• Beaucoup de citoyens sont saturés de politique. Casamayor, homme de terrain, fait le point dans les domaines les plus chauds de cette fin du XXe siècle. Aujourd'hui, comme hier, tout est rapport de forces, mais de quelles forces s'agit-il ? Que veulent aujourd'hui les nations ? Et que deviennent les citoyens ? Casamayor constate que l'effroyable pesanteur des idées toutes faites, n'a pas été entamée par les désastres ni les guerres. Il éclaire d'un jour nouveau des mots tels que démocratie, pluralisme, grands principes... et déroule le fil des impostures de ces dernières années. Pourtant, optimiste par nature et par expérience, Casamayor est convaincu que, libérés de l'univers fictif où ils sont enfermés, nos concitoyens n'ont aucune raison sérieuse d'avoir peur. Un peu moins de crédulité, un peu plus de lucidité, voilà qui est à la portée de tous. Dans sa forme littéraire et parfois parodique, ce livre est un véritable antidote.

  • C'est une histoire vraie, celle d'hommes et de femmes pendant la période comprise entre 1905 et 1925, à Alger, miroir déformant qui absorbe plus qu'il ne reflète les grandes vagues de l'Histoire européenne. Ils étaient russes pour la plupart, autre miroir déformant. Ils ne souffraient pas du malentendu qui les désignait comme étrangers. Ils avaient choisi un bon climat pour y passer la moitié de l'année. Ils étaient riches avant 1914. Celui qui donne son nom à ce livre était un savant, un autre était un grand voyageur, un autre un médecin... Ils étaient réunis par hasard. Ils vécurent la guerre et la Révolution sans que les épreuves économiques et sociales modifient si peu que ce soit leur caractère. Ils s'engageaient à fond mais sans le faire exprès. Il n'y avait jamais rien de calculé dans leur comportement. Ils ne cherchaient pas à se singulariser mais on ne pouvait les confondre avec personne et ceux qu'ils rencontraient les aimaient. Princes ou manants, ils appartenaient à cette aristocratie du coeur, où l'amour ne s'attendrit pas, où les amitiés ne bronchent jamais, où les volontés choisissent.

  • Six avions sont envoyés en mission de bombardement. En désespoir de cause, le commandement les a sacrifiés. Dans l'avion de tête, un vieux colonel n'a qu'un but : ne pas laisser périr des hommes pour des occasions qui ne les valent pas. A bord d'un des avions, un capitaine, passionné de son métier, accepte les ordres, quels qu'ils soient. Il est prêt à mourir ; mais les événements lui donnent tort. Entre les deux hommes, un conflit classique : celui de l'expérience des vraies responsabilités, chez le colonel, contre, chez le capitaine, l'ardeur disciplinée, pouvant aller jusqu'aux automatismes. Les deux hommes sont à trois cents mètres l'un de l'autre dans le ciel. Pour le vieux colonel, il faut refuser les règles d'un jeu imbécile. Mais, qui en aura le courage ? La question est posée dans le tumulte des moteurs, dans l'incandescence des projecteurs, dans l'âcreté de l'huile chaude, tandis qu'une écrasante fatigue accable tous ceux qui font voler encore une fois ces avions épuisés, dont le sort semble réglé par la montre et par la boussole. La guerre n'est ici qu'un décor, mais il y a dans ce livre un bruit terrible, le bruit d'un monde qui part en morceaux.

  • "Jamais les indignations n'ont fait autant de bruit qu'aujourd'hui. De derrière les chaires savantes jaillissent des doigts accusateurs, du haut des échasses ministérielles dégoulinent des réquisitoires sévères, de toutes les tribunes, officielles ou improvisées, s'élèvent des nuées d'éloquence moralisante. Toute cette mobilisation de cervelles et de langues prouve à quel point les responsables, comme on les appelle, ont souci de notre salut. Je ne puis réprimer le cri de reconnaissance qui me monte aux lèvres. Mais, après le temps de l'exaltation, vient celui de la réflexion et le tableau change à vue d'oeil. Cette vertu si ardemment défendue n'est-elle pas un rideau de fumée ? Ces nobles déclarations que personne ne réclame, soucieux qu'il est, à juste raison, d'assurer son pain quotidien, finissent par donner des doutes. C'est très joli de proclamer à tous les horizons que les Français sont des truqueurs, mais ne vaudrait-il pas mieux se demander pourquoi, si c'est vrai. Après tout, si les Français fraudent le fisc, c'est parce que le fisc est injuste, et non parce qu'ils sont des fraudeurs. S'ils critiquent l'administration, c'est parce qu'elle est pesante et tatillonne, et non pour le plaisir de dénigrer. On parle trop de vertu pour que cela ne devienne pas louche. Si l'on mesure la distance qui sépare les bons apôtres des exploiteurs, on constate qu'elle est bien courte. On a beaucoup plus fréquemment la main sur le coeur que le coeur sur la main."

  • Non, il ne s'agit pas d'un roman subversif : la Justice qui est ici mise en cause - et en pièces - est hélas authentique, française, contemporaine et pour le moins étonnante ! Aussi captivant qu'un grand classique de série noire, voici la description de nos institutions judiciaires et l'art de s'en servir... Rien d'abstrait dans cette démonstration brillante, mais des exemples incontestables qui nous permettent de comprendre, entre autres choses, pourquoi les policiers français sont les seuls, en Europe, à susciter l'hostilité du public ; pourquoi le juge d'instruction n'est pas "l'homme le plus puissant de France", contrairement à ce que l'on veut nous faire croire ; pourquoi les magistrats sont dans la main du ministre, comment le gouvernement a réussi à faire voter la nouvelle loi sur la "montée de la violence", etc. Casamayor, qui a occupé tous les postes de la magistrature, et dont on connaît le courage, reste un incorrigible optimiste : il espère qu'un jour il pourra enfin écrire "Justice est fête".

  • La Justice n'a pas besoin de critique, mais de changement. Les plus grands hommes dont l'humanité est fière ont toujours montré de l'inquiétude et même de l'hostilité à l'égard de cette institution. Chaque fois qu'on veut l'améliorer, on se heurte à des « compétences » qui s'appliquent toujours à minimiser les défauts du système et à majorer les difficultés. Avant la Révolution française, la torture, la vénalité, l'inégalité ont pu être combattues parce que leur existence n'était pas douteuse. Elles ont reculé. De nos jours, le mal a pris d'autres formes. Les mots cachent les choses. L'autorité hiérarchique a pris la place de la vénalité. La forme de la société, la politique (pas seulement les interventions mais les opinions) ont pris la place de l'inégalité. Une justice ne peut pas être égalitaire dans un pays qui ne l'est pas. Quant à la torture, physique ou morale, il est hérétique d'en parler. Mettons la lumière sur les vrais problèmes, tranchons dans les difficultés artificiellement accumulées. L'indépendance totale est impraticable, il faut trouver outre chose. La preuve est souvent incertaine, sa recherche fanatique comporte des dangers terribles, il faut donc éviter l'irréparable. La police est souvent chargée des fautes de la justice, il faut donc briser cette séparation derrière laquelle l'une et l'autre s'abritent alternativement. Le concret doit l'emporter sur l'abstrait. Il faut montrer les choses telles qu'elles sont. Au public enfin de juger. Chacun doit se dire : SI J'ÉTAIS JUGE... et passer aux actes.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Ce livre traduit le sentiment aigu éprouvé par chacun de nous d'être joué, manipulé. C'est un cri de révolte contre les injustices, il y en a de grossières, il y en a de subtiles. L'intolérance y prend une énorme part. Elle est l'arme favorite de tous les exploiteurs. On a réussi à la camoufler, mais elle demeure en parfait état de marche. Le mot n'est plus entendu, une censure interdit de le prononcer, cependant le fléau est utilisé tous les jours, sous mille apparences. Casamayor démasque cette intolérance qui rentre ses griffes, mais qui joue sur tous les tableaux et se faufile derrière tous les progrès. Elle commence par culpabiliser les citoyens - qui n'a pas peur de son administration, de sa justice ? -, elle ajoute la récompense, cette forme subtile du profit, puissant moyen d'asservissement - nous n'en avons jamais assez, il nous en est proposé davantage, mais toujours un peu plus que ce que nous pouvons obtenir. Enfin, elle répand le mythe de l'angoisse qui immobilise les citoyens dans la passivité ou les pousse vers de nouvelles idoles. Ainsi, l'intolérance laisse dans le passé les images sanglantes des supplices, mais imprègne d'une persécution larvée les relations en apparence anodines. Elle désavoue à haute voix l'oppression, mais à voix basse persuade de sa nécessité. Elle renforce le "conditionnement", suscite des intérêts fallacieux, provoque des besoins artificiels, invente des ennemis, détourne les élans et met l'ensemble des hommes en coupe réglée. C'est pourquoi l'auteur enseigne comment on peut retourner contre l'intolérance ses propres armes. Elle est inutile, coûteuse ; seuls les préjugés ont convaincu de sa nécessité. La tolérance n'est pas la résignation, mais elle est, au contraire, la forme la plus scientifique de l'action, parce qu'elle domine la peur, parce qu'elle étudie le terrain, découvre l'opposant pour mieux le convaincre, se refuse à sacrifier ses forces dans des affrontements téléguidés, mais elle les concentre au contraire et les dirige vers les objectifs réels. En un langage nerveux, rapide et précis, nourri d'une expérience quotidienne, Casamayor, de la lignée des grands prophètes qui ne laissent jamais dormir, démasque l'imposture et organise la lutte.

  • La justice ne prête plus à rire ; elle inquiète, et souvent elle fait peur, comme la police, avec laquelle elle forme un système obscur, aux liens mal connus. Lui-même magistrat, Casamayor démonte pour nous cet appareil répressif et nous informe sur le rôle des policiers, des indicateurs et des juges, mais aussi des avocats, journalistes et administrateurs qui participent à leur manière à son fonctionnement. Casamayor raconte et explique. A la lumière de son analyse "sans haine et sans crainte", le mystérieux "appareil" s'éclaircit et s'humanise.

  • Un apprentissage pas à pas de la dégustation pour l'amateur débutant : apprécier les vins sous toutes leurs facettes, à l'oeil, au nez, en bouche, et en parler avec les mots juste.
    DÉCOUVRIRL'univers de la dégustationCe que contient le vinRECONNAÎTRELes étapes de l'analyse : l'oeil, le nez, la boucheReconnaître les aromesPercevoir les défauts d'un vinComprendre l'équilibre d'un vinAPPRENDRE À DÉGUSTERLes types et les couleurs de vins : blancs secs, moelleux ou liquoreux, rouges légers ou charpentés, rosé fruités, vins effervescents et vins doux naturels.Reconnaître les cépagesS'EXERCERDes conseils pour préparer la dégustation : choisir les verres, porter les vins à bonne température, déboucher les bouteilles et les décanter...Des exercices pratiquesDes fiches de dégustation

  • Laissez-vous guider dans un apprentissage pas à pas de la dégustation. Cent exercices de dégustations comparatives, facilement réalisables chez vous, vous permettent de... Maîtriser les trois étapes de l'analyse : l'oeil, le nez, la bouche. Le plaisir est d'abord dans la couleur, puis dans les arômes et dans les goûts. Reconnaître les types et les styles de vins : vins rouges légers ou charpentés, vins blancs secs et floraux ou bien liquoreux et miellés, vins rosés fringants, vins effervescents, vins jaunes et vins de paille, vins doux naturels. Parler du vin avec les mots justes. Identifier les caractéristiques des cépages. Comprendre l'influence du terroir sur le vin. Découvrir le monde savoureux des eaux-de-vie : cognac, armagnac, whisky et rhum. Illustré de plus de 600 photos ou étiquettes, l'École de la dégustation, entièrement mis à jour, vous conduit d'un vignoble à l'autre, en Europe comme au Nouveau Monde, au fil de dégustations inédites.

  • Le Prince est un homme de notre temps. Il a usé des moyens qui, de tous temps, ont conduit les Princes au Pouvoir. Au cours de son ascension, toute naturelle pour lui puisqu'elle était le prix de ses mérites et de ses ruses, il avait relégué ce qui lui paraissait inutile dans une enfance où il ne jetait même plus les yeux. Soudain, la foudre éclate. Le Prince est précipité du sommet où il était confortablement installé. Homme d'action, il refuse de se laisser anéantir. Le livre commence au début de ce dernier combat. Plus le Prince s'agite, plus il s'enfonce. Il est tenté de saisir l'arme la plus commode, la vengeance. Mais les hommes, ceux qui viennent à lui, et ceux que sa mémoire impose à son regard comme des pièces à conviction, lui ressemblent. Il ne peut pas se frapper lui-même ; et d'abord, qui est-il ? Si ce n'est pas lui qui a été joué pendant tant d'années, il n'a plus besoin de se venger. Si ce n'est pas lui qui a reçu le coup mortel, il peut vivre. Le Prince, passionné soudain par son échec, commence à comprendre. En même temps, le lecteur, pris dans le mouvement de ce portrait, aperçoit pour la première fois, à notre connaissance, l'esprit et le coeur d'un de ces fameux « grands commis », impénétrables, brillants ou glacés. On ne pourra manquer d'admirer ici l'intelligence du romancier qui a su rendre un homme si abstrait aussi fraternel.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Qu'est ce qu'un cépage, un AOC ? Faut-il faire confiance aux classements ? Qu';est-ce qu'une bonne cave ? Que boire à l'apéritif ? Qu'est-ce que la lutte raisonné ? Pour ou contre les copeaux de chêne ? Une approche pédagogique questions/réponses claire et érudite pour tout comprendre au vin et enfin acheter sans se tromper. Cépages, viticulture, vinification, types de vins, dégustation, accords culinaires, conservation : le livre d'initiation par excellence !

  • 1985, des commémorations. 1945, une victoire. Après la frénésie des combats, vient le moment des comptes. Puisque les victimes appartenaient à plusieurs nations, il fallait un tribunal international, et puisque la paix n'était pas encore signée (elle ne le sera que vingt ans plus tard), ce tribunal international serait militaire. Où le placer ? Au coeur de l'Allemagne, dans la ville qui fut le théâtre des plus grandes manifestations nazies : Nuremberg. Tout ce qui a été dit au cours de ce procès, a été pris, sans la moindre omission, en sténotypie, et occupe quarante-deux volumes : accusation, défense, témoignages. Casamayor était un des accusateurs. Il a puisé dans cette documentation et en a utilisé les passages les plus importants. Il prend les vingt-trois accusés, l'un après l'autre, pour terminer par la scène des exécutions. C'est la guerre qui est en procès : ses causes, ses épisodes inexorables, les démarches officielles, les intrigues secrètes, et la tension de plus en plus terrible qui entraîne les effroyables conduites dont un film récent a encore montré le détail. Communauté de sentiments : l'opinion unanime avait horreur des coupables. Étrangeté des décisions : pourquoi l'économiste, le diplomate, le propagandiste ont-ils été acquittés ? Compromission des politiques : pourquoi le nazisme a-t-il été encouragé en Europe jusqu'en 1938 ? Et puis quelques mystères : l'immobilisme des alliés après la déclaration de guerre, alors que les troupes allemandes se seraient battues à un contre cinq ; le refus entêté du Japon d'attaquer l'U.R.S.S. ; le sursaut tardif de conscience et l'attentat du 20 juillet 1944 contre Hitler. Voilà, pour le lecteur, de quoi l'aider à mieux comprendre la situation mondiale que la guerre de 1939-1945 a créée.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

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