• Les fruits du Congo, c'est une affiche. Elle représente une magnifique négresse qui porte des citrons d'or. Les collégiens d'une ville d'Auvergne rêvent devant cette affiche qui symbolise pour eux l'aventure et l'extrême poésie de l'existence. Qu'est-ce que l'adolescence ? Telle est la question à laquelle Alexandre Vialatte répond avec ce grand roman qui décrit aussi toute une ville de province avec ses kermesses, son assassin, son docteur, son lycée, son square.

  • Il n'est pas facile d'être jeune. Sans doute, Erna Schnorr se marie et devient la mère de douze enfants roses, Manuel s'en va chez les soldats et chez les femmes, mais la destinée de Battling est plus singulière. Sans doute était-elle appelée par une âme plus acide et une pudeur plus hargneuse, par un goût prononcé pour la vraie musique militaire et pour Victor Hugo, par des cheveux rouges et des muscles d'homme, par les conseils du vent de cinq heures, le café-bar Mexico, et l'influence de l'art moderne, qui peut agir si gravement sur les pensées et la conduite d'un élève de rhétorique, qui ne s'appelle d'ailleurs pas en réalité Battling, mais Fernand Larache.

  • Pendant un demi-siècle, Alexandre Vialatte a cultivé l'art de la chronique. Ses oeuvres constituent une sorte d'encyclopédie des activités humaines vues au travers du kaléidoscope d'un observateur malicieux qui sait résumer d'une sentence, lapidaire et drôle, le fond de son propos. Nourri de textes inédits, ce recueil témoigne des différentes formes journalistiques pratiquées par Alexandre Vialatte, des années 1920 à sa mort en 1971. Il apprend son métier en collaborant à La Revue rhénane, en même temps qu'il s'initie à l'Allemagne, découvre Goethe et Kafka, et suit de près l'actualité du pays. Dans Le Petit Dauphinois, comme dans l'Almanach des quatre saisons, autre florilège de sa fantaisie, Vialatte s'en donne à coeur joie, avec la plume d'un poète, l'imagination d'un conteur, l'humour d'un savant désabusé. Les chroniques cinématographiques parues dans Bel Amour du foyer constituent un volet inattendu de son oeuvre de journaliste. Vialatte s'amuse à y distiller ses conseils et ses opinions sur des films dont il raconte l'histoire à sa manière, toujours singulière et décalée. Il a aussi tenu pendant près de dix ans une chronique dans Le Spectacle du monde, constituée de promenades littéraires plus que de véritables critiques. Là comme ailleurs, il exprime ses goûts, ses admirations avec une intelligence savoureuse, une virtuosité et une liberté de ton qui n'ont cessé d'enchanter ses innombrables lecteurs et lui valent d'occuper aujourd'hui une place prépondérante dans notre histoire littéraire.

  • La plupart des poèmes que propose La Paix des jardins ont été écrits à deux époques : les années 1920 puis les années 1950. Dans la première (il a une vingtaine d'années), ce sont des sortes de romances, où la mélancolie se marie au cocasse et engendre une tonalité particulière, manifestant des parentés avec celles de Toulet, Levet, Laforgue ou Kipling, et où apparaît déjà tout le bric-à-brac imaginaire propre à l'auteur. Les poèmes de la fin (dont celui qui donne le titre au recueil) sont souvent plus graves, et peut-être plus beaux.

  • Pendant vingt ans, Alexandre Vialatte s'est promené dans son époque pour en donner un portrait saisissant dans les chroniques qu'il livrait chaque semaine au quotidien auvergnat La Montagne. En se prêtant avec gourmandise à cet exercice, il a inventé un genre littéraire qui fait encore aujourd'hui notre admiration.
    Pour notre plus grand bonheur, Alain Allemand nous entraîne ici dans une déambulation délicieuse à travers ce jardin extraordinaire.

  • "La maison du joueur de flûte est une étonnante parabole poétique à la fois énigmatique et rigoureusement raisonnée. C'est une quête. Désemparé, étourdi, sollicité par trop de souvenirs, d'images et de questions, Alexandre Vialatte cherche minutieusement ce qu'il est, ce qu'il veut, ce qu'il peut." Ferny Besson

  • Dernier roman inédit d'Alexandre Vialatte, La Dame du Job fournit la clé du projet romanesque inauguré en 1942 par Le Fidèle Berger, poursuivi avec La Maison du joueur de flûte puis Les Fruits du Congo. « C'est une dame, écrivait l'auteur à Jean Paulhan, qui fume la cigarette sur un calendrier du Job dans une auberge sur le plateau du champ de tir, près d'une petite ville de garnison. » Son image fascine deux enfants, le narrateur et Frédéric Lamourette, fils du chef de musique. Ils vont bâtir, autour de l'auberge et du champ de tir, un univers fantastique dont elle sera l'énigmatique souveraine. Et c'est elle que leur imagination associera au drame bien réel, mais incompréhensible, qui se noue sous leurs yeux : celui du lieutenant, de l'ordonnance et de la belle dame serrée de trop près. Un drame pour adulte. La guerre est là. Les premières automobiles apparaissent dans une campagne fumante de brouillards et d'odeurs. La dame du Job, près de qui un homme va mourir, annonce déjà la négresse des Fruits du Congo. Reine de papier elle aussi, son visage bouleversant restera mêlé pour toujours à ce qui est le vrai sujet du roman : la découverte du monde par deux enfants.

  • Un Vialatte inédit, poétique, magique. Ce «cri du canard bleu», prose de 1933 est une envie romanesque laissée à l'état d'esquisse. On y trouve Étienne, qui s'ouvre à la beauté par la voie d'affriolantes affiches où scintillent «Estelle», star des «Ballets féériques». Un Vialatte inédit, poétique, magique. Ce Cri du canard bleu, prose de 1933, est une envie romanesque laissée à l'état d'esquisse. On y trouve Étienne, qui s'ouvre à la beauté par la voie d'affriolantes affiches où scintille « Estelle », star des « Ballets Féeriques ». On trouvera également, au fil du récit, ces ingrédients essentiels au merveilleux vialattien : un missionnaire gothique, un oncle à moustache, un magasin général, caverne d'Ali Baba du surnaturel quotidien, des coffrets à goûter, « une auberge de complainte et de grand vent ». Vialatte transforme, à vue, pour nous, l'Auvergne en terre de féerie. Vialatte, seigneur des anneaux... chinois, dont acte.

  • Qu'est-ce que l'Égypte ? Un décor d'opérette laissé vide quelques milliers d'années le temps de confectionner son plus bel ornement : le chapeau de Napoléon. Qu'est-ce qu'une pyramide ? Un mont d'Auvergne touché par l'esprit de géométrie. Qu'est-ce qu'un mont d'Auvergne ? Le mausolée d'un dromadaire. Telles sont les vérités qu'étale à nos yeux Alexandre Vialatte, alors professeur de français au lycée franco-égyptien d'Héliopolis, dans des chroniques égyptomaniaques parues entre 1938 et 1942. Ou quand l'Égypte fait la conquête d'Alexandre.

  • Un abécédaire

    Alexandre Vialatte

    Pour les amoureux de Vialatte... et pour tous ceux qui aimeraient le découvrir.

    Le cercle des lecteurs d'Alexandre Vialatte - " auteur notoirement méconnu ", comme il aimait lui-même à se qualifier - ne cesse de s'agrandir depuis sa disparition, en 1971, et sa gloire posthume continue de prospérer. Méconnu, Vialatte le demeure cependant encore, hélas, du grand public. Un abécédaire vient opportunément réparer cette injustice.
    De l'Auvergne, d'où il était originaire, à Kafka, qu'il traduisit ; de l'Hippopotame, qu'il chérissait, à l'Homme, motif d'inspiration inépuisable, en passant par Napoléon, Sempé ou le Western, les entrées de ce recueil, qui puise à toutes les sources de l'oeuvre (romans, chroniques, correspondance...), proposent de faire connaissance de manière ludique avec l'univers à nul autre pareil d'Alexandre Vialatte et révèlent en filigrane le portrait sensible d'un auteur désormais culte.

  • Mûri dans les années 20, ce roman inédit irrigue ses 152 pages du destin moral et commercial d'Auguste Balandrier, qui ne pouvant honorer sa dette sera saisi. Déconsidéré et riche de son seul capital magnétique, Balandrier finira alcoolique  et déblatérant d'hermétiques billevesées. Porté par la bonne humeur, ce sombre roman nous éclaire sur la genèse de Vialatte.

  • Année après année, le cercle des admirateurs d'Alexandre Vialatte, auteur " notoirement méconnu ' comme il se définissait lui-même, ne cesse de grandir - et ce n'est que justice.
    À l'occasion du quarantième anniversaire de sa mort, le groupe La Montagne - Centre-France et les éditions Julliard ont tenu à s'associer pour rendre hommage à cet écrivain exceptionnel qui, pendant plus de vingt ans, a donné au journal La Montagne plus de neuf cents chroniques, réunies en deux volumes dans la collection " Bouquins ", qui continuent à ravir les lecteurs.
    Outre la création d'un club des amis d'Alexandre Vialatte et d'un prix Alexandre-Vialatte, la rédaction de La Montagne a donc choisi treize chroniques, publiées durant toute l'année 2011 à raison d'une par mois dans son supplément dominical. Cet ouvrage reprend ces treize livraisons auxquelles s'ajoutent une dizaine de chroniques choisies par quelques-uns des plus fervents admirateurs de l'écrivain : Gavin's Clemente Ruiz, Laurence Cossé, Bernard Jannin, Pierre Jourde, Marie-Hélène Lafon, Baptiste Liger, Philippe Meyer, Amélie Nothomb, Pascal Ory, Antoine Perraud, François Tallandier, Denis Tillinac, Bertrand de Saint-Vincent et Philippe Vandel.

  • Cette complainte à multiples couplets que nous fredonne cet enfant frivole de Vialatte est un lâcher de senteurs : effluve de l'encre, parfum de l'éponge, odeurs de préau. Son âge d'or est fait de rentrées des classes, d'automnes à recoins mystiques où se troquent de minces secrets enrobés dans du papier d'argent, de pèlerines à l'abri desquelles se trament les contrebandes enchantées de l'enfance.

  • Nous la proclamions belle et nous l'aimions d'un amour refoulé.
    Nous l'appelions Mata Hari faute de savoir son vrai nom, à cause d'une photographie qui se trouvait dans un magazine et qui était censée lui ressembler et que je n'ai d'ailleurs aucune raison de supposer elle-même ressemblante. Elle pouvait avoir vingt ans. Elle était venue habiter aux vacances le château des Messieurs Bourdier que les propriétaires louaient pour la saison. Nous ne disions pas " le château " comme les gens de la région, mais " la Maison de la Plante du Songe " sous l'influence d'un romancier chinois, car nous aimions tout exotisme et ne vivions que de frissons cosmiques.

  • Vialatte est inextinguible. Il narre par le menu des faits divers piquants à base d'hommes ternes et de chiens savants, de bric-à-brac et d'antiquités tardives. Le monde qui en découle est un grenier dans la rue où la main agrippe ce qu'a promis le rêve éveillé. Pour lors, l'année est un perchoir à étages, une volière chaotique. Pour parler de l'oiseau de malheur ou de la chaisière, il trouve aux êtres des significations inédites, des liens de parenté inattendus. Entrez dans le monde de Vialatte !

  • Dans ces Bananes de Knigsberg, Vialatte raconte l'Allemagne telle qu'il l'a vue, entendue, ressentie, de 1922 à 1949. Arrivé en Allemagne en 1922, Vialatte s'installe à Mayence. Il respire à grandes bouffées ce folklore rhénan dont il a tant rêvé. L'écrivain retrouve l'Allemagne éternelle qu'il imaginait, romantique, teintée de piété monastique, le Rhin mystérieux et sa fascinante Lorelei. Assez vite cependant, son enthousiasme faiblit. Déçu, inquiété par l'Allemagne pro-nazie dans laquelle il voit se dessiner très clairement le péril hitlérien, Alexandre Vialatte, entre 1933 et 1939, ne fait plus que de rares et brefs séjours au-delà du Rhin. Personne ne croit à ses angoisses de Cassandre. Ce qu'il pense, redoute, paraît tellement insensé qu'on le laisse rarement s'exprimer. En janvier 1945, « correspondant de presse », il assiste aux procès des criminels de guerre de Belsen. Il les suit, à la fois fasciné et atterré par l'ampleur et l'horreur du drame, par le flegme des bourreaux qui se présentent comme des champions de l'ordre, du devoir et de l'obéissance. « Ils ouvrent sur l'âme nazie et la psychologie du crime des horizons qu'on ignorait jusqu'à ce jour. » Ces Bananes de Knigsberg éclairent et nuancent l'apparence de frivolité qu'Alexandre Vialatte s'est amusé, presque toujours, à donner de lui-même. Elles affirment qu'il est aussi un écrivain profond.

  • Voici le portrait-robot des douze mois les plus recherchés. Mars, son âme retour du pressing, se risque au-dehors. Il scrute les oiseaux se concocter un nid. Triste Avril, où tout est vrai, sérieux. Mai, le tauromachique, le polygame. Chaleur de Juin, mois où l'on disparaît dans l'épaisseur du sol pour y fuir la canicule, et, plus encore, celle d'Août... Novembre s'orne d'un pharmacien ; Décembre meurt en mer. Janvier, mois en haine, se terre en famille aux confins d'épaisses futaies. Enfin, Février le suit, qui semble mou et erratique. Comme l'huître ou l'apôtre, le mois va par douze.

  • Ces lettres illustrent la relation qu'entretinrent Vialatte et Ferny Besson (écrivain et journaliste née en 1906) pendant vingt-trois ans. Sur le thème de l'amour courtois, une chronique au jour le jour de la vie de Vialatte : ses émotions, ses amitiés, ses jugements littéraires, ses problèmes d'argent, ses difficultés à réaliser en même temps son oeuvre et son activité de journaliste.

  • Pour exprimer ses réflexions sur l'art et la création littéraire, Vialatte a imaginé un projet de roman demeuré inachevé, à la fois parabole et caricature, intitulé Camille et les grands hommes. Un extrait de ce texte ouvre ce recueil. C'est la rencontre romanesque d'une adolescente prédestinée à la poésie avec un artiste authentique. Un écrivain. Les textes réunis dans les chapitres suivants sont des chroniques groupées par thème. Quoique d'un autre ton, elles se rapportent au même sujet : l'art et la création artistique. Particulièrement la création littéraire. Soumise absolument à certaines disciplines. Codifiées par les règles du jeu, celles de la grammaire, du sens rigoureux des mots, de la ponctuation. Qui ne les observe pas ne pense pas bien. Autant de contradictions dira-t-on ? Non pas. Pour que la vérité du poète s'impose au lecteur, pour que le mythe devienne réalité même et ne se fane pas, il faut qu'elle soit forte et bien vivante. Transparente. Irréprochable. Belle, enfin. Comme les piscines d'Hesbron, près de la porte de Bath-Rabbim. Cette énigmatique Porte de Bath-Rabbim a obsédé Vialatte sa vie durant. Pour lui, ceux qui la passent sont les poètes, les créateurs. Ceux qui ne veulent ou ne peuvent la franchir ne connaîtront jamais la vraie vie : celle des espoirs, des songes de l'homme.

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