• L'enfer que Solange Babeuf évoque ne doit rien à Sartre : il est plutôt dans le monde du poète que chez les autres. Sujet peu commun dans la poésie actuelle, il ne doit rien non plus aux noirceurs décadentes de l'époque symboliste. C'est un enfer dynamique et multiforme, que l'auteur nous expose avec une verve parfois... diabolique ! Son verbe nous bouscule, plein de ressources inattendues. Solange Babeuf fait un singulier usage de l'image où la réalité ordinaire s'exaspère avant de céder à l'imprévu des correspondances. La terre semble s'ouvrir devant elle et le ciel s'y engouffre. « Le fond de l'air est sans fond » et le regard se regarde... « L'homme éclate en mille fruits défendus »... Il y a de l'apocalypse dans cette poésie, au double sens de catastrophe et de révélation ; et même si nous faisons la part de l'envolée lyrique, il reste l'originalité de la vision, la force expressive d'une écriture en liberté.

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