• Le premier livre de Christina Orcyanac, « Bestiaire étrange », consacré aux animaux, remporta d'entrée de jeu le Prix Heredia 1996, de L'Académie Française, et le Prix 1996, Albert-Dauzat, de la Société des poètes français. Aujourd'hui, ce deuxième livre « Amoroso » confirme son goût de la liberté d'expression. Ne faisant aucun cas des tabous qui pèsent sur rimes et alexandrins, elle exprime en des vers diversement nombrés ou bien libres, sa vision poétique et humoristique au bonheur des jeux et des feux de l'amour, corps à coeur, coeur à l'âme, âme au corps.





  • Extrait
    MOI, UTOPIA, EN VIBRATION
    Félinité et angles droits… Je, chatte aimable, à l'intriguant prénom d'Utopia, me demande pourquoi ce chiot Théorème clabaude de réprobation chaque fois qu'il me rencontre ! Les canins mâles ne savent pas faire la cour. L'attelage sexy, Aglaë et moi, a cependant du « chat », un chat fou.
    Aglaë, féline comme moi, n'a ni arrêtes piquantes, ni cassures dans les mouvements, et ne paraît pas prise dans un carcan comme beaucoup de ses semblables. Même vêtue elle est nue dans toute sa souplesse.
    Partout elle me fait admirer. Je suis pour ces hommes cahoteux un exemple de la grâce. Intrigués par mon charme curviligne, mes figures en archivoltes qui contournent le mystère d’objets invisibles, ils sont impressionnés au point de fréquenter des écoles de gymnastique afin de s'assouplir à mon image et d'apprendre la diplomatie du corps en copiant mes spirales et mes étirements.
    Rien à faire, c'est de naissance. Ils font des angles droits avec leurs articulations, s'escriment au carré, alors que, chatte, je me cintre ou m'incurve, me love et m'infléchis, dévide la boule touffue de ma fourrure devant leurs yeux admiratifs. Les seules choses qui leur échappent sont mes inflexions d'âme. Lorsque ces rigidos vieillissent, leur angulogonie devient dramatique. Leurs membres de plus en plus rouillés craquent ! Plus ils saccadent, plus je m’huile.
    Aglaë veut charmer par tous les moyens, dès le prime abord, pour rien, pour le plaisir. Elle a une façon bien à elle de se cambrer lorsqu'elle aperçoit un représentant du sexe opposé. Le petit choc de sa hanche m'en donne le contre coup quand je suis sous son bras. Sa hanche bouge sous moi comme un petit tremblement de terre humain. Elle a même eu ce réflexe en croisant le vieux balayeur municipal venu enlever quelques feuilles d'automne. Un bonhomme fagoté et toussotant ! C'est plus fort qu'elle. Elle veut plaire à chacun et ne respire à pleins poumons qu'en absorbant un air rempli d'ondes admiratives. Toutes ces vibrations pénètrent en elle par ses lèvres qui s’épanouissent en demi-sourire entre ses joues pulpeuses.
    Elle sourit beaucoup. On l'admire tout autant. Alors elle sourit davantage et son buste soupire de bien être et d'oxygène. Tout ça me rend électrique, mes poils sont autant de petites aiguilles qui me rentrent dans le corps. Nous pourrions bien faire le même effet à ce Théorème et son Arthus qui a dit en me regardant :
    — Vous avez là un bien joli joujou assorti à votre chapeau d'hier !
    Moi, un jouet ! Si j'avais pu je l'aurais griffé... ! Tout en frôlant sa main avec le dessus duveteux de ma patte afin qu'il sente combien j'ai le poil doux. J'ai vu des femmes faire la même chose lorsqu'elles passent un objet à un homme, quand un mâle les aide à mettre leur manteau. Minet de rien, elles frôlent. L'homme concerné les gratifie d'un coup d'oeil concupiscent.

  • En face à face, sur le même sujet /La PROSE des pages paires et/La POÉSIE des pages impaires/Echangent la pensée et l'humour qui/Cheminent/En un chant qui rime sans tenir compte des /Tabous/Dans la musique de l'esprit. Les inventions de Dieu et des hommes/Défilent dans l'imagination/De Christina Orcyanac. Qui pour finir, suivra/Son ange gardien.

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