• Un homme regarde son existence sur une table de montage. Parfois le flux s'interrompt, l'image avance, recule, se fixe sur un plan déterminé : souvenir, visage, objet. Des épisodes familiers (enfance dans une ville de province) alternent avec des séquences inquiétantes (guerres, extraits d'actualités). Articulé selon le rythme heurté des interviews radiophoniques, le récit prend la forme d'un dialogue factice, monologue dédoublé, ressassé. L'interlocuteur intervient en « voix off » pour s'adresser au narrateur anonyme. Celui-ci devient l'observateur silencieux qui ne cesse de s'interroger sur ces lieux et visages. Il imagine des noms, des métiers (géologue, marin, voleur d'enfants) et tente de retrouver les éléments d'une biographie à travers une généalogie improbable.

  • À l'approche de la soixantaine, une femme doit faire des efforts pour atténuer les rides et bien choisir ses petites culottes, surtout quand elle n'a pas la silhouette d'Ursula Andress.
    Des efforts, l'héroïne de ce roman en fait encore, le soir, pour rompre sa solitude sur les sites de rencontre, livrée aux faux-semblants du virtuel.
    Avec Norbert (rencontré sur Meetic), elle baise, elle va à la piscine, elle parle de tout, de sexe, du salaire des patrons du CAC 40, des migrants, de #Me too, de sa future (toute petite) retraite. Elle lui parle de poésie, il répond T'as pas d'autres sujets en réserve ?
    Il cite la sélection de l'équipe de France, elle préfère Kafka, il la voudrait en robe, elle préfère les pantalons. À part ça, ils s'entendent bien.
    À la piscine avec Norbert est un texte cru, drôle et enjoué, une réponse féminine et féministe aux Houellebecq de tous bords.

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