• "- Zazie, déclare Gabriel en prenant un air majestueux trouvé sans peine dans son répertoire, si ça te plaît de voir vraiment les Invalides et le tombeau véritable du vrai Napoléon, je t'y conduirai.
    - Napoléon mon cul, réplique Zazie. Il m'intéresse pas du tout, cet enflé, avec son chapeau à la con.
    - Qu'est-ce qui t'intéresse alors ?
    Zazie ne répond pas.
    - Oui, dit Charles avec une gentillesse inattendue, qu'est-ce qui t'intéresse ?
    - Le métro."

  • Le narrateur rencontre, dans un autobus, un jeune homme au cou long, coiffé d'un chapeau orné d'une tresse au lieu de ruban. Le jeune voyageur échange quelques mots assez vifs avec un autre voyageur, puis va s'asseoir à une place devenue libre. Un peu plus tard, le narrateur rencontre le même jeune homme en grande conversation avec un ami qui lui conseille de faire remonter le bouton supérieur de son pardessus.
    Cette brève histoire est racontée quatre-vingt-dix-neuf fois, de quatre-vingt-dix-neuf manières différentes. Mise en images, portée sur la scène des cabarets, elle a connu une fortune extraordinaire. Exercices de style est un des livres les plus populaires de Queneau.

  • On connaît le célèbre apologue chinois : Tchouang-tseu rêve qu'il est papillon, mais n'est-ce point le papillon qui rêve qu'il est Tchouang-tseu ? De même dans ce roman, est-ce le duc d'Auge qui rêve qu'il est Cidrolin ou Cidrolin qui rêve qu'il est le duc d'Auge ?

  • "L'oeil inconsciemment gris-bleu, la molletière galamment embobinée avec inconscience, le soldat Brû promenait naïvement avec lui tout ce qu'il fallait pour plaire à une demoiselle ni tout à fait jeune ni tout à fait demoiselle. Il ne savait pas. Julia pinça le bras de sa soeur Chantal et dit : - Le v'là. Tapies derrière un entassement brut de bobines et de boutons, elles le regardèrent passer, muettes."

  • "Oui, jusqu'au bout de sa vie, et avant ce dernier chef-d'oeuvre que sera Morale élémentaire, Queneau est resté poète, dans cette étrange zone intermédiaire où le lyrisme et la satire font bon ménage. Une oeuvre qui se mérite, car ses vertus de séduction

  • Le vol d'Icare

    Raymond Queneau

    À Paris, vers 1895, quelques romanciers sont en quête de leurs personnages. En effet, il advient parfois à ceux-ci de sortir du manuscrit qui les élaborait et d'aller se promener dans le vaste monde où il leur arrive d'autres aventures. D'autres ? ou les mêmes ? Quand Icare, par exemple, s'intéresse à l'avenir des moyens de transport, aura-t-il le destin que son nom peut suggérer ? Quelle fin lui prépare son auteur ? Et de quel auteur s'agit-il ?

  • On est toujours trop bon avec les femmes paraissait en 1947 sous la signature de Sally Mara. Ce récit burlesque et un peu salace d'une insurrection irlandaise fut suivi d'un second ouvrage, en 1950, le Journal intime de Sally Mara. Mais les mystifications littéraires n'ayant qu'un temps, on publia, en 1962, les OEuvres complètes de Sally Mara sous la signature de Raymond Queneau.

  • Le chiendent

    Raymond Queneau

    Depuis qu'elle avait vu un homme écrasé, vers les cinq heures de l'après-midi, devant la gare du nord, mme cloche était enchantée.
    Naturellement elle disait qu'elle n'avait jamais vu une chose plus horribe que ça ; et il devait en être ainsi, car le pauvre potice avait été soigneusement laminé par un autobus. par une série de hasards soigneusement préparés, elle se trouva assise, vers la même heure, en face du même endroit, à la terrasse d'un café qu'une bienheureuse coïncidence avait justement placé là. elle commanda-t-une camomille, et patiemment, attendit que la chose se renouvelât.

    " du désastre cosmique et total du chiendent émerge un débris de porte, et sur cette planche un nom est inscrit, un prénom de femme ; de cette absurde chasse au trésor ne subsiste, dérisoire et merveilleux, qu'un souvenir d'amour " (georges-emmanuel clancier).

  • Pierrot mon ami

    Raymond Queneau

    "Ce silence, cette nuit, ces rues étroites, tout disposait Pierrot à ne penser à rien de précis. Il regardait à droite, à gauche, comme pour accrocher quelque part ses petites curiosités, mais ne trouvait rien - tout au plus les enseignes, et qui ne valaient pas les billes de l'avenue de Chaillot. Il songea un instant à visiter le bobinard de cette sous-préfecture, mais il ne rencontrait personne pour le renseigner. Finalement il se perdit. Il traversait maintenant une petite banlieue ouvrière, avec des manufactures ici et là. Plus loin, Pierrot atteignit une route assez large, avec un double liséré d'arbres, peut-être nationale ? peut-être départementale ? Il marcha encore quelques instants.
    Il entendit tout près de lui un grand cri, un cri de femme, un cri de peur."

  • Il ne se passe apparemment pas beaucoup de choses dans un rude hiver : un réactionnaire plein de rancoeurs va déjeuner chez son frère, se promène au bord de la mer avec une anglaise en uniforme, et emmène au cinéma deux enfants qu'il a rencontrés dans un tramway.
    La première fois, je me suis émerveillé de cette histoire tranquille en me demandant comment elle faisait pour m'émouvoir.
    Depuis, à chaque relecture, je découvre un détail auquel je n'avais pas prêté attention : par exemple, que la date fatidique de l'incendie des grandes galeries normandes coïncide avec la date de naissance de raymond queneau :
    Je naquis au havre un vingt-et-un février en mil neuf cent et trois.
    Ou bien que lehameau ressemble beaucoup au père de queneau : il s'abonnait aux journaux suisses pour lire les communiqués allemands...
    (chêne et chien) " et de plus il lisait les communiqués allemands dans le journal de genève auquel il était abonné" "(un rude hiver, p.14).
    Ou encore que, puisque miss weeds s'appelle en français mlle chiendent, il est juste que lehameau s'appelle en anglais hamlet, et que d'ailleurs il y a dans un rude hiver un spectre (le fils de mme dutertre), deux fossoyeurs (lorsque lehameau va sur la tombe de sa femme) et même un rat (m.
    Frédéric est appelé ainsi p. 135) derrière une tenture (c'est-à-dire dans l'arrière-boutique de la librairie).
    Aucune de ces découvertes n'est vraiment originale ; la plupart de ceux qui ont écrit sur queneau - bens, gayot, queval, simonnet - les avaient déjà faites : mais, de surprise en surprise, de découverte en découverte, un rude hiver, pour moi, s'achemine doucement vers l'inépuisable.

  • Odile

    Raymond Queneau

    Roland Travy, qui se croit doué pour les mathématiques, fréquente à la fois une bande de truands (dans l'entourage de laquelle il rencontre Odile) et un groupement littéraire sur lequel règne Anglarès. Il perd tour à tour ses illusions sur sa vocation de

  • Loin de Rueil est le roman de la "rêverie éveillée". Jacques l'Aumône, qui en est le héros, rêvasse, tout en vivant sa vie, cent vies possibles. Quelques lignes lues au hasard, une rencontre, un propos saisi au vol, suffisent à provoquer le démarrage grâce auquel il se quitte lui-même, et devient boxeur, général, évêque ou grand seigneur. Il vit à côté de sa vie avec application et constance ; et le passage du réel au rêve est si naturel chez lui que, sans doute, il ne sait plus exactement qui il est. Il deviendra, enfin, acteur à Hollywood, et point de départ lui-même d'infinies rêveries. Ce Jacques l'Aumône a - comme les personnages qui l'entourent - cette sorte de consistance à la fois obsédante et fluide qu'ont les personnages de nos rêves. La rêverie, ici, se matérialise par le détour de l'humour, un humour tantôt léger tantôt cruel, et aussi par une technique d'écriture qui se rapproche de celle du cinéma.

  • "Soleils ambulants, Chambernac et Purpulan se promenaient dans la campagne, l'un lent et lourd, l'autre sifflant l'air d'une baguette et décapitant les fleurs. Le sentier filait le long d'une pente, entre champs, jusqu'à la route nationale. Là le proviseur s'assit dans un petit abri érigé par les soins de la compagnie des Autocars de la Région Mourméchienne. Purpulan mit son pied sur une borne, s'accouda sur son genou et regarda les autos qui gazaient sur la belle ligne droite qui leur était offerte.
    - Le soleil, dit Chambernac, le soleil ce sera le point central. C'est le centre du système. Excrémentiel, satanique - qui donc a jamais pu concevoir cela ? Qu'en pensez-vous, Purpulan ?
    Purpulan ne daigna répondre.
    - Enfin, dit Chambernac, vous devez bien en savoir quelque chose.
    Purpulan mima l'ignorance, comme décidé à laisser l'autre monologuer.
    - Comment, reprit Chambernac soudain résigné à l'ignorance sur ce chapitre peut-être prétendu de la démonologie, cette opinion a-t-elle pu naître ?
    Purpulan témoigna par un geste qu'il s'en foutait royalement."

  • Une histoire modele Nouv.

    «C'est en juillet 1942 que j'ai commencé d'écrire ce que je voulais intituler, en m'inspirant de Desargues : Brouillon projet d'une atteinte à une science absolue de l'histoire
    Si je publie aujourd'hui ce texte bien qu'inachevé (et dont je n'ai changé que le titre), c'est, d'une part, parce qu'il me semble fournir un supplément d'information aux personnes qui ont bien voulu s'intéresser aux Fleurs bleues, de l'autre parce que, même si l'on estime nulle sa contribution à l'histoire quantitative, on pourra toujours le considérer au moins comme un journal intime.»

    Cet essai de Raymond Queneau, écrit sous l'Occupation, est une méditation d'allure mathématique sur l'Histoire. L'auteur livre ici une réflexion sur les malheurs de ce temps, donnant ainsi une résonance toute particulière à cette première phrase : «L'Histoire est la science du malheur des hommes.»

  • Après des années de beau temps ininterrompu, il se met à pleuvoir des années et des années. Les habitants de la Ville Natale finissent par s'agacer et acceptent une curieuse méthode pour faire revenir le beau temps, méthode conseillée par Jean, un de leurs compatriotes, retour de l'étranger, accompagné de sa soeur, Hélène, ancienne séquestrée et peut-être simple d'esprit.

  • Les derniers jours

    Raymond Queneau

    Les derniers jours, dont la mort constitue le thème dominant, peut se lire comme le roman de la désillusion : les étudiants y vivent presque inconsciemment les derniers jours de leur jeunesse, les vieillards les derniers jours d'une existence marquée par l'échec et, comme le remarque en philosophe averti Alfred, le garçon de café adonné à l'astrologie, seul personnage clairvoyant autour duquel gravite tout ce monde dérisoire qu'il observe à distance, le temps n'est pas loin où la planète cessera elle-même d'exister.

    Oeuvre à la fois parodique et philosophique, écrite sur un ton caustique, où abondent les situations cocasses, Les derniers jours est un livre lucide et franchement hilarant.

  • 'Ce livre fait suite à Courir les rues. Les rues, si on les suit jusqu'au bout, mènent aux champs ou dans les bois. On y rencontre des paysans, des plantes, des animaux, mais la ville avance le long des routes nationales. Y aura-t-il toujours des paysans

  • 'Ce recueil contient les poèmes écrits par Raymond Queneau depuis l'Instant fatal paru en 1948 ; la plupart sont inédits. Ils sont présentés dans leur ordre chronologique formant ainsi une sorte de journal intime : on y trouvera des allusions à l'histoir

  • Journal (1939-1940) / philosophes et voyous Nouv.

    La partie du journal intime de Raymond Queneau qui est aujourd'hui présentée au public ne constitue un tout que par la contrainte des événements extérieurs : ce que Roland Dorgelès appela 'drôle de guerre', c'est-à-dire la période 1939-1940.
    À l'origine elle fut écrite sans idée de publication. Il s'agit d'un mémorial personnel vécu au jour le jour. Presque toute sa vie Queneau a consigné ses réactions quotidiennes. La sincérité et le primesaut font la valeur de ces pages, très étonnantes pour les lecteurs des poèmes et des romans, où Queneau - homme très secret - ne se livrait pas.
    Nous avons ajouté à ce journal un texte, Philosophes et voyous, qui se rapporte à la même époque et qui avait été publié dans Les Temps Modernes.

  • Ce recueil réunit des articles parus entre 1930 et 1940 dans des revues dont quelques-unes sont oubliées ou introuvables. Il s'organise autour d'un voyage fait en Grèce en 1932. L'accent n'est pas ici porté sur le langage comme dans Bâtons, chiffres et lettres, mais sur l'existence même de la littérature. En appendice, Errata revient sur la première de ces questions.

  • Morale elementaire Nouv.

    Les poèmes composant la première partie de ce recueil représentent une forme régulière d'un genre nouveau. À la dernière partie s'applique particulièrement le titre ; "élémentaire" doit être compris naturellement comme concernant les éléments, c'est-à-dire la terre, l'eau, l'air, le feu et l'éther.

  • "Avant d'écrire, l'écrivain choisit, autant que possible, la langue dans laquelle il va rédiger ce qui lui semble nécessaire d'être dit. [...] Un problème se pose actuellement aux écrivains français, bien que la plupart d'entre eux ne s'en doutent même pas. En effet, il existe actuellement deux langues, celle qui continue à être enseignée (plus ou moins mal) dans les écoles et à être défendue (plutôt mal que bien) par des organismes officiels, comme l'Académie française, et la langue parlée, je ne dis même pas la langue populaire. Que le français actuel ne soit plus le même que celui des Académies, non pas seulement la française, déjà citée, mais celles entre lesquelles est partagé le territoire français pour la distribution de l'enseignement, c'est là une vérité élémentaire. Toute la question est de savoir jusqu'où va cette différence, et s'il la faut accentuer ou bien au contraire la réduire. [...] Il y a deux langues distinctes : l'une qui est le français qui, vers le XVsupe/sup siècle, a remplacé le "francien" (la traduction s'impose pour presque tous les textes avant Villon), l'autre, que l'on pourrait appeler le néo-français, qui n'existe pas encore et qui ne demande qu'à naître. Il est en gestation. Sa naissance n'est pas facile. [...] Le problème du néo-français est posé. Il n'est posé que depuis plusieurs années. L'accouchement sera laborieux. L'écrivain français doit aider à cette parturition, son travail, son oeuvre doit être une maïeutique linguistique."

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