Peinture / Arts graphiques

  • Avec une véhémence impitoyable, Artaud impute à la société le mal dont a souffert Van Gogh et accuse son psychiatre, le Dr Gachet, de l'avoir poussé au suicide. La prétendue folie du peintre est une construction sociale. La "lucidité supérieure" propre à l'artiste, et partagée avec l'auteur, permet à Artaud d'honorer la fougue du génie, force contestataire en soi et facteur de marginalisation. Qu'il soit poète ou peintre, l'artiste se voit interné, comme Artaud le fut, ou incapable de s'intégrer dans une société qui confond génie et tare psychologique.

    Et quand Artaud aborde la peinture proprement dite, c'est comme si lui-même s'emparait du pinceau ou, au demeurant, du couteau. C'est tranchant, expressif, cinglant. Il sait trouver le mot frappant, convaincre, emporter avec lui le lecteur.

    Comédien (La Passion de Jeanne d'Arc de Dreyer ou Napoléon Bonaparte d'Abel Gance), Antonin Artaud (1896-1948) fera des forces incontrôlables dus aux troubles nerveux qui l'affectent le ferment de son oeuvre (L'Ombilic des limbes, Le Pèse-nerfs, L'Art et la mort). Il cultivera toute sa vie un sentiment de révolte, qui le conduit à adhérer brièvement au surréalisme vers 1925. Il a aussi imaginé de nouvelles formes de représentations théâtrales, exposées dans Le Théâtre et son double (1938).

  • Le portrait dit des Époux Arnolfini a été peint par Jan Van Eyck en 1434 : énigmatique, étrangement beau, sans précédent ni équivalent dans l'histoire de la peinture... Cet ouvrage offre un voyage au coeur de ce tableau, qui aimante par sa composition souveraine et suscite l'admiration par sa facture. Touche après touche, l'auteur décrypte les leurres et symboles semés par l'artiste sur sa toile, à l'image d'un roman policier à énigmes. Alors le tableau prend corps, son histoire se tisse de manière évidente et les personnages qui nous regardent dans cette scène immuable prennent vie devant nous...

  • Giacometti

    Charles Juliet

    Giacometti est l'exemple type de l'artiste aux prises avec les difficultés de la création.
    À la fois dessinateur, peintre et sculpteur, il a édifié l'essentiel de son oeuvre au cours des vingt dernières années de son existence.
    Bien que tragique, sa vision de l'homme n'a rien de désespérée. Ses portraits aux regards effarés et qui interrogent, ses sculptures filiformes expriment certes notre solitude, la douleur d'être, la précarité de notre condition, mais ils affirment aussi avec autorité que la vie est finalement plus forte que tout ce qui la ronge et cherche à l'abattre.

  • La plupart du temps, quand un peintre choisit de traiter un sujet philosophique, il peint un texte. Un texte ou une phrase de ce texte, un moment de ce texte, voire un mot. Comme il est difficile de peindre une idée, il lui faut peindre un clin d'oeil qui dira cette idée à laquelle se résume la totalité de la pensée du philosophe : ce clin d'oeil est un détail, or le diable est dans les détails. Ce qu'il faut voir dans une peinture que je dirai philosophique, c'est le détail qui résume cette philosophie. Pour Anaxagore, c'est une lampe à huile, des légumes pour Pythagore, une cruche pour Socrate et Xanthippe, des larmes pour Héraclite, un rire pour Démocrite, une coupe pour Socrate, une lanterne pour Diogène, une caverne pour Platon, un crocodile pour Aristote, une lancette pour Sénèque, un pain pour Marc-Aurèle, une coquille pour Augustin, ceci pour rester dans les limites de la philosophie antique.
    De Pythagore à Derrida, via Descartes et Kant, Montaigne et Rousseau, Voltaire et Nietzsche parmi d'autres, en trente-quatre toiles, donc en trente-quatre philosophes, Michel Onfray propose une histoire de la philosophie par la peinture !

  • Vendu à 2,5 millions d´exemplaires et traduit en 17 langues, cet ouvrage est l´introduction à la pratique du dessin la plus répandue dans le monde.
    Que vous pensiez n´avoir guère de talent, que vous soyez un artiste professionnel ou que le dessin soit pour vous un simple hobby, ce livre vous fera prendre confiance en vos capacités et approfondira votre perception artistique, de même qu´il vous encouragera à développer une nouvelle appréhension du monde qui vous entoure.
    Dans cet ouvrage de référence, Betty Edwards vous offre la clé pour maîtriser l´art du dessin en vous faisant découvrir les cinq compétences fondamentales de cet art : la perception des contours, des espaces, des relations, de la lumière et des ombres, et du tout (gestalt).
    Cette nouvelle édition comprend :
    - une nouvelle introduction ;
    - des mises à jour tirées des études récentes sur la plasticité du cerveau et sur l´avantage de l´acquisition de nouvelles compétences en utilisant l´hémisphère droit (visuel et intuitif) du cerveau ;
    - un nouvel accent sur le rôle de l´apprentissage du dessin grâce aux fonctions du cerveau droit - en réponse au culte grandissant porté à l´hémisphère gauche (analytique et verbal) dans notre société ;
    - de nouvelles reproductions d´oeuvres maîtresses.

  • Vous adorez les mangas ? Vous avez envie d'aller plus loin et d'en dessiner ? Grâce à  cette méthode, faites prendre forme à vos personnages et à vos propres histoires ! Du dessin de personnages à la composition de cases en passant par le story-board : toutes les étapes et astuces  qui vous aideront  à devenir un vrai mangaka. Le tout, guidé par des petits  personnages pleins d'humour qui ne vous laisseront jamais tomber !
    Quatre chapitresPersonnagesCompositionScénarioPlanches 


  • IL A ÉTÉ LE GÉNIE LE PLUS CRÉATIF DE L'HISTOIRE. QUELS SECRETS PEUT-IL ENCORE NOUS APPRENDRE? Léonard de Vinci était enfant illégitime, homosexuel, gaucher, végétarien, distrait et parfois hérétique. Cette inadéquation aux moeurs de l'époque a décuplé sa créativité. À travers les milliers de pages de ses carnets et les plus récentes découvertes des historiens, Walter Isaacson dépeint l'émergence de son génie, alimenté par une curiosité passionnée, une capacité d'observation de tous les instants et une imagination sans limites. La créativité de Léonard de Vinci trouve sa source à la croisée des sciences et de la technologie. Il a épluché la chair des cadavres, dessiné les muscles des lèvres, puis peint le plus mémorable sourire de l'Histoire sur La Joconde. Il a exploré les mathématiques de l'optique, montré comment les rayons lumineux frappent la rétine et produisent les perspectives changeantes de La Cène. Sa capacité à combiner l'art et la science reste, aujourd'hui encore, la recette ultime de l'innovation. Son exemple nous rappelle l'importance, pour nous-mêmes et pour nos enfants, de remettre en question nos connaissances, de faire preuve d'imagination et, à l'instar de tous les rebelles talentueux, de penser différemment.

  • 300 sujets à dessiner en quelques traits sans jamais gommer.
    Retrouvez dans ce livre:
    - Des dessins expressifs à faire en 2, 3, 4 ou 5 étapes maximum.
    - Des explications exclusivement visuelles.
    - Quelques traits seulement pour chaque étape.
    - Des grands dessins pour bien voir les détails.
    Super précis! Super clair! À la portée de tous!
     

  • Il était resté glissé dans la poche intérieure du vieil étui en cuir acheté sur Internet. Un tout petit répertoire, comme ceux vendus avec les recharges annuelles des agendas, daté de 1951.
    A : Aragon. B : Breton, Brassaï, Braque, Balthus... J'ai feuilleté avec sidération ces pages un peu jaunies. C : Cocteau, Chagall... E : Éluard... G : Giacometti... À chaque fois, leur numéro de téléphone, souvent une adresse. L : Lacan...
    P : Ponge, Poulenc... Vingt pages où s'alignent les plus grands artistes de l'après-guerre. Qui pouvait bien connaître et frayer parmi ces génies du xxe siècle ?
    Il m'a fallu trois mois pour savoir que j'avais en main le carnet de Dora Maar.
    Il m'a fallu deux ans pour faire parler ce répertoire, comprendre la place de chacun dans sa vie et son carnet d'adresses, et approcher le mystère et les secrets de la « femme qui pleure ». Dora Maar, la grande photographe qui se donne à Picasso, puis, détruite par la passion, la peintre recluse qui s'abandonne à Dieu. Et dans son sillage, renaît un Paris où les amis s'appellent Balthus, Éluard, Leiris ou Noailles.
      B.B.

  • Et si un dessin vous aidait à y voir plus clair ?
    Désirs de renouveau, ambitions refoulées, doutes, inquiétudes... Nous sommes tous confrontés, un jour ou l'autre, à ces indécisions et à ces envies. Mais comment y voir plus clair ? Cet ouvrage enrichi de plus de 80 exercices propose une méthode simple pour vous exprimer et représenter tout simplement sous forme visuelle vos idées, pensées, rêves, etc.
    N'ayez crainte, nul besoin d'être un artiste pour vous approprier ces techniques ! Les auteurs vous fournissent une boîte à outils prête à l'emploi. Vous pourrez l'utiliser aisément au quotidien (pictos, croquis, objets, etc.) pour définir vos valeurs et motivations, cerner vos objectifs, prendre les bonnes décisions. Grâce à elle, vous pourrez enfin vivre pleinement vos rêves !
    Prenez votre vie en main, découvrez ce que vous voulez vraiment et donnez vie à vos projets !

  • Cet ouvrage, Plantu, 50 ans de dessin, offre une rétrospective unique dans  l'atelier de l'artiste. On y reconnaîtra sa manière bien à lui d'attraper ses  « bons clients » - Mitterrand en danseur de hip-hop, Sarkozy et sa coupe  au rasoir, Hollande en concombre -, tout le bestiaire politique qui a marqué  la vie publique depuis un demi-siècle. Le caricaturiste du Monde  nous ouvre aussi en grand les portes de ses enfers : ses dessins inédits,  ses dessins interdits, censurés ou publiés au milieu des polémiques et des  tensions, sur le confl it israélo-palestinien, les  guerres des Balkans ou les  représentations de Mahomet.
      Dans ces pages intenses, Jean Plantu se raconte sans détour à Éric  Fottorino pour dire ce qui fait penser son crayon. Ce qui l'énerve, ce qui  l'indigne. Qu'il aborde ses débuts, ses combats contre l'intolérance et  les excès de tous bords, son travail sur le Proche-Orient ou ses engagements  au sein de sa fondation Cartooning for Peace, Plantu est toujours  le même : entier, sincère, provocateur mais pas trop, à la limite de ce qu'il  s'autorise pour pratiquer cet exercice à haut risque qu'il appelle le « dérapage  contrôlé ». Un mélange de liberté et de responsabilité.
      À travers quelques thèmes de prédilection qui sont autant de questions  graves - comment dessiner après Charlie, comment Internet fait-il de la  planche du dessinateur un terrain miné, comment expliquer au public  français ou étranger jusqu'où il peut aller sans humilier -, Plantu offre un  témoignage rare et exceptionnel sur son art chaque matin recommencé.  À l'occasion de l'exposition « Plantu, 50 ans de dessin de presse » organisée  par la BnF en mars 2018, ce marathonien du trait livre au passage un  enseignement sur sa manière de dessiner, sur les chemins parfois inattendus  qu'empruntent sa mine et sa pensée pour susciter le rire, le sourire,  l'indignation, le malaise, et toujours la réflexion.

  • Avec Bacon

    Franck Maubert

    'Francis Bacon incarne, plus que tout autre artiste, "la" peinture. Il est l'homme le plus extraordinaire qu'il m'ait été donné de connaître. Dans les années 1980, je l'ai rencontré à plusieurs reprises. À Londres, tout d'abord, dans son atelier de South Kensington, puis en diverses
    occasions, lors de ses passages à Paris. Nous conversions aussi parfois au téléphone, tôt le matin. Il parlait en toute liberté, sans tabou, de
    tout et de choses sans importance. Bacon adorait parler, parler l'excitait.
    Je l'observais, l'enregistrais, prenais des notes, rien ne le gênait.
    Rendez-vous dans son atelier, dans les restaurants, les bars londoniens ou parisiens, de jour comme de nuit, à discuter, boire, manger, jouer : ce livre retrace ces moments rares partagés avec Bacon, joyeux nihiliste, et éclaire l'homme exquis qu'il fut, loin de sa réputation de "monstre"'.
    Franck Maubert.

  • Avec les Nuls, devenez un(e) mangaka confirmé(e) !Le manga, littéralement " dessin non abouti ", nécessite l'apprentissage de techniques spécifiques. Apprenez d'abord à vous servir du bon matériel de dessin puis exercez-vous à dessiner vos premiers visages. Continuez ensuite par imaginer vos propres personnages, fille ou garçon, héroïne de shôjo ou robot puissant. Proportions, mouvement, perspective, l'univers du manga n'aura bientôt plus de secrets pour vous.
    En plus de la technique artistique, l'ouvrage retrace l'historique du genre, les différentes sortes de mangas (shônen pour les garçons, shôjô pour les filles, etc.) et toutes les clés pour construire un bon scénario.
    Renfermant plus de 200 illustrations au trait, Dessiner des Mangas Poche PLN vous donne une envie irrésistible de découvrir cet univers... À vos crayons !

  • Klimt

    Serge Sanchez

    "Le goût, c'est bon pour les amateurs de vin et les cuisiniers. L'art n'a rien à voir avec le goût."
    Figure centrale de la Sécession viennoise, Gustav Klimt (1862-1918) est le peintre emblématique de la Vienne fin de siècle, celle de Sigmund Freud, Gustav Mahler et Arthur Schnitzler, tous fondateurs de la modernité européenne. Il fit exploser les normes académiques et permit à l'art autrichien de s'ouvrir à l'impressionnisme et au symbolisme. Il fut aussi l'ami et le protecteur des jeunes expressionnistes Oskar Kokoschka et Egon Schiele. Ornemaniste de génie, portraitiste renommé de la haute société et paysagiste introverti, Klimt, enfin, ne cessa de représenter les métamorphoses de la femme. À la fois classique et scandaleux, il restera comme le peintre des grands mystères de la sexualité et de la mort. Son Baiser vient se placer au premier rang des oeuvres les plus célèbres de l'histoire de l'art.

  • Explorez une nouvelle approche de l'aquarelle, en abandonnant l'esquisse préalable pour peindre directement au pinceau, sur le vif, avec plaisir.

    Construit à la manière d'un workshop, avec plus d'une cinquantaine d'exercices progressifs, cet ouvrage vous invite à expérimenter l'aquarelle en traduisant l'espace par les formes et la couleur, en masses et en valeurs, et non par des contours ou des règles strictes de perspective.

    Marion Rivolier, dont les magnifiques aquarelles ponctuent le livre, vous invite à une pratique vivifiante.

  • Envie de vous essayer à la gouache, mais vous manquez de technique ?

    Vous maîtrisez la gouache, mais vous êtes en panne d'inspiration ?

     

    J'ose la gouache propose 41 défis qui vous aideront à développer votre technique, booster votre créativité et trouver votre style : choisir son matériel, entretenir une pratique régulière, constituer un carnet d'inspiration, jouer avec les contrastes et les couleurs, s'inspirer de la nature et de ce qui vous entoure, mélanger les techniques... Vous passerez ensuite de la feuille au volume, du motif à l'objet grâce aux dernières parties de l'ouvrage : guirlande décorative, cadre ou papier cadeau personnalisés, etc. Quatre créatrices internationales vous livreront leur savoir-faire pour marier la gouache à d'autres disciplines et ainsi réaliser un carnet, un tablier décoré en punch needle, une mosaïque wax et une pochette en cuir.

    Des conseils concrets pour vous lancer et des portraits d'artistes pluridisciplinaires pour trouver l'inspiration.

    Des pas à pas détaillés pour découvrir divers processus de création.

    Des exercices ludiques pour réinvestir vos acquis et vous aider à affirmer votre propre style.

     

    Attention : la version originale de cet ebook est en couleur, lire ce livre numérique sur un support de lecture noir et blanc peut en réduire la pertinence et la compréhension.

  • "Comme il arrive qu'un lecteur à demi distrait crayonne aux marges d'un ouvrage et produise, au gré de l'absence de la pointe, de petits êtres ou de vagues ramures, en regard des masses lisibles, ainsi ferai-je, selon le caprice de l'esprit, aux environs de ces quelques études d'Edgar Degas. Ceci ne sera donc qu'une manière de monologue, où reviendront comme ils voudront mes souvenirs et les diverses idées que je me suis faites d'un personnage singulier... Cependant qu'au regard naïf, les oeuvres semblent naître de l'heureuse rencontre d'un sujet et d'un talent, un artiste de cette espèce profonde, plus profond peut-être qu'il n'est sage de l'être, diffère la jouissance, crée la difficulté, craint les plus courts chemins." Paul Valéry.

  • Vous savez tracer un carré, un triangle ou un rectangle ?

    Alors, vous savez dessiner !

    Rough : le dessin en 2 traits 3 mouvements est une méthode d'initiation au dessin qui s'appuie sur un constat tout simple : le corps humain, mais aussi tout ce qui nous entoure, peut être décomposé en formes géométriques élémentaires. La technique que propose Pierre Pochet n'a pas d'ambition académique, mais elle vous permettra de rapidement dessiner de mémoire une expression de visage ou un mouvement du corps, d'élaborer une mise en scène, de créer une perspective ou un cadrage.

    Cette approche du dessin se révèle particulièrement utile pour celles et ceux qui n'ont pas de formation artistique mais qui envisagent une carrière dans un secteur de création : la publicité, le design, le graphisme... mais aussi pour toute personne qui souhaite simplement apprendre à dessiner !

  • La méthode pour dessiner les mangas Nouv.

    Tous les trucs et astuces du mangaka de One-Punch Man pour apprendre à dessiner !Saitou, éditeur au
    Weekly Shonen Jump, décide de devenir mangaka afin d'être rapidement riche et célèbre... mais il ne sait pas dessiner ! Le voilà qui s'en va frapper à la porte de Yusuke Murata afin que ce dernier lui apprenne (sous la contrainte) les ficelles du métier !
    Une histoire bourrée d'humour, d'anecdotes, et de précieux conseils de l'auteur !
    La méthode indispensable des apprentis mangaka !
    Un guide étape par étape pour bien débuter sur la voie du manga.
    De nombreux conseils pratiques et ludiques pour concevoir vos personnages et vous améliorer en dessin.
    Des recommandations distillées pas les plus grands mangakas : Mitsutoshi Shimabukuro (
    Toriko), Mizuki Kawashita (
    Ichigo 100%) et Yoshihiro Togashi (
    Hunter x Hunter) !

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    Polygraphe et correcteur d'imprimerie, il collabora pendant vingt ans au Grand dictionnaire encyclopédique Larousse.

  • Harmensz van Rijn Rembrandt (Leyde, 1606 - Amsterdam, 1669) Tout chez Rembrandt est un mystère complet, son esprit, son caractère, sa vie, son oeuvre et sa méthode de peinture. Mais ce que nous pouvons deviner de sa nature profonde à travers sa peinture et les incidents triviaux ou tragiques de sa vie malheureuse (son penchant pour le faste le poussa à la faillite), dont les infortunes ne s'expliquent pas complètement, révèle une effervescence de ses idées et de ses sentiments, des impulsions contradictoires émergeant des profondeurs de son être comme la lumière et l'ombre de ses toiles. Malgré cela, rien dans l'histoire de l'art ne nous donne une plus profonde impression d'unité que ses peintures, bien que composées d'éléments très hétéroclites aux significations les plus complexes.
    On a le sentiment que son esprit, génial, brillant et libre, audacieux et ignorant toute servitude, qui le mena aux plus nobles considérations et aux plus sublimes rêveries, jaillissait de la même source que ses émotions. C'est de là que provient cette composante tragique qu'il imprima à tout ce qu'il peignait, quel que fût le sujet. Son oeuvre était donc inégale, car le sublime, qui était le propre d'un homme tel que lui, n'est pas une chose quotidienne.
    C'est comme si cette personnalité singulière, étrange, attirante et presque énigmatique à la fois avait été lente à se développer, ou du moins à connaître sa pleine dimension. Que Rembrandt ait possédé un talent précoce et une vision originale du monde, ses dessins de jeunesse et ses premiers autoportraits des années 1630 le prouvent assez. En peinture, cependant, il ne trouva pas immédiatement la méthode pour exprimer les choses encore incompréhensibles qu'il avait à dire, la technique audacieuse, globale et personnelle que nous admirons dans ses chefs-d'oeuvre de la maturité et de la vieillesse, mais qui, en dépit de sa subtilité, fut jugée brutale et contribua certainement à l'éloigner de son public. Il adopta d'abord un style sophistiqué très similaire à la manière des «Petits Maîtres » de son pays.
    Toutefois, à ses débuts et au temps de ses premiers succès, l'éclairage joua un rôle majeur dans sa conception de la peinture et il en fit le principal instrument d'investigation des arcanes de sa vie intérieure. Il lui révéla la poésie de la physionomie humaine lorsqu'il peignit le Philosophe en méditation, ou La Sainte Famille, si délicieusement absorbée dans sa modeste intimité, ou l'ange Raphaël quittant Tobias. Mais bientôt il exigea plus, et La Ronde de nuit marqua immédiatement l'apothéose de sa réputation. Peu à peu, il évolua en s'éloignant du naturalisme des premières heures et des clairs-obscurs abrupts, arrondissant les angles et se tournant vers un monde plus coloré. Il songea aux grands vénitiens et emprunta leurs sujets pour produire une forme d'art né d'une vie intérieure et d'une émotion profonde. Les sujets mythologiques et religieux étaient traités comme ses portraits. Car tout ce qu'il puisait dans la réalité et même dans les oeuvres des autres, il le transmutait immédiatement en sa propre substance.

  • Voici un ouvrage dont le titre à soi seul est devenu une expression commune. Il est vrai que Michael Fried a posé en des termes tout à fait nouveaux la question : de quand date la peinture moderne? De David, de Manet, de Cézanne, dira-t-on ; les candidats à l'acte fondateur ne manquent pas. Fried pose autrement le problème. Moins qu'aux grandes individualités, c'est à ce qu'elles eurent en commun que l'auteur s'intéresse : le courant nouveau de figuration qui très vite devint la tradition moderne et auquel ces peintres participèrent ou s'opposèrent.
    Cette tradition naît au XVIIIe siècle avec la critique d'art - notamment Diderot - et celle-ci formule une interrogation : quelle place le tableau doit-il réserver au spectateur ?
    De Greuze à David, la peinture refuse la théâtralité. Michael Fried montre les deux moyens que Diderot expose pour combattre la fausseté de la représentation et la théâtralité de la figuration : une conception dramatique de la peinture, qui recourt à tous les procédés possibles pour fermer le tableau à la présence du spectateur, et une conception pastorale qui, à l'inverse, absorbe quasi littéralement le spectateur dans le tableau en l'y faisant pénétrer. Ces deux conceptions se conjuguent pour nier la présence du spectateur devant le tableau et mettre cette négation au principe de la représentation.

  • Entre courbes et contre-courbes, Mucha créa, à la fin du XIXe siècle, une égérie nouvelle qui devait hanter les rues de Paris. Au fil des représentations de Sarah Bernhard, cette muse voluptueuse devint un véritable emblème de l'Art nouveau et offrit à l'affichiste succès et renommée.

    Néanmoins, le talent de l'artiste ne se limita jamais à la lithographie. Nourri par cette passion d'exalter, au mieux, la sensualité du monde qui l'entourait, l'art de Mucha, s'exprima indifféremment tant sur les monumentaux panneaux décoratifs des salles à manger que sur les petites pièces délicates de porcelaine. C'est toute la richesse et la variété de cet artiste fin-de-siècle que nous fait redécouvrir ici l'auteur.

  • Ce livre développe une question critique posée et reposée à nos certitudes devant l'image. Comment regardons-nous ? Pas seulement avec les yeux, pas seulement avec notre regard. Voir rime avec savoir, ce qui nous suggère que l'oeil sauvage n'existe pas, et que nous embrassons aussi les images avec des mots, avec des procédures de connaissance, avec des catégories de pensée. D'où viennent-elles, ces catégories ? C'est la question posée ici à la discipline de l'histoire de l'art, dont le développement actuel - la finesse de ses outils, son impressionnante capacité d'érudition, sa prétention scientifique, son rôle dans le marché de l'art - semble autoriser le ton de certitude si souvent adopté par les professionnels de l'art, les savants de l'image. Or, qu'est-ce qu'un savoir lorsque le savoir porte sur ce Protée que l'on nomme une image ? La question exige de mettre à jour la « philosophie spontanée » ou les modèles discursifs mis en jeu lorsque nous cherchons, devant un tableau ou une sculpture, à en tirer, voire à en soutirer une connaissance. Entre voir et savoir se glissent bien souvent des mots magiques, les philtres d'une connaissance illusoire : ils résolvent les problèmes, donnent l'impression de comprendre. Ces mots magiques, Vasari, le premier historien de l'art, au XVIe siècle, en a inventé de fameux, qui traînent encore dans notre vocabulaire. Panofsky, le « réformateur » de l'histoire de l'art, au XXe siècle, les a critiqués dans un sens, à l'aide d'un outil philosophique considérable - la critique kantienne de la connaissance -, mais il les a restaurés dans un autre sens, au nom de l'humanisme et d'un concept encore classique de la représentation. C'est du côté de Freud que l'on a cherché ici les moyens d'une critique renouvelée de la connaissance propre aux images. L'acte de voir s'y est littéralement ouvert, c'est-à-dire déchiré puis déployé : entre représentation et présentation, entre symbole et symptôme, déterminisme et surdétermination. Et, pour finir, entre la notion habituelle du visible et une notion renouvelée du visuel. L'équation tranquille - métaphysique ou positiviste - du voir et du savoir laisse place dès lors à quelque chose comme un principe d'incertitude. Quelque chose comme une contrainte du regard au non-savoir. Quelque chose qui nous met devant l'image comme face à ce qui se dérobe : position instable s'il en est. Mais position qu'il fallait penser comme telle pour la situer malgré tout dans un projet de connaissance - un projet d'histoire de l'art. Ce livre est paru en 1990.

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