FeniXX réédition numérique (Éditions Saint-Germain-des-Prés)

  • Dans ce cinquième recueil, Michel Michaud interroge cette joie d'exister et d'aimer si forte en lui. Il ne peut plus se contenter du savoir ni de l'apparence. C'est d'abord l'amour qu'il ausculte, à travers son « nom de vent » (ceci en termes positifs, le vent étant « la seule parole de l'Esprit »), dans ces nuits-Femmes d'exultation et d'attente. La tentation de l'absolu, chez le poète, passe par la recherche simple et primordiale de « la vérité de l'homme », sans griserie grammaticale ou intellectualiste, et finit par n'être qu'une tentation du « coeur absolu ». Car « le coeur va plus loin que les mots ». Le chant pour la femme aimée (« Je t'aime a duré des années ») ne peut que corroborer l'intuition : la quête de la paix est une sérénité qui ne peut venir que d'une ascèse spirituelle (ce « sourire d'ailleurs »). Rien d'ennuyeux, ici, de dogmatique. De toute façon, pour Michel Michaud, le rire est un capital de tendresse, de communication. L'onirisme lui paraît une arme indispensable à l'homme en devenir. Et que d'ellipses réunies, que de trouvailles d'images (telles ces pierres qui nous « fermeront » les yeux), que d'alexandrins minces et fermes : « Ne compte plus les rides au visage du vent » « Chercher comme connaître et comme caresser » « Vivre l'instant du cri des choses qui renaissent ». La joie gagnée est compatible avec le ton, ce panache qui donne au talent ses initiales. Jean-François BOURBON.

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