• Entre tous les mots, il faudrait savoir reconnaître ceux par lesquels s'effectue la présence de l'arbre à la voix, de la rivière à la fenêtre qui s'ouvre, de l'asphalte des rues à la couleur des yeux, à la mémoire de ces yeux, la présence tacite d'une chose à l'autre ; il faudrait reconnaître les mots de la conversation qui pousse la brûlante continuité du réel jusqu'au fond noir de la tête ; reprendre encore et encore le fil de cette conversation - pour s'assurer que l'on est ici, que l'on est tourné vers toi. D.B.

  • « Par où sort-on d'ici ? » demande en plein Paris un marcheur pressé à un passant. D'ici, on ne sort plus. On n'échappe plus à l'emprise du pouvoir et de la richesse que la ville étend virtuellement sur la totalité des terres habitées. Sinon en perdant tout ce qui donne une présence. On perd son travail, on perd le courage d'aimer, on perd pied dans l'espace lagunaire, perpétuellement avorté des banlieues. On s'allège de tout espoir. On devient transparent. Alors, on est sorti d'ici. Fugitif est un récit conjuratoire qui tente de détourner sur un personnage fictif les hantises de déperdition de soi-même que suscitent les conditions modernes de la domination. Il suit, au fil de divagations à travers la banlieue, les divers moments d'une espèce de gravitation qui rapproche peu à peu ce personnage de la disparition.

  • Idéal portrait

    Daniel Blanchard

    Poèmes dénudés, calmes. Daniel Blanchard fait parler paysages d'eau, falaises, roches et racines, arbres. Il montre aussi la cassure de l'homme, perdu, séparé par l'effroi, l'effritement de l'air, «de morsure en morsure asséché.»

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

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