• La cartographie et ses conventions sont universelles : orientation, projections, échelle, utilisation des couleurs ou des symboles, représentation du relief... Les normes et nomenclatures sont devenues communes, mais ça n'a pas toujours été le cas !
    Magnifiquement illustré par plus de 100 cartes du Moyen Âge à la période contemporaine, cet ouvrage raconte l'histoire des conventions cartographiques. C'est aussi, et surtout, l'histoire d'un langage partagé, celui de la représentation du monde.

  • Fleuve le plus puissant au monde après l'Amazonie, le Congo draine un immense bassin partagé entre neuf États. Il a donné son nom à deux d'entre eux. Au cœur d'une histoire tumultueuse qui mit en contact les sociétés d'Afrique équatoriale et l'Europe, soumis à une exploitation coloniale brutale, il n'a cessé d'être convoité pour ses richesses naturelles. " Potentiellement " riches, les pays riverains du grand fleuve comptent en réalité parmi les plus pauvres du monde.

    Ce paradoxe de la puissance contrariée, tant par la nature qui a coupé le fleuve de son ouverture atlantique que par le cours d'une histoire souvent chaotique, constitue le fil conducteur d'un voyage fascinant aux pays du Congo. L'auteur les a parcourus durant trois décennies. Il en montre les mutations comme les freins au développement, et interroge les promesses de l'or blanc, de l'or vert, de l'or bleu. Il livre en six tableaux le fruit d'une réflexion sans tabou, murie au carrefour de la géohistoire, de l'anthropologie économique, de la politique, de la culture et des arts. Cet essai de géographie globale propose des clés essentielles pour comprendre la complexité du bassin du Congo dans son rapport au monde.

  • De quelle manière l'histoire, les flux commerciaux, les enjeux écologiques, les religions, le terrorisme structurent le monde tel qu'il nous apparaît aujourd'hui­? Communauté internationale, clash des civilisations, monde chaotique, où en sont les relations internationales entre les grandes puissances­ ?
    À contre-pied du parti pris occidental et de la vision anxiogène véhiculée par certains médias, Pascal Boniface et Hubert Védrine remettent de la logique là où il semble n'y avoir que désordre. En réintroduisant de la raison et du recul dans l'analyse d'un monde complexe, ils montrent qu'une des clés de l'avenir est de prendre en compte la diversité des visions du monde selon les pays et les peuples.
    En 100 cartes claires et détaillées, les auteurs jettent un regard inédit et englobant sur la planète (États-Unis, Chine, Inde, Europe, Afrique du Sud...) et sur les enjeux du monde contemporain.

  • Si les changements environnementaux liés à l'humanité ne font aucun doute, leur ampleur et leurs conséquences ne sont pas si faciles à évaluer. Pour le savant, il s'agit d'établir les liens de causalité et les impacts avec le plus de précision possible, puis de poser un diagnostic. Le présent dictionnaire s'appuie sur le concept récent d'" anthropocène ", qui a le mérite, qu'on l'approuve ou non, de relancer la réflexion sur les rapports entre nature et société, entre constat scientifique et action politique, à travers une approche spatiale et territoriale. Procédant de façon critique, et fruit d'une démarche collective, cette vaste entreprise éditoriale se fonde sur une pratique de terrain, attentive aux détails et méfiante à l'égard des discours pré-établis.

    Parmi les 330 notices, plusieurs thèmes sont au cœur des débats contemporains (biodiversité, changement climatique...), d'autres se réfèrent à des courants de pensée (écoféminisme, transhumanisme...). Les concepts mobilisés abordent des questions politiques (capitalocène, justice environnementale...), philosophiques (catastrophes, Gaïa...), ou épistémologiques (finitude, population...). Des notions classiques sont réinterrogées (nature, ressource...), tandis que des concepts sont précisés (biosphère, écosystème...).

    D'autres notices discutent de mécanismes environnementaux (érosion, tsunami...), de pratiques récentes (agroécologie, ville durable...), de phénomènes territorialisés (déforestation, désertification...) ou d'artefacts (aéroport, autoroute...). Certaines examinent des lieux emblématiques (Amazonie, Fukushima...). D'autres, enfin, offrent un regard original sur l'anthropocène, sa faune (chien, ours...), ses mutations socio-économiques, institutionnelles ou politiques (biopiraterie, ZAD...).

    Un dictionnaire de référence sur un concept devenu incontournable.

    Ce dictionnaire a été coordonné par

    le groupe Cynorhodon comptant 16 géographes :

    Frédéric Alexandre, Fabrice Argounès, Rémi Bénos, David Blanchon, Frédérique Blot, Laine Chanteloup, Émilie Chevalier, Sylvain Guyot, Francis Huguet,

    Boris Lebeau, Géraud Magrin, Philippe Pelletier, Marie Redon,

    Fabien Roussel, Alexis Sierra, Didier Soto.

  • Si l'histoire du capitalisme est largement documentée, sa logique spatiale, elle, l'est beaucoup moins. Cette dernière est pourtant fondamentale à la compréhension de ce système et de ses contradictions.
    Le présent ouvrage s'inscrit donc dans une discipline, la géographie radicale, qui
    spatialise la question des rapports de forces produits par le capitalisme.
    L'auteur met au jour les logiques capitalistes à l'oeuvre dans les phénomènes spatiaux qui constituent les objets d'étude de la géographie, à savoir la mondialisation, les inégalités de développement économique, mais aussi l'aménagement du territoire, les replis identitaires, les mouvements migratoires et les questions écologiques.
    Il est nécessaire pour quiconque s'intéresse au fonctionnement du capitalisme de se réapproprier la géographie comme outil permettant d'envisager une sortie démocratique des impasses produites par ce système. Une géographie populaire ou, mieux, une géographie de combat qui permet d'articuler la lutte à l'échelle locale aux dynamiques globales.

  • Dans ce livre, l'auteur s'intéresse à la façon dont l'imagination travaille l'activité cartographique non seulement à ses débuts mais aujourd'hui encore où, grâce à des instruments perfectionnés, les cartes ont acquis un statut scientifique indéniable. C'est dans l'irréductible écart entre les cartes et le monde que s'exerce l'imaginaire de ceux qui les fabriquent comme de ceux qui les consultent. Si bien que les Atlas, aussi exhaustifs soient-ils, demeurent pour nous des machines à rêver et ne laissent personne indifférent. Et moins que quiconque les voyageurs et les artistes qui nous ont souvent révélé certaines dimensions inaperçues des cartes.

  • "La géographie, ça sert, d'abord, à faire la guerre" (Yves Lacoste).La géographie a toujours été une préoccupation des princes et des stratèges. La connaissance de l'environnement physique, des itinéraires, des ressources, des cités fortifiées, des populations à administrer, notamment, est en effet un des fondements des conquêtes et de la gouvernance territoriale : c'est chose entendue depuis l'Antiquité - Sun Tzu, en particulier, y consacre de longs développements dans L'Art de la guerre et Jules César, dans La Guerre des Gaules, atteste de l'exploitation tactique du terrain dans la manoeuvre. Il a fallu cependant attendre le xixe siècle pour rationaliser les éléments de connaissances géographiques en Europe et assister à la naissance d'une géographie purement militaire : elle devient, parmi d'autres, un moyen de lutter contre l'occupation de territoires par les armées napoléoniennes.
    Engagements militaires sur plusieurs théâtres d'opérations, sécurisation du territoire national face à la menace terroriste, bouleversements géopolitiques et géostratégiques régionaux, cartographies des infections, des virus et des bactéries, gestion des catastrophes naturelles, appui à la connaissance des zones à reconstruire, connaissance des cultures locales... Aujourd'hui au coeur de la révolution numérique et cartographique, et forte de nouveaux outils de haute technologie - comme les satellites de navigation permettant la géolocalisation en temps réel -, la géographie militaire connaît de profondes mutations.
    Philippe Boulanger analyse ces changements avec maestria et nous guide dans ces territoires peu connus de l'historien, revenant sur l'invention de cette géographie spécifique, sur ses liens avec les opérations militaires et sur son avenir.

  • Les productions graphiques, à la main, ont pris une importance croissante dans les épreuves de géographie des principaux concours (enseignement, grandes écoles, IEP), mais leurs réalisations sont souvent redoutées ou peu maîtrisées par les étudiants. Cet ouvrage propose une méthodologie pas à pas, par l'exemple, pour réaliser et réussir tout type de productions graphiques (croquis, schémas, graphiques et tableaux) : rappel des règles graphiques et sémiologiques, problématisation et organisation d'une légende, principes de réalisation par type de production, intégration au développement et à l'argumentation... Un ouvrage tout en couleurs, illustrés de très nombreux exemples et assortis de conseils pratiques et encadrés de synthèse.

  • En 1976, la première édition de ce livre dans la " Petite collection Maspero " fit grand bruit dans les cénacles universitaires, mais aussi bien au-delà. Il faut dire que le géographe Yves Lacoste y proposait une analyse iconoclaste : il y fustigeait la " géographie des professeurs ", apparue au XIXe siècle en Allemagne et en France et progressivement devenue un discours idéologique masquant l'importance politique de toute réflexion sur l'espace - tandis que sa variante scolaire a longtemps été vue comme l'un des enseignements les plus rébarbatifs et " inutiles ". Mais surtout, Yves Lacoste montrait qu'existait aussi une autre géographie, plus ancienne et toujours actuelle, la " géographie des états-majors ", ensemble de représentations et de connaissances rapportées à l'espace constituant un savoir stratégique utilisé par les minorités dirigeantes.
    À rebours de ces deux conceptions, Lacoste affirmait que les questions soulevées par la géographie concernent en réalité tous les citoyens, car il est impossible d'en exclure les phénomènes militaires, politiques et sociaux : des questions passionnantes, multiformes, à la croisée de nombreuses disciplines. Tel était le programme de la revue Hérodote, lancée également en 1976 par Yves Lacoste chez le même éditeur et devenue depuis le fer de lance d'une nouvelle géographie " géopolitique ". Trente-six ans après la parution de ce livre devenu culte, la présente édition reprend le texte original de 1976, complété par une longue préface inédite et des commentaires contemporains de l'auteur. Sa pertinence reste entière, à une époque où la géopolitique défendue par Yves Lacoste est entrée dans les moeurs et où l'analyse des conflits régionaux et internationaux, toujours complexe, s'est imposée dans le débat public.

  • Une méthode unique pour réussir ses cartes et croquis.
    Acquérir les bons réflexes est essentiel pour aborder sereinement l'épreuve de création et de réalisation des cartes et croquis. Cet ouvrage donne toutes les clés pour élaborer une carte dans les conditions du concours.
    Un ouvrage pour comprendre les enjeux géopolitiques mondiaux.
    Une analyse des enjeux mondiaux et régionaux pour réviser efficacement les grands repères géopolitiques. Chaque carte est accompagnée d'un commentaire qui éclaire sa construction : explication du sujet, justification de la problématique, architecture de la légende, mise en perspective du sujet.

  • Ce livre est la référence des études d´histoire et de géographie. Cette nouvelle édition reprend et complète la réflexion de l´auteur sur l´« objet » géographie.
    Il explique non seulement l´histoire de la discipline mais aussi l´histoire de ses sujets et par là même le parcours de la géographie française (mais pas uniquement) depuis le début du XXe siècle.
    Dans une langue claire et accessible, cet ouvrage permet aux étudiants d´appréhender la matière de façon à la fois simple et complète.La géographie est devenue une matière incontournable aux coucours de CAPES-AGREG et cet ouvrage en pose les bases.Ce titre a obtenu le prix Ptolémée au Festival international de géographie de Saint-Dié lors de sa 1ère édition en 1994.Sommaire :
    PARTIE 1 - Le triomphe de la géographie vidalienne PARTIE 2  - Structuralisme et « nouvelle géographie » PARTIE 3  - La spécialisation à l´oeuvre : « une géographie en miettes » ? Points forts :
    -  La référence des études d'histoire et de géographie.
    -  À jour des derniers débats scientifique.
    - Un texte abordable mais complet sur l´histoire et la pratique de la discipline.Public :
    - Candidats au CAPES d'histoire-géographie - Étudiants en licence et master 1 d'histoire et de géographie - Classes préparatoires littéraires - Étudiants en IEP - Enseignants des collèges et lycéesL'auteur : Jacques Scheibling est professeur honoraire de Khâgne, il est également l´auteur dans la même collection de La France, permanences et mutations. 

  • La nouvelle édition de cet ouvrage didactique, largement revue et augmentée, présente les thèmes fondamentaux de la géographie d'aujourd'hui. Chaque chapitre est organisé de manière claire et pédagogique : objectifs de connaissance, cours structuré assorti de nombreux encadrés et définitions, éléments essentiels à retenir, notions clés à maîtriser, étude de cas mobilisant des documents variés.
    L'ensemble est complété par la méthodologie des grands outils (carte, SIG, Internet) nécessaires à tout apprenti géographe.
    Un manuel indispensable pour acquérir les bases théoriques et méthodologiques de la discipline ou actualiser ses connaissances.

  • Le génie du lieu

    Michel Butor

    • Grasset
    • 21 Janvier 2015

    Le Génie du lieu, paru en 1958, premier essai de Michel Butor, se compose de deux parties. La première est une série de portraits de sept villes de la Méditerranée, Cordoue, Istanbul, Salonique, Delphes, Mallia, Mantoue et Ferrare, suivi d´une réflexion toute butorienne, mélange de rêverie, de poésie et d´anecdotes personnelles, sur l´Egypte, où il a vécu et qu´il a toujours aimée.
    Loin des fades commentaires sur les paysages c´est en promeneur enchanté, inspiré par ses souvenirs, que Butor digresse sur l´histoire et la littérature des lieux qu´il visite. Il hisse ce qu´il appelle la « critique géographique » au rang d´oeuvre d´art, n´oubliant jamais que les villes ne sont pas des miracles de la nature, mais les chefs-d´oeuvre des hommes. Des empereurs y ont construit des palais avant que des conquérants ne les détruisent.  Des sculpteurs y ont élevé des statues. Des écrivains y ont écrit des livres. Au tour de Michel Butor de s´inscrire dans la mémoire des lieux.  Voilà pourquoi on croisera Borges au détour d´une ruelle de Salonique, Averroès à un carrefour de Cordoue et Philippe de Macédoine assis sur une ruine de Delphes.
    Le Génie du lieu est-il le lieu du génie de Michel Butor ? Ses admirateurs continuent de se disputer : de La Modification ou du Génie du lieu, lequel est son plus grand livre ?

  • Plus de 120 cartes et infographies entièrement mises à jour pour prendre la mesure d'un conflit à la fois complexe et apparemment sans fin, pour comprendre sa genèse et son évolution.
    - Une société majoritairement condamnée à la plus grande précarité et à l'exclusion, entre les camps, l'exil et les check points.
    - L'archipel palestinien : un territoire déstructuré, fragmenté par le mur, morcelé par les colonies, malmené par les blocus et les restrictions.
    - Les raisons d'une situation diplomatique bloquée : la paix dans l'impasse.
    La reconnaissance d'un État palestinien est loin d'être acquise, mais cet atlas unique en son genre montre aussi les issues possibles, à condition que la communauté internationale se mobilise.

  • La mondialisation est l'objet d'une véritable mythification, suscitant les plus grands espoirs ou les pires craintes. Omniprésente dans l'actualité, jamais une notion n'a été autant utilisée dans les discours et les débats. Et pourtant, sa définition reste méconnue.
    Cet ouvrage a pour objectif de présenter la nature, les structures, les acteurs, les processus et les grandes dynamiques de la mondialisation.
    Si l'on a souvent tendance à la réduire à sa seule dimension économique, la mondialisation désigne avant tout un système de mise en relation des différents territoires, sociétés et ensembles géographiques pavant l'espace planétaire. Elle constitue ainsi une clé d'analyse géopolitique, géostratégique et géoéconomique indispensable pour rendre intelligible le monde contemporain  : nouvelle architecture mondiale, grands défis d'avenir (démographiques, sociaux, environnementaux et de développement), nouvelles rivalités de puissance exacerbées, rôle des firmes transnationales, emballement des marchés et des échanges.
    Car loin d'homogénéiser l'espace mondial, la mondialisation se caractérise au contraire par des dynamiques hypersélectives, faisant exploser les inégalités, et dans lesquelles les États et les citoyens ont un rôle essentiel à jouer pour construire un nouvel ordre mondial plus juste et solidaire.

  • Extrait
    Introduction
    Il était une fois un couple de dieux. On les appelle kami* au Japon. Elle avait pour nom Izanami et lui, Izanagi. En ce temps là, raconte le Kojiki, la Chronique des choses anciennes, la terre était aussi vide et informe qu’une méduse au fond de l’océan.
    Le couple de kami* décide de descendre du royaume céleste pour la peupler. Encore faut-il un coin de terre ferme. Ils plantent dans l’océan une lance qu’ils agitent en tous sens jusqu’à ce que les gouttes qui en retombent forment un chapelet d’îles. C’est ainsi, raconte la légende, que le Japon est né.
    Tournant autour du pilier, Izanami et Izanagi tombent face à face. « Quel bel homme ! », s’exclame la déesse. Et les voilà unis. Hélas, comme elle a parlé la première, leur enfant, informe et gélatineux (il s’appelle Hiruko, « sangsue »), ne peut vivre et est abandonné aux flots.
    Le couple reprend sa marche autour du pilier. Cette fois – un dieu averti en vaut deux ! – c’est Izanagi qui prend la parole : « Quelle belle femme ! ». Et leur premier enfant naît : c’est l’île d’Awaji.
    Les deux kamis engendrent ainsi des centaines d’autres dieux qui peuplent petit à petit tout ce qui constitue la nature : les montagnes, les fleuves, les arbres, les pierres, etc.
    Mais voilà qu’au moment d’accoucher du feu, la déesse, brûlée par ce rejeton dévastateur, perd la vie et se retire au royaume des morts.
    Inconsolable, Izanagi part la chercher. Comme dans la légende d’Eurydice, le dieu nippon n’a pas le droit de se retourner sur sa belle avant de l’extraire du monde d’en-bas. Trop impatient, il n’y résiste pas et voyant sa chère épouse à demi décomposée et répandant une odeur putride, il prend aussitôt ses jambes à son cou.
    Humiliée et furieuse, Izanami le poursuit et lui promet de se venger en tuant chaque jour au moins mille créations de son époux. Izanagi parvient à lui échapper en scellant d’une lourde pierre le royaume des morts et en lui lançant, juste avant la séparation définitive, qu’il créera tous les jours mille cinq cents nouvelles créatures, de manière à contrer sa malédiction. Le cycle de la vie et de la mort est né au royaume du Soleil-Levant.
    Pour se purifier du contact avec la mort – chose encore indispensable au Japon d’aujourd’hui, comme on le note au moment des funérailles* –, Izanagi prend un bain primordial, ancêtre de tous les rites de purification.
    De sa bouche, de ses yeux, de ses oreilles et de ses plaies naissent des myriades de dieux dont le kami du soleil, la déesse mère du Japon, Amatérasu Ômikami, née de l’œil gauche d’Izanagi, ancêtre de la maison impériale.
    Pour cette déesse au caractère bien trempé, il fallut rien moins qu’un strip-tease légendaire* pour la faire sortir de la grotte où elle s’était réfugiée après l’offense de son benêt de frère, le dieu du vent…

  • La mondialisation ne se résume pas au succès de quelques multinationales et à la richesse d'une minorité de nantis. Les acteurs les plus engagés dans la mondialisation demeurent discrets, souvent invisibles. Depuis une trentaine d'années, les routes de l'échange transnational ont connu de profondes mutations. Elles relient aujourd'hui la Chine, l'atelier du monde, à un " marché des pauvres " fort de quatre milliards de consommateurs, en Algérie, au Nigeria ou en Côte d'Ivoire. Pour apercevoir ces nouvelles " Routes de la Soie ", il faut se détacher d'une vision occidentalo-centrée et déplacer le regard vers des espaces jugés marginaux, où s'inventent des pratiques globales qui bouleversent l'économie du monde. On découvre alors une " autre mondialisation ", vue d'en bas, du point de vue des acteurs qui la font.
    Armelle Choplin est maîtresse de conférences en géographie à l'université Paris-Est Marne-la-Vallée, en accueil à l'Institut de Recherche pour le Développement. Elle a publié Nouakchott, au carrefour de la Mauritanie et du monde (Karthala, 2009) et Inconspicuous Globalization (Articulo, 2015 avec Olivier Pliez).
    Olivier Pliez est géographe, directeur de recherche au CNRS (UMR LISST, Toulouse). Il a publié Les Cités du désert. Des villes sahariennes aux saharatowns (PUM-IRD, 2011) et Migrations entre les deux rives du Sahara (Autrepart, 2005, avec Sylvie Bredeloup).

  • Parce que pour connaître les peuples, il faut d'abord les comprendre
    L'avenir de l'Europe se jouera au sud. Tous les jours, la tragédie des migrants venus d'Afrique ou du Moyen-Orient le prouve. Le destin du continent européen et celui du continent africain sont liés, et la Méditerranée est l'espace naturel de cette Verticale.
    Ce petit livre dit les volontés mutuelles, les intérêts convergents, les possibilités qu'une meilleure coopération entre l'Europe et son flanc sud peuvent ouvrir dans les prochaines décennies. Parce que pour nous comprendre et dessiner le futur des prochaines générations, il faut avoir le courage de se regarder dans ce formidable miroir qu'a toujours été, pour l'humanité, notre mer Méditerranée.
    Un grand récit suivi d'entretiens avec Jean Kacou Diagou (L'intégration régionale est une nécessité pour l'Afrique), Radhi Meddeb (Que veut dire « voisinage » pour le Tunisien que je suis) et Miguel Ángel Moratinos (L'Espagne est formée de cultures et de civilisations entremêlées, qui ont vécu ensemble).
    Ce livre est un hors-série de la collection L'âme des peuples, réalisé en collaboration avec l'IPEMED, l'Institut de prospective économique du monde méditerranéen.
    EXTRAIT
    Nous sommes tous nerveux. Même dans les grands pays émergents, la flambée des inégalités est explosive. Dire que cette complexité qui s'accélère nous échappe, ne sert à rien. « Il faut agir » mais dans quel sens ? Or les peuples n'avancent pas s'ils ne savent pas où ils vont.
    Comment bâtir une prospective pour identifier une vision, pour en déduire des stratégies et développer des projets ? Plusieurs réponses sont à l'oeuvre. Nous voudrions montrer qu'une d'entre elles, puissante et mobilisatrice, est l'intégration régionale entre l'Afrique, la Méditerranée et l'Europe. Il ne s'agit pas d'une sorte de dilatation de l'Union européenne vers son Sud, mais d'une association paritaire de ces trois grands espaces géographiques.
    CE QU'EN PENSE LA CRITIQUE
    - [...] Belle et utile collection petit format chez Nevicata, dont chaque opuscule est dédié à un pays en particulier. Non pas un guide de voyage classique, mais, comme le dit le père de la collection, un « décodeur » des mentalités profondes et de la culture. Des journalistes, excellents connaisseurs des lieux, ont été sollicités [...]. À chaque fois, un récit personnel et cultivé du pays suivi de trois entretiens avec des experts locaux. - Le Temps
    - Comment se familiariser avec « historique, les traditions ? » Une démarche d'enquête journalistique au service d'un authentique récit de voyage : le livre-compagnon idéal des guides factuels, le roman-vrai des pays et des villes que l'on s'apprête à découvrir. - Librairie Sciences Po
    À PROPOS DES AUTEURS
    Jean-Louis Guigou est le président-fondateur de l'IPEMED, think tank euro-méditerranéen basé à Paris. Économiste. Ancien professeur d'université, ancien haut fonctionnaire, il est spécialiste de l'aménagement du territoire.
    Pierre Beckouche est professeur des universités, spécialiste de géographie économique, consultant auprès de l'OCDE et expert associé de l'IPEMED.

  • « France périphérique », « centres-villes en déshérence », « déserts médicaux »... Ces expressions font florès, témoignant d'un fait nouveau : la géographie s'est invitée dans le débat public et renouvelle le questionnement, central en démocratie, sur la justice. À partir d'enquêtes faites auprès de citoyens européens, ce livre explore les enjeux de justice tels qu'ils se posent spatialement : doit-on répartir les services publics (éducation, santé...) en fonction du nombre d'individus ou de kilomètres carrés ? Que signifie concrètement l'égalité des territoires ? Comment découper les villes et les régions pour qu'elles apportent davantage de justice ? Ce livre ambitieux démonte bien des idées reçues sur le prétendu abandon des territoires périurbains et la redistribution de l'argent public ou sur le rôle des « bobos » dans la mixité sociale. Il ouvre aussi un nouveau champ, celui de la géographie de la justice. En répondant à la question « Qu'est-ce qu'un espace juste ? », il revisite les conceptions de la justice en débat dans le monde, d'Aristote à John Rawls et Amartya Sen. Enfin, il pose un principe fondamental : la définition du juste ne se décrète pas, c'est aux citoyens d'en délibérer. Jacques Lévy est géographe, professeur à l'École polytechnique fédérale de Lausanne et à l'université de Reims. Il a reçu le prix international Vautrin-Lud 2018, qui est la plus haute distinction en géographie. Jean-Nicolas Fauchille, docteur de l'École polytechnique fédérale de Lausanne, est urbaniste et chercheur en sciences sociales de l'espace. Ana Póvoas, docteur de l'École polytechnique fédérale de Lausanne, est chercheuse en sciences sociales et architecte-urbaniste. Tous trois sont membres du rhizome de recherche Chôros. 

  • La troisième édition de cet atlas, entièrement remis à jour, présente une synthèse des problématiques liées à l'eau illustrée de plus de 100 cartes et schémas.
    - Une ressource vitale, abondante mais mal répartie, qui révèle des inégalités sociales et de genre.
    - Un bien commun menacé par la surexploitation, par les pollutions agricoles, industrielles et urbaines.
    - Préserver les ressources et leur qualité : un défi sanitaire et social, économique et environnemental, mais aussi et surtout un choix politique.
    Spécialiste en géographie humaine et environnementale, l'auteur expose les défis auxquels le monde est aujourd'hui confronté en matière de gestion de sa ressource la plus précieuse.

  • Des noms d'hommes sur les plaques à tous les coins de rues. Des loisirs qui profitent en priorité aux garçons. Des offres de transport insensibles aux spécificités de genre. Sans oublier la culture du harcèlement.La ville se décline surtout au masculin. Plusieurs études récentes le confirment. L'auteur décrit comment la cité renforce les inégalités entre les femmes et les hommes et en crée de nouvelles, et montre qu'il est possible de la rendre plus égalitaire.L'usage de la ville est mixte, et travailler sur le mieux vivre des femmes, n'est-ce pas travailler pour tous ?

  • Et si l'on regardait le Monde autrement ? C'est à cela que ce livre s'attache. Il part du constat que bien des analyses de l'évolution du Monde contemporain insistent sur son uniformisation irrémédiable. La standardisation des paysages, des objets et des pratiques, imposée par la globalisation du capitalisme financiarisé, installerait un espace lisse et " plat ", où les distances disparaissent, où chaque position vaut une autre, où les différences culturelles s'estompent, où l'individu est aliéné et sa sociabilité appauvrie. Or, une observation attentive confronte immédiatement à des situations bien plus complexes. En effet, il est frappant de constater que le Monde se différencie de plus en plus en lieux qui s'affirment comme des " prises " sur la mondialisation, des attracteurs et des ancrages de la vie sociale. Ce sont des endroits où la co-habitation des individus se concrétise, se réalise et s'éprouve dans toute sa richesse, sa créativité et son intensité d'expérience vécue. Les " hyper-lieux ", où convergent les humains et les réalités matérielles et immatérielles, en sont l'emblème : bon gré mal gré, des sociétés s'y composent et même des formes politiques nouvelles s'y ébauchent. Ainsi le Monde est à la fois toujours plus globalisé et homogène et de plus en plus localisé et hétérogène : cette tension est constitutive des nouvelles géographies de la mondialisation. Michel Lussault est géographe, professeur à l'École normale supérieure de Lyon. Il a notamment publié L'Homme spatial. La construction sociale de l'espace humain (Seuil, 2007) et L'Avènement du Monde. Essai sur l'habitation humaine de la Terre (Seuil, 2013).

  • La carte politique de la France a changé. Depuis le référendum sur le traité de Maastricht en 1992 et la percée du Front national, de nouvelles logiques sont apparues, qui reflètent une évolution profonde de l'espace et de la société.
    Longtemps, les cartes ont montré une opposition entre un Ouest et un Est plutôt conservateurs, et un Centre et un Sud marqués à gauche. Désormais, on distingue les centres urbains, leurs périphéries et les espaces ruraux, alors que le périurbain a fait irruption dans la sphère politique. Pour comprendre, il faut s'intéresser au logement aux revenus et à la pauvreté, à l'école et à l'emploi... Les cartes, en étudiant ces critères, montrent des territoires recomposés, en lien (ou non) avec l'Europe et le monde.

  • "L'Amazonie n'existe pas " : c'est sur ce constat paradoxal que s'ouvre cet ouvrage, pour souligner que la dimension mythique et mythologique de cette région l'emporte souvent sur la réalité géographique. Tout commence par son nom, qui fait référence à une légende tirée de l'Antiquité grecque, à mille lieues du contexte de la forêt équatoriale que les voyageurs du XVIe siècle venaient d'aborder...

    "L'Amazonie n'existe pas " : c'est sur ce constat paradoxal que s'ouvre cet ouvrage, pour souligner que la dimension mythique et mythologique de cette région l'emporte souvent sur la réalité géographique. Tout commence par son nom, qui fait référence à une légende tirée de l'Antiquité grecque, à mille lieues du contexte de la forêt équatoriale que les voyageurs du XVIe siècle venaient d'aborder...

    Dès leur arrivée, les Européens ont eu du mal à comprendre l'Amazonie, déroutés par l'environnement, tant social que naturel, qu'ils découvraient. Mais plutôt que d'apprendre des sociétés locales à le décoder, ils ont cherché à l'analyser sur la base de leurs références culturelles. La profusion végétale et animale, l'analogie avec l'Éden perdu, les confortèrent dans l'idée que l'Amazonie était une nature vierge et ses habitants, dépourvus de civilisation...

    L'ouverture de la grande forêt aux scientifiques, à partir du XIXe siècle, n'a pas dissipé cette méprise. Deux visions oscillent alors, toutes deux encore très ancrées dans nos imaginaires : celle de " l'enfer vert ", hostile à l'homme, qui demande à être dompté, et celle de la " forêt vierge ", pure et intouchée, qu'il faut préserver en l'état. Mal informées sur l'Amazonie, les sociétés occidentales s'obstinent à y implanter des modèles de gestion en totale inadéquation avec son environnement, entraînant des conséquences dramatiques pour les équilibres écologiques non seulement sur le plan local mais aussi sur le plan régional, voire global.

    Consacré à l'Amazonie brésilienne qui représente près de 60 % de la forêt " amazonienne ", cet ouvrage s'attache à étudier l'histoire longue des populations et de l'environnement en montrant que la vision occidentale relève d'un " malentendu " qu'il est urgent de lever. Une lecture essentielle à l'heure où les annonces du gouvernement Bolsonaro viennent réveiller les inquiétudes.

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