• Cinquante ans, c'est la durée de cette correspondance amoureuse qui a commencé en 1958 et se poursuit sous le signe de ' l'axiome ', lien indéfectible entre amour et écriture, le lit et la page, surfaces lisses et blanches où déposer la passion et les mots. On assiste à deux oeuvres en train de se faire, reliées par un canal souterrain. Ce n'est qu'en 2000, au cours de l'émission Bouillon de culture où Bernard Pivot a invité Dominique Rolin et Philippe Sollers, que leur amour, clandestin jusqu'alors, est révélé au grand jour.
    La vie suit son cours. On n'entend plus que le crissement de la plume sur le papier. Tout le reste, famille et mondanités, est devenu sans objet. Mais Dominique Rolin a beau se remettre à l'ouvrage chaque jour, insensiblement, elle y renonce. Il n'y a plus que les lettres, dont l'écriture quotidienne se fait vacillante, jusqu'au 25 avril 2008 où elle écrit ces derniers mots : ' Moi aussi je ne pense qu'à toi. Et je continue à respirer comme la plus belle femme du monde. 

  • Quand ils se rencontrent le 28 octobre 1958, elle a quarante-cinq ans, lui, vingt-deux. Il est l'auteur d'un récit et d'un roman célébrés par Mauriac et Aragon, elle a publié en 1942 son premier roman salué par Cocteau et Max Jacob. Lattirance est immédiate et réciproque. Tout va très vite. Cette différence d'âge, impensable, semble-t-il à l'époque, scelle entre les amants un pacte de clandestinité. Ils ne se montreront jamais ensemble ; personne ne se doutera de la nature et de la force de leur relation.
    Dans ce deuxième volume, l'envers du premier qui présente les lettres de Philippe Sollers, nous donnons près du quart des 892 lettres écrites par Dominique Rolin à Philippe Sollers entre 1958 et 1980. Cest le caractère romanesque de cette passion hors du commun qui a guidé notre choix. Nous avons tout simplement voulu raconter une grande histoire d'amour épistolaire.

  • "Avec Plaisirs, j'entrais dans le monde de Dominique Rolin, éblouie par son rire, son courage, ses obsessions et ses dons. Messages secrets est d'une toute autre nature. Elle m'embarque avec elle dans un voyage d'où l'on ne revient pas. Elle le sait, elle m'entraîne et elle sait ce qu'elle fait. Elle sait que je peux l'entendre. Sans hystérie et sans pathos. J'entre dans son rêve. J'en suis la dépositaire. Je dois en transmettre les messages secrets. Je me fais traductrice d'une métaphysique concrète. Je redessine à l'infini l'espace de sa liberté. Et ensemble, nous nous approchons du miroir, le plus près possible de cet inconnu impensable où elle me précède."
    Patricia Boyer de Latour.

  • L'Enragé

    Dominique Rolin

    Cloué sur son lit de mort par un rhumatisme articulaire qui l'empêchera à jamais de peindre, Brueghel se rappelle sa vie. Première enfance paysanne, atelier d'un maître célèbre, paysages et peintures des Flandres puis d'Italie, villes déchirées par la répression espagnole, humanité grouillante, femmes qu'il a aimées... vie transformée en oeuvre.Née à Bruxelles, Dominique Rolin (1913-2012) s'établit à Paris dès 1946. Au long de ses romans, elle traite de diverses manières le thème de la naissance et celui du drame familial. à partir des années 1960, se fait jour une nouvelle écriture romanesque, dans des textes où l'auteur remonte jusqu'avant sa naissance (L'Infini chez soi), ou met en scène sa future agonie (Le Gâteau des morts).

  • Qu'il s'agisse du cinéaste A. Delvaux, de Chaplin, des frères Van Eyck ou des Sept sacrements de R. Van Der Weyden, D. Rolin nous convie à un merveilleux voyage sur les terres de la littérature et de la peinture.

  • "Ce qui ne descend pas du ciel n'y remonte pas. Votre livre descend du ciel jusqu'à notre enfer et y remonte comme Notre-Seigneur est remonté des limbes". Max Jacob. "Ce livre est une grande merveille, une joie profonde. Car les racines qu'il enfonce dans la nuit du corps humain, la nuit du sommeil et toutes les nuits inconnues, n'empêchent pas l'intelligence parfaite d'éclater dans le moindre mécanisme de sa fleur". Jean Cocteau. "Vous entraînez ou non votre lecteur dans votre enfer parfois doré (où vous avez tant peur d'être seule) et, quant à moi, vous m'y avez entraîné complètement". Louis Guilloux.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • « Bruges agit sur l'imagination comme si son histoire l'avait chargée d'une électricité qui n'a rien à voir avec la physique. Elle est une mine de feu magique, le noyau d'un volcan dormeur. On ne peut résister à son pouvoir d'aimantation... À travers le grouillement généralisé agitant la ville, on croit d'abord pouvoir s'en emparer sans peine. Mais l'ordre de son intimité et de sa transparence n'est qu'illusoire. Sans percevoir qu'on est l'objet d'une métamorphose, on est pris au piège et possédé. On a beau choisir judicieusement son hôtel, repérer tel restaurant pour le pittoresque de son décor ou la modicité de ses prix, explorer en long et en large des monuments bourrés de trésors, d'emblée on se heurte aux obstacles d'une réalité autre, préservée, dissimulée, hautaine, pudique et joyeuse, qu'aucun guide au monde ne serait capable de révéler. C'est la raison majeure qui m'a empêchée de retourner aujourd'hui dans ce lieu de mon enfance et de ma jeunesse : j'avais trop peur de rater le vrai rendez-vous. Si je suis fixée en France depuis longtemps et douée pour l'immobilisme, ma mémoire, elle, a conservé intacts son dynamisme et sa légèreté. Aussi lui ai-je suggéré de faire le voyage à ma place. Elle a dit oui sans hésiter. Il faut préciser qu'elle a la passion des souvenirs... »

  • Dans ce domaine de la Réclusière, le gardien, c'est celui qui au cours de l'année, saison après saison, vit la vie même de la grande demeure. L'amour, la mort des hommes, leurs passions, leurs détresses, leurs bonheurs, leurs lâchetés poussées à leur paroxysme, tout cela vient s'insérer dans une sorte de courbe sans commencement ni fin, qui fait de la vie une mystérieuse et profonde unité, du domaine une sorte de grand être, le plus mystérieux qu'ait jamais créé Dominique Rolin. Avec cet admirable livre, la grande romancière des « Marais » et du « Souffle » arrive au plein épanouissement de son talent.

  • Sur un terrain vague, à la tête d'une bande de copains, un garçon de vingt ans fonce en vélo par-dessus creux et bosses, avec une audace et une maîtrise fascinantes. Au milieu de ses amis, Yo le contemple. Elle a quatorze ans. Éveil d'une vie. La présence de Mayot-Rayé transfigure l'existence. Mais Mayot-Rayé aime Nathalie, et Yo, pour la première fois, découvre la solitude. Ni ses amies, ni sa mère, ni son père, ni ses frères et soeurs ne peuvent plus combler son attente. Sa mère est-elle même sa vraie mère ? Yo part à l'aventure, à la recherche de ce que pourrait être sa vraie mère, à la recherche, en vérité, d'elle-même et du monde. Jusqu'au bout des choses, jusqu'au bout de la dernière chance, elle tentera cette découverte de la vie, de la mort, du destin, qui lui fera traverser les plus étranges milieux, connaître des hommes et des femmes de toutes sortes. Et pourtant c'est partout pareil. Partout le mal d'amour habite ceux qui marchent et ceux qui restent, ceux qui rient et ceux qui pleurent, ceux dont la vie s'éveille et ceux dont elle s'éteint. Quand Yo reviendra au foyer, meurtrie comme d'un long combat, elle n'aura encore que quatorze ans. Mais tout a changé de place dans le monde. À la place de l'enfance, s'étend l'humanité.

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