier descendant du vainqueur, et Zuyua, l'enfant trouvée, qu'on croit venue de nulle part. Deux êtres se conjuguent et s'affrontent dans l'imagination d'un seul : l'homme et la femme, l'homme et son rêve, l'homme et sa créature - une autre. Deux peuples, deux cultures, deux mondes dépossédés dont les destins contraires se croisent, puis se séparent. Qui vaincra l'autre, s'il faut qu'il y ait un vainqueur ? L'histoire ne se répète pas, et le récit rebondissant déjoue les conventions du mythe, d'où surgit un sens nouveau.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Didier, je m'appelle, mais tout le quartier me surnomme Didi, ça fait plus gentil. J'habite un drôle de quartier, c'est surtout des Arabes, des Noirs, des Turcs, des Polonais et j'en passe. Madame Ida, c'est comme qui dirait ma mère puisque mon père l'a épousée quand j'avais quatre ans, heureusement qu'elle n'est pas raciste. D'ailleurs Justin, son second fils de son premier mari, est un Noir, alors que le premier, René, est tout blond. Tout ça pour vous dire qu'on est une belle bande dans ce quartier. Comme dit Diego qui a quinze ans, quand c'est pas un qui fait le mariole, c'est un autre. Moi je n'ai que neuf ans, mais je vous prie de croire que je n'ai pas mes yeux dans ma poche, ni ma langue, d'ailleurs : je vais tout vous raconter.
    Bien sûr, ce n'est pas toujours drôle la vie. Mais la Mémé, qui souffre de décrépitude et qui fait du yoyo entre vie et mort, elle doit bien regretter un peu de devoir partir. Enfin, comme dit mon ami Monsieur Alibert qui est cordonnier, faut pas chercher réponse à tout. Et comme dit Madame Ida quand elle n'est pas en rogne, l'amour peut faire des miracles. Mais, au fait, j'allais oublier de vous parler de Mademoiselle Capucine ! Elle a beau être mal vue parce qu'elle est prostituée, d'être si jolie ça appelle l'amour. D'ailleurs, si vous m'écoutez, vous le comprendrez vous-même. Parce que, croyez pas, il n'y a pas que des misères dans la vie, il y a aussi de la joie !

  • C'est pour échapper à la mort lente de sa race que s'enfuit Le prisonnier de Cintra, héros de la nouvelle qui donne son titre au présent recueil. Mlle de Briséchalas ne pense qu'à lire, mais s'occuper de son agence matrimoniale A la fleur d'oranger ne l'empêche pas d'être toute à sa passion... Dans Un chat nommé Gaston, Paul Morand donne à l'histoire du Chat botté une fin en forme de satire contre l'ogre moderne qu'est le fisc. De même traite-t-il avec ironie dans Le coucou et le roitelet le conflit du snobisme et de la jalousie. Mais il sait aussi s'attarder sur ce qu'il y a de plus noble dans l'Histoire de Caïd, cheval marocain.

  • « Il va falloir que je retrouve tout ça, le tracé exact des profils, la juste chaleur des coins d'ombre, la taille que j'avais à sept ans, le poids du cartable, la peau blanche de cette Maman qui croit que sa beauté suffit comme amour. Il va falloir retrouver les mots, les hurlements, toutes les transes de la famille Galloudec, la gueule qu'avaient nos grandes vacances de Bourg-la-Reine au Tonnerre de Brest. Il va falloir, surtout, que je retrouve ma petite soeur, son nom, Elisa, que je criais partout sans me soucier des mauvais présages ». « Je fais pas ça pour moi : j'ai tout dans la tête et ça me suffit bien. J'attends que l'orphelin arrive pour tout lui refiler ; les bonnes gens donnent leur sang, moi, je lui donne mon histoire. Les médecins ont dit qu'il lui fallait un vrai roman pour le sortir de cet orphelinat ; il paraît qu'il n'a rien, ni mère ni père, et que tous les fils de sa mémoire sont cassés. Il est comme un pantin. Je vais arranger ça, mais que personne ne crie si j'ai triché par-ci par-là, et d'abord si je dis que je suis né là, sur le pont qui saute la voie ferrée, à 7 h 23 ou à 8 h 45, dans les cahots des directs pour Antony ». Un premier roman autobiographique - la description d'un moment de l'enfance dans un milieu communiste de la banlieue parisienne - qui est, avant tout, recherche de la mémoire. Un art incisif, qui épingle l'instant ; un humour corrosif, une sensibilité d'écorché. Chris Donner a écrit le scénario du film tiré de Petit Joseph (coproduction Antenne 2 et B.Q.H.L. ; réalisateur : Jean-Michel Barjol ; distribution Gaumont).

  • La soixantaine, veuve, revêche et sans attrait, Valérie Lemercier vit, en compagnie des deux enfants du premier lit de son mari, dans une petite ville d'Ardèche où il ne se passe rien.. Au début de l'histoire, son seul ami, Benoît Girardeaux, est écrasé. Volontairement ? Mme Lemercier hérite de lui, mais l'héritage lui est disputé par une amie d'enfance, Catherine Josserand, elle aussi redoutable. Menaces, chantage : le cauchemar commence pour Valérie qui ne sait pas aimer et que ses beaux-enfants détestent Un cauchemar qui, très vite, la rendra dangereuse. Quel secret cache cette femme énigmatique, vulnérable, victime des circonstances et de sa pusillanimité ? Le commissaire Jardet avance prudemment dans le labyrinthe des petits mystères, des mesquineries, des haines larvées mais puissantes : arrivera-t-il trop tard au festin où les deux louves s'affrontent ? Un suspense digne des plus grands romans policiers, où l'on retrouve le commissaire Jardet, héros du précédent roman de l'auteur, Périls en la demeure, Prix du Quai des Orfèvres 1983.

  • Ce roman brosse, dans un style dru, imagé, très personnel, une série d'images vivantes, à la fois drôles et attendrissantes. L'homme - le narrateur -, à travers la légende familiale, recrée toute une époque (dans un certain milieu et un certain lieu) : l'entre-deux-guerres. Sur le fond de tableau social, politique, prennent forme et substance des personnages pittoresques et vrais.

  • À l'âge de vingt et un ans, Georges Coulonges travaillait dans sa natale forêt girondine. Il exerce « tous les métiers des gens sans métier », avant de devenir ce « touche-à-tout-à-succès » qui entre au théâtre pour offrir à Jean-Louis Barrault son triomphal Zadig, donne à la télévision un Pause-café record d'écoute, sans parler des textes de quelque Potemkine chanté par Jean Ferrat, laissés négligemment dans le domaine de la chanson. * Il revenait à cet autodidacte aux oeuvres saluées par la jeunesse de peindre pour nous l'un de ces méconnus Lycées d'Enseignement Professionnel dont les portes s'ouvrent sur la rue, la banlieue, le risque. Mauvaise orientation scolaire, violence, alcoolisme, chômage, délinquance, prostitution sont, pour aujourd'hui ou pour demain, les réalités auxquelles Joëlle Mazart, jeune assistante sociale, est confrontée. Parviendra-t-elle, dans ces difficiles conditions, à sauver ce couple formé avec Lionel, conseiller d'orientation ? * Des personnages, des moeurs, un langage de notre temps. Un regard posé sur ceux que l'on ne veut pas voir. Coulonges leur donne la parole. Et parfois, il gueule avec eux. Pour eux. Joëlle Mazart : un roman qui ne doit pas tomber dans l'oreille d'un sourd.

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