• Pendant la guerre d'Algérie, qu'est-ce qu'on voulait, moi et mon meilleur copain, Paulo Labrouche ? On s'en fichait de l'Algérie Française ! On voulait simplement être le premier à coucher avec la belle Sylvette, pour ne plus avoir ces affreux boutons sur la figure... On voulait jouer au foot, lire Histoire d'O, danser avec les filles en frottant comme des fous, bref, on voulait vivre, quoi... Sur le chemin, un petit bourricot avançait doucement vers nous...

  • Ce volume constitue l'ultime épisode d'une série entreprise dès 1974 avec Le Bourricot, et poursuivie par Le Coup de Sirocco (1978) et Le Macho (1979). Voici donc réunis pour la dernière fois Marguerite, Lucien et leur fils, tous trois natifs de Tadjira. Comme d'habitude, le rire est au rendez-vous : un rire méditerranéen, tout imprégné de l'accent de là-bas et qui sonne haut et dru. Comme d'habitude, aussi, l'émotion a sa part dans un récit qui pose la grande question, hantise de tous les pieds-noirs : Peut-on retourner en Algérie, voir comment c'est devenu ?... À cette question, un million de personnes pourraient offrir un million de réponses différentes. C'est pourquoi ce livre ne propose pas de solution péremptoire. La surprise finale, véritable coup de théâtre, montrera au lecteur que si l'Algérie, c'est fini, il n'est pourtant pas facile de tenter le grand saut.

  • Juin 1962 : un million de personnes, toutes origines et religions confondues, quittent l'Algérie dans des conditions catastrophiques, pour essayer de refaire leur vie en France. Sur ce thème difficile, Daniel Saint-Hamont nous offre pourtant l'un des romans les plus comiques de l'année. Contrairement à tout ce qui avait été fait jusqu'à présent, c'est sous l'angle d'un humour constant que l'auteur nous invite à suivre les aventures, souvent burlesques, d'une famille rapatriée de fraîche date. Du père, épicier un peu trop crédule qui ne tardera pas à tomber entre les griffes d'un escroc, à la mère, digne de figurer dans une anthologie de la Famille Hernandez, au fils enfin, qui se débat dans les affres d'une sexualité perturbée par le retour en France, vous partagerez les déceptions et les joies d'un petit monde attachant. Vous rirez aussi à chaque page, en lisant des dialogues tout empreints d'une constante drôlerie. L'auteur a su éviter les pièges du mélo et de la nostalgie faciles, comme il l'avait déjà fait dans Le Bourricot, pour restituer tout le climat d'une époque troublée, pour mieux faire comprendre également la mentalité d'une population qui conserve, seize ans après, sa profonde authenticité. Le coup de sirocco qui dispersa en 1962 une partie de la population indigène de l'Algérie, s'est apaisé depuis longtemps, mais son souvenir est resté gravé à jamais dans la mémoire de ceux qui le vécurent. Et dans la chair de bien d'autres.

  • Et revoilà tous les héros du Coup de Sirocco, ce roman qui, porté à l'écran, a connu un succès retentissant en 1979. Dans Le Macho, vous retrouverez donc les personnages qui au cinéma vous ont tant fait rire (et pleurer...) : Marguerite, la mère, bruyante, inquiète et passionnée. Le père, Lucien, massif, plein de bon sens, dont la placidité dissimule mal l'aptitude à pousser des coups de gueule retentissants. Avec l'accent de là-bas, bien sûr... Et puis le fils devenu adulte. Dans Le Macho, il se heurte pour la première fois à une femme libérée, la jolie Marie-France. Une rencontre fracassante entre le M.L.F. et le M.M.R. (Mouvement des Mâles Rétrogrades)... Avec son art tout particulier du dialogue à la méridionale, Daniel Saint-Hamont s'inscrit dans la lignée des écrivains français capables de faire rire aux éclats, comme d'émouvoir de manière discrète.

  • Et si, après cinquante années d'absence, les personnages du Coup de Sirocco imaginés par Daniel Saint-Hamont, revenaient enfin en Algérie ? Les héros de son livre, publié et porté au cinéma en 1978, décident, dans ce nouveau roman, de redécouvrir ce pays qui n'est plus le leur. Adolescents pendant les "événements", ces hommes et ces femmes désormais âgés partent en un groupe animé et bruyant revisiter leur jeunesse à Tadjira, Mascara, Oran et tant d'autres lieux abandonnés dans la grande panique de l'été 62. Un pèlerinage donc. Mais un pèlerinage drôle et poignant, où de vieux amis algériens et français, des copains d'école ou de lycée, se retrouvent et s'embrassent, loin de toutes considérations politiques.
    Chrétiens ou Juifs, les pieds-noirs errent dans les rues de leur ville fantôme, poussent la porte de leurs appartements aujourd'hui occupés par des étrangers, ramassent dans un cimetière ravagé les ossements d'un parent, rient et pleurent. Mais ils rentreront apaisés en France.
    Roman de paix et de réconciliation, ce livre évite tous les clichés du genre et l'on ne peut le lire sans sourire. Ni sans basculer dans une mélancolie à la fois puissante et joyeuse.

  • «... Au milieu de toute cette agitation de plateau, Rebecca restait calme. Elle était pourtant intégralement nue, prête à affronter la caméra. Nathan est venu vers nous, affairé. Il ne la connaissait pas encore. Elle avait été convoquée par le directeur de casting. Lepage s'est arrêté net. Et déjà, les mots étaient inutiles. Rebecca s'offrait dans une terrible vérité, comme détachée. D'un bout à l'autre du plateau, on sentait que quelque chose se passait. Nathan a fait un pas en arrière, comme s'il voulait s'arracher à elle. Rebecca s'est dirigée vers la caméra. Elle s'est retournée vers Nathan. Simplement retournée. Tout était dit entre eux. Les grandes passions, il y a un moment où l'on croit les voir démarrer, mais on se trompe. Sauf là, car je peux dire que j'ai vu Lepage tomber amoureux, et que cela s'est passé ainsi sur le plateau »....

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