• Bien que ses collègues séraphins et archanges le charrient souvent sur ses origines (il est née sur Terre), et que ses frères humains s'étonnent qu'un familier du ciel n'en rapporte que des nouvelles équivoques ou consternantes, Marcel Cogito insiste, reprend ses aventures où elle l'avaient laissé : dans la nature languedocienne, dont il hante les friches, les prés salés, les escarpements ; en ville, où il passe dégourdir son néant, prendre le pouls de l'art, tester la coexistence réelle ; chez lui enfin, où il dort, prie et meurt.

  • Louis Maladire, merveilleux surnom pour un bègue... Mais si le bredouilleur chronique n'a de cesse d'expliquer à autrui son état intenable, sa douloureuse condition, c'est en vain : il lasse, irrite, fait rire ou consterne son prochain, qu'il n'éclaire, bien involontairement, qu'en le faisant à son tour bafouiller. Dérisoire malédiction qu'on contourne en écrivant, en parlant sans devoir dire.

  • Chroniqueur mental de son propre cerveau, clown bénévole de la pensée (ces expressions sont de lui), Cogito déambule devant nous, entre migraines et colères, entre rêve et pensée, entre la montagne et son évier, entre Dieu et le néant - entre soi et soi. On le voit en cours (il est prof de philo), au café, dans sa voiture, en train de draguer ou de dormir, toujours plus intelligent que les autres (oui, même quand il dort), et que nous, et parfois qu'il ne faudrait. Il y a en lui du M. Hulot, mais en plus spéculatif. On pense aussi au M. Teste de Valéry, au Plume de Michaux... Il y a des comparaisons plus insultantes. C'est d'ailleurs plus drôle que Valéry et, à mon sens, plus intelligent que Michaux. Trop intelligent ? C'est parfois l'impression qu'il produit ; mais on lui pardonne, parce qu'il n'en est pas dupe. L'intelligence compte moins que le coeur. Les idées, moins que la vie.

  • « L'impunité du terroriste est formée - a priori - par le peu de cas qu'une société, même moyennement consciente, fait d'elle-même, comme totalité de sens. Le citoyen ordinaire, devant les plaies sanglantes faites au corps social par le terrorisme, ne s'inquiète réellement que de savoir qui paiera la cicatrisation. » Il y a urgence à penser la méchanceté. Marc Wetzel montre que le coléreux, le cynique, le pervers, le terroriste et le tortionnaire sont des figures concrètes de la méchanceté, celle qui sait manier créativité et synthèse intégrante, qui sait se rendre indécidable, parce qu'elle imite la vie à perfection.

  • Un descendant de Descartes, qui a lu Voltaire et Hergé, nous conte les aventures drolatiques de Cogito. Ce personnage absolument inédit nous entraîne dans ses tribulations quotidiennes (en train, au marché, au bureau de poste, etc.) où nous nous apercevons qu'au plus profond de la conscience un rire résonne. Un travail d'orfèvrerie littéraire qui déclare la guerre à l'ennui et à la pesanteur avec les armes de la fantaisie et du style.

  • Conçue pour les lycéens, les étudiants préparant le DEUG ou les concours des grandes Ecoles, la collection "Philosopher" s'organise autour des grandes notions du programme de philosophie des classes terminales. "La fonction de penser ne se délègue point" disait Alain. Si philosopher c'est s'interroger sur le sens des mots et des choses, cette collection est une invitation à l'effort de chacun pour penser par soi-même. A la fois essai et cours rédigé, chaque titre est un auxiliaire précieux pour l'exercice difficile de la dissertation.

  • Marcel Cogito est comme ça : il adore exister, l'être lui plaît, l'univers est tel qu'il en redemande, il n'aime que vivre. Au spectacle du monde, il est bon public. Car il trouve le réel intelligent, vif et fidèle, confortablement inspiré ; même lesté d'humanité, le cosmos est une réussite. Évidemment, dans le réel, il y a aussi ses blasés, ses négligents, ceux qui vous en dégoûteraient et qui, sous prétexte que nous sommes facultatifs, jouent les ingrats. Mais, décidément, l'univers reste le partenaire idéal. Un paradis aussi, qu'il faut nettoyer de ses râleurs. Marcel s'y emploie.

  • On voit souvent en l'imaginaire un aimable et divertissant pays des images, reposoir ou défouloir, où tout est possible, mais rien n'est vital : un monde de rêveries et fantasmes, de fables et fantaisies, une cour de récréation, une annexe festive de la dure réalité. Or il n'en est rien : l'imaginaire n'est ni anodin ni simplement subjectif. C'est pourquoi l'imaginaire, souvent redoutable, parfois prophétique, jamais indifférent, est bien plutôt cette remuante antichambre du réel qu'on se propose ici de prudemment visiter.

  • « La fonction de penser ne se délègue point » disait Alain, c'est tout le sens de la réflexion philosophique. Si philosopher c'est s'interroger sur le sens des mots et des choses, cette collection est une invitation à l'effort de chacun pour penser par soi-même. Chaque ouvrage de la collection « Philosopher » aborde une notion ou une question sous la forme d'un court essai accessible à un large public.

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