• En cet après-guerre, les grandes villes ont changé de structures, de fonction et de nom. Elles sont devenues des métropoles. Ces métropoles ont mal tourné. Elles sont aujourd'hui communément maudites. Pourtant, il y a une douzaine d'années seulement, les autorités, à l'avance, les béatifiaient. Comment expliquer cet échec urbain ? Une certaine idéologie anti-ville se repaît de banalités et fait diversion. Elle prophétise la fin des villes, sans élucider les raisons véritables de la crise actuelle de la ville. Les villes sont un mode d'être de la société. La métropole est devenue la formation urbaine dominante, parce que la sorte de concentration qui s'opérait en elle, constituait un facteur de croissance économique. Elle correspondait à la fois aux conditions nouvelles du développement de la production, et à l'évolution interne des rapports sociaux dans le capitalisme avancé, dont la couche sociale monopoliste était devenue la force motrice. Elle avait, par là-même, pour fonction sociale de consolider et d'amplifier l'hégémonie des classes dirigeantes. C'est ainsi que la politique urbaine de l'État a été axée sur le développement des métropoles. Leur aménagement fut, essentiellement et prioritairement, conçu en fonction de la production et de l'accumulation du capital. Cette déviation économiste, qui est structurelle, est la raison principale de leur mal aménagement, qui est à l'origine de la crise de la ville. Que valent les palliatifs proposés ? La politique des villes moyennes apparaît comme une bien curieuse affaire. La prolifération des néo-villages dans les parages lointains des aires métropolitaines et les villes nouvelles, ne font que confirmer la prépondérance des métropoles. Alors, que faire ? Penser se libérer individuellement en fuyant la ville, est une utopie inopérante. La lutte socio-politique, collective, à la fois revendicative, politiquement consciente, et s'articulant à l'ensemble du combat démocratique, peut, seule, permettre de libérer la ville.

  • Semblable au pauvre Orphée, le nouvel Adam libéral est condamné à gravir le sentier escarpé du « Progrès » sans jamais pouvoir s'autoriser le moindre regard en arrière.
    Voudrait-il enfreindre ce tabou - « c'était mieux avant » - qu'il se verrait automatiquement relégué au rang de Beauf, d'extrémiste, de réactionnaire, tant les valeurs des gens ordinaires sont condamnées à n'être plus que l'expression d'un impardonnable « populisme ».
    C'est que Gauche et Droite ont rallié le mythe originel de la pensée capitaliste : cette anthropologie noire qui fait de l'homme un égoïste par nature. La première tient tout jugement moral pour une discrimination potentielle, la seconde pour l'expression d'une préférence strictement privée.
    Fort de cette impossible limite, le capitalisme prospère, faisant spectacle des critiques censées le remettre en cause. Comment s'est opérée cette double césure morale et politique ? Comment la gauche a-t-elle abandonné l'ambition d'une société décente qui était celle des premiers socialistes ? En un mot, comment le loup libéral est-il entré dans la bergerie socialiste ? Voici quelques-unes des questions qu'explore Jean-Claude Michéa dans cet essai scintillant, nourri d'histoire, d'anthropologie et de philosophie.

  • La Berthe ! Il suffit de prononcer ce nom pour que les gens de Mayenne et de l'Orne deviennent intarissables sur les faits et gestes de cette femme et de sa famille. Une histoire pas ordinaire, se répète-t-on. Celle d'une famille paysanne et de son ascension. Tout commence en 1867, avec les premiers succès du père, qui s'est lancé à la conquête de la terre avec 3 hectares en poche. À sa mort, il laisse 300 hectares et 3 millions de Francs-or ! Très jeune, Berthe se distingue de ses camarades. À Villaines-la-Juhel, on se souvient encore de cette étrange fille de fermier, qui livrait le lait en gants blancs et en chapeau à voilette. La Joconde, comme on la surnomma bientôt, n'a qu'une idée en tête : arriver coûte que coûte, seule s'il le faut. Plus rien ne l'arrêtera, pas même la mort de sa mère qui agonise, solitaire, dans le bruit infernal de la batteuse. Mais Berthe se moque du qu'en-dira-t-on, elle rafle les prix aux concours d'élevage, elle agrandit ses terres et n'hésite pas à faire du marché noir pendant la Seconde Guerre mondiale. Seule dans cette immense demeure où personne ne pénètre, Berthe continue d'élever un troupeau de bovins à moitié sauvage, en comptant, à plus de 80 ans, sur ses propres forces. La Berthe est morte en mars 1988, au moment où Joëlle Guillais achevait ce livre, fruit de deux années d'entretiens et de complicité patiemment tissée. Cet ouvrage est ainsi son dernier défi.

  • Repères et clés pour décrypter l'actualité

    Comment Daech s'est-il imposé au Moyen-Orient ? Quel impact a-t-il eu localement et à l'échelle mondiale ? Comment les États luttent-ils ? Ces questions traversent l'actualité. Des clichés à la réalité, cet ouvrage nous parle de lieux, de faits et de chiffres pour nous aider à y voir plus clair. Inspiré des recherches les plus récentes sur le sujet, il propose 40 fiches documentées pour cerner les enjeux et les défis de ce phénomène mondial. L'ensemble est illustré de cartes, graphiques et tableaux.


    "Ce livre constitue une précieuse mise en perspective. Il permet d'appréhender le phénomène Daech dans sa globalité, d'en saisir les nombreuses ramifications et d'en comprendre les multiples impacts."
    Pascal Boniface

  • Que faut-il entendre ici par « Ve République » ? Est-ce, de manière restrictive, l'événement historique, le passage de la IVe à la Ve République ? A l'inverse, sur un mode extensif, est-ce le régime politique tel qu'il fonctionne depuis 1958 - ensemble si complexe qu'il paraît échapper, par nature, à toute recherche de ce type ? En définitive, c'est dans une voie intermédiaire que l'on s'engagera, en s'intéressant aux origines de la Constitution de la Ve République : c'est-à-dire, au corps de règles et de principes suprêmes qui détermine la structure institutionnelle du régime, et dont l'établissement a justifié, au printemps 1958, la chute de la IVe République et le retour du général de Gaulle.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Voici aujourd'hui l'état de la théorie des modèles politiques. Le lecteur sera sans doute un peu déçu par le caractère généralement sommaire, parfois même naïf, maintes fois souligné tout au long de ce livre, de certains modèles ou de certaines analyses. Nous espérons seulement qu'il sera convaincu qu'il s'agit là des premiers balbutiements d'une science nouvelle. Les méthodes et les concepts dégagés ici sont plus importants que les résultats proprement dits, évidemment sommaires, et parfois très contestables. Cette remarque est importante, à un moment où la théorie politique dans son ensemble est à la croisée des chemins : la multiplicité des concepts, des idées, des thèses qui s'affrontent ; la complexité des situations concrètes dans lesquelles elles s'inscrivent ; la concurrence de plusieurs méthodes d'analyse récemment proposées rendent de plus en plus difficile l'énoncé de règles générales et prédictives concernant l'évolution des sociétés et des remèdes à apporter aux faiblesses de leur organisation.


  • Les crises financières ne constituent pas des accidents insignifiants. Elles nous parlent de notre économie. Elles en révèlent, brutalement, les mécanismes et les défauts. Pédagogique, ce guide décrypte les grandes crises, sans oublier la crise de

  • La présentation de la voie française de l'intégration des juifs implique une histoire du statut des juifs en France depuis la formation des communautés sous l'Ancien Régime, jusqu'au XXe siècle et à ses réévaluations, notamment au lendemain de la Shoa.

  • Si de nombreux universitaires et politologues ont souhaité la réunion en un seul volume des articles et des interventions de Jean Daniel sur le populisme xénophobe dans sa forme lepéniste, c'est parce que l'un des premiers il eut l'intuition anticipatrice de ce qui se déroule aujourd'hui en France et dans tous les pays européens. À savoir l'émergence d'un phénomène de rejet irréductible au racisme exterminateur des nazis, ou à l'hostilité traditionnelle de l'extrême droite française aux étrangers. Il s'agit d'une réaction instinctive à ce qui apparaît comme une menace pour l'identité nationale.

    En fidèle disciple de Lévi-Strauss, Jean Daniel estime que toute irruption massive et homogène d'une population dans une société provoque des allergies d'auto-défense et des crispations de protection. Le lepénisme est dangereux, non pas tant parce qu'il exprime une barbarie ancienne, que parce qu'il exploite et exaspère les craintes d'une population qui se croit agressés. Jean Daniel avec une obstination inlassable demande que l'on ne se trompe pas dans le choix des armes pour combattre cette forme d'extrémisme qu'il faut d'abord comprendre. Il démontre qu'il faut tenir compte du fleuve des allergies normales pour en détourner le courant. Si nos société sont condamnées au multiculturalisme, elles doivent se préparer à le rendre conciliable avec l'attachement à une identité française qu'il convient de re-définir et ré-enraciner avec force.

    Né à Blida en 1920, Jean Daniel crée la revue Caliban en 1947 et devient l'ami d'Albert Camus. Couvrant la guerre d'Algérie pour L'Express, il est grièvement blessé à Bizerte en juillet 1961. Co-fondateur du Nouvel Observateur en 1964, il en a été le directeur de la rédaction pendant plus de quarante ans et en est resté l'éditorialiste. Jean Daniel a écrit plus de vingt livres parmi lesquels Le temps qui reste, La Blessure, Les Miens.

  • Au travers d'une présentation générale de la Pologne d'aujourd'hui, cet ouvrage analyse tous les problèmes politiques, économiques et sociaux posés à ce pays par son passage du système socialiste au monde libéral, ainsi qu'à l'Union européenne, en insistant sur les données géopolitiques et économiques actuelles et à venir. C'est donc une radiographie totalement à jour de la Pologne par l'analyse des grands événements récents de son histoire politique et économique, qui est ici proposée.

  • Considéré comme une doctrine politique ayant la prétention d'apporter une clef déterminante à la solution et à l'explication des problèmes de l'humanité. La réalité nationale en serait la valeur centrale et décisive.

  • Fragilisation du continent européen et multiplication des risques dans le tiers-monde sont les conséquences directes de la disparition du clivage Est-Ouest. Des espaces géostratégiques, désormais laissés vides, sont devenus la proie des visées hégémoniques d'acteurs locaux moins contrôlables.

  • La politique de réhabilitation du logement social a déjà une histoire. On peut dire qu'elle naît en même temps que les grands ensembles à travers les critiques que ces projets suscitent chez certains architectes et sociologues en 1960. Durant les deux der

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • De création récente (1921), mais émergeant d'un passé lointain, la Jordanie, au chevet d'Israël, impliquée dans l'affaire palestinienne et proche des chasses gardées pétrolières occidentales, joue, à l'échelle du Moyen-Orient, un rôle stratégique de premier plan pour le maintien du statu quo régional. Tirant son originalité d'une dynastie, certes récente, mais aux figures exemplaires et résolument pro-occidentales, la monarchie jordanienne remplit le rôle que l'Occident, en échange d'un soutien indéfectible, attendait d'elle, notamment pour la sécurité d'Israël et le recueil des Palestiniens exilés. Le roi Hussein a réussi cette gageure de rendre tolérables à l'opinion des choix politiques pro-occidentaux, qu'aujourd'hui rien ne paraît devoir remettre en question.

  • Comment disposer d'un pouvoir politique suffisamment dégagé de toute entrave pour pourvoir, en toutes circonstances, de la communauté des lois dont elle a besoin ? Comment instituer ce pouvoir pour que, dans le même temps, sa liberté ne se tourne pas en moyen d'oppression ? Telles sont les deux questions auxquelles le concept bodinien de souveraineté tente de répondre, sans les séparer. Parce qu'il faut un pouvoir qui ne soit jamais paralysé, c'est à une souveraineté indivisible et sans partage qu'il appartient de faire la loi et de pourvoir à son exécution. Mais parce que cette souveraineté n'existe que pour la défense de la république et de ses membres, l'arbitraire en est nécessairement exclu. En imaginant une combinaison possible entre l'efficacité du pouvoir et la garantie des sujets, l'oeuvre politique de Jean Bodin (1529-1596) se situe donc aux origines de la réflexion moderne sur le droit de l'État.

  • Après vingt ans de croissance mais aussi de perte des espoirs de la Libération, le mouvement de Mai mit en cause un type de société et de culture. Il ne fut pas seulement un mouvement de révolte et de rupture : il annonça l'entrée de la culture dans le champ politique et la fin de la séparation entre vie publique et vie privée. Mais cette signification centrale de son action fut en partie cachée par lui-même : alors qu'il ouvrait sur l'avenir, il recourut à des mots et à une idéologie hérités du passé. Il y a trente ans, comme aujourd'hui encore, s'opposent, parmi les contestataires de l'ordre établi, ceux qui en appellent à un État interventionniste ou révolutionnaire et ceux qui veulent reconstruire l'action politique sur un nouvel état des protestations sociales et des demandes culturelles. Mais le message de Mai peut être mieux compris aujourd'hui, au moment où nous sortons d'une longue période de refus de l'avenir pendant laquelle ne pouvaient s'opposer qu'un libéralisme brutal et la défense corporative d'intérêts acquis. Nous comprenons mieux l'importance d'un mouvement qui a modifié presque tous les aspects de notre vie collective.

  • L'importance de ces partis ne réside pas uniquement dans le rôle crucial qu'ils jouent dans le système politique israélien mais dans leur rôle comme point de convergence entre religion et politique, entre judaïsme et Israël.

  • Le processus d'élaboration des marchés publics d'informatique est complexe par l'importance des aspects stratégique et budgétaire, la rapidité des évolutions techniques et la complexité des textes applicables, la multiplicité des intervenants, la dimension organisationnelle et managériale ainsi que l'application des principes de base du service public. Le présent ouvrage traite les aspects techniques, commerciaux et juridiques de ces marchés.

  • Cet ouvrage propose l'étude de la déontologie de l'action administrative et de ses personnels, à travers l'analyse des devoirs et des valeurs théoriques, historiques et juridiques. Dans une société en pleine mutation, l'administration française change, assumant de nouvelles fonctions et des responsabilités supplémentaires, à propos desquelles la réflexion déontologique semble délaissée. L'auteur présente les pathologies administratives et expose les réformes envisagées ou envisageables destinées à rétablir le prestige et la réputation de l'administration française, loin d'une actualité de corruption et de politisation de la vie administrative.

  • Retrace l'histoire des Douanes et Régies de l'Indochine, des premiers pas de la conquête jusqu'en 1954. Cette fresque de l'installation puis du fonctionnement d'une administration française en Extrême-Orient est d'abord celle d'Européens et d'Asiatiques qui, durant près d'un siècle, furent les principaux pourvoyeurs du budget de l'Indochine grâce aux régies du sel, de l'alcool de riz, de l'opium.

  • Dix ans après l'effondrement du système bipolaire, le nucléaire civil et militaire demeure un enjeu de puissance majeur entre les nations. Dans ce contexte, la politique nucléaire de la Chine et, en particulier, ses transferts de technologies nucléaires, sont devenus une source de préoccupations et de tension entre Pékin et Washington. Histoire du nucléaire en Chine, depuis les premiers travaux de recherche entamés dans les années cinquante pour la mise au point de la bombe atomique, jusqu'au développement récent de l'industrie électronucléaire, cette étude répond à toutes les grandes questions que pose aujourd'hui l'attitude de la Chine à l'égard du nucléaire civil et militaire.

  • Les États fédéraux ne sont pas bien vus sur la scène internationale, notamment européenne. L'Europe des Quinze compte déjà trois États fédéraux, l'Allemagne, l'Autriche et la Belgique. L'Union européenne recourt à des techniques inspirées du fédéralisme, même si elle inscrit certaines institutions publiques, comme la cour de justice, dans une logique unitaire. Le fédéralisme est au coeur de toute réflexion sur l'Europe. Est-il possible de faire du fédéralisme au carré ? L'Union européenne met-elle, au contraire, en place un système de plus en plus unitaire ? L'ouvrage répond à ces questions.

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