• Loyauté, honneur, courage, telles auraient été les vertus des samurais de la voie des guerriers (bushido) du Japon pré-moderne. Mais le présent essai explique pourquoi leur vie était plus souvent faite de mensonges, de trahisons et d'impostures. Peu de cultures ont porté aussi haut que celle du Japon l'exaltation de la « voie des guerriers » (bushido). Celle-ci prenait la forme de discours - des textes, des codes de représentations et des comportements ritualisés - qui changèrent profondément avec le temps et les circonstances politiques, économiques et sociales. Ce livre est consacré à celui qui se développa pendant l'époque Tokugawa (1603-1868). Ce discours entretint alors avec les réalités de la vie des guerriers (les bushi ou samurai) des rapports très différents de ceux caractéristiques des périodes précédentes. Certes, il avait toujours été, et il sera encore, fort loin de simplement refléter la réalité des comportements des guerriers, mais c'est au cours de l'époque Tokugawa que la dimension théâtrale du discours de la voie des guerriers avec les mensonges et les impostures dont il était saturé, acquit une dimension nouvelle. Ces guerriers qui n'en étaient plus, mais ne pouvaient le faire voir, devinrent des serviteurs qui sous le masque de la loyauté complotaient contre leurs maîtres, des truqueurs sans vergogne de généalogies imaginaires, des tricheurs et menteurs en série, des amateurs de confort douillet qui brandissaient des armes qui n'étaient plus que des symboles vides.

  • Qu'est ce qui peut justifier cette idée, dépourvue de la moindre évidence, que les êtres humains sont tous égaux et libres? Certainement pas les types de justification implicites dans les théories politiques et morales traditionnelles. Mais alors, comment éviter la conclusion nihiliste, aussi répugnante qu'apparemment irréfutable, qui surgit aussitôt? Ce travail s'articule précisément sur une réfutation des thèses nihilistes. Il essaye de montrer que la manière la plus solide de justifier la liberté et l'égalité des hommes, c'est, paradoxalement, de considérer ces idées comme de simples suppositions.

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