• " Quand on naît femme, ici, il faut savoir tout faire. Aimer, accoucher, allaiter l'enfant, peiner au ménage, à la lessive, s'activer au plus dur : courbées sur la vase, les mains rougies, peiner au parc des huîtres et des coquillages ; renaître, mourir ici. "A Port-des-Vents, village-îlot charentais bordé par l'océan, souffle un vent continu, ravageur. Parmi les habitants, une lignée de femmes puissantes, soudées, qui habitent une petite maison de pêcheurs. Les hommes de la famille sont morts. Le rude monde marin et les passions se sont chargés de ces morts-là. Les femmes, elles, rebâtissent sans cesse ce que le vent détruit. Chaque jour elles poussent la lourde brouette pleine d'huîtres. Elles sont les passeuses, se transmettant, immuablement, les gestes de la vie, de la maternité. Autour d'Adèle, l'aïeule, vivent quatre générations de femmes : Adrienne, Marjolaine, Indiana et Elena. Elles sont restées pour toujours à Port-des-Vents, sauf Elena qui s'en est éloignée et qui y revient quand les fruits du verger abondent ; les étés à Port-des-Vents sont splendides. Il y a celle, enfin, par qui tout est arrivé : Adrienne. " Tout est de la faute de la belle Adrienne. " Car à Port-des-Vents, les passions sont dévastatrices...

  • « Y aura-t-il seulement quelqu'un pour planter un cactus sur ma tombe ? » se demandait Calamity Jane au terme de sa vie. Ivre d'alcool, de chagrin, malade, aveugle, Martha Jane Cannary ne cessait de répéter cette phrase. Et de pleurer la solitude qui l'oppressait. Femme au destin hors du commun, celle que les Blancs surnommaient la « reine des plaines » et les Indiens le « diable blanc » suscite aujourd'hui encore de nombreuses interrogations et une admiration sans bornes.Détestant l'hypocrisie, cette aventurière fut tour à tour conductrice de diligences, convoyeuse de fonds, chercheuse d'or et joueuse de poker.Amoureuse de la route et des étreintes passionnées, cette femme hors normes décédée en 1902, à l'âge de 51 ans, partageait tout avec les plus pauvres. Loin de singer les hommes, même si elle leur ressemblait parfois, elle avait la jambe superbe, le regard sublime, une opulente chevelure auburn et l'attache féminine d'une main sachant utiliser avec grâce... une Winchester.

  • Tout commence dans un hameau au coeur des marais charentais au sein d'une famille d'agriculteurs aisés. La naissance tardive du benjamin, Michel, d'une beauté d'archange, va briser l'apparente harmonie des choses, des lieux, des êtres... Loin, loin du hameau. Loin. Là où il naîtrait à part entière. Cet enfant si beau, si singulier, a semé le trouble dans cette famille de propriétaires terriens. Le malheur d'être né trop tard.... Pendant son enfance, Michel, baptisé " Bel Ange " par Tante Didine, ne connaîtra l'affection, la douceur, la poésie des choses qu'auprès d'elle ; et le bonheur à l'ombre d'un acacia où il s'adonne à sa passion du dessin. Plus tard, il rompt avec le hameau pour suivre ses études près de La Rochelle. Un " nouveau monde ". Là, il habite chez Rose, une vieille dame adorable, éprouvée par la vie, malmenée par son entourage. Comme Didine... Alors Bel Ange, par son esprit rebelle, son inclination pour les plus fragiles, son insolente jeunesse, va bousculer l'ordre des choses. Et faire souffler un vent de liberté dans l'existence de celle qui est devenue sa protégée....

  • Comme les cyclones ou les opérations militaires, on baptise les chantiers, ce sont la Marie-Décembre, la Marie-Toussaint, la Marie-Marraine... Le milieu inconnu des travailleurs itinérants logés dans des caravanes où s'entassent femmes et enfants est un véritable microcosme. Eléonore habite la roulotte de son père, chef de chantier. Dans la marne grasse, plantée de grues, elle a déjà perdu son frère. Lucie, sa meilleure amie, à son tour y laissera Martial, l'étrange Martial. Et puis, un jour, viendra Lucien, l'homme qu'Eléonore attendait, celui qui lui ouvrira des horizons nouveaux. Mais peut-on quitter ces êtres frustes et merveilleux, Ahmed, dit Galu, Germaine la nymphomane, la Marraine, Fouldroule, toute cette violence proche de la farce, de la folie ou du drame... C'est le climat des chansons de Piaf, des rengaines et du doux caboulot mêlé à celui de quelque Zola moderne. Hortense Dufour a publié en 1976 la Dernière Femme de Barbe-Bleue.

  • D'une cruauté lucide et d'une drôlerie passionnée qui n'appartiennent qu'à Hortense Dufour, voici un roman explosif.
    Satire de la Colonie aux îles Comores en 1967, juste avant leur accession à l'indépendance, {le Tournis} met en scène des personnages plus loufoques, affreux et cependant attachants les uns que les autres. A Moroni, nous siégeons aux côtés du Juge, père de l'héroïne, au tribunal de grande instance : excellent poste d'observation de cette micro-société d'un temps que l'auteur espère révolu.
    La belle prostituée, Marie Cocotier, et son Bambou Bar, la blanche Marie-Eve, amie d'enfance de la narratrice, la malheureuse Paule Kouglof, femme du haut-commissaire, la superbe Edmonde Begounia, femme battue, et Salim, Aba, les Comoriens : tout un monde de violence étouffée qui finira très mal.
    Et pourtant, le Tournis est une histoire d'amour. Entre père et fille, entre les hommes et l'objet de leurs désirs, entre l'héroïne et Santiagon, au coeur battant sans cesse, tel celui d'un requin dépecé vif sur la plage de Bangoï Koini et qui deviendra l'homme de sa vie.

  • Si les cendres de l'incendie de Rome ont noirci ma toge, si mes orgies ont marqué les foules, personne ne me connait réellement. Personne ne sait vraiment ce que moi, Néron, empereur de Rome, j'ai pensé, fait et dit. Personne n'a compris que je ne suis pas et que je n'ai jamais été le fanfaron fantoche que l'on présente, l'histrion fou que les délateurs et comploteurs ont poussé aux pires extrémités. Fasciné par les arts, obsédé par les femmes, moi, le petit-fils de Marc-Antoine, j'ai osé les actes les plus excessifs par goût de la provocation. Car surprendre, choquer, brusquer, étonner relève de l'art. Celui des souverains qui impriment leur marque à leur époque.

    Qui a révolutionné les moeurs de l'austère Rome, émancipé les matrones soumises, vanté les vertus des délices cachés, sinon moi ? Qui a subi la tyrannie de sa mère, Agrippine, celle qui empoisonna ses maris et ennemis à l'aide de potions concoctées par la terrible Locuste pour lui offrir le trône, sinon moi ? Qui est parvenu à s'émanciper de cette reine incestueuse lors d'un ultime crime libérateur, sinon moi, empereur matricide torturé par la peur ? Qui, jouisseur invétéré, osant braver les dieux, a préféré les charmes d'une ancienne esclave chrétienne, prénommée Actée, à la fadeur au teint de complot de son épouse Octavie, sinon moi ? Qui aurait voulu être acteur ou cocher et joua jusqu'à la démesure son rôle de souverain voué à Apollon, Dionysos et Mithra, sinon moi, Néron ?

    Poussé jusqu'aux portes de la mort - à trente ans - par des traîtres que j'avais aidé tout au long de mon règne d'or et de sang, de luxe et de plaisir, par des nobles qui ne supportaient pas que je préfère la plèbe, je n'ai eu qu'un mot pour saluer mon dernier voyage : "Quel artiste le monde va perdre ! ".

    Un artiste dont ce roman-mémoire passionné livre un visage nouveau. Au-delà des larmes et du temps, un visage qui mérite d'être regardé autrement.

    Illustration Axel Buret, studio de création Flammarion.

  • Un bouchot, c'est l'ensemble des pieux, en Charente-Maritime, fichés dans la vase, auxquels s'agglutinent les moules. Mais le Bouchot, c'est aussi le nom de la maison - du baraquement devrait-on dire - qui s'enfonce lentement dans la vase du marais charentais où vit une singulière famille. Celle de Monsieur le Juge, parti en Tunisie rejoindre une nouvelle affectation, laissant derrière lui épouse et enfants. Le Bouchot, ce pourrait encore être Térésa violoncelliste et accordéoniste à ses heures, la femme de Monsieur le Juge. Mais avant tout, le Bouchot est la véritable souche à laquelle s'accrochent, pour survivre, les enfants, Zino l'aîné, obsédé par les squelettes, Océan la narratrice, mais aussi Nonno, le grand-père italien, flûtiste, et Zia, la grand-tante pianiste, éternels amoureux. Le Bouchot, c'est huit ans de la vie d'une famille peu ordinaire qui, par la musique et le rire, métamorphose le sordide en truculence et le drame en cocasserie. Un univers rude et merveilleux, plein de bruits et de fureurs soudaines, de farces, de folie, de drames, de drôlerie.

  • 1853. Par le caprice du destin et le coup de foudre de l'empereur François-Joseph, le souverain le plus puissant de son temps, Élisabeth, princesse de Bavière, devient, à l'âge de seize ans, impératrice d'Autriche.
    Accablée d'une exceptionnelle beauté et d'une chevelure unique, dont s'empareront toutes les mièvres légendes, elle quitte son enfance joyeuse, nourrie de rires et de grand air, pour traverser, en dépit de l'indéfectible amour de l'empereur, les plus sombres désolations.
    Le lourd protocole de la cour de Vienne, l'hostilité de sa belle mère qui s'empare de ses trois enfants, la mènent à trouver refuge dans l'exil et la maladie.
    Anorexique, fantasque, mélancolique, cette soeur jumelle du prince Hamlet consacrera l'énergie de son désespoir à sa Hongrie bien-aimée, dont elle devient reine, acclamée par la foule, en 1867.
    1898. Assassinée d'un coup de poignard, à Genève, par un anarchiste italien, l'éternelle errante vêtue de noir, frêle figure emblématique liée malgré elle au sang de l'histoire, emportera dans le secret de son tombeau impérial son tragique rêve de liberté.

    impératrice Elisabeth d'Autriche par Franz W.

  • Dans la grande épopée de la ruée vers l'or et les nouveaux territoires de l'Ouest, Calamity Jane est une figure exemplaire, rude à l'instar des cow-boys les plus endurcis, tendre aussi à ses moments. Calamity hait l'hypocrisie et le mensonge autant que l'injustice et la cruauté. Faut-il être violent ? Elle le sera. Faut-il se battre ? Elle se battra. Faut-il enfin se taire, se cacher comme les Indiens ? Elle le fera également. Mais sa seule, sa vraie cause, c'est ce lien qui l'unit pour toujours et au-delà de la mort, jusque sous les ombrages du cimetière du mont Moriah, à Wild Bill, le beau, le sauvage, le tueur un jour à son tour abattu, l'homme en qui elle n'a jamais cessé de croire. Telle est l'histoire de celle que les Indiens surnommaient le Diable blanc, créature de l'enfer et du paradis, ange et démon, incarnation de l'Amour.

  • Par un grand jour d'été, à treize ans, Jeanne est foudroyée par le « mystère » : des « voix » se font entendre, l'ange lui a parlé... À dix-sept ans, elle obtient à Vaucouleurs un habit d'homme, un cheval, une petite troupe et elle se rend ainsi à Chinon... Là-bas, elle reconnaît le dauphin. Ébranlé, convaincu, ce roi sans sacre lui fournit une armée, une armure et cet étendard qu'elle adore... Elle mène à la victoire le roi de France, contre l'Angleterre et ses alliés. À dix-huit ans.
    Puis c'est la disgrâce, les trahisons. L'échec devant Paris. Condamnée au bûcher pour hérésie, Jeanne est brûlée vive. Son dernier cri est « Jésus ! » Elle avait dix-neuf ans.
    En 1456, le roi demandera le procès en réhabilitation de Jeanne. La « Nation France » est née avec elle. En 1920, l'Église, qui l'a condamnée, l'a canonisée. Jeanne d'Arc est la seconde patronne de la France. Mais elle est aussi Jeanne d'Arc la Pucelle, « Jeanne sans portrait, sans sépulture » selon André Malraux, et Jeanne, le plus grand soldat de cette France, plongée dans cette guerre de Cent Ans sans fin ni mesure...

  • 1894. La France se déchire à propos d'un certain Alfred Dreyfus. Au nord-ouest de la Charente, dans les Borderies, les secrets de famille sourdent à la Burgandière.

    Marie Breuillet, née des amours interdites d'un producteur de cognac et d'une glaneuse, a quinze ans. Sa chevelure sombre et son regard d'ardoise retiennent à la terre Théophile, qui aspire pourtant à un ailleurs maritime. De son père, Marie n'hérite pas seulement le regard, mais la passion du breuvage d'ambre et d'or. Futur maîtresse du cognac qui portera son nom, elle apprend à vivre dans la douceur du climat charentais une existence de passions. Issue de la génération qui a subie les conséquences de Sedan et du phylloxera, Marie grandit, voit fuir sa mère et croître sa foi qui lui donne confiance et audace.

    Au-delà de la fresque historique, ce roman est celui où les saveurs se disent : le goût du raisin, celui de la matelote d'anguille, de la galette dorée... De séparation en retrouvailles, Hortense Dufour mêle avec talent la chronique du savoir-faire terrestre des maître de chai et le récit d'une folle élévation au plus haut de l'espérance.

    Portrait de femme, Arman-Jean Edmond. Paris musée d'Orsay©photo RMN-Hervé Lewandowski

  • Marennes est pour moi bien plus qu'une bourgade de 5000 âmes : j'en restitue les lumières et redessine les ombres.
    Dans ce bourg qui vit au rythme de l'océan Atlantique, la petite Christine reçoit une éducation singulière. Or qu'est-ce qu'être une enfant et une adolescente dans la France des années 50 et 60 ? Surtout dans cette Saintonge et cette famille où sa mère, italienne rejetée par l'époque comme par son mari volage, lui confie un destin peu commun : partir pour devenir écrivain envers et contre tout. Contre les silences du village qui conduisent cette tribu à vivre en autarcie dans un pays où certains règlent leurs comptes à coups de fusils chargés au gros sel.
    Contre la solitude d'un exil que la maisonnée déjoue en offrant l'hospitalité aux personnages fantaisistes, mal aimés pour cause de différence. Contre l'isolement, les spectres de la Seconde Guerre, un voisin qui jette des sorts et dénonce... Mais c'est aussi le temps de l'insouciance, des bonheurs sans retenue, des peurs domptées, des rivalités frère s?ur, des roses trémières odorantes, des camaraderies d'école, des visites chez la bijoutière attendrie ou le coiffeur truculent, des paysages apaisants...
    Au travers d'une nostalgie sans compromission, Hortense Dufour, en dépeignant avec fougue ces souvenirs d'enfance, brosse le portrait d'une France aussi chaleureuse que dure, enjouée que splendide. Une famille et une histoire dont l'océan ne fut qu'un témoin silencieux.

  • Cadichon, Gribouille, Mme Mac Miche, le général Dourakine...
    ces personnages, parmi d'autres créatures de la comtesse de Ségur, née Rostopchine, captivèrent des générations de "petites filles modèles". Les romans où ils apparaissent sont désormais des classiques, et pas seulement de la littérature dite "enfantine".
    Hortense Dufour, hantée dès l'enfance par les fameux volumes rouge et or, a voulu savoir qui était l'auteur d'Un bon Petit Diable et de Pauvre Blaise. Allant aux sources, correspondances et mémoires, elle raconte l'existence plus noire que rose de Sophie, au "regard tartare-mandchou".
    Fille du général Rostopchine, l'incendiaire de Moscou, et de Catherine Protassov, catholique convaincue, elle grandit dans une Russie aux moeurs féroces. À Paris, elle épouse Eugène de Ségur. Ils auront huit enfant et des malheurs. Sa carrière littéraire, de 1855 à 1872, sera comme une consolation.
    En relisant des livres tant aimés, Hortense Dufour a aussi éprouvé à nouveau des peurs et des plaisirs anciens. La force de sa biographie vient de là: la recherche n'y étouffe jamais l'émotion. La passion de la romancière anime une figure jusque-là figée ou méconnue.

  • Le château d'absence

    Hortense Dufour

    Le 9 juin 1944, les Allemands pendaient une centaine de jeunes otages aux balcons de Tulle. Ce drame pèsera sur la mémoire d'une ville mutilée et enfermera ses habitants dans le silence. Il détermine aussi, avec ses fantômes, le destin des personnages du Château d'absence dont plusieurs ont vécu l'événement.
    Vingt ans après, d'autres passions, de nouvelles épreuves s'ajoutent à ce souvenir douloureux. Ainsi, par avidité, Louise Theillac sacrifie-t-elle sa fille Anne-Marie, en lui faisant épouser Julien Laprade, le garçon le plus riche de la région. Ainsi, Aude Bonnelieu et son frère Luc vivent-ils chacun une sorte de calvaire. Aude, la meilleure amie d'Anne-Marie, choisit par défi un autre héritier, Guillaume Castaigne. Luc, devenu prêtre, est un témoin horrifié qui accompagne en priant la marche au malheur de tous. Il cherche, au-delà du mal, la "rude vérité de la joie".
    Hortense Dufour place ces êtres mauriaciens sous la lumière de Bernanos. Contre l'oubli, elle assemble un vitrail symbolique aux couleurs vives, presque brûlante. L'indigo, le bleu de Sienne, l'azur ou le mauve s'y marient avec le rouge des fleurs, de certains orages, sur le blanc d'un drap/linceul orné de colombes.

    Photo Ulf Andersen

  • Cléopâtre, la fatale

    Hortense Dufour

    Si le sable et la mer ont tout effacé, s'il ne reste rien ni du palais ni du tombeau de Cléopâtre et de Marc-Antoine, leur histoire d'amour ne cesse d'obséder l'humanité. Comme la vie même de cette fabuleuse reine d'Egypte placée sous le signe des armes et des larmes, du sexe et du sang, des passions et des poisons.
    Janvier 69 avant Jésus-Christ. Une petite fille naît à Alexandrie, au palais de la Lochias : Cléopâtre VII Philipathor. Son père ? Ptolémée XII, un souverain détesté qui dilapide le royaume. Sa mère ? Typhaïa la jouisseuse, une des nombreuses favorites. La famille s'agrandit d'une soeur prénommée Arsinoé et de deux frères, Ptolémée XIII et XIV, que Cléopâtre devra épouser. Très vite, les drames se multiplient : sa soeur aînée est assassinée par son père. La petite Cléopâtre se jure dès lors de régner seule et d'éliminer sa fratrie homicide. A 20 ans, elle devient reine d'Egypte, conquiert César, l'homme le plus puissant du monde, auquel elle donne un fils. Ses atouts ? Son intelligence, sa ruse, son mystère et son étrange beauté. César assassiné, la catin du Nil comme la baptisent ses ennemis séduit un autre Romain flamboyant : Marc-Antoine. Leur passion bouscule les conventions. Et Octave, successeur de César, ne supportant pas cette femme qui rêve d'unir l'Orient et lOccident, décide d'engager une guerre sans merci contre les deux amants.
    Batailles, trahisons, violences, défaites. Son amant mort, ses enfants étranglés, abandonnée la reine met fin à ses jours. Elle a 39 ans. L'Egypte devient une province romaine. Cléopâtre a été son dernier pharaon.

  • Voici une tragédie saintongeaise, qui est aussi une tragédie nationale : celle de la déportation en 1793 de centaines de prêtres non jureurs en l'île Citoyenne, aujourd'hui île Madame, où leur lent calvaire s'acheva dans la mort. Le décor ? Le marais de Brouage en Charente-Maritime, les vasières où l'on récoltait le sel et où l'on faisait la poudre. Les protagonistes ? Un saulnier et sa fille, Casilda, somptueuse et convoitée de tous : le Timonier, qui ne rêve que d'elle et de purifier cette époque de folies où les hommes se déchirent : le Procureur retors, doté d'une mère convulsionnaire et mystique égarée, l'esclave noir Oséko, fidèle à l'éblouissante Tia, déportée d'Afrique comme lui, quelques personnages encore, porteurs de la gloire des modestes. Mais nul n'échappe à l'amour sinon par la mort, et c'est en croyant éviter la passion fulgurante du Timonier et celle malsaine du procureur au prix d'un mariage paisible, c'est-à-dire inexistant, que Casilda va découvrir la Passion, la vraie, celle de solitude, de sacrifice, d'Espérance et de Foi. Ainsi se dénoue toute tragédie : le Message est à portée de soi, l'Amour se paie de patience et d'une folie supérieure...

  • C'est à Meaux, chez une jupière travaillant à domicile, qu'Hortense se rend pour y renouveler sa garde-robe. Partagée entre l'officine éditoriale de Paris, où elle lit à longueur de jour, et Meaux, la ville des bigotes et de Bossuet, Hortense aborde un nouveau monde : il y a la jupière au corps ambigu, qui terrorise ses rares clientes ; il y a La Poisson, poissonnière de son état, d'une vulgarité affriolante ; il y a monsieur Jeanjean, qui rumine ses mesquineries dans une odeur de vieux garçon. Est-ce là, pour Hortense, le début d'une double vie, le début du "chaste adultère" ? Bercée au rythme du train de grande banlieue qui la mène de Paris à Meaux, Hortense, héroïne espiègle de son propre roman, s'initie au plaisir, parmi les petites gens qui cachent leur jeu et les commères liftées qui agitent la vie parisienne.

  • « J'ai deux fils : Mathias et Gaspard. Mathias est né à la clinique Bellevue au fond de la banlieue Sud-Ouest. Par le hasard du médecin qui me suivait. Et parce que ma Mutuelle couvrait mes frais d'hospitalisation et surtout parce que j'ai vécu ma grossesse sous le signe de la peur : la peur d'accoucher. Une panique de condamné devant la salle d'exécution. Avant cette perspective d'accoucher, je ne connaissais pas la peur. J'en ignorais la convulsion noire et ardente. Je ne savais pas. Je ne savais rien. »

  • Yannick et Julia, lui jeune homme, elle encore adolescente et tous deux de milieux modestes, se sont rencontrés dans le H.L.M. de Julia, où elle lui donne quelques leçons de français. Il n'oubliera jamais le mordant de cette fille qui d'emblée le méprise, comme si elle pressentait ses futures exactions et même ses crimes. Car du mercenaire en Angola à l'homme d'affaires immoral puis à l'éditeur dans le vent pourvoyeur de livres "fabriqués", elle saura très vite qu'il fut le responsable de la mort de sa jeune soeur. Dès lors, échappant à son milieu d'origine, Julia deviendra magistrat et n'aura de cesse de prouver la culpabilité de Yannick. Juge et justicière, représentante avec beaucoup d'autres de cet Arbre à perruque qui symbolise la justice toute-puissante, elle établira alors un violent réquisitoire et l'élargira aux maladies de notre société : la corruption, le pouvoir, les faux éditeurs, le vrai abrutissement par les médias, les nouveaux marchands du temple...

  • Le XIXe siècle est le siècle des portraits écrits d'écrivains. Faisant défiler sur tous les tons et sous toutes les formes les grands hommes du XIXe siècle, ces galeries constituent une forme de discours double sur le vie littéraire contemporaine.

  • Mathilde, vingt-cinq ans, se prend d'un amour fou pour Jean Bert, brillant intellectuel qui n'a pas moins de trente ans de plus qu'elle. Très vite, elle quitte son mari et, sans attendre le divorce, part s'installer chez son amant. L'un près de l'autre ils vont vivre des jours merveilleux de passion exclusive et totale : jusqu'au jour où Jean Bert tombe malade... Vont-ils enfin mener une vie plus calme et moins tumultueuse ? C'est le contraire qui se produit, puisque refusant d'être un homme diminué, voulant maintenir son empire sur la femme qu'il a conquise, il entreprend de la convaincre qu'elle aussi est atteinte à sa manière d'un mal inavoué, de fantasmes, de névroses, dont il se fait l'artisan méthodique et cruel en même temps qu'il prétend l'aider à les exorciser. L'amour même qu'elle lui porte n'est-il pas à soi seul le symptôme d'une perversion qui s'ignore ? N'est-ce pas, à travers lui, la figure de son père qu'elle désire en secret ? Entre ces deux êtres subjugués et déchirés l'un par l'autre s'engage un combat sans merci : ce livre naïf et bouleversant révèle avec éclat un vrai tempérament romanesque.

  • Tout a commence par une jeunesse heureuse à Vienne. Née le 2 novembre 1755, "Madame Antoie" pour sa famille, "Marie-Antoinette" pour les français, est la quinzième enfant de la puissante impératrice Marie-Thérèse d'Autriche qui a patiemment négocier son mariage avec le futur roi de France. C'était en 1770, elle avait quinze ans, un frais visage rose entouré de boucles blondes, une taille faite à ravir, une peau " d'une blancheur éblouissante", des yeux de porcelaine bleue. Tout a continué tel un compte de fée où la jeune reine de vingt ans, insouciante, trop rieuse, peu instruite tenta d'oublier une ombre à ce rutilant tableau: la non consommation de son mariage avec le Dauphin, d'un an plus âgé qu'elle, le malheureux Louis XVI. Il fallu sept années pour que la reine devienne enfin mère de son premier enfant.
    Marie-Antoinette se consola de ses difficultés conjugales par des fêtes sans fin, de folles dépenses en toilettes et bijoux, un entourage sans scrupules et une passion pour le Suédois Axel de Fersen, amoureux d'elle, qui tenta tout pour la sauver. Maladroite, elle multiplia les imprudences d'étiquette et financières qui alimentèrent la rumeur et les pamphlets injurieux et obscènes. L'affaire du collier, sombre escroquerie, marqua le tournant fatal. De l'adoration, l'opinion passa à la haine. Et même à la haine de l'ancien régime, qu'elle symbolisait. On la surnomma " L'Autrichienne". Elle trahit, dit-on, la France et ose informer Vienne de la politique du roi
    Quand la révolution éclata, Marie-Antoinette changea, devenant une vieille femme aux cheveux blanchis par les épreuves. Avec la fuite ratée à Varennes, l'épouvante d'apercevoir sous ses fenêtres à la prison du Temple la tête de son amie la princesse de Lamballe, la mort du roi le 21 janvier 1793, l'enfermement à la Consiergerie où elle ne revit plus jamais ses enfants, son destin devint tragique. La reine changea, se transformant en femme digne dans l'adversité. Guillotinée alors qu'elle n'avait que trente-huit ans, elle est devenue l'objet, aujourd'hui, d'un véritable culte. Serait-elle, avec le temps, le secret remords des Français ?

    Vigée-Le Brun, portrait de la reine Marie-Antoinette dit "à la rose". Château de Versailles et de Trianon © Photo RMN.

  • La garde du cocon

    Hortense Dufour

    Trois femmes: Laura Pondia, sculpteur; Josépha Lacolère, écrivain; Orlanda Ravel, pianiste. Trois artistes engluées dans la toile de leur passion, de leur impuissance et de leur folie, et que seul l'amour de l'art, l'amour des êtres, pourrait délivrer des obsessions qui les harcèlent. Toutes trois vivent au bord de la Marne, dans des maisons humides envahies par les araignées et que les crues, régulièrement inondent. Maisons-pièges, aimées et exécrées, car elles sont le symbole de la décrépitude et de l'enlisement qui menacent celles qui les habitent.
    Mais que ce soit grâce à leur art ou grâce à leur amour, ces femmes poursuivent avec rage, au cour même de la décomposition, une quête désespérée du bonheur.
    Autour d'elles, évolue une population grotesque de personnages vils et décadents. le mime Korfou, homosexuel dont le show consiste à mimer chaque soir, dans une cage de verre, l'araignée tissant sa toile et dévorant sa proie; les coiffeurs, amis du mime, grandes folles dont le plus vif désir et de tondre les femmes qu'ils haïssent. Il y a encore Tosca, femme de ménage des trois artistes, créature dépravée et scatologique qui, pour quelques sous, se livre aux plus répugnantes pratiques avec une vieillard richissime. Puis enfin, Mounty, éditrice géniale et monstrueuse, vivant dans l'abomination de tout ce qui a trait au bonheur.
    Tous ces êtres s'entremêlent, se poursuivent, se fuient dans une sorte de danse de mort où la vie et les désirs de chacun surgissent peu à peu des miasmes pour révéler le but fondamentale par eux tous poursuivi: la conservation, la "garde du cocon".
    Par une écriture brute et d'une grande violence, Hortense Dufour parvient à faire surgir de cet univers ténébreux, où chacun s'entre-dévore, les lueurs d'un avenir plus limpide où espérance et amour conservent, en dépit de tout, leur chance de triompher.

  • « C'était un bel été. Il changea d'un seul coup. Le 2 août 1914. Soudain, tous les clochers de France se mirent à sonner le tocsin. Sans répit. C'était un déchirement musical. Une note, sonore, distincte, très proche, obsédante. C'était déjà un rythme militaire et l'affolement, à la fin du jour, avait fait place à la tentation de l'héroïsme. On voyait s'agiter tout le monde, à la manière des abeilles filant vers les fleurs du bois, en groupes serrés, parfois disjonctés par une rumeur d'inquiétude. La véhémente rumeur de la gloire et des canons. Nous repliâmes nos cerfs-volants et nous quittâmes la plage. »
    Dans Le Bois des abeilles, Hortense Dufour, avec le talent qu'on lui connaît, raconte la Grande Guerre, à travers le destin déchirant d'une famille passée maîtresse dans l'art des cerfs-volants.
    A la fois du côté des Poilus, à qui on a fait croire que mourir pour la Patrie était le plus beau des sorts, et du côté des femmes qui découvrent le poids de la liberté tout en tremblant pour l'homme en danger et l'enfant né d'une folle étreinte, ce roman historique, sentimental et bouleversant, conjugue l'amour avec la guerre.

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